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Que lire après « Les Misérables » de Victor Hugo ?

Que lire après « Les Misérables » de Victor Hugo ?

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Publié entre 1862 et 1863, Les Misérables de Victor Hugo est un roman historique dont l’action se déroule dans la France de la Restauration et de la monarchie de Juillet, entre 1815 et 1832. À travers le destin de Jean Valjean, ancien forçat en quête de rédemption, Hugo confronte la misère, l’injustice et les luttes politiques de son époque sur plus de mille cinq cents pages.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.

Notre-Dame de Paris (Victor Hugo, 1831)

Premier grand roman de Hugo, Notre-Dame de Paris se déroule dans le Paris médiéval de 1482. La bohémienne Esmeralda, le sonneur Quasimodo et l’archidiacre Frollo s’y déchirent au pied de la cathédrale gothique, dans un huis clos vertical où le désir, la cruauté et la fatalité ne laissent personne indemne.

Le roman a eu un effet concret et immédiat : il a suscité un élan populaire en faveur de la restauration de Notre-Dame, alors menacée de démolition. L’édifice n’est pas un simple décor — Hugo en fait le cœur du livre, et les destins s’y nouent ou s’y brisent.

Quatrevingt-treize (Victor Hugo, 1874)

Dernier roman de Hugo, Quatrevingt-treize se situe en pleine guerre de Vendée, en 1793, sous la Terreur. Trois figures s’y affrontent : le marquis de Lantenac, royaliste implacable ; Gauvain, son petit-neveu républicain ; et Cimourdain, ancien prêtre devenu conventionnel inflexible.

Hugo a écrit ce roman après le traumatisme de la Commune de Paris. Il y confronte la violence révolutionnaire à l’idéal de clémence et refuse de trancher entre les camps : « Je ne veux ni du crime rouge ni du crime blanc. » Le livre pose une question qui hante tout le récit — la Révolution peut-elle se montrer miséricordieuse sans se trahir ?

Le Comte de Monte-Cristo (Alexandre Dumas, 1844)

Edmond Dantès, jeune marin injustement emprisonné au château d’If pendant quatorze ans, s’évade grâce à l’abbé Faria et met la main sur un trésor colossal. Devenu le comte de Monte-Cristo, il orchestre une vengeance méthodique contre ceux qui ont organisé sa chute.

Le roman s’inspire en partie de l’histoire vraie de Pierre Picaud, un cordonnier trahi par des proches jaloux. Publié en feuilleton dans Le Journal des Débats, il a connu un succès immédiat et jamais démenti. Sous le récit d’aventure, Dumas pose une question qui ronge son héros de l’intérieur : la vengeance accomplie, que reste-t-il ?

Les Mystères de Paris (Eugène Sue, 1842)

Le prince Rodolphe de Gerolstein parcourt incognito les bas-fonds parisiens pour secourir les opprimés. Parmi eux, la Goualeuse — une jeune femme brisée par la misère — et le Chourineur, ancien bagnard au grand cœur. Paru dans Le Journal des Débats entre 1842 et 1843, le roman a déchaîné un engouement sans précédent : bourgeois et ouvriers attendaient chaque livraison avec la même fièvre.

Théophile Gautier résumait le phénomène d’une formule : « Tout le monde a dévoré Les Mystères de Paris, même les gens qui ne savent pas lire. » L’œuvre a nourri le débat public sur la pauvreté, et certains historiens y voient l’un des ferments de la révolution de 1848.

Germinal (Émile Zola, 1885)

Étienne Lantier, ouvrier sans emploi, arrive dans le bassin minier de Montsou et découvre des conditions de travail effroyables : journées interminables, salaires de misère, enfants envoyés au fond des galeries. Il organise une grève qui va embraser toute la région.

Treizième volume du cycle des Rougon-Macquart, Germinal s’appuie sur l’enquête de terrain que Zola a menée lors de la grève d’Anzin en 1884. Le titre, emprunté au calendrier républicain, évoque le mois de la germination — une métaphore de la révolte ouvrière qui, souterraine et lente, finira par faire éclater la surface.

Un conte de deux villes (Charles Dickens, 1859)

Londres et Paris, 1775-1792. Le docteur Manette, libéré après dix-huit ans d’emprisonnement à la Bastille, retrouve sa fille Lucie. Elle épouse Charles Darnay, aristocrate français qui a renié son rang — mais la Terreur révolutionnaire va le rattraper. C’est Sydney Carton, avocat désabusé et amoureux secret de Lucie, qui se sacrifiera pour lui sauver la vie.

Dickens s’est appuyé sur The French Revolution de Thomas Carlyle pour reconstituer la chute de l’Ancien Régime. Le roman est le plus vendu de toute son œuvre, porté par la figure de Carton, dont le sacrifice final a donné à la littérature anglaise l’une de ses répliques les plus célèbres.

Oliver Twist (Charles Dickens, 1837)

Oliver, orphelin élevé dans un workhouse, s’enfuit à Londres où il tombe entre les mains de Fagin, un receleur qui dirige une bande de jeunes pickpockets — parmi lesquels le fameux Artful Dodger. L’enfant se retrouve happé par un monde criminel dont il ne comprend pas les règles.

Dickens a d’abord fait paraître le récit dans Bentley’s Miscellany, le magazine qu’il dirigeait, entre 1837 et 1839. Le roman constitue une attaque frontale contre la loi sur les pauvres de 1834 et ses workhouses inhumains. C’est aussi le premier roman anglais à placer un enfant au centre du récit et à prendre le parti des laissés-pour-compte de la société victorienne.

Les Frères Karamazov (Fiodor Dostoïevski, 1880)

Trois frères — Dmitri l’impulsif, Ivan l’intellectuel athée et Alexeï le novice mystique — entourent leur père Fiodor, homme cupide et débauché. Lorsque celui-ci est assassiné, le soupçon fracture la famille et le procès qui s’ensuit devient le lieu d’un affrontement bien plus vaste que la simple question pénale.

Dernier roman de Dostoïevski, Les Frères Karamazov contient le célèbre chapitre du Grand Inquisiteur, où Ivan met en scène un face-à-face entre le Christ et un cardinal de l’Inquisition. Freud y a vu une clé de la psyché humaine, Kafka une source d’inspiration majeure, et Einstein le considérait comme le plus grand roman jamais écrit.

Middlemarch (George Eliot, 1871)

Sous-titré « Une étude de la vie de province », Middlemarch se déroule dans une petite ville fictive des Midlands entre 1829 et 1832. Dorothea Brooke, jeune femme idéaliste, épouse le pédant Casaubon et s’enlise dans un mariage stérile. En parallèle, le docteur Lydgate, médecin ambitieux, voit ses projets de réforme ruinés par son union avec la vaniteuse Rosamond Vincy.

George Eliot entrecroise ces destins pour dresser un portrait sans concession de la société anglaise à l’aube des grandes réformes politiques. Chaque mariage raté y fonctionne comme un piège : ce sont les compromis quotidiens, les petites lâchetés et les illusions mal placées qui détruisent les personnages — jamais un coup du sort.

Nord et Sud (Elizabeth Gaskell, 1854)

Margaret Hale quitte le sud rural de l’Angleterre pour Milton, ville industrielle du Nord calquée sur Manchester. Elle y découvre la brutalité des conditions ouvrières, les grèves, et se heurte à John Thornton, propriétaire d’une filature de coton dont elle réprouve d’abord la dureté.

Gaskell a écrit le roman pour Household Words, la revue de Dickens, qui en a d’ailleurs imposé le titre et coupé deux chapitres. Le livre oppose deux Angleterre que tout sépare — le Sud pastoral et le Nord des usines — et place Margaret et Thornton dans un antagonisme de classe qui se fissure peu à peu, à mesure que chacun découvre les angles morts de ses propres certitudes.

La Foire aux vanités (William Thackeray, 1848)

Sous-titré « Un roman sans héros », La Foire aux vanités suit deux amies de pension aux trajectoires opposées : Becky Sharp, fille de rien, ambitieuse et manipulatrice ; et Amelia Sedley, douce héritière aveuglée par ses illusions sentimentales. Les guerres napoléoniennes servent de toile de fond à leur ascension et à leur chute.

Thackeray a lui-même illustré le roman de ses propres dessins. Le titre, emprunté au Pilgrim’s Progress de John Bunyan, dit d’emblée de quoi il s’agit : une satire acide de la bonne société anglaise. Personne n’en sort grandi, et le lecteur finit par s’attacher à Becky Sharp précisément parce qu’elle est la seule à ne pas feindre la vertu.

Les Raisins de la colère (John Steinbeck, 1939)

La famille Joad, chassée de ses terres en Oklahoma par la sécheresse du Dust Bowl et la mécanisation agricole, prend la route 66 en direction de la Californie. Là-bas, au lieu de la terre promise, elle ne trouve que l’exploitation, les camps de fortune et le mépris réservé aux « Okies ».

Le roman a remporté le prix Pulitzer en 1940 et a contribué au prix Nobel décerné à Steinbeck en 1962. À sa parution, il a provoqué des réactions violentes : brûlé dans certains comtés, dénoncé comme propagande communiste, il a pourtant forcé l’Amérique à voir le sort de ses travailleurs migrants — et à légiférer.