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Que lire après « Oscar et la Dame rose » d'Éric-Emmanuel Schmitt ?

Que lire après « Oscar et la Dame rose » d’Éric-Emmanuel Schmitt ?

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Oscar et la Dame rose est un roman épistolaire d’Éric-Emmanuel Schmitt, publié en 2002 chez Albin Michel. Troisième volet du Cycle de l’invisible, il prend la forme de douze lettres adressées à Dieu par Oscar, un garçon de dix ans atteint d’une leucémie en phase terminale — auxquelles s’ajoute une dernière, écrite par Mamie-Rose après la mort d’Oscar. À l’hôpital, seule Mamie-Rose — une ex catcheuse autoproclamée, reconvertie en dame rose bénévole — ose lui parler sans détour de la mort que tout le monde autour de lui s’évertue à nier. Elle lui propose un jeu : vivre chaque journée comme si elle représentait dix ans d’une existence entière. En douze jours, Oscar traversera donc symboliquement l’adolescence, l’amour, la crise de la quarantaine et la vieillesse, jusqu’à une sagesse que bien des adultes n’atteignent jamais. Ce conte philosophique a été adapté au théâtre (avec notamment Danielle Darrieux puis Anny Duperey) et au cinéma en 2009 par Schmitt lui-même, avec Michèle Laroque dans le rôle de Mamie-Rose.

Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé ce livre — idéalement après avoir séché vos larmes et repris un semblant de contenance —, voici quelques suggestions qui devraient vous parler.


1. Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran (Éric-Emmanuel Schmitt, 2001)

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Paris, rue Bleue, années 1960. Moïse, dit Momo, a onze ans et traîne une enfance sans tendresse auprès d’un père distant et dépressif. Sa mère a quitté le foyer depuis longtemps, et son frère aîné n’est plus qu’un nom qu’on invoque pour le rabaisser. De l’autre côté de la rue, monsieur Ibrahim, l’épicier que tout le quartier appelle « l’Arabe » — alors qu’il est en réalité un musulman soufi du Croissant d’Or —, observe le monde depuis son éternel tabouret. Entre le vieil homme et l’adolescent se noue peu à peu une amitié improbable, faite de conversations à bâtons rompus et d’un apprentissage discret du bonheur.

Quand le père de Momo se jette sous un train et qu’une femme prétend être sa mère sans que le garçon la reconnaisse, c’est Ibrahim qui l’adopte. Ensemble, ils partent en voiture vers le Croissant d’Or, la terre natale du vieil homme, où les derviches tourneurs dansent jusqu’au vertige. Ce voyage initiatique sera le dernier pour Ibrahim. Après sa mort, Momo hérite de l’épicerie, du Coran — et des fleurs séchées qu’il contenait. Il prend le prénom de Mohammed et perpétue, sur ce même tabouret, la sagesse tranquille de son père de cœur.

Ce récit d’à peine quatre-vingts pages fait le même pari qu’Oscar et la Dame rose : raconter la rencontre entre un enfant livré à lui-même et un adulte capable de lui transmettre l’essentiel — non pas une doctrine, mais une manière d’être au monde. Le film de François Dupeyron (2003), porté par un Omar Sharif magnétique — César du meilleur acteur en 2004 —, mérite qu’on s’y attarde aussi.


2. L’Enfant de Noé (Éric-Emmanuel Schmitt, 2004)

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Bruxelles, 1942. Joseph Bernstein a sept ans lorsque ses parents, une famille juive menacée par les rafles, le confient à la comtesse de Sully, puis au père Pons, un petit curé de campagne à l’air inoffensif. Ce dernier dirige la Villa Jaune, un pensionnat catholique qui sert de refuge clandestin à des enfants juifs dont les identités sont falsifiées par Mademoiselle Marcelle, une pharmacienne acariâtre, anticléricale — mais d’une bravoure féroce. Joseph doit apprendre à réciter ses prières chrétiennes, à dissimuler sa circoncision et à taire jusqu’à son propre nom.

Mais le père Pons ne se contente pas de sauver des vies. Comme l’arche de Noé, il préserve aussi ce qui risque de disparaître : dans une crypte secrète, il collecte des objets de culte juif, des textes sacrés, des témoignages. Il enseigne en secret à Joseph les fondements du judaïsme — cette religion que ses propres parents, peu pratiquants, ne lui avaient jamais transmise. Avec Rudy, un adolescent juif également caché à la Villa Jaune, Joseph découvre l’amitié, le doute face à Dieu, et la différence entre respect et amour.

Ce quatrième volet du Cycle de l’invisible aborde le judaïsme avec la même délicatesse que les précédents volets réservaient à l’islam et au christianisme. Le récit, raconté cinquante ans plus tard par Joseph devenu adulte, garde le regard de l’enfant qu’il fut — à la fois lucide et décalé, capable de trouver du cocasse dans les situations les plus sombres. Et si certaines scènes frôlent l’invraisemblable (un officier allemand qui rebrousse chemin après un éternuement), c’est peut-être le prix à payer pour que le conte philosophique l’emporte sur le récit de guerre.


3. Le Petit Prince (Antoine de Saint-Exupéry, 1943)

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Un aviateur en panne dans le désert du Sahara rencontre un drôle de petit bonhomme tombé d’un astéroïde à peine plus grand qu’une maison — la planète B 612, pour être précis. Ce petit prince a quitté son monde minuscule, sa rose capricieuse et ses trois volcans (dont un éteint, mais on ne sait jamais) pour visiter d’autres planètes. Il y a croisé un roi sans sujets, un vaniteux sans public, un buveur qui boit pour oublier qu’il boit, un businessman qui compte les étoiles sans jamais les regarder, un allumeur de réverbères prisonnier de sa consigne et un géographe qui ne quitte pas son bureau. Autant de figures d’adultes absorbés par des occupations absurdes — un catalogue de l’égarement humain en miniature.

Sur Terre, le petit prince apprivoise un renard qui lui confie le secret le plus célèbre de la littérature française : on ne voit bien qu’avec le cœur. Il comprend aussi que sa rose, malgré ses quatre épines et ses airs de diva, est unique au monde, non par nature, mais parce qu’il a pris le temps de l’aimer. Puis vient le serpent, la morsure, le départ — et le silence du désert.

Publié à New York en 1943 alors que Saint-Exupéry vivait en exil, Le Petit Prince reste l’un des livres les plus traduits au monde. Derrière l’apparence d’un conte pour enfants, il pose les mêmes questions qu’Oscar et la Dame rose : qu’est-ce qui donne du prix à une vie ? Comment rester fidèle à l’essentiel quand le monde conspire à nous en détourner ?


4. La vie devant soi (Romain Gary, 1975)

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Mohammed, dit Momo, a dix ans — ou quatorze, c’est selon : Madame Rosa le rajeunissait pour le garder plus longtemps. Momo vit au sixième étage d’un immeuble sans ascenseur, à Belleville, chez cette vieille femme juive rescapée d’Auschwitz qui tient une pension clandestine pour les enfants de prostituées. Madame Rosa est énorme, épuisée, hantée par ses souvenirs de la rafle du Vél’d’Hiv, et sujette à de longs moments d’absence où elle croit revivre son passé. Momo, lui, raconte tout cela avec une candeur truffée de maladresses linguistiques et de vérités crues que seul un enfant peut asséner sans méchanceté.

Autour d’eux gravite toute une galerie de personnages hauts en couleur : Madame Lola, ancienne championne de boxe au Sénégal devenue travesti et prostituée au bois de Boulogne ; Monsieur Hamil, vieux marchand de tapis algérien qui cite Les Misérables par cœur ; Monsieur N’Da Amédée, proxénète coquet et illettré qui dicte ses lettres à Madame Rosa. Ce Belleville des années 1970, où cohabitent Juifs, Arabes et Africains, fonctionne comme une famille de substitution où chacun, d’une manière ou d’une autre, veille sur les autres.

Publié sous le pseudonyme d’Émile Ajar, ce roman a valu à Romain Gary un second prix Goncourt — exploit théoriquement impossible, puisque le règlement interdit de le recevoir deux fois. La supercherie ne fut révélée qu’après son suicide en 1980. Comme dans Oscar et la Dame rose, le cœur du récit tient dans le lien indéfectible entre un enfant et une figure maternelle en fin de vie : Momo accompagnera Madame Rosa jusqu’au bout, jusque dans le « trou juif » de la cave, parce qu’il refuse que la femme qui l’a élevé finisse ses jours à l’hôpital. Il restera auprès de son corps pendant trois semaines.


5. La dernière leçon (Mitch Albom, 1997)

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Ce récit autobiographique raconte les retrouvailles entre Mitch Albom, journaliste sportif américain happé par sa carrière, et Morrie Schwartz, son ancien professeur de sociologie à l’université Brandeis, qu’il avait perdu de vue depuis seize ans. Un soir, Albom aperçoit Morrie lors d’une interview télévisée : le vieil homme est atteint de sclérose latérale amyotrophique (la maladie de Charcot), une pathologie neurodégénérative incurable qui le condamne à une paralysie progressive. Morrie a décidé de ne pas subir sa mort en silence ; il veut en faire un ultime enseignement.

Chaque mardi, Albom rend visite à son ancien professeur dans sa maison de West Newton, dans le Massachusetts. Leur rituel prend la forme d’un cours — le dernier — où Morrie aborde, semaine après semaine, les grands thèmes de l’existence : la peur, le vieillissement, le pardon, le mariage, la famille, le regret, le sens de la vie. L’ancien élève, englué dans une course au succès et à la productivité, redécouvre ce qui compte réellement au contact d’un homme que la maladie immobilise un peu plus à chaque visite, mais qui n’a jamais eu les idées aussi claires.

Le livre, initialement tiré à vingt mille exemplaires pour aider Morrie à payer ses frais médicaux, est devenu l’un des témoignages les plus vendus au monde — plus de dix-sept millions d’exemplaires en quarante-cinq langues. Si Oscar et la Dame rose montre un enfant capable d’enseigner la sagesse aux adultes, La dernière leçon prend le chemin inverse : c’est un vieillard qui rappelle à un homme dans la force de l’âge que la proximité de la mort est le meilleur antidote contre les fausses urgences.


6. Quelques minutes après minuit (Patrick Ness, 2011)

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Conor O’Malley a treize ans, une mère atteinte d’un cancer, un père parti refaire sa vie en Amérique, une grand-mère rigide et des camarades de classe qui oscillent entre pitié gênée et harcèlement pur et simple. Chaque nuit, il fait un cauchemar récurrent — toujours le même, qu’il refuse de décrire. Et puis, à minuit sept précises, un monstre apparaît. Pas n’importe lequel : un if gigantesque, ancien et sauvage, qui se détache du cimetière voisin pour venir frapper à sa fenêtre. Ce monstre ne veut pas le dévorer. Il veut lui raconter trois histoires. En échange, Conor devra lui livrer la sienne — sa vérité, celle qu’il se cache à lui-même.

Le roman est né d’une idée originale de Siobhan Dowd, autrice britannique décédée d’un cancer avant d’avoir pu l’écrire — ce qui donne au projet une résonance particulière. Patrick Ness s’est chargé de mener le récit à son terme. Les trois contes enchâssés fonctionnent comme des paraboles : ils brouillent les frontières entre le bien et le mal, entre la guérison et la perte, et préparent Conor à affronter ce qu’il sait déjà mais refuse d’admettre. Les illustrations de Jim Kay, toutes en encre noire et en aplats d’ombre, ont valu au livre la rare distinction de recevoir à la fois la Carnegie Medal et la Kate Greenaway Medal.

Comme Oscar et la Dame rose, ce livre aborde la maladie d’un parent à travers les yeux d’un enfant, sans esquiver la colère, la culpabilité ni le sentiment d’injustice. Mais là où Schmitt choisit la légèreté du conte épistolaire, Ness opte pour le fantastique — un fantastique au service de la vérité émotionnelle, pas de l’évasion. Le film de Juan Antonio Bayona (2016), avec Liam Neeson en voix du monstre et Sigourney Weaver en grand-mère, est à la hauteur du roman.


7. Nos étoiles contraires (John Green, 2012)

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Hazel Grace Lancaster a seize ans, un cancer de la thyroïde métastasé aux poumons, un chariot à oxygène qu’elle traîne partout et un humour acide qui fait office d’armure. Sa mère, convaincue qu’elle est déprimée (ce qui n’est pas entièrement faux), la pousse à fréquenter un groupe de soutien pour jeunes malades. C’est là qu’elle croise Augustus Waters, dit Gus, dix-sept ans, ancien basketteur amputé d’une jambe à cause d’un ostéosarcome, en rémission, et doté d’un charisme légèrement excessif — il garde en permanence une cigarette éteinte entre les lèvres comme métaphore de son refus de laisser le mal le consumer. L’attirance est immédiate, mais Hazel se considère comme une grenade : elle refuse de s’attacher à quelqu’un qu’elle condamne à la perdre.

Leur passion commune pour Une impériale affliction, un roman fictif de l’auteur reclus Peter Van Houten, les conduit jusqu’à Amsterdam pour le rencontrer. La déception sera à la hauteur de l’attente — Van Houten se révèle odieux et alcoolique —, mais le voyage offre au couple ses plus beaux souvenirs, dont un baiser dans la maison d’Anne Frank applaudi par les visiteurs. Au retour, les rôles s’inversent : c’est Gus qui annonce la récidive de son cancer. Le sursis qu’Hazel croyait avoir accordé à son entourage, c’est finalement elle qui le vit, en tant que survivante.

Le titre, emprunté à Shakespeare (Roméo et Juliette dans la traduction française, Jules César dans l’original anglais), annonce la couleur : le destin de ces deux-là est écrit dans des étoiles particulièrement contrariantes. John Green a dédié le roman à Esther Earl, une jeune femme emportée par un cancer dont le regard sur la vie l’avait durablement marqué. Il réussit le pari de parler de la mort chez les adolescents sans complaisance morbide ni angélisme, avec un mélange de drôlerie, de références littéraires et d’émotion brute. L’adaptation cinématographique de Josh Boone (2014), avec Shailene Woodley et Ansel Elgort, a confirmé que le roman parle aussi aux adultes.


8. Des fleurs pour Algernon (Daniel Keyes, 1966)

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Charlie Gordon a trente-deux ans, un QI de 68 et une douceur que rien n’entame. Il travaille comme homme de ménage dans une boulangerie et suit des cours du soir pour adultes au centre Beekman, où son enseignante Alice Kinnian le remarque pour sa motivation hors du commun. Deux scientifiques, le Professeur Nemur et le Docteur Strauss, cherchent un cobaye humain pour une opération chirurgicale du cerveau déjà testée sur une souris blanche nommée Algernon — avec des résultats spectaculaires. Charlie accepte. En quelques semaines, son intelligence explose : il dépasse ses médecins, dévore les bibliothèques, apprend plusieurs langues, et découvre — avec une lucidité cruelle — que ses « amis » de la boulangerie se moquaient de lui depuis des années.

Le roman prend la forme du journal intime de Charlie. Au fil des pages, l’orthographe, la syntaxe et la profondeur de réflexion se transforment sous nos yeux : les premières entrées, truffées de fautes et de formulations enfantines, cèdent la place à une écriture d’une intelligence acérée. C’est le coup de génie du livre — on lit la pensée de Charlie se construire mot après mot, et l’on sait, avec lui, qu’elle finira par se défaire. Car Algernon, un jour, commence à régresser. Et Charlie sait que son destin est lié à celui de la souris.

Initialement publié sous forme de nouvelle en 1959 (prix Hugo), puis développé en roman en 1966 (prix Nebula), Des fleurs pour Algernon est devenu un classique étudié dans les classes du monde entier. Son lien avec Oscar et la Dame rose tient à la question qu’ils partagent : que faire d’un temps compté ? Oscar vit cent vingt ans en douze jours ; Charlie accède à un génie éphémère avant de tout perdre. Deux trajectoires inverses, une même urgence.