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Que lire après « Les Rois maudits » de Maurice Druon ?

Que lire après « Les Rois maudits » de Maurice Druon ?

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Les Rois maudits est une saga historique en sept volumes écrite par Maurice Druon entre 1955 et 1977. Elle retrace les luttes de succession au trône de France de 1314 à 1356, depuis la malédiction lancée par Jacques de Molay, dernier grand maître des Templiers, jusqu’aux prémices de la guerre de Cent Ans.

Citée par George R. R. Martin comme une source d’inspiration majeure pour Le Trône de fer, elle reste l’un des sommets du roman historique français. Si vous cherchez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations.


1. Fortune de France (Robert Merle, 1977)

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Fresque en treize tomes, Fortune de France couvre plus d’un siècle d’histoire, de la mort de François Ier en 1547 jusqu’au début du règne personnel de Louis XIV. Le récit suit Pierre de Siorac, jeune noble protestant du Périgord, puis son fils Pierre-Emmanuel, à travers les guerres de religion, la Saint-Barthélemy, l’avènement d’Henri IV et les intrigues de la cour sous Louis XIII et Richelieu.

Robert Merle a fait un choix radical : écrire dans une langue qui imite le français du XVIe siècle, mâtinée d’occitan. Loin d’être un artifice, ce parti pris fonctionne — on finit par penser dans l’idiome des Siorac. Le texte a la verdeur et la gaieté d’esprit d’un Rabelais, sans jamais édulcorer la violence de l’époque. Grand admirateur de Druon, Merle avait d’ailleurs écrit à ce dernier pour regretter que Les Rois maudits n’aient pas de suite — avant de s’en charger lui-même.


2. En la forêt de longue attente (Hella S. Haasse, 1949)

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Ce roman de l’écrivaine néerlandaise Hella S. Haasse retrace la vie de Charles d’Orléans (1394-1465), petit-fils de Charles V, neveu de Charles VI le Fou et père de Louis XII. Prince du sang, chef malgré lui de la faction des Armagnacs après l’assassinat de son père par les hommes du duc de Bourgogne, Charles est un homme davantage attiré par les livres que par les armes.

Fait prisonnier à Azincourt en 1415, il passe vingt-cinq ans en captivité en Angleterre. C’est dans les geôles de la Tour de Londres qu’il écrit les ballades et les rondeaux qui feront sa renommée. Le titre du livre est d’ailleurs emprunté à l’un de ces poèmes. Haasse reconstitue le destin de ce « Hamlet français » sans jamais le romancer à outrance — on la compare souvent à Marguerite Yourcenar, et la comparaison se tient.


3. Moi, Claude (Robert Graves, 1934)

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Robert Graves imagine l’autobiographie fictive de l’empereur Claude (10 av. J.-C. – 54 apr. J.-C.), quatrième empereur de Rome, un homme bègue, boiteux, longtemps jugé simple d’esprit par sa propre famille. Le récit couvre les règnes d’Auguste, de Tibère et de Caligula avant de s’achever aux portes du principat de Claude lui-même.

Le livre vaut d’abord par le regard décalé de son narrateur : parce que personne ne le prend au sérieux, Claude observe, note et survit là où les autres membres de la dynastie julio-claudienne s’entre-tuent. Empoisonnements, complots, folie impériale : la cour que décrit Graves rivalise de férocité avec celle des Capétiens chez Druon. Et Claude, le survivant inattendu, ressemble étrangement à ces cadets de roman que l’on sous-estime jusqu’à ce qu’ils héritent du trône.


4. Dans l’ombre des Tudors (Hilary Mantel, 2009)

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La trilogie Le Conseiller s’ouvre sur ce roman, qui suit Thomas Cromwell, fils de forgeron devenu l’un des hommes les plus puissants d’Angleterre sous Henri VIII. Après la disgrâce du cardinal Wolsey, Cromwell parvient à gagner la confiance du roi et orchestre l’annulation de son mariage avec Catherine d’Aragon — première étape du schisme avec Rome et de la naissance de l’Église anglicane.

Le coup de force de Hilary Mantel est narratif : tout passe par le point de vue interne de Cromwell, à la troisième personne. On est dans la tête d’un stratège redoutable, pris entre factions rivales, querelles théologiques et colères royales — et l’on comprend chacune de ses décisions au moment où il les prend.

Le livre a valu à son autrice le Booker Prize en 2009, suivi d’un second en 2012 pour le deuxième tome, Le Pouvoir — elle reste la seule femme à avoir remporté ce prix à deux reprises.


5. Les Piliers de la Terre (Ken Follett, 1989)

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L’action se déroule en Angleterre au XIIe siècle, durant la période d’anarchie qui oppose le roi Étienne à l’impératrice Mathilde. Au cœur du récit : la construction d’une cathédrale gothique dans la ville fictive de Kingsbridge. Autour de ce chantier qui s’étale sur plusieurs décennies gravitent un prieur obstiné, un bâtisseur de génie, un comte sans scrupules et une jeune femme traquée par l’Église.

Ken Follett, jusqu’alors connu pour ses thrillers, a surpris tout le monde avec ce pavé de mille pages — et vingt-six millions d’exemplaires vendus. Ce qui frappe à la lecture, c’est le soin apporté aux détails : la taille de la pierre, la poussée des voûtes, le coût d’un vitrail. On apprend comment on bâtissait une cathédrale au XIIe siècle, et pourquoi la construction d’un tel édifice pouvait décider du sort d’une ville entière.


6. Le Nom de la rose (Umberto Eco, 1980)

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En 1327, le franciscain Guillaume de Baskerville et son novice Adso de Melk arrivent dans une abbaye bénédictine du nord de l’Italie pour préparer une rencontre théologique. Ils découvrent que des moines y meurent dans des circonstances étranges. Guillaume, esprit rationnel formé à la logique d’Aristote et de Roger Bacon, entreprend de résoudre l’énigme tandis que les meurtres se multiplient.

Umberto Eco, sémioticien de profession, a conçu un récit qui se lit à la fois comme une enquête policière, une dispute théologique et une réflexion sur le pouvoir du savoir. L’intrigue se noue autour d’un livre interdit — le second tome perdu de la Poétique d’Aristote. L’abbaye, avec sa bibliothèque-labyrinthe et ses moines fanatiques, concentre en un lieu clos l’affrontement entre la raison et le dogme.

Le film de Jean-Jacques Annaud (1986), avec Sean Connery, en a popularisé l’intrigue, mais le roman offre une densité intellectuelle que l’adaptation ne pouvait qu’effleurer.


7. Le Dernier Royaume (Bernard Cornwell, 2004)

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Les Chroniques saxonnes débutent avec ce livre, premier de treize tomes situés dans l’Angleterre du IXe siècle, à une époque où l’île est morcelée en plusieurs royaumes et menacée par les invasions vikings. Uhtred de Bebbanburg, fils d’un seigneur saxon de Northumbrie, est capturé enfant par les Danois et élevé comme l’un des leurs. Tiraillé entre sa culture d’adoption et ses origines, il finit par se mettre au service du roi Alfred de Wessex, le seul monarque saxon encore debout face à l’envahisseur.

Bernard Cornwell excelle dans les scènes de bataille — les murs de boucliers, les charges, la boue et le fer. Mais le vrai ressort de la série, c’est le dilemme d’Uhtred, guerrier païen contraint de servir un roi profondément chrétien dont il ne partage ni la foi ni les méthodes. L’ensemble, adapté par Netflix sous le titre The Last Kingdom, retrace la naissance de l’Angleterre en tant que nation unifiée.


8. Quentin Durward (Walter Scott, 1823)

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Walter Scott situe l’action en 1468, à la cour de Louis XI, roi de France aussi rusé que redouté. Quentin Durward, un jeune archer écossais au service de la garde royale, se voit confier la mission d’escorter une noble dame à travers un territoire semé d’embûches, entre les ambitions du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, et les manœuvres secrètes de son propre souverain.

Le portrait de Louis XI est l’une des grandes réussites du livre : superstitieux, cruel, d’une intelligence politique remarquable, il incarne un pouvoir qui repose sur la ruse plutôt que sur la force. Scott oppose à ce monarque retors l’impétuosité du Téméraire, dans un duel diplomatique où chaque geste est calculé. C’est en grande partie à ce roman que l’on doit l’image de Louis XI telle qu’elle s’est fixée dans les esprits : celle d’un roi-araignée, patient et implacable.


9. Ivanhoé (Walter Scott, 1819)

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L’Angleterre de la fin du XIIe siècle. Le roi Richard Cœur de Lion est prisonnier en Autriche au retour de la troisième croisade, et son frère Jean sans Terre manœuvre pour s’emparer du trône. Dans ce contexte, Wilfrid d’Ivanhoé, chevalier saxon fidèle à Richard, revient en Angleterre où il se heurte à l’hostilité de la noblesse normande.

Derrière l’aventure, l’enjeu est politique : la coexistence difficile entre Saxons et Normands, plus d’un siècle après la conquête de 1066. Scott y met en scène des tournois, des sièges de château, la figure de Robin des Bois (sous le nom de Locksley) et le personnage tragique de Rébecca, une jeune femme juive confrontée au fanatisme des Templiers. Publié en 1819, Ivanhoé a inventé le roman médiéval moderne — et tout ce qui s’est écrit dans le genre depuis lui doit quelque chose.


10. La Cathédrale de la mer (Ildefonso Falcones, 2006)

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Barcelone, XIVe siècle. Le jeune Arnau Estanyol, fils d’un serf en fuite, grandit dans l’ombre du chantier de Santa Maria del Mar, église gothique édifiée par et pour le peuple. D’abord simple porteur de pierres, il gravit un à un les échelons de la société catalane jusqu’au consulat de la mer, avant d’être rattrapé par l’Inquisition.

Avocat barcelonais spécialiste du droit médiéval, Ildefonso Falcones a consacré dix ans à ce premier roman. Le livre restitue avec précision la société catalane du XIVe siècle — servage, épidémies de peste, persécution des communautés juives, essor du commerce maritime.

Souvent comparé aux Piliers de la Terre, il s’en démarque par son ancrage dans une ville et une cathédrale bien réelles : Santa Maria del Mar se dresse toujours dans le quartier de la Ribera, et c’est son chantier, pierre par pierre, qui structure tout le récit.


11. Terre sainte (Sharon Kay Penman, 2020)

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En 1174, Baudouin IV, quinze ans, est couronné roi de Jérusalem. Atteint de la lèpre, ce souverain adolescent doit composer avec les intrigues de sa propre cour — rivalité entre sa mère Agnès et sa mère adoptive Maria Comnena — alors même que Saladin, aux frontières du royaume franc, gagne en puissance.

Sharon Kay Penman, autrice américaine reconnue pour ses travaux sur les Plantagenêts et les princes gallois, s’est appuyée sur les chroniques latines et arabes de l’époque pour reconstituer ce royaume menacé de toutes parts. Le livre donne à voir la fragilité de l’État croisé de l’intérieur : les factions qui se déchirent, les alliances mouvantes entre Templiers, Hospitaliers et barons francs, la coexistence précaire entre chrétiens, juifs et musulmans.

C’est le premier livre de Penman traduit en français — un pan de l’histoire des croisades rarement abordé sous cet angle en littérature.


12. La Religion (Tim Willocks, 2006)

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Mai 1565. L’Empire ottoman lance ses quarante-cinq mille soldats à l’assaut de Malte, défendue par six cents chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem — qui se désignent eux-mêmes sous le nom de « la Religion » — et quelques milliers de miliciens. Au milieu de ce chaos, Mattias Tannhauser, ancien janissaire devenu marchand d’armes et trafiquant d’opium, se retrouve pris dans le siège pour honorer une promesse faite à une comtesse française.

Tim Willocks, médecin et maître d’arts martiaux, livre un roman d’une brutalité physique rare dans le genre historique. Les scènes de combat sont d’un réalisme cru, presque insoutenable, mais le livre ne se réduit pas à la violence : deux camps s’y massacrent au nom du même Dieu, et le récit ne tranche jamais en faveur de l’un ou de l’autre. La critique française a vu en Willocks un croisement entre Alexandre Dumas et James Ellroy.


13. Le Trône de fer (George R. R. Martin, 1996)

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Le Trône de fer est le premier volume d’une saga encore inachevée. George R. R. Martin y plante un monde fictif d’inspiration médiévale où plusieurs familles nobles — Stark, Lannister, Baratheon, Targaryen — se disputent le trône du continent de Westeros dans un jeu politique où aucun personnage n’est à l’abri, et où la trahison fait office de règle.

Martin a ouvertement reconnu sa dette envers Maurice Druon, qu’il a qualifié de « héros » dans un billet de blog en 2013, où il écrivait que les Capétiens et les Plantagenêts n’avaient rien à envier aux Stark et aux Lannister. L’apport du fantastique — dragons, morts-vivants, prophéties — ne masque pas la mécanique profondément réaliste des rapports de force.

L’adaptation en série télévisée (Game of Thrones, HBO, 2011-2019) a fait connaître l’œuvre très loin du lectorat habituel de la fantasy et, par ricochet, a relancé l’intérêt pour Les Rois maudits.


14. Mémoires d’Hadrien (Marguerite Yourcenar, 1951)

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Marguerite Yourcenar prête sa voix à l’empereur Hadrien (76-138), qui rédige une longue lettre à son successeur Marc Aurèle alors que la maladie l’emporte. Le vieil homme repasse le fil d’une vie consacrée à la consolidation de l’Empire : campagnes militaires, réformes administratives, passion pour l’architecture et la culture grecque, amour pour le jeune Antinoüs dont la mort prématurée brisera quelque chose en lui.

Ici, pas de batailles spectaculaires ni de rebondissements de cour. Tout repose sur la voix d’un homme de pouvoir qui regarde son existence avec lucidité, et cette voix suffit à porter le livre d’un bout à l’autre. Yourcenar a travaillé ce texte pendant plus de vingt ans, avec une rigueur d’historienne dans son recours aux sources antiques. Mémoires d’Hadrien est devenu l’un des monuments de la littérature française du XXe siècle — et sans doute la façon la plus directe d’entrer dans la Rome impériale du IIe siècle.