Paru en 1952, Le Vieil Homme et la Mer est le dernier grand roman d’Ernest Hemingway publié avant sa mort. Ce court récit met en scène Santiago, un vieux pêcheur cubain qui lutte seul en haute mer contre un gigantesque marlin. L’ouvrage a reçu le prix Pulitzer en 1953 et a contribué à l’attribution du prix Nobel de littérature à Hemingway en 1954.
Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.
1. Moby Dick (Herman Melville, 1851)

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Moby Dick raconte une chasse au cachalot devenue folie. Le capitaine Achab, amputé d’une jambe par un cachalot blanc, lance l’équipage du Pequod à la poursuite de l’animal à travers tous les océans. Le narrateur, Ismaël, simple matelot, assiste à cette course vers l’abîme sans pouvoir l’infléchir.
Melville ne se contente pas d’un récit d’aventures. Il intercale des chapitres entiers sur l’anatomie des cétacés, sur les techniques de chasse et sur la hiérarchie à bord d’un baleinier. Cette construction, à la fois encyclopédique et épique, a déconcerté le public de 1851. Le livre s’est très mal vendu ; Melville est mort dans l’oubli. Il a fallu attendre les années 1920 pour que Moby Dick soit reconnu comme l’un des sommets de la littérature américaine.
2. Pêcheur d’Islande (Pierre Loti, 1886)

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Yann Gaos est marin-pêcheur à Paimpol. Chaque année, de février à août, il part traquer la morue dans les eaux glaciales d’Islande avec ceux qu’on appelle les « Islandais ». Gaud Mével, jeune femme issue d’un milieu plus aisé, l’aime en silence. Mais Yann se dérobe, et il faudra trois longues campagnes de pêche avant que leur amour se concrétise — quelques jours à peine avant un nouveau départ.
Pierre Loti, lui-même officier de marine, livre ici un drame de la mer et de l’attente. Le roman dépeint avec justesse la rudesse des traversées, la promiscuité à bord des goélettes, la malnutrition, l’alcool qui aide à tenir, mais aussi la solitude des femmes restées au port, les yeux tournés vers l’horizon. La mer n’est jamais un simple décor : c’est elle qui rythme les vies, les sépare ou les engloutit.
3. La Perle (John Steinbeck, 1947)

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Kino, modeste pêcheur de perles sur la côte mexicaine de Basse-Californie, vit avec sa femme Juana et leur bébé Coyotito. Le jour où un scorpion pique l’enfant, le médecin du village refuse de le soigner : la famille est trop pauvre. Kino plonge alors et découvre une perle énorme, la « perle du monde », qui devrait tout changer.
Mais la trouvaille éveille la convoitise de tout le village. Marchands véreux, voleurs nocturnes, violences : la perle attire le malheur au lieu de la fortune. Steinbeck s’est inspiré d’un conte traditionnel mexicain pour écrire ce récit bref, implacable, qui tient de la fable morale et du réquisitoire social. On y suit la lente dégradation d’un homme que la promesse de richesse rend d’abord féroce, puis fugitif, et enfin brisé.
4. Le Loup des mers (Jack London, 1904)

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Humphrey Van Weyden, critique littéraire et intellectuel raffiné, fait naufrage dans la baie de San Francisco. Il est repêché par Loup Larsen, capitaine du phoquier Le Fantôme, qui l’enrôle de force comme mousse. Commence alors un huis clos en haute mer entre un homme de lettres et un tyran brutal, autodidacte féru de Nietzsche et de Milton.
London a voulu écrire un « roman total », dans la lignée de Moby Dick. Le récit est autant un affrontement philosophique qu’un roman d’aventures : Larsen incarne la loi du plus fort, Van Weyden la primauté de l’esprit. Mutineries, tempêtes et chasse au phoque rythment une traversée du Pacifique Nord au terme de laquelle l’intellectuel délicat aura appris à se battre — et le tyran, dévoré par ses migraines, aura perdu la vue et le pouvoir.
5. Typhon (Joseph Conrad, 1903)

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Le vapeur Nan-Shan remonte le détroit de Taïwan avec à son bord deux cents coolies chinois qui rentrent au pays après sept ans de labeur au Siam. Chacun emporte un coffre de bois rempli de ses économies en pièces d’argent. Le baromètre chute ; un typhon d’une violence inouïe s’abat sur le navire.
Le capitaine MacWhirr, homme taciturne et littéral, refuse de dévier sa route. Conrad — ancien officier de la marine marchande — ne s’intéresse pas tant à la tempête elle-même qu’à l’effet qu’elle produit sur les hommes. Sous le pont, les coolies se battent pour récupérer leur argent éparpillé ; sur le pont, chaque membre d’équipage révèle sa vraie nature.
Cette longue nouvelle, traduite en français par André Gide en 1918, tient sa force de ce paradoxe : c’est le capitaine le plus borné du navire qui s’en sort le mieux, précisément parce qu’il ne panique pas, ne philosophe pas, et fonce droit devant.
6. L’Histoire de Pi (Yann Martel, 2001)

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Pi Patel, fils d’un directeur de zoo à Pondichéry, se retrouve seul sur un canot de sauvetage en plein Pacifique après le naufrage du cargo qui devait emmener sa famille au Canada. Il n’est pas tout à fait seul : un tigre du Bengale nommé Richard Parker partage l’embarcation. S’engage une cohabitation improbable de 227 jours sur l’océan.
Le roman, récompensé par le Man Booker Prize, est d’abord un récit de survie : rations d’eau, pêche à la gaffe, territoire à défendre face au tigre. Mais il bifurque peu à peu vers autre chose — une réflexion sur la foi et sur le pouvoir des histoires que l’on se raconte pour supporter l’insoutenable. Le dénouement propose une version alternative des événements, bien plus crue, et laisse au lecteur·ice le soin de décider laquelle est vraie.
7. Le monde du bout du monde (Luis Sepúlveda, 1993)

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Un journaliste chilien en exil à Hambourg apprend qu’un navire-usine japonais opère clandestinement dans les eaux de la Terre de Feu, à proximité de baleines en danger d’extinction. Il décide de retourner au Chili — qu’il a quitté sous la dictature de Pinochet — pour enquêter. Ce voyage est aussi un retour aux sources : adolescent, il avait embarqué sur un baleinier après avoir lu Moby Dick.
Sepúlveda signe un court récit qui tient du polar écologique et du carnet de bord. Aux côtés du capitaine Nilssen, fils d’un marin danois et d’une Indienne ona, le narrateur sillonne les fjords enneigés et les récifs du cap Horn. Le livre est dédié aux militants de Greenpeace et aux défenseurs de la Patagonie — et ne cache pas ses intentions : il s’agit autant de raconter une aventure que de dénoncer le pillage des océans et l’effacement des peuples autochtones de la Terre de Feu.
8. La Rivière Pourquoi (David James Duncan, 1983)

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Gus Orviston est un prodige de la pêche, né de l’union tumultueuse de deux parents eux-mêmes obsédés par cet art — l’un fanatique de la mouche, l’autre du lancer. Excédé par leurs querelles, Gus quitte le foyer familial et s’installe seul dans une cabane au bord de la rivière Tamanawis, en Oregon, pour se consacrer tout entier à sa passion. La solitude le confronte à lui-même. Au fil de rencontres insolites — un noyé, un philosophe accompagné de son chien Descartes, une mystérieuse jeune femme —, Gus entame une quête à la fois spirituelle et comique.
David James Duncan a écrit un roman d’apprentissage drôle, foutraque et étonnamment tendre, souvent comparé aux œuvres de Richard Brautigan ou de Jim Harrison. Le livre, publié en 1983 après une vingtaine de refus d’éditeurs, s’est vendu à des dizaines de milliers d’exemplaires aux États-Unis. Il a été réédité en France par les éditions Monsieur Toussaint Louverture.
9. L’Appel de la forêt (Jack London, 1903)

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Buck, un robuste chien de ranch californien, est enlevé et vendu comme chien de traîneau pendant la ruée vers l’or du Klondike. Arraché à une vie confortable, il est plongé dans le froid, la faim et la brutalité des hommes. Pour survivre, il doit réveiller en lui des instincts enfouis, hérités de ses ancêtres loups.
L’Appel de la forêt est un récit de décivilisation. Au contact du Grand Nord canadien, Buck ne régresse pas : il se métamorphose, retrouve une vigueur et une intelligence que la domestication avait étouffées. London raconte cette transformation avec une économie de moyens qui fait la force du livre. Et si la vie domestiquée n’était qu’un sommeil, et le retour au sauvage un éveil ?
10. L’Expédition du Kon-Tiki (Thor Heyerdahl, 1948)

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En 1947, le Norvégien Thor Heyerdahl et cinq compagnons quittent le port de Callao, au Pérou, à bord d’un radeau de balsa baptisé Kon-Tiki. Leur objectif : prouver que les Polynésiens ont pu venir d’Amérique du Sud et franchir le Pacifique sur des embarcations rudimentaires. Après 101 jours de mer et 8 000 kilomètres, le radeau s’échoue sur l’atoll de Raroia, dans l’archipel des Tuamotu.
Ce récit d’expédition, traduit dans des dizaines de langues, a fait de Heyerdahl une figure mondiale de l’aventure. Il relate avec une précision factuelle les tempêtes, les courants, les requins qui escortent le radeau, les poissons volants qui atterrissent sur le pont la nuit. La thèse scientifique qui motivait le voyage — une migration précolombienne d’est en ouest à travers le Pacifique — reste contestée par les chercheurs. Mais le livre tient par autre chose : la preuve, concrète et obstinée, qu’un radeau de balsa pouvait y arriver.
11. Into the Wild (Jon Krakauer, 1996)

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En avril 1992, Christopher McCandless, 24 ans, diplômé d’une bonne université et issu d’une famille aisée de Virginie, s’enfonce seul dans la forêt d’Alaska avec un sac de riz et un fusil. Quatre mois plus tard, des chasseurs découvrent son corps dans un bus abandonné. Le journaliste Jon Krakauer a reconstitué le parcours de ce jeune homme qui avait tout quitté — argent, famille, identité — pour vivre en accord avec ses idéaux.
Le livre pose une question sans y répondre de façon tranchée : McCandless était-il un idéaliste courageux ou un imprudent naïf ? Krakauer, lui-même alpiniste et familier de la solitude en montagne, tente de comprendre ce qui pousse certaines personnes à tout abandonner pour vivre seules, sans filet, dans des territoires qui ne pardonnent rien. Into the Wild a été adapté au cinéma par Sean Penn en 2007.