20th Century Boys est un seinen manga écrit et dessiné par Naoki Urasawa, prépublié dans le magazine Big Comic Spirits de l’éditeur Shōgakukan entre 1999 et 2006. La série, qui compte 22 volumes (auxquels s’ajoute le diptyque 21st Century Boys), suit un groupe d’amis d’enfance confrontés à une conspiration mondiale orchestrée par un mystérieux meneur connu sous le nom d’« Ami ». Sauts temporels, suspense paranoïaque et nostalgie de l’enfance s’y côtoient au service d’un récit sur la mémoire, l’amitié trahie et la manipulation des foules.
Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.
1. Monster (Naoki Urasawa, 1994)

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Le Dr Kenzō Tenma, neurochirurgien japonais en poste à Düsseldorf, sacrifie sa carrière le jour où il choisit de sauver un jeune garçon plutôt qu’un homme politique influent. Des années plus tard, ce garçon — Johann Liebert — se révèle être un tueur en série insaisissable, capable de retourner n’importe qui contre ses proches. Tenma, accusé à tort, doit fuir la police et traquer le monstre qu’il a remis au monde.
Le récit traverse l’Europe post-réunification, de l’Allemagne à la République tchèque, sur fond de Guerre froide, de groupuscules néo-nazis et de cicatrices du rideau de fer. Chaque personnage secondaire reçoit un arc narratif propre — une ex-fiancée rongée par l’alcool, un inspecteur à la mémoire infaillible, un vieux policier au bord de la retraite —, si bien que le récit principal peut s’effacer pendant des chapitres entiers sans que la tension faiblisse. Prépublié dans Big Comic Original (Shōgakukan) entre 1994 et 2001, le manga compte 18 volumes.
2. Pluto (Naoki Urasawa, 2003)

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Pluto réinterprète l’arc « Le Robot le plus puissant du monde » d’Astro Boy d’Osamu Tezuka. Urasawa, épaulé par le co-auteur Takashi Nagasaki et supervisé par le fils de Tezuka, transpose cette histoire pour enfants en un thriller de science-fiction pour adultes. Le protagoniste n’est plus Astro, mais Gesicht, un robot-inspecteur d’Europol chargé d’élucider une série de meurtres qui ciblent les sept robots les plus puissants de la planète.
En huit volumes (prépubliés dans Big Comic Original entre 2003 et 2009), la série aborde la mémoire, la discrimination entre humains et robots, et les ravages de la guerre — avec une allégorie à peine voilée de l’invasion de l’Irak. Grand Prix du prix culturel Osamu Tezuka en 2005, Pluto pose une question qui hante chacun de ses personnages : à partir de quel seuil de souffrance, de deuil ou de colère un robot cesse-t-il d’être une machine ?
3. Erased (Kei Sanbe, 2012)

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Satoru Fujinuma, mangaka de 29 ans qui n’a publié qu’une seule série, possède un don involontaire qu’il nomme « Revival » : quelques instants avant un drame, sa conscience est renvoyée dans le passé pour lui permettre d’intervenir. Lorsque sa mère est assassinée, ce pouvoir le propulse non pas de quelques minutes, mais de dix-huit ans en arrière, en 1988, quand il était écolier. Assez loin, cette fois, pour tenter de prévenir les enlèvements et meurtres d’enfants qui ont marqué son passé.
La tension repose sur le décalage entre l’esprit adulte de Satoru et son corps d’enfant, et sur la traque silencieuse d’un prédateur que personne ne soupçonne. La narration alterne entre 1988 et 2006, et c’est dans les détails — un geste de trop, un regard qui trahit la préméditation — que l’identité du coupable se dessine. Publié en neuf volumes dans le magazine Young Ace (Kadokawa Shoten, 2012-2016), Erased a été nommé au prix culturel Osamu Tezuka et deux fois au Manga Taishō.
4. Liar Game (Shinobu Kaitani, 2005)

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Nao Kanzaki, étudiante d’une honnêteté presque pathologique, reçoit un jour cent millions de yens accompagnés d’une invitation au « Liar Game Tournament ». La règle est simple : voler l’argent de son adversaire ou se retrouver criblé·e de dettes. Désemparée, elle fait appel à Shinichi Akiyama, escroc de génie fraîchement sorti de prison.
Le manga — 19 volumes prépubliés dans le Weekly Young Jump de Shūeisha entre 2005 et 2015 — repose entièrement sur des jeux de stratégie fondés sur les probabilités, la théorie des jeux et la psychologie. Chaque épreuve du tournoi impose ses propres règles et pousse les participants à des calculs et des bluffs de plus en plus retors. Le nerf du récit tient à l’opposition entre la candeur obstinée de Nao — qui refuse d’abandonner quiconque — et la froide logique d’Akiyama. Mais c’est la naïveté de Nao, souvent moquée, qui finit par déstabiliser le système là où la ruse seule échoue.
5. Akira (Katsuhiro Otomo, 1982)

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En 2019, trente-sept ans après qu’une explosion mystérieuse a ravagé Tokyo et déclenché la Troisième Guerre mondiale, la mégalopole reconstruite — Néo-Tokyo — croule sous les gangs, la corruption et les émeutes. Kaneda et Tetsuo, deux adolescents d’un gang de motards, voient leur amitié se fissurer lorsque Tetsuo développe des pouvoirs psychiques incontrôlables, liés à un projet militaire secret baptisé « Akira ». Ce qui commence comme une histoire de bande rivale finit par engloutir l’armée, la résistance, les puissances étrangères et la ville elle-même.
Six volumes, 2 200 planches, prépubliés dans le Weekly Young Magazine (Kōdansha) entre 1982 et 1990 : Akira a largement contribué à l’arrivée du manga en Occident, un rôle confirmé par l’adaptation animée de 1988, réalisée par Otomo lui-même. La série renvoie au trauma nucléaire japonais et à la méfiance envers le pouvoir d’État, à travers une jeunesse que personne ne gouverne et que personne ne protège. Le dessin d’Otomo — villes en coupe, foules en mouvement, destructions à l’échelle urbaine — a imposé un niveau de détail inédit dans le manga seinen.
6. The Promised Neverland (Kaiu Shirai & Posuka Demizu, 2016)

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À Grace Field House, des orphelins mènent une vie idyllique sous la tutelle bienveillante de leur « Maman ». Ils étudient, jouent, grandissent — jusqu’au jour où Emma et Norman, les aînés du groupe, découvrent ce que l’institution leur cache : l’orphelinat est une ferme d’élevage, et les enfants sont destinés à servir de nourriture à des démons.
Vingt volumes prépubliés dans le Weekly Shōnen Jump (Shūeisha, 2016-2020). Le manga détourne les codes du shōnen : pas de combats physiques ni de pouvoirs surnaturels, la survie repose ici sur l’intelligence, la ruse et la solidarité. Le premier arc, consacré à l’évasion, fonctionne comme un huis clos où chaque décision peut coûter une vie. Les enfants — Emma, Norman, Ray — ne sont ni des héros surpuissants ni des figures symboliques : ce sont des esprits vifs, coincés dans des corps vulnérables, qui doivent battre des adultes à leur propre jeu.
7. Bokurano (Mohiro Kitoh, 2003)

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Pendant un camp d’été, quinze collégiens découvrent une grotte au bord de la mer. À l’intérieur, un homme mystérieux leur propose de tester un « jeu vidéo » dans lequel ils piloteraient un robot géant pour défendre la Terre. Ils signent un contrat sans en mesurer les conséquences. Très vite, la réalité s’impose : chaque pilote meurt après son combat, et une défaite signifie la destruction pure et simple de leur univers.
Onze volumes prépubliés dans le magazine Ikki (Shōgakukan, 2003-2009). Bokurano retourne le genre mecha contre lui-même. Là où Evangelion interrogeait la psyché de ses pilotes, Kitoh supprime tout espoir de survie : la question n’est plus de vaincre, mais de décider quoi faire du peu de temps qui reste. Chaque chapitre se concentre sur un enfant différent — ses liens familiaux, ses secrets, ses choix face à une mort certaine — et transforme ce qui aurait pu n’être qu’un exercice de cruauté en une série de portraits d’une justesse inattendue.
8. Death Note (Tsugumi Ohba & Takeshi Obata, 2003)

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Light Yagami, lycéen brillant que l’ennui consume, met la main sur un cahier surnaturel abandonné par un dieu de la mort : le Death Note. Quiconque voit son nom inscrit dans ses pages meurt. Light décide de s’en servir pour éliminer les criminels du monde entier et bâtir une société qu’il juge plus juste, sous le pseudonyme de « Kira ».
L’entrée en scène du détective L, génie aussi excentrique que redoutable, transforme le récit en une partie d’échecs où chaque hypothèse est une arme et chaque erreur peut être fatale. Les deux adversaires ne se confrontent presque jamais physiquement : tout passe par la déduction, le bluff et la manipulation de tiers. Douze volumes, prépubliés dans le Weekly Shōnen Jump (Shūeisha) entre 2003 et 2006. Peu de mangas ont produit un effet aussi net sur le genre : après Death Note, le thriller cérébral est devenu un registre à part entière dans le paysage éditorial japonais. La question posée par Ohba et Obata, elle, n’a pas vieilli : la justice peut-elle naître d’un pouvoir absolu exercé par un seul individu ?
9. Bonne nuit Punpun (Inio Asano, 2007)

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Punpun Onodera est un garçon ordinaire de 11 ans — à ceci près que lui et sa famille sont représentés sous la forme de petits oiseaux griffonnés, tandis que le reste du monde est dessiné de façon hyperréaliste. Ce décalage graphique, loin d’être un simple artifice, traduit le regard que Punpun porte sur lui-même ; sa silhouette se déforme au fil des volumes, se disloque ou s’assombrit à mesure que sa vie se dégrade.
Le récit suit Punpun de l’école primaire à la vingtaine, à travers les violences familiales, les amours avortées, la dépression et les illusions perdues. Asano a déclaré avoir voulu en finir avec les récits « édifiants » après Solanin, et Bonne nuit Punpun tient cette promesse : aucun personnage n’est épargné, aucune crise ne trouve de résolution propre. Treize volumes, prépubliés entre 2007 et 2013 dans Weekly Young Sunday puis Big Comic Spirits (Shōgakukan). C’est le récit le plus long d’Asano, celui où il a pris le plus de risques — et perdu, selon ses propres mots, le plus de lecteur·ices en chemin.