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Que lire après The Witcher d’Andrzej Sapkowski ? – Notre sélection

Que lire après « Le Sorceleur » d’Andrzej Sapkowski ?

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Publiée à partir de 1986 en Pologne sous le titre Wiedźmin, la saga du Sorceleur d’Andrzej Sapkowski narre les aventures de Geralt de Riv, un tueur de monstres professionnel sur un continent fictif d’inspiration médiévale. Geralt n’est pas un héros ordinaire : il a subi dès l’enfance des mutations alchimiques qui lui confèrent des réflexes surhumains, une résistance aux poisons et des yeux de chat — au prix de sa fertilité et d’une apparence qui effraie ceux-là mêmes qui font appel à ses services. Armé de deux épées — une en acier pour les humains, une en argent pour les monstres —, il arpente les royaumes du Nord au gré des contrats qui lui sont proposés et élimine les créatures qui menacent les villages.

Les deux premiers volumes (Le Dernier Vœu et L’Épée de la providence) sont des recueils de nouvelles qui revisitent avec ironie les contes de fées européens — Blanche-Neige, La Belle et la Bête, La Petite Sirène — pour en révéler la cruauté sous-jacente. Les cinq romans qui suivent forment une saga où l’intrigue politique prend le dessus et où les enjeux gagnent en ampleur. Le tout est porté par un humour caustique, un refus du manichéisme et des personnages dont les choix moraux n’ont jamais de réponse simple. Composé de ces sept livres principaux (auxquels s’ajoutent des volumes annexes), le cycle s’est écoulé à plus de trente millions d’exemplaires dans le monde et a donné lieu à de nombreuses adaptations — jeux vidéo (The Witcher de CD Projekt Red), série Netflix, films d’animation. En 2024, Forbes l’a classé parmi les trente meilleures sagas littéraires de tous les temps.

Si vous venez de refermer La Dame du lac et que vous vous demandez quoi lire ensuite, voici des suggestions dans la même veine — dark fantasy, intrigues féodales, antihéros abîmés et combats à l’épée.


1. La Trilogie hussite – Tome 1 : La Tour des Fous (Andrzej Sapkowski, 2002)

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Après avoir achevé la saga de Geralt, Sapkowski a troqué son monde fictif pour l’Europe centrale du XVe siècle — et le résultat est tout sauf un timide changement de décor. La Tour des Fous nous plonge en pleine guerre de religion, au cœur des croisades de Bohême (1419-1434). Pour résumer brièvement le contexte : en 1415, le théologien tchèque Jan Hus est brûlé vif pour hérésie ; ses partisans, les hussites, prennent les armes contre Rome et l’empereur, et l’Europe centrale s’embrase pour deux décennies. C’est dans ce chaos que débarque Reinmar von Bielau, dit Reynevan, jeune herboriste érudit et apprenti mage dont les ennuis débutent de la pire manière qui soit : il est surpris au lit avec l’épouse d’un seigneur silésien. S’ensuit une cavale effrénée à travers la Silésie, la Pologne et la Bohême, où Reynevan croise des espions, des inquisiteurs, des hérétiques et une flopée de compagnons plus ou moins recommandables — dont le truculent Scharley, qui n’est pas sans rappeler un certain Jaskier.

On retrouve ici ce qui fait la force de Sapkowski : un humour noir omniprésent, des introductions de chapitres ironiques à la manière des troubadours, et des personnages moralement ambigus. Mais la grande différence tient à l’érudition historique du roman. Le vocabulaire d’époque, l’héraldique (l’art des blasons féodaux), les tensions entre catholiques et hussites — tout est restitué avec un soin maniaque, fruit d’un travail de documentation considérable. Si vous avez aimé les intrigues de cour et les alliances mouvantes du Sorceleur, La Tour des Fous pousse ces mécaniques encore plus loin, avec en prime une dose de sorcellerie discrète mais efficace. Un avertissement, toutefois : les noms tchèques, polonais et allemands sont légion, et il vaut mieux s’armer de patience (ou d’un signet) pour ne pas confondre les ducs de Silésie.


2. La Première Loi – Tome 1 : Premier Sang (Joe Abercrombie, 2006)

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Premier Sang est le roman qui a propulsé Joe Abercrombie au rang de figure incontournable de la grimdark fantasy — ce courant qui prend les codes de la fantasy classique (royaumes, mages, quêtes) et les plonge dans la boue, le sang et le cynisme. C’est aussi son tout premier livre. L’action se déroule dans l’Union, vaste État aux allures d’empire décadent, miné de l’intérieur par la corruption et menacé de l’extérieur par des clans barbares. Le récit alterne entre trois points de vue radicalement différents. Logen Neuf-Doigts, barbare du Nord à la réputation terrifiante, tente de survivre après avoir été séparé de sa bande. Sand dan Glokta, ancien escrimeur brillant devenu inquisiteur boiteux et tortionnaire, mène une enquête qui pourrait le conduire au cœur du pouvoir — ou à sa propre perte. Et Jezal dan Luthar, jeune capitaine noble, séduisant et passablement imbu de sa personne, n’a d’autre ambition que de remporter le tournoi d’escrime annuel — et d’arnaquer ses amis aux cartes entre deux passes d’armes.

Là où le Sorceleur subvertissait déjà les codes de la fantasy par son refus de tout manichéisme, Abercrombie va plusieurs crans plus loin. Ici, personne n’est un héros, et ceux qui s’en approchent le font avec les mains sales et la conscience douteuse. L’humour — noir, sarcastique, souvent féroce — rappelle celui de Sapkowski, en plus corrosif. Les monologues intérieurs de Glokta, entre amertume et auto-dérision, valent à eux seuls le détour. Derrière les ficelles apparentes (le mage mystérieux, la menace venue du Nord, l’artefact oublié), Abercrombie installe un monde brutal où chaque bonne intention se retourne contre celui ou celle qui la porte. Un premier tome qui prend le temps de poser ses pions — et les deux volumes suivants font payer l’addition.


3. Les Annales de la Compagnie noire – Tome 1 : La Compagnie noire (Glen Cook, 1984)

Couverture du livre La Compagnie noire de Glen Cook

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Avant Geralt de Riv, avant Logen Neuf-Doigts et bien avant les Lannister, il y avait la Compagnie noire. Publié en 1984, ce roman de Glen Cook est celui qui a ouvert la voie à toute la dark fantasy et à la fantasy militaire modernes. Le récit est rapporté par Toubib, à la fois médecin et chroniqueur officiel (« annaliste ») de la Compagnie, une troupe de mercenaires vieille de quatre siècles qui se vend au plus offrant. Son dernier contrat la place au service de la Dame, une sorcière-despote d’une puissance colossale, entourée de ses lieutenants magiciens : les Asservis. La Compagnie se retrouve donc du côté du « mal » — si tant est que cette notion ait encore un sens dans un monde où les rebelles de la Rose Blanche ne sont guère plus vertueux que leurs adversaires.

Ce qui saute aux yeux dès les premières pages, c’est le ton sec, direct et lapidaire du narrateur. Toubib ne s’embarrasse ni de descriptions fleuries ni de grandes envolées lyriques : il note ce qu’il voit, rapporte ce qu’on lui raconte, et avance. La magie y est spectaculaire et dangereuse, les combats brutaux, et les rivalités entre sorciers — notamment les savoureuses escarmouches entre Qu’un-Œil et Gobelin, deux magiciens de la Compagnie qui ne ratent jamais une occasion de se jouer de mauvais tours — apportent une touche d’humour bienvenue dans un univers sans concession. Les personnages portent des surnoms plutôt que des noms (Toubib, Corbeau, Silence…), on s’attache à eux comme à des camarades de route, et personne n’est assuré de voir la fin du volume suivant. Si Sapkowski vous a plu par sa manière de montrer la guerre sans fard ni glorification, Glen Cook en est le précurseur direct — et Joe Abercrombie lui-même le cite comme influence majeure.


4. Renégat – Tome 1 : Le Chevalier rouge (Miles Cameron, 2012)

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Diplômé d’histoire médiévale, ancien militaire et passionné de reconstitution historique, Miles Cameron a injecté tout son savoir dans ce premier tome d’une série de cinq volumes. Le Chevalier rouge est un jeune capitaine de mercenaires dont on ignore le vrai nom — et c’est loin d’être son seul secret. De retour en Alba, une île fictive fortement inspirée de l’Angleterre médiévale, sa compagnie est recrutée par l’abbesse du couvent fortifié de Lissen Carak pour le défendre contre des raids de créatures issues du Monde Sauvage — une vaste contrée peuplée de monstres, de trolls et de dragons, séparée du royaume des hommes par un grand mur de moins en moins hermétique. Ce qui s’annonce comme un simple contrat juteux se transforme vite en siège épique de près de mille pages, où les fronts militaires, politiques et magiques se percutent de plein fouet.

Le grand atout du roman tient à son réalisme obsessionnel dans la représentation du combat médiéval. Cameron sait de quoi il parle lorsqu’il décrit l’enfilage d’une armure, la composition d’une lance de chevaliers ou les contraintes logistiques d’un siège. Par-dessus cette couche de reconstitution, il déploie un système de magie dans lequel chaque mage dispose d’un palais mémoriel — un espace mental qui lui sert à la fois d’atelier et de réservoir d’énergie — ainsi qu’une relecture discrète de la légende arthurienne. Le titre original, The Traitor Son (« le fils traître »), renvoie à Mordred, le bâtard du roi Arthur qui causa sa chute, et les indices se multiplient au fil des pages. La galerie de personnages est vaste : aux côtés du Chevalier rouge gravitent l’Effrontée, ancienne prostituée devenue soldate ; Tom la Terreur, lieutenant au charisme ravageur ; la novice Amicia ; et bien d’autres. Le roman demande un investissement réel, mais il récompense grassement celles et ceux qui s’y engagent.


5. Gagner la guerre (Jean-Philippe Jaworski, 2009)

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Il serait criminel de dresser une liste de lectures post-Sapkowski sans y inclure ce chef-d’œuvre de la fantasy française. Gagner la guerre met en scène don Benvenuto Gesufal, spadassin, joueur invétéré et homme de main du Podestat Leonide Ducatore à la tête de la République de Ciudalia — une cité-État qui emprunte autant à la Venise de la Renaissance qu’à la Rome républicaine, avec ses deux consuls, son sénat, ses grandes familles nobles et ses vendettas entre quartiers. La guerre contre le royaume de Ressine vient d’être remportée, mais comme Benvenuto le constate avec sa gouaille habituelle, c’est après la victoire que les vrais ennuis commencent : le partage du butin entre nobles ambitieux est un sport autrement plus dangereux qu’une bataille navale.

Le roman est raconté à la première personne par Benvenuto, et soyons clairs : c’est un enfoiré magnifique. Rustre, violent, dépourvu de la moindre morale — mais doté d’une verve et d’un sens de la répartie qui le rendent irrésistiblement sympathique. La plume de Jaworski mérite ici une mention particulière, car elle fait autant partie du plaisir que l’intrigue elle-même : ancien professeur de lettres et créateur de jeux de rôle, il a forgé un style qui passe sans prévenir de l’argot des bas-fonds au lyrisme le plus ciselé, du trivial au solennel — et dont le vocabulaire, d’une précision redoutable, ne prend jamais le lecteur de haut. La fantasy reste discrète pendant une bonne partie du livre — on est davantage dans le roman de cape et d’épée politique — avant de s’inviter avec force dans le dernier acte. Les intrigues de pouvoir rappellent celles de l’Empire de Nilfgaard et des royaumes du Nord, la violence est crue, et la fin est de celles qui poussent à relâcher un juron admiratif. Prix Imaginales 2009 du meilleur roman francophone — amplement mérité.


6. Entre ciel et enfer (Christopher Buehlman, 2012)

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1348. La peste noire ravage la France, la famine a déjà décimé les campagnes, et la guerre de Cent Ans a fait le reste. Dans ce décor apocalyptique — et cette fois-ci, il ne s’agit pas d’une figure de style —, Thomas, chevalier excommunié reconverti en brigand, sauve une jeune fille nommée Delphine des griffes de ses anciens compagnons de route. L’enfant prétend voir les anges et affirme que la peste n’est que le symptôme d’un conflit bien plus vaste : une guerre entre le Ciel et les Enfers. Thomas, guère enclin à la piété, accepte pourtant de l’escorter de la Normandie jusqu’à Avignon, siège de la papauté (le pape résidait à Avignon et non à Rome de 1309 à 1377), accompagné de Mathieu, un prêtre défroqué et alcoolique.

Le voyage de ce trio improbable à travers une France exsangue constitue le cœur du roman. Buehlman restitue la terreur de l’épidémie avec une crudité glaçante — les cadavres pourrissent dans les rues, les villages sont déserts, les survivants oscillent entre superstition et barbarie. Par-dessus ce réalisme historique, il plaque une horreur surnaturelle frontale : les démons qui se dressent sur la route de Thomas et Delphine n’ont rien de métaphorique. Vulgaires, féroces, inventifs dans leur cruauté, ils donnent au roman des allures de road-trip cauchemardesque entre La Route de Cormac McCarthy et une version médiévale de L’Exorciste. Le parallèle avec Le Sorceleur tient à la fois au cadre — un Moyen Âge sale, violent, superstitieux, où les monstres sont partout — et à la structure de quête itinérante : un homme brisé protège quelqu’un de plus fragile que lui sur des routes hostiles, et retrouve en chemin un semblant de raison de vivre.


7. Le Trône de Fer (George R.R. Martin, 1996)

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Oui, Le Trône de Fer figure sur cette liste. Non, ce n’est pas une surprise. Mais si vous avez lu Sapkowski sans avoir ouvert George R.R. Martin, il serait dommage de passer à côté de la série qui lui est le plus souvent comparée. Rappelons l’essentiel : dans le royaume des Sept Couronnes, la mort suspecte de Jon Arryn, Main du Roi (titre porté par le premier conseiller du souverain), précipite Eddard Stark, seigneur de Winterfell, à Port-Réal pour prendre sa succession auprès du roi Robert Baratheon. Pendant ce temps, de l’autre côté du Détroit, la jeune Daenerys Targaryen, dernière héritière d’une dynastie déchue, est mariée de force à un seigneur de guerre dothraki. Et tout au Nord, la Garde de Nuit veille depuis son immense Mur de glace sur une menace ancienne que plus personne ne prend au sérieux.

Ce qui rapproche Martin de Sapkowski, c’est avant tout une vision politique désenchantée de la fantasy. Le pouvoir n’est pas une récompense pour les vertueux : c’est un outil dangereux qui broie celles et ceux qui ne savent pas le manier. Les personnages sont moralement ambigus, les « bons » prennent des décisions désastreuses, et les « méchants » ont des raisons compréhensibles — quand ils ne sont pas tout simplement les plus lucides. La narration chorale, avec ses nombreux points de vue, fait voir un même conflit sous des angles contradictoires, si bien que chaque camp a ses raisons et ses angles morts. Si vous n’avez pas encore franchi le pas (ou si la série télévisée vous a refroidi·e), sachez que les livres sont infiniment plus nuancés, plus denses et plus imprévisibles que leur adaptation. Et oui, la saga n’est pas terminée — mais les cinq tomes publiés à ce jour se suffisent largement à eux-mêmes pour des semaines de lecture.


8. L’Empire du Vampire (Jay Kristoff, 2021)

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Voilà près de vingt-sept ans que le soleil ne se lève plus. Les vampires ont profité de cette nuit éternelle pour bâtir leur empire sur les ruines de la civilisation humaine. Gabriel de León, dernier survivant de l’Ordre d’Argent — une confrérie de guerriers-moines voués à la traque des créatures de la nuit —, croupit dans les geôles de ses ennemis. Un historien vampirique nommé Jean-François du sang Chastain lui rend visite avec une exigence : qu’il raconte son histoire. Car Gabriel détient un secret lié à la quête du Saint-Graal, dernier espoir de l’humanité pour abolir la nuit sans fin.

Le roman repose sur une narration à tiroirs : Gabriel raconte sa vie à son geôlier et navigue entre trois temporalités — son adolescence au monastère de San Michon, sa quête du Graal à l’âge adulte, et le temps présent de sa captivité. Le personnage n’a rien du chevalier blanc : cynique, brutal, cabossé par des décennies de guerre, il dissimule sous le sarcasme et la violence une part d’humanité qu’il refuse de s’avouer. Jay Kristoff a purgé le mythe vampirique de toute mièvrerie post-Twilight pour revenir à une horreur gothique viscérale, où les canines ne brillent pas au soleil mais arrachent des gorges. L’humour est présent — les échanges entre Gabriel et son interrogateur sont souvent mordants (sans mauvais jeu de mots) — et les illustrations de Bon Orthwick, intégrées au texte, renforcent l’atmosphère. Un pavé de près de mille pages, mais le va-et-vient entre les époques empêche toute lassitude : chaque révélation dans un fil narratif éclaire les autres sous un jour nouveau.


9. L’Assassin royal – Tome 1 : L’Apprenti Assassin (Robin Hobb, 1995)

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FitzChevalerie Loinvoyant est un bâtard. Fils illégitime du prince Chevalerie, héritier du trône des Six-Duchés, il est déposé à l’âge de six ans au château de Castelcerf par son grand-père maternel, incapable de l’élever. Son père abdique dès qu’il découvre son existence. Confié au maître d’écuries Burrich, Fitz grandit dans l’ombre de la cour, ni tout à fait noble, ni tout à fait serviteur. Jusqu’à ce que le roi Subtil décide de l’employer à ce pour quoi les bâtards royaux sont faits depuis des siècles : devenir un assassin au service de la couronne. Son maître dans cet art sera Umbre, un vieil homme reclus qui opère depuis les passages secrets du château.

Ce premier tome est avant tout un roman d’apprentissage d’une précision remarquable. Robin Hobb prend le temps de construire son personnage, de le faire grandir sous nos yeux, et de nouer autour de lui un réseau de relations — avec Burrich, le Fou, le roi Vérité, l’infâme prince Royal — qui donne à chaque interaction un poids émotionnel considérable. La magie existe sous deux formes : l’Art, une capacité télépathique réservée à la noblesse, et le Vif, un lien empathique avec les animaux, don tabou qui vaut à ses possesseurs la persécution et le bûcher. Si Geralt de Riv est un solitaire endurci que le monde force à s’ouvrir, Fitz est un enfant vulnérable que le monde force à se blinder. La douleur est un moteur narratif constant chez Hobb, et les épreuves infligées à son héros n’ont rien de complaisant — chacune laisse des traces qui pèseront sur la suite, parfois des tomes plus tard. Le début d’un cycle de treize tomes, et l’une des rares sagas de fantasy où l’on suit un personnage de l’enfance à la vieillesse avec une telle justesse.