Paru en 2018, Le tatoueur d’Auschwitz est un roman de l’autrice néo-zélandaise Heather Morris, inspiré de l’histoire vraie de Lale Sokolov, un déporté slovaque chargé de tatouer les matricules des prisonniers à Auschwitz-Birkenau. C’est dans l’exercice de cette fonction sinistre qu’il rencontre Gita Furman, dont il tombe éperdument amoureux.
Traduit dans une quarantaine de langues et vendu à plusieurs millions d’exemplaires, le livre a été adapté en série télévisée. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Le voyage de Cilka (Heather Morris, 2021)

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Cilka Klein apparaissait déjà en personnage secondaire dans Le tatoueur d’Auschwitz. Heather Morris lui consacre ici un roman entier. Déportée à seize ans à Auschwitz-Birkenau, la jeune Slovaque est remarquée par le commandant du camp, qui fait d’elle son esclave sexuelle. À la libération, loin d’être reconnue comme victime, elle est condamnée à quinze ans de goulag en Sibérie pour « collaboration ».
Ce second enfermement constitue le cœur du récit. À Vorkouta, Cilka se lie d’amitié avec une femme médecin, apprend à soigner les malades et rencontre Alexandr. Le roman, fondé sur les témoignages recueillis par Morris auprès de Lale Sokolov et de proches de Cilka, met en lumière la double peine infligée à certaines femmes déportées, accusées d’avoir fait ce qu’il fallait pour survivre.
2. Les Sœurs d’Auschwitz (Heather Morris, 2022)

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Dernier volet de la trilogie commencée avec Le tatoueur d’Auschwitz, ce roman retrace l’histoire vraie des trois sœurs Meller — Cibi, Magda et Livia — liées par une promesse faite à leur père : ne jamais se quitter. Lorsqu’en 1942, Livia est arrêtée en Slovaquie, Cibi, l’aînée, décide de la suivre volontairement à Auschwitz. Magda, d’abord restée cachée, finit elle aussi par y être déportée.
Réunies dans le camp, les trois sœurs formulent un nouveau serment : celui de survivre, ensemble. Le récit suit leur parcours depuis Birkenau jusqu’à la Slovaquie communiste, puis jusqu’en Israël. Heather Morris a été directement contactée par Livia et Magda, alors établies en Israël, pour qu’elle couche leur histoire sur le papier. Le lien sororal y agit comme un rempart contre la déshumanisation.
3. La sage-femme d’Auschwitz (Anna Stuart, 2023)

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Ce roman s’inspire de la figure réelle de Stanislawa Leszczyńska, sage-femme polonaise déportée à Birkenau, qui y a mis au monde près de 3 000 enfants entre 1943 et 1945. Anna Stuart transpose cette histoire à travers deux personnages fictifs : Ana, sage-femme catholique, et Ester, jeune infirmière juive, toutes deux déportées après la destruction du ghetto de Łódź.
À Birkenau, Ana est affectée aux accouchements. Les nouveau-nés sont systématiquement arrachés à leurs mères pour être confiés à des familles allemandes dans le cadre du programme Lebensborn. Face à cette horreur, Ana et Ester mettent au point un acte de résistance discret : tatouer sur chaque nourrisson le matricule de sa mère, dans l’espoir de permettre des retrouvailles après la guerre.
4. Le Chant du rossignol (Kristin Hannah, 2016)

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Kristin Hannah situe son roman dans la France occupée et suit deux sœurs que tout sépare. Vianne Mauriac, mère de famille prudente, est contrainte d’héberger un officier allemand dans sa maison de la Loire. Sa cadette Isabelle, dix-huit ans, impétueuse et animée par ses idéaux, rejoint la Résistance sous le nom de code « Le Rossignol » et organise le passage clandestin d’aviateurs alliés à travers les Pyrénées vers l’Espagne.
Le roman, best-seller aux États-Unis avec plus d’un million d’exemplaires vendus, met en avant le rôle trop souvent effacé des femmes durant le conflit mondial. L’une protège, l’autre combat, mais chacune risque sa vie à sa manière. Ce livre a fait l’objet d’une adaptation cinématographique, portée par les studios TriStar Pictures.
5. La Bibliothécaire d’Auschwitz (Antonio Iturbe, 2020)

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Le journaliste et romancier espagnol Antonio Iturbe s’est entretenu avec Dita Kraus, ancienne déportée, pour reconstituer son histoire. En 1944, à quatorze ans, Dita est enfermée à Auschwitz-Birkenau après avoir été arrachée au ghetto de Terezín. Au sein du camp, l’éducateur juif Fredy Hirsch a fondé une école clandestine. Il confie à la jeune Dita la garde de huit livres, les seuls que les prisonniers sont parvenus à soustraire aux SS.
Posséder un livre à Auschwitz équivaut à une condamnation à mort. Dita les dissimule chaque jour sous ses vêtements, sous la menace constante du docteur Mengele. Le récit, paru en Espagne dès 2012, constitue un hommage appuyé au pouvoir de la lecture comme acte de résistance face à la barbarie.
6. Le manuscrit de Birkenau (José Rodrigues dos Santos, 2021)

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Ce roman du journaliste et écrivain portugais José Rodrigues dos Santos prend pour point de départ les manuscrits enfouis par des membres du Sonderkommando près des fours crématoires de Birkenau — des textes réels, retrouvés après la guerre. L’auteur y entrelace deux destins fictifs : Herbert Levin, célèbre magicien de scène déporté avec sa famille, et Francisco Latino, un soldat qui s’est infiltré dans les rangs SS pour retrouver sa fiancée russe, prisonnière du camp.
Leurs trajectoires convergent au moment où les détenus du Sonderkommando préparent la révolte d’octobre 1944, seul soulèvement armé de l’histoire d’Auschwitz. Le livre adopte le point de vue de ceux qui n’ont pas survécu. Certains passages, d’une dureté assumée par l’auteur, restituent l’horreur sans filtre.
7. Les derniers sur la liste (Grégory Cingal, 2024)

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Avec ce « roman vrai », Grégory Cingal — archiviste et traducteur de formation — raconte un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale. En août 1944, trente-sept officiers de renseignement alliés sont internés au Block 17 de Buchenwald. Parmi eux : le commandant Forest Yeo-Thomas, envoyé spécial de Churchill, le capitaine Harry Peulevé et le lieutenant Stéphane Hessel.
Très vite, les exécutions commencent. Pour sauver les derniers survivants, la résistance clandestine du camp élabore un plan risqué : leur faire endosser l’identité de cobayes morts au Block 46, où l’on teste un vaccin contre le typhus. Le récit, construit en courts fragments, restitue les hiérarchies internes du camp — triangles verts contre triangles rouges, kapos corrompus, médecins SS — avec une précision documentaire remarquable.
8. La Violoniste d’Auschwitz (Ellie Midwood, 2021)

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Ellie Midwood retrace le destin réel d’Alma Rosé, nièce du compositeur Gustav Mahler et violoniste de renommée internationale. Déportée à Auschwitz en 1943, Alma est reconnue par l’une des responsables du camp, qui lui impose de constituer et de diriger un orchestre féminin pour le divertissement des SS.
D’abord révoltée, Alma comprend que cette position lui donne un pouvoir : elle peut sauver des jeunes femmes, qu’elle recrute dans son ensemble. Elle transforme ainsi la musique en instrument de survie collective. Dans le camp, elle rencontre aussi Miklós, un pianiste talentueux, avec qui naît une relation amoureuse improbable. Le roman s’appuie sur une documentation solide — témoignages de survivantes et bibliographie dense — et rend hommage à une femme qui a tenu tête à Mengele lui-même.
9. Toute la lumière que nous ne pouvons voir (Anthony Doerr, 2015)

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Lauréat du prix Pulitzer 2015, ce roman de l’Américain Anthony Doerr entrecroise les destins de Marie-Laure, une adolescente française devenue aveugle à six ans, et de Werner, un orphelin allemand doté d’un don pour les transmissions radio.
Réfugiée avec son père à Saint-Malo, Marie-Laure se retrouve gardienne involontaire d’un diamant convoité par un officier SS. Werner, enrôlé par la Wehrmacht, est chargé de localiser les émetteurs de la Résistance. Leurs chemins se croisent dans le Saint-Malo bombardé de 1944.
L’écriture d’Anthony Doerr se signale par sa dimension lyrique et sensorielle : les chapitres, très courts, alternent entre les deux personnages et jouent sur la perception — la cécité de l’une, l’acuité auditive de l’autre. Le roman a été adapté en série par Netflix en 2023.