Max et Lili est une série de bandes dessinées jeunesse française créée en 1992 par Dominique de Saint-Mars (scénario) et Serge Bloch (illustrations), publiée aux éditions Calligram dans la collection « Ainsi va la vie ». Chaque tome aborde un thème lié aux émotions ou aux difficultés du quotidien des enfants — du harcèlement scolaire au divorce, en passant par la jalousie ou la confiance en soi. La série compte plus de 130 titres et s’est écoulée à plus de 22 millions d’exemplaires.
Si vous cherchez quoi offrir ou lire ensuite, voici quelques suggestions — bandes dessinées, romans illustrés ou grands classiques.
1. Le Journal d’Aurore (Marie Desplechin, 2006)

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Aurore a treize ans, deux sœurs qu’elle trouve insupportables, des parents qu’elle juge complètement dépassés et une vie qu’elle décrit comme un désastre permanent. Dans son journal intime, elle consigne ses déboires scolaires, ses amitiés orageuses et ses premiers émois amoureux avec un sens de la formule acide et une bonne dose d’autodérision. Le premier tome, Jamais contente, a été adapté au cinéma en 2016 par Émilie Deleuze.
La série, publiée à L’école des loisirs, compte trois volumes qui couvrent les années collège d’Aurore. Marie Desplechin y adopte la voix d’une adolescente lucide, drôle et souvent injuste — le genre de portrait qui ne ménage personne, à commencer par la narratrice elle-même. La série a aussi été adaptée en bande dessinée par Agnès Maupré en 2016-2017. Un très bon passage vers le format roman pour celles et ceux qui ont aimé la franchise de Max et Lili. À partir de 10-12 ans.
2. Les Cahiers d’Esther (Riad Sattouf, 2016)

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Chaque semaine, Riad Sattouf recueille les confidences d’une jeune fille prénommée Esther (prénom modifié), la fille d’un couple d’amis, et les transpose en planches de bande dessinée prépubliées dans L’Obs. Le premier tome la suit à dix ans ; le neuvième et dernier, paru en 2024, la retrouve à dix-huit ans, au seuil du baccalauréat et de Parcoursup. La série s’est vendue à plus de deux millions d’exemplaires et a été adaptée en série animée sur Canal+.
Ce qui marque dans Les Cahiers d’Esther, c’est la neutralité du regard : Sattouf ne corrige ni ne juge. Il restitue le vocabulaire, les références culturelles et les préoccupations d’une enfant puis d’une adolescente d’aujourd’hui — des cours de récréation aux réseaux sociaux. Le résultat tient à la fois de la chronique générationnelle et de la bande dessinée à part entière, et c’est ce mélange qui lui donne son prix. À partir de 10 ans.
3. Le Petit Nicolas (René Goscinny et Jean-Jacques Sempé, 1959)

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Né le 29 mars 1959 dans les pages de Sud-Ouest Dimanche, Le Petit Nicolas est un classique de la littérature jeunesse française. Nicolas, écolier espiègle et naïf, raconte à la première personne ses journées avec ses copains — Alceste le gourmand, Agnan le premier de la classe, Eudes le bagarreur — sous le regard impuissant de la maîtresse et du Bouillon, le redouté surveillant. L’humour naît du décalage entre la logique implacable de l’enfant et le monde des adultes.
René Goscinny signe des textes d’une drôlerie limpide, illustrés par les dessins aériens de Sempé. Le format — de courts récits indépendants — rappelle la structure des Max et Lili, et la galerie de personnages récurrents crée un univers immédiatement familier. Traduit en plus de quarante langues et vendu à quinze millions d’exemplaires, Le Petit Nicolas reste aussi drôle aujourd’hui qu’à sa création. À partir de 9 ans.
4. Journal d’un dégonflé (Jeff Kinney, 2007)

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Greg Heffley a douze ans et une certitude : il est destiné à devenir riche et célèbre. En attendant, il survit au collège, subit les persécutions de son grand frère Rodrick et consigne tout cela dans un « carnet de bord » — surtout pas un journal intime, précise-t-il. Né d’abord sur Internet à la fin des années 1990, le personnage a été publié en livre par l’éditeur américain Abrams en 2007, puis traduit en français au Seuil en 2009. La série cumule des dizaines de millions d’exemplaires vendus dans le monde.
Le livre se présente comme un faux journal manuscrit, parsemé de dessins au trait volontairement rudimentaires qui ponctuent le récit avec un sens du timing comique très sûr. Greg est vantard, souvent égoïste, rarement clairvoyant — et c’est précisément ce qui le rend si drôle. Le format hybride, mi-roman mi-BD, est un bon marchepied pour les jeunes lecteur·ices prêt·es à passer des bulles au texte. À partir de 9-10 ans.
5. Pico Bogue (Dominique Roques et Alexis Dormal, 2008)

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Pico est un garçon d’une dizaine d’années à la tignasse rousse et aux réparties fulgurantes. Avec sa petite sœur Ana Ana, ses parents et ses copains, il scrute le monde qui l’entoure avec une impertinence joyeuse et un vrai goût pour les grandes questions. Créée par un duo mère-fils — Dominique Roques au scénario, Alexis Dormal au dessin —, la série est publiée chez Dargaud depuis 2008 et compte aujourd’hui dix-sept tomes.
Souvent comparé à Mafalda, à Calvin et Hobbes ou aux Peanuts, Pico Bogue mêle le gag en une page et la réflexion sur le langage, le temps, les relations humaines. Les dialogues sont ciselés, drôles et intelligents — les enfants rient des situations, les adultes rient des mots. Le dessin à l’aquarelle d’Alexis Dormal, lumineux et expressif, apporte une douceur qui tranche avec la vivacité des dialogues. À lire après Max et Lili si l’on aime qu’un enfant de papier pose des questions auxquelles les grands n’ont pas de réponse. À partir de 7-8 ans (la série dérivée Ana Ana est accessible dès 5 ans).
6. Lou ! (Julien Neel, 2004)

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Lou est une jeune fille blonde, vive et créative, qui vit seule avec sa mère — une romancière fantaisiste, accro aux pizzas et aux jeux vidéo. Entre sa meilleure amie Mina, son amour inavoué pour le voisin Tristan et l’arrivée d’un nouveau locataire sur le palier, la vie de Lou ne manque pas de rebondissements. Prépubliée dans le magazine Tchô ! puis éditée chez Glénat, la série a reçu deux prix au Festival d’Angoulême (2005 et 2010) et s’est vendue à plus de trois millions d’exemplaires.
L’originalité de Lou ! tient au fait que son héroïne grandit au fil des albums : collégienne dans les premiers tomes, elle est étudiante dans la saison 2, Lou ! Sonata, lancée en 2020. Julien Neel, à la fois scénariste et dessinateur, aborde avec justesse l’absence du père, la solitude, l’autonomie et les premières amours. Le trait est doux, les couleurs pastel, et l’émotion passe sans jamais être surlignée. Une série qui accompagne ses lecteur·ices de l’enfance à l’adolescence — et qui grandit avec elles et eux. À partir de 9-10 ans.
7. Les Sisters (Christophe Cazenove et William, 2008)

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Wendy, l’adolescente, et Marine, la cadette pot de colle : voilà le duo au cœur de cette série humoristique publiée chez Bamboo Édition. Le dessinateur William s’est directement inspiré de ses propres filles pour créer ces deux sœurs dont la vie commune oscille entre chamailleries épiques, vol de journal intime, alliances tactiques et réconciliations émues. La série a également été adaptée en dessin animé diffusé sur M6.
Construite en gags d’une page, la BD assume pleinement le burlesque : les disputes sont poussées jusqu’à l’absurde, les catastrophes s’enchaînent, et pourtant la complicité entre les deux sœurs reste ce qui tient l’ensemble debout. On rit beaucoup, et l’on reconnaît sans mal les rapports de force bien réels de la fratrie. Hilarante, sans prétention, et très efficace. À partir de 7-8 ans.
8. Dad (Nob, 2015)

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Dad est comédien, père célibataire et débordé. Il élève seul ses quatre filles — Pandora l’intellectuelle, Ondine la volcanique, Roxane l’activiste et Bébérénice, la benjamine — nées de quatre mères différentes. Publiée chez Dupuis après une prépublication dans le Journal de Spirou, la série signée Nob (également auteur de Mamette) repose sur des strips courts où l’humour côtoie l’émotion.
Dad se singularise par le renversement du schéma classique : ici, le parent dépassé n’est ni rigide ni autoritaire, mais un éternel adolescent qui fait de son mieux — avec plus de bonne volonté que de résultats. Chaque fille incarne un tempérament distinct, et les personnages secondaires gagnent en épaisseur de tome en tome. La série parle bien des familles recomposées, des doutes parentaux et de la tendresse gauche d’un père qui ne sait pas toujours comment s’y prendre. À partir de 8-9 ans.
9. Mortelle Adèle (Mr Tan et Diane Le Feyer, 2012)

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Adèle est une petite fille rousse à couettes, impitoyable avec son chat Ajax, redoutée par ses camarades de classe et désespérante pour ses parents. Créée par Antoine Dole (alias Mr Tan) alors qu’il avait quatorze ans et subissait du harcèlement scolaire, elle est son exact opposé : une fille qui ose tout dire et n’a peur de rien. Les sept premiers tomes sont illustrés par Miss Prickly ; Diane Le Feyer reprend le dessin à partir du tome 8. La série a franchi le cap des dix-huit millions de lecteur·ices en mars 2024 et est devenue un phénomène éditorial chez les 8-12 ans.
Mortelle Adèle fonctionne comme un exutoire : l’héroïne piétine joyeusement toutes les règles du « bien se comporter » avec un aplomb qui fait rire enfants et adultes. Sous son insolence de façade, la série véhicule des messages sur la différence, le courage et le refus de la norme. Une BD frontale et décomplexée, dans la lignée de Mafalda ou de Mercredi Addams, qui offre un contrepoint stimulant à la sagesse pédagogique de Max et Lili. À partir de 8 ans.
10. Mafalda (Quino, 1964)

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Mafalda est une bande dessinée argentine créée par Joaquín Salvador Lavado, dit Quino, publiée dans la presse de Buenos Aires de 1964 à 1973. Son héroïne, une fillette d’environ six ans issue de la classe moyenne, porte sur le monde un regard d’une lucidité féroce : elle déteste la soupe, s’inquiète pour la paix mondiale et ne rate jamais une occasion de mettre les adultes face à leurs contradictions. Elle est entourée de camarades hauts en couleur — Manolito l’apprenti capitaliste, Susanita l’aspirante mère au foyer, Felipe le rêveur indécis, Libertad la militante miniature.
Traduite dans une trentaine de langues, Mafalda reste l’une des bandes dessinées les plus lues au monde. Son humour, politique et universel à la fois, touche aussi juste en 2026 qu’en 1964. Quino, décédé en 2020 à l’âge de 88 ans, y abordait avec une économie de moyens remarquable — quelques cases en noir et blanc suffisaient — des questions que Max et Lili traite à sa manière : l’injustice, la famille, l’école, le vivre-ensemble. Un indispensable, pour les enfants comme pour les adultes qui les accompagnent. À partir de 8-9 ans.