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Que lire après « Le Petit Nicolas » de Sempé et Goscinny ?

Que lire après « Le Petit Nicolas » de Sempé et Goscinny ?

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Le Petit Nicolas est une série de récits pour la jeunesse écrite par René Goscinny et illustrée par Jean-Jacques Sempé, publiée pour la première fois sous forme de livre en 1960 aux éditions Denoël. Les histoires avaient commencé à paraître dès mars 1959 dans le journal Sud-Ouest Dimanche, avant d’être reprises dans le magazine Pilote.

Cinq recueils se succèdent entre 1960 et 1964, dont chacun réunit une quinzaine d’aventures où le jeune Nicolas raconte, avec sa voix d’écolier et un aplomb déconcertant, son quotidien entre l’école, les copains — Alceste, Eudes, Rufus, Clotaire, Geoffroy, Maixent, Joachim et l’insupportable Agnan — et la vie de famille, sous l’œil du surveillant (surnommé Le Bouillon), de la maîtresse et d’un père rarement à la hauteur de la situation. Traduite en plus de quarante langues, adaptée au cinéma et en série télévisée, la série n’a jamais quitté les cartables ni les tables de chevet. Gallimard Jeunesse recommande la lecture du Petit Nicolas dès 9 ans.

Si vous êtes la recherche de lectures similaires, voici quelques pistes : des récits drôles, tendres, parfois impertinents, où les enfants ont le premier rôle et où les adultes ne sortent pas toujours grandis. Tous s’adressent à une tranche d’âge comparable à celle du Petit Nicolas, c’est-à-dire grosso modo de 8-9 à 12-13 ans — même si rien n’interdit aux plus grands de s’y replonger.


1. L’Omelette au sucre (Jean-Philippe Arrou-Vignod, 1999)

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À Cherbourg, à la fin des années soixante, la famille des Jean-Quelque-Chose compte cinq garçons — bientôt six — tous prénommés Jean, classés par ordre alphabétique faute d’un père capable de retenir les prénoms de sa propre progéniture. Il y a Jean-A., l’aîné au fichu caractère ; Jean-B., le narrateur ; Jean-C., Jean-D. et Jean-E., le petit dernier. Autour d’eux gravitent une mère d’une organisation militaire, un père champion du bricolage hasardeux, une tortue, un cochon d’Inde et une poignée de souris blanches. Le quotidien de cette tribu est fait de bêtises en série, de fous rires et de quelques moments d’émotion volés entre deux catastrophes.

Jean-Philippe Arrou-Vignod s’est directement inspiré de sa propre enfance — il est le deuxième d’une fratrie de six garçons — pour écrire ce premier tome d’une série qui en compte huit, les Histoires des Jean-Quelque-Chose. Le livre a reçu le Prix France Télévision et figure sur la liste des titres recommandés par le ministère de l’Éducation nationale en classe de 5e. Comme chez Goscinny, le récit est porté par un regard d’enfant sur un monde d’adultes souvent incompréhensible ; mais là où Nicolas est fils unique, les Jean-Quelque-Chose offrent une version « famille nombreuse » du chaos organisé.

Âge conseillé : 9 à 13 ans selon Gallimard Jeunesse (Folio Junior) ; 9 à 12 ans selon d’autres éditions.


2. Les Contes du chat perché (Marcel Aymé, 1934)

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Delphine et Marinette vivent dans une ferme de la campagne française avec des parents un brin rudes et toute une ménagerie d’animaux doués de parole. Le chat Alphonse, qui fait pleuvoir quand il se passe la patte derrière l’oreille, est leur allié le plus fidèle. Un loup repenti jure qu’il ne mangera plus de petites filles (mais peine à résister à ses instincts), un bœuf apprend à lire, un canard revient de son tour du monde avec une panthère aux yeux d’or, et un paon met tous les animaux au régime. Chaque conte fonctionne de manière autonome, mais les deux sœurs et leur complice félin forment le fil conducteur d’un monde où l’extraordinaire s’invite à la ferme sans prévenir.

Marcel Aymé, qui déclarait avoir écrit ces contes pour les « enfants âgés de 4 à 75 ans », y déploie un humour sec et une ironie à l’égard des adultes qui n’est pas sans rappeler Goscinny. Les parents, paysans pragmatiques et peu sentimentaux, sont les adversaires naturels contre lesquels enfants et animaux font front commun — on n’est pas si loin des coalitions d’écoliers contre le Bouillon. Publié entre 1934 et 1946, puis réédité en deux volumes (Les Contes bleus et Les Contes rouges du chat perché), le recueil est recommandé par l’Éducation nationale pour le cycle 3 (CM1-CM2) et la 6e.

Âge conseillé : 9 à 12 ans selon Gallimard Jeunesse (Folio Junior, Contes bleus) ; 9 à 13 ans pour les Contes rouges.


3. La Sorcière de la rue Mouffetard et autres contes de la rue Broca (Pierre Gripari, 1967)

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Rue Broca, dans le 13e arrondissement de Paris, un certain Monsieur Pierre — double fictif de l’auteur — raconte des histoires aux enfants du quartier, parmi lesquels le petit Bachir. Ces séances ont produit treize contes où sorcières, géants, fées et diables débarquent dans un décor urbain et contemporain. La sorcière de la rue Mouffetard veut manger une petite fille à la sauce tomate, un gentil petit diable est chassé de l’enfer parce qu’il insiste pour être sage, une paire de chaussures amoureuses fait trébucher sa propriétaire, et Scoubidou, la poupée voyageuse, se promène d’un bout du monde à l’autre.

Ces contes fonctionnent sur le décalage entre les codes du merveilleux traditionnel et un cadre parisien très concret. Pierre Gripari revisite Perrault et Grimm avec une insolence joyeuse : ses personnages ne vivent pas dans des châteaux, mais dans des HLM et des cafés kabyles. Le recueil, publié à l’origine aux éditions de la Table Ronde avant d’être repris par Gallimard, est devenu un classique de l’école primaire, recommandé par l’Éducation nationale en classe de 6e. Quatre contes ont été transposés en dessins animés pour la télévision en 1982, et la petite chanson de la sorcière du placard aux balais a hanté des générations de couloirs.

Âge conseillé : 8 à 12 ans selon l’édition Bibliothèque Gallimard Jeunesse ; 9 à 13 ans selon l’édition Folio Junior. Le livre audio est proposé dès 6 ans.


4. La Gloire de mon père (Marcel Pagnol, 1957)

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Marcel naît en 1895 à Aubagne, fils de Joseph, instituteur laïque et républicain convaincu, et d’Augustine, couturière discrète. La famille s’installe à Marseille, où le petit Marcel apprend à lire avant l’heure et grandit entre l’école de son père et le parc Borély, où la tante Rose flirte avec un certain oncle Jules. Mais l’essentiel du livre se déroule pendant l’été 1904, lorsque les deux familles louent ensemble la Bastide Neuve, une maison de vacances dans les collines de La Treille. Marcel découvre la garrigue, les senteurs de thym et de romarin, et un garçon du pays nommé Lili des Bellons, qui deviendra son meilleur ami. Le récit culmine avec la scène de la chasse à la bartavelle, au cours de laquelle Joseph réalise un doublé prodigieux qui fera sa gloire au village — et la fierté démesurée de son fils.

Premier tome des Souvenirs d’enfance (suivi du Château de ma mère, du Temps des secrets et du Temps des amours, ce dernier publié à titre posthume), La Gloire de mon père est un récit autobiographique qui se lit aussi comme un roman d’aventures vu par un gamin de huit ans. À la lecture, on entend les cigales — oui, c’est un cliché quand on parle de Pagnol, mais c’est aussi la stricte vérité. Comme Nicolas, le jeune Marcel regarde les adultes avec un mélange d’admiration et de perplexité, et le moment où il surprend son père en flagrant délit de vanité reste une des scènes les plus justes qu’on ait écrites sur l’enfance. Le film d’Yves Robert (1990), avec Philippe Caubère dans le rôle de Joseph, a beaucoup fait pour la popularité du livre auprès des jeunes lecteurs·ices.

Âge conseillé : accessible dès le CM2 pour de bons lecteurs·ices, idéal à partir de la 5e (soit environ 10-12 ans). Ce n’est pas à proprement parler un livre de littérature jeunesse, mais il se prête parfaitement à une lecture dès la préadolescence.


5. La Guerre des boutons (Louis Pergaud, 1912)

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Entre les gamins de Longeverne, menés par l’intrépide Lebrac, et ceux de Velrans, commandés par l’Aztec des Gués, la guerre fait rage depuis des générations. Plus personne ne sait pourquoi, mais personne non plus ne songe à déposer les armes. Le butin ? Les boutons, lacets et agrafes arrachés aux vaincus, qui se retrouvent contraints de rentrer chez eux à moitié nus — et de subir la colère parentale. Pour y remédier, Lebrac trouve la parade : se battre entièrement nus. D’autres stratagèmes, toujours plus farfelus, suivront, avec la complicité de La Crique (l’intellectuel de la bande), des frères Gibus, de Gambette et de Tintin, nommé trésorier de guerre.

Sous-titré roman de ma douzième année, le livre de Louis Pergaud est une épopée enfantine régie par la loyauté, la ruse et l’honneur. Le ton est nettement plus rude que celui du Petit Nicolas — les jurons fusent en patois franc-comtois, les coups pleuvent et les corrections parentales ne sont pas de la figuration —, mais l’énergie joyeuse et l’esprit de bande y sont les mêmes. Louis Pergaud, instituteur de campagne et prix Goncourt 1910 (pour De Goupil à Margot), est mort au front en 1915, à 33 ans. Son roman a été adapté au cinéma à plusieurs reprises ; la version la plus célèbre demeure celle d’Yves Robert, en 1962.

Âge conseillé : 9 à 13 ans selon l’édition Folio Junior ; 11 à 18 ans selon l’édition Grand format de Gallimard Jeunesse. Le vocabulaire parfois ancien et le patois peuvent nécessiter un accompagnement pour les plus jeunes.


6. Les Malheurs de Sophie (Comtesse de Ségur, 1858)

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Sophie de Réan a quatre ans, un tempérament volcanique et un talent certain pour les catastrophes. Au château familial, elle coupe ses sourcils aux ciseaux (pour qu’ils repoussent plus épais, évidemment), fait fondre sa poupée de cire au soleil, remplace le sucre par de la craie et massacre abeilles, écureuils et poissons rouges avec une innocence confondante. Son cousin Paul, six ans, fait de son mieux pour la raisonner, secondé par les sages Camille et Madeleine de Fleurville. Peine perdue : les bonnes résolutions de Sophie ne tiennent jamais plus d’un chapitre.

Premier volet d’une trilogie qui comprend aussi Les Petites Filles modèles et Les Vacances, ce roman de la comtesse de Ségur reste aussi drôle qu’en 1858. Chaque chapitre fonctionne comme une petite scène indépendante — une bêtise, ses conséquences, un repentir sincère mais éphémère — selon un schéma qui annonce directement la structure des aventures de Nicolas. L’époque et le milieu social (l’aristocratie du Second Empire) ont beau être aux antipodes du pavillon de banlieue des années soixante, le ressort comique est identique : un enfant persuadé d’avoir une excellente idée, et des adultes d’un avis radicalement contraire. Certaines punitions peuvent sembler sévères à un regard contemporain, mais elles font partie du charme un peu suranné du livre.

Âge conseillé : 9 à 13 ans selon Gallimard Jeunesse (Folio Junior). Peut aussi se lire à haute voix dès 6-7 ans.


7. Charlie et la chocolaterie (Roald Dahl, 1964)

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Charlie Bucket vit dans une maison minuscule avec ses parents et ses quatre grands-parents, dont grand-papa Joe et grand-maman Joséphine. La famille est si pauvre que Charlie ne mange du chocolat qu’une fois par an, le jour de son anniversaire. Quand l’excentrique chocolatier Willy Wonka annonce qu’il a caché cinq tickets d’or dans ses tablettes, le monde entier se rue sur le chocolat Wonka. Les quatre premiers gagnants sont des enfants odieux : Augustus Gloop le goinfre, Veruca Salt la capricieuse, Violette Beauregard la mordue de chewing-gum et Mike Teavee l’obsédé de télévision. Charlie, par un miracle de dernière seconde, trouve le cinquième ticket et pénètre, accompagné de grand-papa Joe, dans la plus extraordinaire chocolaterie du monde — peuplée d’Oompa-Loompas, un peuple minuscule venu du lointain Loompaland.

Ce roman de Roald Dahl (traduit en français par Élisabeth Gaspar et illustré par Quentin Blake) est l’un des livres pour enfants les plus vendus au monde. Son humour noir, son sens du grotesque et sa jubilation à punir les enfants insupportables — chacun par le défaut qui le caractérise — rappellent que si Goscinny observe le monde des adultes avec ironie, Dahl préfère y mettre le feu et regarder le résultat. Le livre a été porté à l’écran par Mel Stuart en 1971 (avec Gene Wilder) et par Tim Burton en 2005 (avec Johnny Depp), et une suite, Charlie et le Grand Ascenseur de verre, a été publiée en 1972.

Âge conseillé : dès 9 ans selon Gallimard Jeunesse (Folio Junior).


8. Matilda (Roald Dahl, 1988)

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Matilda Verdebois a cinq ans et a déjà lu tous les classiques de la littérature. Son père, vendeur de voitures trafiquées, la prend pour une idiote. Sa mère passe ses après-midi au loto et devant la télévision. À l’école, la directrice Mlle Legourdin — ancienne lanceuse de marteau reconvertie en tyran scolaire — voue aux enfants une haine implacable et n’hésite pas à les enfermer dans un réduit nommé l’étouffoir. Seule Mlle Candy, la jeune institutrice de sa classe, perçoit le génie de Matilda. Mais la petite fille ne compte pas en rester là : elle possède un pouvoir télékinésique qui va lui permettre de rétablir la justice.

Second roman de Roald Dahl dans cette liste, Matilda (traduit par Henri Robillot) célèbre la lecture et l’intelligence avec une énergie vengeresse. Les adultes y sont tous plus outranciers les uns que les autres — à l’exception de Mlle Candy — et c’est une fillette de cinq ans qui finit par avoir le dernier mot. Dahl pousse ici la caricature et le fantastique bien plus loin que Goscinny, mais le principe reste familier : les enfants ont raison, et les grandes personnes feraient mieux de s’en souvenir. Le roman est recommandé par l’Éducation nationale en classe de 6e. Il a été adapté en film par Danny DeVito en 1996, puis en comédie musicale à succès dans le West End et à Broadway.

Âge conseillé : 9 à 13 ans selon Gallimard Jeunesse (Folio Junior et Grand format). Le livre audio est proposé dès 7 ans.


9. Émile et les détectives (Erich Kästner, 1929)

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Émile Tischbein, dix ans, prend le train seul pour la première fois. Sa mère, veuve et coiffeuse à domicile, lui a confié 140 marks à remettre à sa grand-mère à Berlin. Dans le compartiment, un homme au chapeau melon lui offre du chocolat et lui raconte des blagues. Émile s’endort — et à son réveil, l’homme a disparu avec l’argent. Décidé à ne pas alerter la police (pour des raisons qu’il vaut mieux découvrir à la lecture), Émile se lance seul dans la filature du voleur à travers la capitale. Il est vite rejoint par une bande de gamins berlinois — Gustave à la trompe d’auto, le Professeur, le petit Vendredi et la cousine Pony Bibi — qui organisent avec un sens tactique redoutable la traque du malfaiteur.

Ce roman d’Erich Kästner, publié en Allemagne en 1929 et traduit en français dès 1931, a donné un ton nouveau à la littérature européenne pour la jeunesse, en rupture avec la tradition moralisatrice qui dominait jusqu’alors. C’est l’un des premiers livres pour enfants à se dérouler dans un cadre résolument urbain et réaliste, où les jeunes héros se débrouillent sans l’aide des adultes. La solidarité spontanée entre des enfants qui ne se connaissaient pas cinq minutes plus tôt, l’humour des dialogues et la vivacité du récit rappellent les bandes de copains du Petit Nicolas — le suspense policier en plus. Kästner, dont les livres furent brûlés par les nazis en 1933, est resté en Allemagne pendant toute la période du Troisième Reich. Émile et les détectives a connu de nombreuses versions cinématographiques, en Allemagne, aux États-Unis, au Japon et au Brésil.

Âge conseillé : dès 9 ans selon plusieurs libraires ; idéal vers 9-11 ans. Certains avis de parents et d’enseignants situent la lecture idéale autour de 10 ans.