Assassination Classroom est un shōnen manga écrit et dessiné par Yūsei Matsui, prépublié dans le Weekly Shōnen Jump de juillet 2012 à mars 2016 et compilé en 21 tomes chez Shūeisha. On y suit les élèves de la classe 3-E du collège Kunugigaoka, chargés d’assassiner leur professeur Koro-sensei — une créature tentaculaire capable de se déplacer à Mach 20, qui menace de détruire la Terre d’ici un an. Comédie, action et émotion cohabitent autour d’un lien improbable : celui d’un monstre indéchiffrable et d’élèves que le système scolaire a relégués au rebut.
Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.
1. The Elusive Samurai (Yūsei Matsui, 2021)

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Après Assassination Classroom, Yūsei Matsui transpose sa méthode dans le Japon féodal du XIVᵉ siècle. The Elusive Samurai suit Hōjō Tokiyuki, jeune héritier du shogunat de Kamakura, dont la famille est exterminée lors d’un coup d’État mené par Ashikaga Takauji. Seul survivant de son clan, le garçon doit fuir pour préparer sa reconquête.
Sa particularité : Tokiyuki ne sait pas se battre. Sa force réside dans l’art de l’esquive et de la fuite — un parti pris rare pour un protagoniste de shōnen, qui donne lieu à des scènes d’action fondées sur la ruse et le mouvement plutôt que sur la puissance brute. On y reconnaît la patte de Matsui — sens du gag, rythme nerveux, galerie de seconds rôles hauts en couleur — mais le cadre historique lui impose de nouvelles contraintes, et le résultat y gagne en densité. La série a remporté le 69ᵉ Prix Shōgakukan en 2024.
2. Neuro : le mange-mystères (Yūsei Matsui, 2005)

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Avant Assassination Classroom, Yūsei Matsui avait déjà rodé sa formule avec Neuro : le mange-mystères, publié dans le Weekly Shōnen Jump entre 2005 et 2009 (23 tomes). Neuro Nōgami, un démon venu des enfers, se nourrit littéralement d’énigmes criminelles. Après avoir dévoré tous les mystères du monde infernal, il débarque sur Terre en quête du mystère ultime.
Pour rester incognito, Neuro contraint la lycéenne Yako Katsuragi à endosser le rôle de détective prodige tandis qu’il résout les affaires en coulisses grâce à ses 777 outils démoniaques. Le tandem — un être surpuissant, sadique et non humain qui se sert d’une adolescente ordinaire comme façade — préfigure la dynamique Koro-sensei/élèves. Quant au goût de Matsui pour les créatures grotesques et les résolutions d’enquête volontairement absurdes, il est déjà parfaitement affûté.
3. GTO (Tōru Fujisawa, 1997)

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Great Teacher Onizuka, plus connu sous l’acronyme GTO, est un shōnen manga de 25 tomes prépublié dans le Weekly Shōnen Magazine entre 1997 et 2002. La série a remporté le Prix Kōdansha en 1998 et dépassé les 50 millions d’exemplaires en circulation.
Eikichi Onizuka, ancien chef de gang de 22 ans, décide de devenir professeur pour une raison limpide : il veut séduire des lycéennes. Assigné à une classe réputée ingérable, cet enseignant sorti de nulle part gagne pourtant la confiance de ses élèves — à coups de méthodes que l’Éducation nationale réprouverait unanimement. Sous l’humour cru et les situations loufoques, GTO aborde la démission familiale, le harcèlement scolaire et le besoin de reconnaissance d’adolescents laissés pour compte. Le parallèle avec Assassination Classroom est frontal : un prof que personne n’attendait, face à une classe que tout le monde avait abandonnée.
4. My Hero Academia (Kōhei Horikoshi, 2014)

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My Hero Academia compte 42 tomes et plus de 100 millions d’exemplaires écoulés. L’intrigue se situe dans un monde où 80 % de la population possède un super-pouvoir appelé « Alter » — et où les 20 % restants sont considérés comme des anomalies. Izuku Midoriya appartient à cette minorité : né sans aucun pouvoir, il rêve pourtant d’intégrer la prestigieuse académie Yuei pour devenir un héros. Sa rencontre avec All Might, le héros nᵒ 1, change tout.
Horikoshi construit la progression d’Izuku non pas comme une ascension linéaire, mais à travers ses échecs, ses rivalités et le poids d’un héritage trop lourd pour lui. Comme dans Assassination Classroom, le cadre scolaire n’est pas un simple décor : c’est un lieu de confrontation permanente où chaque élève doit prouver sa légitimité.
5. Classroom of the Elite (Shōgo Kinugasa, 2015)

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Le cadre : le très sélectif lycée Kōdo Ikusei, où chaque élève reçoit mensuellement des points à valeur monétaire. Le système semble généreux — jusqu’à ce que les élèves découvrent qu’il dissimule un classement impitoyable entre les classes. Le protagoniste, Kiyotaka Ayanokōji, affecté à la classe D (la dernière du classement), affiche une indifférence totale derrière laquelle se cache une intelligence hors norme.
La série est entièrement construite sur des jeux de manipulation, de bluff et d’alliances tactiques entre élèves. C’est la dimension la plus stratégique et la plus froide d’Assassination Classroom, poussée jusqu’à son terme. Classroom of the Elite dépasse aujourd’hui les 11 millions d’exemplaires et se décline en trois arcs qui correspondent aux trois années de lycée.
6. Mon prof le tueur, Reborn! (Akira Amano, 2004)

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Tsunayoshi « Tsuna » Sawada est un collégien que tout le monde surnomme « Tsunaze » — « Tsuna le nul ». Aucun talent, aucune ambition, aucune confiance en soi. Tout change lorsque débarque chez lui Reborn : un bébé en costume noir, fedora sur la tête, qui se présente comme le plus grand tueur à gages du monde. Sa mission : faire de Tsuna le prochain parrain de la famille mafieuse Vongola.
Les premiers tomes fonctionnent comme une comédie slapstick, mais à partir du huitième volume, la série bascule vers des arcs d’action sérieux et ambitieux — une mue qui a surpris ses propres lecteur·ices. Ce schéma (un « professeur » non humain qui force un élève médiocre à se dépasser) est exactement celui d’Assassination Classroom, avec dix ans d’avance.
7. Death Note (Tsugumi Ōba et Takeshi Obata, 2003)

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Light Yagami, lycéen surdoué rongé par l’ennui, ramasse un cahier surnaturel abandonné par un dieu de la mort : toute personne dont le nom y est inscrit meurt dans les quarante secondes. Convaincu de pouvoir bâtir un monde sans criminels, Light entreprend une croisade meurtrière sous le pseudonyme de « Kira ». Face à lui : L, détective de génie, excentrique et insaisissable.
Le manga tient presque entièrement sur leur affrontement intellectuel — un duel où chaque information cachée, chaque faux pas, chaque bluff peut être fatal. Le registre est bien plus sombre que celui d’Assassination Classroom, mais on y retrouve le même goût des pièges à retardement et des retournements minutieusement orchestrés.
8. Gintama (Hideaki Sorachi, 2003)

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Le point de départ assume pleinement sa fantaisie : un Japon d’époque Edo envahi par des extraterrestres appelés Amanto, qui ont imposé leur technologie et interdit le port du sabre. Au centre du récit : Gintoki Sakata, un ancien samouraï flemmard reconverti en homme à tout faire, flanqué de Shinpachi, adolescent à lunettes qui sert souvent de faire-valoir, et de Kagura, une extraterrestre d’une force physique disproportionnée.
Gintama est d’abord une comédie parodique saturée de références aux autres séries du Shōnen Jump, à la culture pop et à l’actualité japonaise. Mais la série sait aussi, sans prévenir, plonger dans des arcs dramatiques d’une brutalité émotionnelle inattendue — où le passé des personnages et les enjeux politiques prennent le dessus sur les gags. C’est cette oscillation permanente entre l’absurde et le grave, sans rupture de ton, qui la rapproche le plus d’Assassination Classroom.
9. Beelzebub (Ryūhei Tamura, 2009)

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Le lycée Ishiyama est un repaire de délinquants — et Tatsumi Oga en est la terreur absolue. Un jour, il découvre un nourrisson accroché à un cadavre qui dérive sur la rivière. Ce bébé, Kaiser de Emperana Beelzebub IV (dit « Beel »), est le fils du Roi des Démons, destiné à détruire l’humanité. Confié à Oga par la servante démoniaque Hildegarde, Beel refuse désormais de le quitter.
Tout le manga tient sur ce décalage : un voyou brutal contraint d’élever un nourrisson aux pouvoirs destructeurs, dans un lycée où chaque couloir est un champ de bataille. La comédie est frontale, les bagarres constantes, et le cadre scolaire aussi chaotique que celui de la classe 3-E — à la différence que personne, ici, ne fait semblant de vouloir étudier.