Trouvez facilement votre prochaine lecture
Que lire après « Panorama » de Lilia Hassaine ?

Que lire après « Panorama » de Lilia Hassaine ?

Panorama est un roman dystopique de Lilia Hassaine, publié en 2023 aux éditions Gallimard et récompensé par le prix Renaudot des lycéens. Situé en 2049, le récit dépeint une France régie par la Transparence : les citoyens vivent dans des maisons de verre sous le regard permanent de leurs voisins. Lorsqu’une famille disparaît dans ce monde où la criminalité a été éradiquée, une ex commissaire reprend du service pour mener l’enquête.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.


1. La transparence selon Irina (Benjamin Fogel, 2019)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

En 2058, l’anonymat en ligne a été aboli. Sur le Réseau, chaque individu est fiché, noté, évalué selon un coefficient comportemental. Pour préserver leur intimité, certains choisissent de vivre sous pseudonyme dans la vie réelle — on les appelle les « Nonymes ». Camille Lavigne fait partie de ces dissidents discrets, qui gravite dans l’orbite d’Irina Loubowsky, une essayiste aussi influente qu’énigmatique.

Benjamin Fogel déploie un roman choral ambitieux, à la croisée du thriller et de l’essai philosophique, nourri de références à Foucault et Damasio. La narration multiplie les points de vue pour cartographier un totalitarisme feutré, fondé sur la performance et le contrôle social. Premier volet d’une trilogie (suivi du Silence selon Manon et de L’Absence selon Camille), le livre impose un univers d’une cohérence glaçante, où la frontière entre vie réelle et vie virtuelle a définitivement volé en éclats.


2. Obsolète (Sophie Loubière, 2024)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

En 2224, l’humanité a survécu au Grand Effondrement de la civilisation fossile. La population mondiale, réduite à quelques centaines de millions d’âmes, s’est réorganisée autour du tout-recyclage et de la permaculture.

Mais cette société en apparence apaisée dissimule une mécanique redoutable : les femmes de cinquante ans sont retirées de leur foyer pour laisser la place à une plus jeune, encore fertile. Personne ne revient jamais du Domaine des Hautes-Plaines. Rachel, mère solide et sereine, s’apprête à quitter les siens. Pourtant, ses doutes ne cessent de grandir.

Sophie Loubière signe une dystopie féministe dans la lignée de La Servante écarlate de Margaret Atwood, servie par une écriture ciselée qui manie l’ironie avec une redoutable précision. Trois meurtres inexplicables dans un monde sans violence viennent fissurer la façade de cet Éden programmé, et la tension ne relâche jamais sa prise.


3. QualityLand (Marc-Uwe Kling, 2017)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Bienvenue à QualityLand, pays d’un futur proche où les algorithmes régissent chaque aspect de l’existence : travail, loisirs, relations amoureuses, vote. Peter Arbeitsloser (littéralement « Pierre Chômeur », car ici chacun porte le métier de son père comme patronyme) est ferrailleur au bas de l’échelle sociale. Le jour où il reçoit un produit qu’il n’a pas commandé et que le système refuse de reprendre, il entame une résistance inattendue.

Marc-Uwe Kling, déjà célèbre en Allemagne pour ses Chroniques du kangourou, signe une satire féroce du capitalisme de surveillance. Le ton est résolument comique — drones atteints de phobie aérienne, robots de combat traumatisés — mais le propos ne manque jamais sa cible. Traduit en vingt-quatre langues et lauréat du Deutscher Science-Fiction-Preis, QualityLand démontre avec brio que le rire peut être l’arme la plus efficace contre l’abdication numérique.


4. Tout est sous contrôle (Christopher Bouix, 2024)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Nous sommes en 2084 — clin d’œil assumé au 1984 de George Orwell. Le bonheur est devenu une injonction d’État. Chaque citoyen publie ses moments heureux sur HappyApp, une plateforme qui calcule un indice de satisfaction individuel. Ce score conditionne l’accès à l’emploi, au logement, et surtout à la parentalité. Juliette et Néo Lanhéry, jeunes et amoureux, sont prêts à tout pour intégrer l’élite et concrétiser leur désir d’enfant.

Christopher Bouix construit un récit choral aux chapitres nerveux, où la bienveillance obligatoire masque un régime de contrôle absolu. Derrière les sourires imposés, les fêlures se multiplient et le roman glisse vers le polar avec une habileté corrosive. L’humour noir, omniprésent, ne fait que renforcer le malaise : cette société fictive ressemble à la nôtre à quelques curseurs près, comme un épisode de Black Mirror étiré aux dimensions d’un roman.


5. Le Tout (Dave Eggers, 2025)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Suite du best-seller Le Cercle, Le Tout met en scène une méga-entreprise née de la fusion entre le détenteur mondial des réseaux sociaux et un géant du commerce en ligne. Cette entité tentaculaire contrôle désormais la quasi-totalité de la vie numérique — et, par extension, la vie tout court.

Delaney Wells, qui a grandi dans ce monde anxiogène, décide d’infiltrer la firme pour la détruire de l’intérieur. Sa stratégie : concevoir des applications si aberrantes que la population finira par se révolter. Mais chaque innovation, aussi grotesque soit-elle, est adoptée avec enthousiasme.

Dave Eggers déploie sur 640 pages une satire implacable de notre soumission consentie aux géants technologiques, portée par un sens de l’absurde qui confine au vertige. Le roman résonne avec une acuité particulière à l’heure où la frontière entre anticipation et chronique du présent s’amenuise de jour en jour.


6. Nos cœurs disparus (Celeste Ng, 2023)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Dans des États-Unis frappés par une crise économique dévastatrice, le PACT (loi de sauvegarde de la culture et des traditions américaines) régit la vie quotidienne. Tout citoyen d’origine étrangère est suspect. Les livres jugés séditieux disparaissent des bibliothèques.

Parmi les auteurs censurés : Margaret Miu, poétesse d’origine chinoise, dont le recueil Nos cœurs disparus est devenu un symbole de résistance clandestine. Bird, son fils de douze ans, vit seul avec son père depuis trois ans — jusqu’au jour où un mystérieux message le pousse à partir à sa recherche.

Celeste Ng signe une dystopie lumineuse, portée par la conviction que les mots restent le dernier rempart contre l’obscurantisme. Épaulé par un réseau clandestin de bibliothécaires, Bird découvre l’envers d’un système fondé sur la peur et la délation. Le roman, souvent comparé à Fahrenheit 451, s’impose par la délicatesse de son écriture et la force de son propos politique.


7. Qui après nous vivrez (Hervé Le Corre, 2024)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Le titre, emprunté au premier vers de La Ballade des pendus de François Villon, annonce la couleur. En 2032, le seuil climatique irréversible est franchi. Pandémies, pénuries, effondrement du réseau électrique : la civilisation s’écroule par vagues successives. Hervé Le Corre suit le destin de trois générations de femmes — Rebecca, Alice, Nour — à travers un siècle de chaos, de la grande panne initiale jusqu’aux terres calcinées d’une France devenue un no man’s land hostile.

Maître reconnu du roman noir français (Grand Prix de Littérature policière, Prix Mystère de la critique), Le Corre quitte ici le polar contemporain pour une fresque post-apocalyptique d’une noirceur sans concession. Les femmes portent le récit sur leurs épaules, confrontées à la violence des hommes, au fanatisme religieux et à la disparition de tout repère démocratique. L’écriture, d’une précision poétique saisissante, illumine paradoxalement les ténèbres du propos.


8. Célèbre (Maud Ventura, 2024)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Cléo Louvent le sait depuis l’enfance : elle sera célèbre. Cette certitude granitique la propulse, année après année, vers le sommet du star-system mondial. Devenue une popstar planétaire, elle accumule les millions, les villas à Los Angeles et les récompenses. Isolée sur une île déserte du Pacifique, elle se remémore les étapes de son ascension — et le prix qu’elle a payé pour y parvenir.

Après le succès de Mon mari, Maud Ventura retrouve son sujet de prédilection — l’obsession — et dresse le portrait au vitriol d’une époque asservie à l’image et à l’impunité des puissants. Le ton est acide, les punchlines redoutables, le dénouement spectaculaire. Cléo est odieuse, cynique, et pourtant impossible à lâcher : un miroir peu flatteur tendu à notre rapport collectif à la notoriété et aux réseaux sociaux.

error: Contenu protégé