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Que lire sur l'histoire des armes à feu ?

Que lire sur l’histoire des armes à feu ?

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L’arme à feu apparaît en Europe au XIVe siècle, près de cinq cents ans après l’invention de la poudre noire en Chine. Pendant longtemps, elle reste lente, lourde, capricieuse : il faut près d’une minute pour recharger, la pluie suffit à éteindre la mèche, le tir manque sa cible de quelques dizaines de mètres. Le XIXe siècle change la donne. En l’espace de quelques décennies, la cartouche métallique, la poudre sans fumée et le chargeur amovible transforment l’objet artisanal en produit industriel : on tire vite, loin, plusieurs coups d’affilée avant de recharger. Les armes que nous connaissons aujourd’hui — revolvers, pistolets semi-automatiques, fusils d’assaut — descendent toutes, directement, des inventions de cette période.

La sélection qui suit propose dix titres majoritairement consacrés à l’histoire technique des armes — panoramas illustrés, encyclopédies, monographies de spécialistes —, complétés par quelques ouvrages qui ouvrent sur l’histoire industrielle, judiciaire ou culturelle.


1. Armes à feu : encyclopédie visuelle, avec plus de 1 000 illustrations en couleurs (Chris McNab, 2022)

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Cet ouvrage tient davantage du dictionnaire graphique que du récit historique : il aligne plus de mille reproductions en couleur d’armes photographiées de profil, du mousquet à mèche du XVIe siècle aux fusils d’assaut récents. Chaque entrée donne en quelques lignes le pays d’origine, la date d’apparition, le poids, les dimensions et le calibre, ce qui autorise une comparaison immédiate entre modèles d’une même époque ou d’une même famille technique. Le parti pris est explicite : la mise en regard graphique l’emporte sur la longue analyse. Le livre fonctionne comme un outil de consultation plus que comme une lecture linéaire.

L’éventail couvert va des armes de poing aux mitrailleuses lourdes et inclut les fusils de chasse, les pistolets-mitrailleurs et les fusils de précision. On y croise les pièces les plus connues — le M16 américain, le AK-47 soviétique, le Mauser 98 allemand, le FAMAS français, la mitrailleuse MG42 de la Wehrmacht — comme de nombreux modèles secondaires souvent absents des publications grand public. Cette amplitude assume un parti pris encyclopédique : nommer, dater et montrer plutôt que raconter ou analyser en profondeur.

Historien militaire britannique reconnu pour ses ouvrages sur les forces spéciales et l’armement moderne, Chris McNab compose ici une sélection plus généreuse pour les armes contemporaines que pour les pièces anciennes. Identifier visuellement une arme, situer un modèle dans une généalogie technique : tels sont les usages premiers du livre.


2. Armes à feu de légende (Rob Houston et Christine Stroyan, dir., 2019)

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Paru en français chez Larousse, ce beau livre suit le format des ouvrages illustrés de l’éditeur britannique Dorling Kindersley (DK), connu pour ses publications de référence dans lesquelles chaque objet est photographié sur fond blanc, en lumière neutre, de profil, et accompagné de gros plans des mécanismes. Les prises de vue de Gary Ombler montrent plus de six cents pièces, dont une partie provient de musées privés ou institutionnels rarement ouverts au public. L’ambition est avant tout matérielle : donner à voir l’objet, sa patine, ses gravures, ses bois et ses incrustations, plutôt que d’écrire une histoire au long cours.

Le parcours suit un fil chronologique, depuis les arquebuses à mèche jusqu’aux fusils d’assaut contemporains, et accorde une place notable aux pièces de luxe ou de cérémonie : pistolets de duel à incrustations, carabines de chasse princières, revolvers gravés. Les grandes marques familières — Colt, Smith & Wesson, Winchester, Beretta — apparaissent à intervalles réguliers, autant de jalons identifiables pour un lecteur non spécialiste. Le format permet une lecture libre, par chapitre ou par double page, et n’exige aucune connaissance préalable.

Les notices sont brèves et factuelles ; elles ne s’engagent dans aucune analyse de fond et ne discutent pas les controverses historiographiques. Le bouquin se prête au feuilletage et à l’initiation, en complément de publications plus pointues sur les aspects techniques, économiques ou politiques.


3. Encyclopédie de l’armement mondial. Armes à feu d’infanterie de petit calibre de 1870 à nos jours – Tomes 1 à 7 (Jean Huon, 2011-2015)

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Parue chez Grancher entre 2011 et 2015, cette série en sept volumes poursuit un objectif rare dans l’édition francophone : établir un inventaire systématique des armes d’infanterie en service dans cent quatre-vingt-dix pays depuis les années 1860. Le découpage par ordre alphabétique des nations rassemble les armes par contexte national de production ou d’usage, ce qui permet de suivre l’adoption d’un même modèle d’un État à l’autre, ainsi que les copies, les versions sous licence et les transferts technologiques. Plus de trois mille armes y sont décrites avec leur fiche technique, leurs variantes et de nombreuses illustrations en couleur.

Expert en armes près la cour d’appel de Versailles et auteur de plus de mille cinq cents articles spécialisés, Jean Huon mobilise ici une documentation rare, parfois issue de fonds militaires longtemps fermés au public. Le quatrième volume retiendra particulièrement l’attention des lecteurs francophones : il traite de la France et de la Grande-Bretagne, et permet de suivre la généalogie du Lebel (premier fusil à poudre sans fumée adopté en 1886), des fusils MAS produits à Saint-Étienne (le MAS 36 de la Seconde Guerre mondiale, le MAS 49/56 employé en Indochine et en Algérie), du Lee-Enfield britannique des deux Guerres mondiales et des revolvers Webley utilisés tout au long de la période impériale.

En raison du tirage limité et du prix de chaque volume, la série vise avant tout un public de connaisseur/collectionneur. Pour un travail ponctuel sur un modèle précis, elle constitue l’une des références les plus complètes disponibles en langue française.


4. Deux siècles d’histoire de l’armement en France. De Gribeauval à la force de frappe (Dominique Pestre, dir., 2005)

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Publié au CNRS en 2005, ce volume est issu d’un colloque tenu en 2001 sous l’égide du Comité pour l’histoire de l’armement (CHARME), organe rattaché à la Délégation générale pour l’armement (DGA, agence publique française chargée des programmes militaires). Il rassemble une vingtaine de contributions d’historiens des sciences, d’économistes, de sociologues et d’ingénieurs. Le titre couvre deux siècles, de Jean-Baptiste de Gribeauval — qui standardise dans les années 1760-1770 les calibres et les pièces de l’artillerie française pour rendre canons et munitions interchangeables d’une batterie à l’autre — jusqu’à la dissuasion nucléaire ; mais en pratique, près de la moitié des textes portent sur la période postérieure à 1945. L’objet étudié n’est pas l’arme en elle-même, mais le système d’innovation, de production et d’usage qui la rend possible : ingénieurs, manufactures, savants, administrations et industriels.

Le livre articule quatre séquences thématiques : science et technique militaires dans la longue durée, armes nouvelles et guerre froide, modes de gestion industrielle, comparaisons internationales. On y lit des analyses sur le contrôle qualité dans l’industrie de l’armement, sur la culture savante des corps d’ingénieurs militaires du XIXe siècle, sur les choix politiques derrière les missiles balistiques stratégiques, ou encore sur l’histoire de la Poudrerie nationale de Bergerac. Ce traitement transdisciplinaire rapproche l’histoire de l’armement de l’histoire industrielle, économique et politique, sans la réduire à une suite de monographies techniques.

Directeur d’études à l’EHESS et spécialiste de l’histoire de la physique au XXe siècle, Dominique Pestre signe une introduction qui propose un cadre théorique pour analyser le système français d’armement non comme une simple branche de l’industrie, mais comme un milieu professionnel autonome qui a développé sa propre culture technique et ses propres réseaux. L’ouvrage s’adresse à un lectorat universitaire ou averti, soucieux de comprendre les ressorts économiques, scientifiques et administratifs des programmes d’armement français modernes.


5. Les Français et les armes à feu de 1789 à nos jours (Julie d’Andurain, François Audigier et Jean-Noël Grandhomme, dir., 2018)

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Ce livre rassemble une trentaine de contributions issues d’un colloque tenu à Metz en juin 2017 par le Centre de recherche universitaire lorrain d’histoire (CRULH). Il a été coordonné en l’honneur de François Cochet, l’un des principaux spécialistes français de l’histoire de la guerre et du combattant. Le fil rouge tient en une hypothèse : la possession et l’usage des armes à feu, en France, ne se laissent pas réduire à une seule histoire militaire ou pénale ; ils croisent en permanence l’imaginaire national, la chasse, le sport, la mémoire des guerres et l’évolution du droit.

Est ainsi retracée la séquence législative qui structure le rapport entre les citoyens et leurs armes. Sous l’Ancien Régime, le port d’arme à feu reste le privilège du noble et du soldat ; la Révolution rompt avec ce monopole et fait de la possession d’une arme un droit civique. La loi d’avril 1939 instaure ensuite un classement des armes par catégories — qui détermine lesquelles peuvent être détenues librement, sur déclaration ou sur autorisation — et ce dispositif, modifié par les décrets successifs de 1973, 1993, 1998 et 2011, fixe encore aujourd’hui le cadre de la détention privée. Le régime de Vichy renforce les contrôles, l’occupation allemande impose ses propres règles, et la Résistance reçoit par parachutage des armes alliées dont une grande partie ne sera jamais restituée à la Libération. D’autres contributions abordent le fusil Lebel comme symbole du poilu de 1914-1918, ou le pistolet-mitrailleur MAT 49 dans la mémoire des anciens d’Algérie.

Par sa diversité méthodologique — histoire politique, militaire, juridique, anthropologique, médicale —, ce livre échappe à la monographie et privilégie une approche plurielle. Le lecteur n’y trouvera ni planches techniques ni nomenclatures d’armes, mais une série de regards croisés sur un objet de société. On y cherchera moins une généalogie technique qu’une lecture politique et culturelle de l’arme à feu en France.


6. Pistolets de poche : petites armes et grandes affaires au XIXe siècle (Jean-Pierre Bastié, 2013)

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Ce livre s’ouvre sur un épisode resté célèbre, le 16 mars 1914. Épouse du ministre des Finances Joseph Caillaux, Henriette Caillaux abat le directeur du Figaro Gaston Calmette à coups de petit pistolet automatique, dans le bureau même du journaliste : elle agit en représailles d’une campagne de presse qui menaçait de publier des lettres intimes du couple. Cet épisode résume le propos du livre : à la veille de la Grande Guerre, l’arme de poche est devenue un objet courant, accessible à un public bourgeois qui n’aurait pas pu se la procurer un siècle plus tôt. Bastié replace cette démocratisation dans la libéralisation progressive du commerce des armes amorcée vers le milieu du XIXe siècle, après plusieurs décennies de régulation stricte.

Le livre passe en revue la diversité technique de ces petites armes : pistolets coup-de-poing à un ou plusieurs canons ; poivrières à barillet rotatif (l’ensemble des canons tourne au lieu d’un simple cylindre) ; revolvers harmonica, dont le bloc de chambres est rectangulaire et coulisse latéralement entre chaque tir ; pistolets à percussion, puis à cartouche métallique. Chaque type est replacé dans un usage social — autodéfense, duel, fait divers, honneur bafoué — autant d’occasions où l’arme courte sort des replis du gilet ou du sac à main. L’auteur croise ainsi histoire technique et chronique judiciaire, ce qui donne au livre son caractère hybride, à la fois récit et catalogue.

Jean-Pierre Bastié, expert judiciaire en armes près la cour d’appel de Toulouse et fondateur de l’Académie des armes anciennes, mobilise une connaissance directe des objets et de leurs marquages. Pour le lecteur intéressé par le XIXe siècle bourgeois, ce livre offre un angle inattendu : le pistolet de poche comme objet ordinaire et comme acteur de quelques-unes des grandes affaires criminelles ou politiques de la période.


7. Histoire du revolver (Daniel Casanova, 2014)

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Le revolver n’est pas une invention du XIXe siècle, comme l’auteur le rappelle d’emblée : des barillets rotatifs à silex circulent dès le XVIe siècle, mais ils restent rares, fragiles et coûteux à produire à la main. C’est le brevet déposé en 1836 par Samuel Colt qui en fait pour la première fois une arme de série, fiable et abordable. Le livre suit ensuite les étapes mécaniques qui en transforment le fonctionnement : la capsule à percussion remplace le silex ; la cartouche à broche, mise au point par Casimir Lefaucheux, réunit poudre, balle et amorce dans un même étui ; la cartouche métallique à percussion centrale, encore utilisée aujourd’hui, autorise enfin l’emploi de calibres très puissants comme le .357 Magnum (1934) ou le .500 Smith & Wesson Magnum (2003).

Le tour d’horizon est géographique autant que technique : les fabrications brésiliennes de Taurus, les revolvers Webley qui équipent l’armée britannique dans tout son empire colonial, les modèles réglementaires français produits à Saint-Étienne, les répliques italiennes destinées aux amateurs du Far West, et les Smith & Wesson et Colt américains qui dominent l’imaginaire policier et le cinéma hollywoodien. Le récit prend la forme d’une chronique ponctuée d’anecdotes sur les inventeurs, les commandes militaires et les usages civils.

La dernière partie présente un panorama des modèles encore produits aujourd’hui, du petit revolver de défense aux pièces surdimensionnées employées dans le tir aux silhouettes métalliques, discipline sportive originaire du Mexique où le tireur abat à longue distance des cibles en métal en forme d’animaux. Casanova écrit à la fois en historien et en collectionneur ; l’iconographie soignée séduira le curieux comme le tireur sportif.


8. Histoire du pistolet semi-automatique (Daniel Casanova, 2014)

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Ce livre prolonge l’histoire du revolver. À la fin du XIXe siècle, une révolution mécanique apparaît : on parvient à utiliser l’énergie de recul d’un coup de feu pour éjecter automatiquement la douille vide, introduire une nouvelle cartouche dans la chambre et armer le chien (la pièce qui frappe l’amorce) — sans intervention manuelle entre deux tirs. Casanova remonte aux pionniers : Hugo Borchardt, Theodor Bergmann, Mannlicher et surtout Georg Luger, dont le P08 (pistolet modèle 1908) devient l’arme de poing emblématique des officiers allemands des deux Guerres mondiales. Au même moment, l’Américain John Browning dépose la majorité des brevets dont vivent encore les automatiques modernes : verrouillage du canon par tenons en début de tir, recul court qui libère ensuite la culasse, alimentation par chargeur amovible logé dans la crosse.

Les premiers pistolets souffraient d’enrayages fréquents et d’une fragilité qui les rendait peu fiables. Le XXe siècle corrige ces défauts au fil des modèles, jusqu’à ce que le pistolet semi-automatique supplante le revolver dans la plupart des armées et des forces de police, principalement parce qu’il offre une plus grande capacité de chargeur (huit à dix-sept cartouches contre six pour un revolver) et un rechargement plus rapide. Le livre passe en revue les grandes maisons — DWM (Allemagne), Colt et Smith & Wesson (États-Unis), IMI (Israël), MAB et Manufrance (France), CZ (Tchécoslovaquie), SIG-Sauer (Suisse-Allemagne), Tanfoglio (Italie), Steyr (Autriche) — ainsi que les modèles iconiques rendus familiers par le cinéma d’action, du Walther PPK au Beretta 92.

La dernière partie porte sur les innovations contemporaines : carcasse en polymère lancée par Glock à partir de 1982, qui allège l’arme et résiste mieux à la corrosion ; munitions repensées pour la défense personnelle (balles à pointe creuse, conçues pour s’écraser à l’impact) ; pistolets de match calibrés pour la précision du tir sportif ; modèles compacts destinés au port discret des forces spéciales ou de la police en civil. Pour qui veut saisir comment cette catégorie d’armes s’est imposée comme arme de poing dominante au tournant du XXIe siècle, le livre offre un panorama clair et illustré.


9. Revolvers & pistolets automatiques français (Daniel Casanova, 2015)

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Cet ouvrage porte sur la production française d’armes de poing, depuis les premiers essais de revolvers connus dès le XVIIe siècle jusqu’à la fermeture progressive des grandes manufactures à la fin du XXe siècle. Les noms d’inventeurs et de fabricants jalonnent un récit national : Perrin, Le Mat, Delvigne, Galand et Lefaucheux pour les revolvers à percussion ou à cartouche métallique du Second Empire et de la IIIe République ; Unique, Union, MAB et Manurhin pour les pistolets automatiques du XXe siècle. Daniel Casanova rappelle ainsi l’importance armurière de la France, longtemps comparable à celle de la Belgique ou de la Suisse, avant que le marché européen ne se réduise à quelques pays.

Casanova consacre une attention particulière aux modèles réglementaires de l’armée et de la gendarmerie : le revolver d’ordonnance modèle 1873 en 11 mm, distribué massivement dans les armées coloniales ; le 1892 en 8 mm, qui équipe les officiers de la Grande Guerre ; les pistolets MAS 1935 A et 1935 S, conçus dans l’entre-deux-guerres ; le MAC 50, en service après 1945 ; et enfin le PAMAS G1, copie sous licence du Beretta 92 fabriquée à Saint-Étienne dans les années 1990. Un chapitre revient sur la pénurie d’armes de poing pendant la Première Guerre mondiale, qui a contraint l’armée française à acheter en urgence des pistolets espagnols et américains pour pallier les insuffisances de l’industrie nationale.

Les fiches techniques placées en fin de volume servent de guide pratique au collectionneur. Le livre garde la trace d’un patrimoine industriel dont les capacités de production sont aujourd’hui pour l’essentiel éteintes, depuis la fermeture de Manurhin et l’abandon par MAB du marché militaire après l’échec du projet de pistolet P 15 dans les années 1980. À réserver à un lecteur déjà familier des grandes étapes de l’histoire des armes.


10. Histoire du Kalashnikov – À l’épreuve de tous les combats (Jean Huon, 2011)

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Plus de cent millions de Kalachnikov auraient été produits en six décennies, soit un parc équivalent à celui des fusils Mauser de la première moitié du XXe siècle : aucune autre arme à feu n’a connu une diffusion comparable. Jean Huon, qui a rencontré Mikhaïl Kalachnikov en 1994 à l’occasion d’un salon international, situe d’abord son sujet dans le contexte de la guerre froide, où la production d’armement soviétique demeurait pour l’essentiel inaccessible aux observateurs occidentaux. L’ouverture des archives russes après 1990, ainsi que l’arrivée des industriels post-soviétiques sur les salons internationaux, ont permis de reconstituer plus précisément l’histoire technique de l’AK-47 et de ses dérivés.

Le livre déroule la généalogie de cette famille d’armes. Huon part du fusil d’assaut allemand StG 44, dont l’AK reprend le principe central : une cartouche dite intermédiaire, moins puissante que celle des fusils traditionnels mais plus puissante que celle d’un pistolet, qui rend le tir automatique contrôlable à courte et moyenne distance. Le récit traverse les essais soviétiques d’après-guerre, conduit à l’AK-47 de 1947, puis à l’AKM (1959, plus léger), à l’AK-74 (1974, calibre 5,45 mm) et aux variantes de la série AK-100 développée à partir des années 1990. L’auteur consacre des pages entières aux fabrications sous licence ou clandestines menées en Chine, en République démocratique allemande, en Roumanie, en Yougoslavie, en Bulgarie, en Égypte ou en Finlande, où chaque pays adapte l’arme à ses propres standards.

Outre l’aspect technique, le livre interroge la diffusion d’un fusil devenu symbole : l’AK-47 figure sur le drapeau du Mozambique et accompagne, depuis les années 1960, presque toutes les luttes de décolonisation, les guerres civiles africaines et les insurrections du Moyen-Orient. L’ensemble fournit la documentation de référence en langue française sur la famille Kalachnikov, du prototype d’après-guerre aux derniers modèles russes en service.