Trouvez facilement votre prochaine lecture
Que lire après The Witcher d’Andrzej Sapkowski ? – Notre sélection

Que lire après The Witcher d’Andrzej Sapkowski ? – Notre sélection

Vous venez de dévorer « The Witcher » et l’envie de retrouver la même nervosité vous démange ? La sélection ci-dessous propose des bouquins qui partagent un goût pour les dilemmes moraux, les monstres (parfois humains) et les rapports de force dont personne ne sort vraiment propre. Ici, on aime les héros imparfaits, les dialogues mordants, les intrigues qui n’offrent pas de solution “idéale” — seulement des choix, puis leurs conséquences.


1. Guide pratique des monstres, tome 1 : La Sorcière sans ombre (Genoveva Dimova, 2024)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Dans une cité où la magie se marchande et où les créatures se cachent derrière des métiers ordinaires, ce premier tome mise sur un bestiaire et une enquête serrée. Un duo circule entre marchés, arrière-salles et salons cossus, en tenant compte des haines de quartier, des réputations et des dettes.

Les combats existent, mais la tension naît surtout des pistes contradictoires et des choix impossibles : protéger quelqu’un, c’est parfois couvrir une faute, et “faire justice” peut aggraver la situation. Le roman retrouve aussi un ressort très sapkowskien : la violence n’est jamais purement spectaculaire, elle sert souvent à rappeler que les institutions, les clans ou les familles peuvent être aussi dangereux que les monstres.

On apprécie enfin la tonalité : sérieuse sans être lourde, avec ce qu’il faut d’ironie pour que les scènes sociales et les menaces surnaturelles se répondent.


2. L’Ours et le Rossignol (Katherine Arden, 2019)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Si les mythes d’Europe de l’Est comptent autant que l’action dans The Witcher, ce roman s’impose. Dans une Russie médiévale prise par le gel, Vassia grandit entourée d’esprits domestiques qu’on honore par de petits gestes, tandis qu’un nouveau clergé condamne ces croyances.

L’intérêt tient à l’opposition entre peur et protection : ce qui veille sur la maison peut aussi se retourner, et la ferveur peut nourrir la cruauté. La magie passe par présences et interdits, par pactes implicites et par anciens usages, avec une ambiance de conte sombre qui ne cherche pas le confort.

L’héroïne, souvent isolée, affronte moins un “grand méchant” qu’un mélange de superstition, de pression sociale et de danger réel. C’est précisément ce frottement entre le quotidien et l’inquiétant qui rappellera aux lectrices et lecteurs le charme rugueux de Sapkowski.


3. L’Âge de la folie, tome 1 : Un soupçon de haine (Joe Abercrombie, 2020)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Joe Abercrombie partage avec Sapkowski une préférence pour les personnages ambigus : chacun a ses raisons, et ces raisons peuvent être médiocres. Dans ce tome, la fantasy se frotte à une ère d’usines, de grèves et de propagande, ce qui ajoute une dureté sociale aux intrigues.

Les points de vue se répondent : aristocrates pris à leur propre jeu, soldats usés, idéalistes maladroits, opportunistes brillants. L’humour noir coupe net, puis laisse le malaise s’installer, et la violence tombe sans avertissement, souvent au pire moment.

On retrouve un plaisir proche de celui des nouvelles de Geralt : des dialogues mordants, des alliances fragiles, et une sensation constante que la “bonne décision” est introuvable. Ce roman convient très bien à celles et ceux qui aimaient, dans The Witcher, la politique sale, la lucidité amère et les personnages qui s’enfoncent en croyant faire le nécessaire.


4. Wyld, tome 1 : La Mort ou la gloire (Nicholas Eames, 2019)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Une bande de mercenaires vieillissants, jadis adulés, accepte une dernière mission. Le roman en fait un récit rapide, avec des monstres gigantesques, des combats sales et une camaraderie solide malgré les rancunes.

L’humour est constant, mais il ne sert pas à adoucir ; il souligne la fatigue, les regrets et les blessures qui ne guérissent pas. On y retrouve une idée chère à The Witcher : quand la réputation devient une monnaie, elle attire autant les clients que les ennuis.

Amitié, loyauté, et vieux comptes à régler forment le cœur du livre, avec un sens du rythme très efficace. La tonalité est plus légère que Sapkowski, mais elle garde une vraie brutalité quand il le faut, et surtout un regard lucide sur ce que la violence fait aux gens. Pour une lecture énergique, pleine d’action et de personnalité, c’est un excellent relais.


5. La Guerre du pavot (Rebecca F. Kuang, 2020)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Rin, orpheline obstinée, échappe à un mariage forcé en intégrant une académie militaire ; très vite, le récit bascule dans une guerre totale. La magie, liée à des entités divines et à des états de transe, devient une puissance dangereuse : elle offre un avantage, puis réclame un tribut.

Le texte refuse le confort ; il montre la propagande, la haine, les massacres, et les décisions qui rendent quelqu’un méconnaissable. Les relations entre maîtres, élèves et chefs militaires sont traversées par l’ambition et la peur, et l’on sent à chaque page le poids de la violence historique qui inspire le roman.

Pour un lectorat venant de The Witcher, le rapprochement se fait sur un point majeur : le monde humain peut être plus effrayant que n’importe quelle créature, et la magie n’est jamais un “cadeau” sans conséquence. C’est sombre, intense, et souvent moralement inconfortable — exactement ce que recherchent beaucoup de lectrices et lecteurs après Sapkowski.


6. La trilogie Daevabad, livre 1 : La Cité de Laiton (S. A. Chakraborty, 2021)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Une guérisseuse de rue, une invocation involontaire, puis l’entrée dans une société djinn structurée par des lignées, des serments et des rancunes anciennes : la promesse est tenue. Le roman alterne scènes d’action et intrigues de cour, avec des personnages dont les intérêts s’entrechoquent sans cesse.

L’univers s’appuie sur des mythes moyen-orientaux et sur une ville gouvernée par la politique autant que par la magie ; la pression des alliances, des dettes et des identités imposées ne laisse guère de répit. Comme chez Sapkowski, la frontière entre “monstre” et “civilisé” se brouille : les créatures ont leurs lois, leurs blessures, et leurs raisons, tandis que les humains ne sont pas les seuls à mentir.

Le livre convient très bien à celles et ceux qui veulent retrouver l’équilibre entre action, rapports de force, et tensions morales, avec un décor moins européen mais tout aussi brutal.


7. Le Prieuré de l’Oranger (Samantha Shannon, 2019)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Roman autonome de grande ampleur, Le Prieuré de l’Oranger conjugue complots de palais, réseaux d’espionnage, traditions religieuses et dragons. L’intérêt, après Sapkowski, tient au contraste entre les récits officiels et les actes : chaque royaume défend sa version des faits, quitte à manipuler sa population ou à sacrifier des voisins.

Plusieurs héroïnes portent l’intrigue, entre devoir, amour, peur et ambition, ce qui donne une dynamique variée sans perdre la ligne principale. La menace, longtemps tenue à distance par les pouvoirs, revient dans un monde déjà fracturé par la diplomatie et la foi.

On y retrouve un plaisir proche de The Witcher : la politique n’est pas un décor, elle conditionne chaque décision, et l’héroïsme n’a rien d’un réflexe automatique. C’est un choix pertinent si l’on souhaite une fantasy ample, tendue, centrée sur les conséquences des récits qu’un pouvoir impose.

error: Contenu protégé