Le Monde de Narnia (The Chronicles of Narnia) est une série de sept romans de fantasy écrite par l’auteur britannique C. S. Lewis entre 1950 et 1956. Traduite en plus de 47 langues et vendue à plus de 100 millions d’exemplaires dans le monde, elle raconte les aventures de plusieurs enfants qui accèdent au royaume enchanté de Narnia — un monde peuplé de créatures mythiques et d’animaux doués de parole, placé sous la protection du grand lion Aslan. La saga parle de courage, de trahison et de sacrifice, et pose la question de ce que l’on perd — ou non — quand on grandit. L’éditeur Gallimard Jeunesse la recommande pour les 9–18 ans, même si de nombreux·ses lecteur·ice·s la découvrent dès 8 ans — et la redécouvrent avec bonheur bien après.
Si vous venez de refermer le dernier tome et que l’armoire magique refuse obstinément de se rouvrir, voici quelques suggestions pour prolonger le voyage. Chacune de ces lectures partage avec Narnia un même goût pour les mondes parallèles, la magie et les quêtes initiatiques, et s’adresse à une tranche d’âge comparable — de la fin du primaire au collège, voire un peu plus pour les titres les plus denses.
1. Le Hobbit (J. R. R. Tolkien, 1937)

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Tolkien et Lewis étaient amis, collègues à Oxford et membres du même cercle littéraire, les Inklings — un groupe informel qui se réunissait au pub pour lire et commenter ses manuscrits en cours. Rien d’étonnant, dès lors, à ce que Le Hobbit constitue l’un des prolongements les plus naturels après Narnia. Le roman raconte comment Bilbo, un hobbit — c’est-à-dire un petit être d’environ un mètre de haut, aux pieds poilus, qui n’aime rien tant que manger et rester chez lui — se retrouve embarqué malgré lui dans une expédition avec le magicien Gandalf et treize nains menés par Thorin Lécudechesne. Leur objectif : reprendre le trésor gardé par le dragon Smaug dans la lointaine Montagne Solitaire. Le voyage, périlleux dès le départ, va de mauvaise surprise en mauvaise surprise — trolls, gobelins, araignées géantes et un certain Gollum, dont le rôle s’avérera autrement plus important dans la suite de l’histoire.
Là où Narnia avance à grands pas d’un tome à l’autre, Le Hobbit prend le temps de décrire chaque forêt, chaque col de montagne et chaque caverne de la Terre du Milieu. Le ton reste pourtant léger, porté par un humour pince-sans-rire (Bilbo négocie avec un dragon comme on marchanderait au marché) qui rend le récit accessible bien avant l’imposant Seigneur des Anneaux. Pour celles et ceux qui accrocheraient, il faut savoir que Le Hobbit n’est que l’entrée en matière d’un univers immense que Tolkien a passé sa vie entière à construire.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 8–10 ans selon les éditions. L’édition jeunesse publiée chez Christian Bourgois indique « à lire seul dès 8 ans », tandis que d’autres éditeurs le classent plutôt à partir de 10 ou 12 ans. Certains libraires recommandent les années collège pour une lecture autonome complète.
2. Fablehaven – Tome 1 : Le Sanctuaire secret (Brandon Mull, 2006)

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Kendra (13 ans) et son frère Seth (11 ans) sont envoyés chez leurs grands-parents paternels, qu’ils connaissent à peine, pendant que leurs parents s’offrent une croisière. La propriété est immense, les règles sont strictes, et grand-père Sorenson cache visiblement quelque chose. En buvant un mystérieux lait produit par une vache géante de cinq étages (oui, vous avez bien lu), les deux enfants découvrent que la vaste forêt qui les entoure abrite en réalité Fablehaven, un sanctuaire secret où cohabitent fées, satyres, naïades, ogres et autres créatures issues des mythes et légendes. Et les fées ne sont pas aussi inoffensives qu’elles en ont l’air — surtout quand la nuit de la Saint-Jean approche.
Brandon Mull ne se presse pas : l’univers se dévoile par étapes, au rythme des découvertes de Kendra et Seth, avant que l’intrigue ne bascule vers quelque chose de bien plus sombre. Le contraste entre la sage Kendra et l’impétueux Seth (qui ne peut s’empêcher de désobéir à chaque interdit) rappellera aux lecteur·ice·s de Narnia la dynamique entre les frères et sœurs Pevensie — Edmund, par exemple, n’était pas non plus un modèle de prudence. Un point fort du livre : les créatures ne sont ni totalement bonnes ni totalement mauvaises. Les fées peuvent se montrer cruelles par caprice, les satyres sont des alliés peu fiables, et le sanctuaire lui-même recèle des dangers dont le grand-père ne parle qu’à demi-mot. La saga compte cinq tomes au total.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 10–13 ans. La Fnac le classe en « roman adolescent dès 13 ans », Cultura indique « dès 12 ans », et de nombreux·ses lecteur·ice·s le recommandent dès 10 ans.
3. Nevermoor – Tome 1 : Les Défis de Morrigane Crow (Jessica Townsend, 2017)

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Morrigane Crow est née le jour du Merveillon, ce qui fait d’elle une enfant maudite : tous les malheurs de son entourage lui sont imputés, et elle est condamnée à mourir à minuit le jour de ses onze ans. Son cercueil est déjà prêt. Mais quelques minutes avant l’échéance fatale, un homme aussi excentrique qu’élégant nommé Jupiter Nord la sauve in extremis et l’emmène dans le royaume de Nevermoor — une ville où l’on se déplace en parapluie (un genre de transport en commun volant), où les hôtels changent de décor selon votre humeur, et où la magie imprègne jusqu’aux fumées du salon (parfum chocolat, vanille ou fraise, au choix). En échange de cette seconde chance, Morrigane doit réussir les épreuves d’admission de la très sélective Société Wundrous.
La parenté avec Harry Potter est évidente — une enfant mal aimée découvre un monde merveilleux et doit prouver sa valeur — mais Jessica Townsend emprunte une direction très différente. Là où Poudlard s’appuie sur un folklore britannique (chaudrons, baguettes, chouettes), Nevermoor invente tout de zéro : ses moyens de transport, ses fêtes, ses institutions. L’humour est omniprésent, les personnages secondaires ont du relief, et la question centrale de Morrigane (quel est donc son talent, à elle qui semble n’en avoir aucun ?) tient le récit en haleine du début à la fin. La série, vendue dans 36 pays, est publiée en France chez Pocket Jeunesse.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 9–11 ans. Pocket Jeunesse le recommande dès 9 ans.
4. Harry Potter – Tome 1 : Harry Potter à l’école des sorciers (J. K. Rowling, 1997)

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Le jour de ses onze ans, Harry Potter apprend qu’il est un sorcier. Élevé dans le placard sous l’escalier de son oncle et sa tante, les Dursley, il découvre qu’il est célèbre dans le monde magique pour avoir survécu au sortilège mortel du terrible Voldemort alors qu’il n’était qu’un bébé. Son admission à Poudlard, l’école de sorcellerie, marque le début d’une nouvelle vie : cours de potions avec le redoutable professeur Rogue, matchs de Quidditch (un sport qui se joue sur des balais volants — le football des sorciers, en somme), amitié indéfectible avec Ron Weasley et Hermione Granger, et un mystère à élucider autour d’un certain objet gardé au troisième étage.
Inutile de trop en dire sur un phénomène littéraire traduit en 80 langues et vendu à plus de 500 millions d’exemplaires. Ce qu’il faut retenir, c’est que le premier tome reste une porte d’entrée idéale dans la fantasy pour les jeunes lecteur·ice·s. On y retrouve la même mécanique que dans Narnia : un enfant ordinaire découvre un monde caché, rencontre un mentor bienveillant et fait face à un ennemi tapi dans l’ombre. Chez Lewis, les humains non magiques sont les « fils d’Adam et filles d’Ève » ; chez Rowling, ce sont les Moldus (les personnes dépourvues de pouvoirs magiques). Le sentiment de mettre le pied dans un univers secret, parallèle au nôtre, est le même. À noter que la saga gagne en complexité et en noirceur au fil des volumes : les derniers tomes abordent la mort, la propagande et les abus de pouvoir sans édulcorer.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 8–9 ans pour les premiers tomes, 12 ans et plus pour les derniers, qui s’adressent de fait à un public plus âgé.
5. Le Livre des étoiles – Tome 1 : Qadehar le Sorcier (Erik L’Homme, 2001)

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Guillemot de Troïl est un garçon timide de 12 ans qui vit au Pays d’Ys, une contrée singulière située entre le Monde Certain (le nôtre) et le Monde Incertain, peuplé de monstres et de tribus étranges. Ys ressemble à notre époque par bien des aspects — on y trouve des ordinateurs et des salles de cinéma — mais on y croise aussi des chevaliers en armure et des sorciers aux pouvoirs fondés sur les Graphèmes, un alphabet de 24 lettres magiques venues des étoiles. Concrètement, les sorciers d’Ys tracent ou prononcent ces lettres (inspirées des runes nordiques, l’ancien système d’écriture des peuples scandinaves) pour déclencher des sorts. Quand sa pire ennemie, Agathe de Balangru, est enlevée par des créatures du Monde Incertain, Guillemot entraîne ses amis — son cousin Romaric, le musicien Gontrand, les jumelles Coralie et Ambre — dans une aventure qui va les dépasser de très loin.
Erik L’Homme a créé un univers où le Moyen Âge et la modernité cohabitent sans que cela semble incongru. Ce mélange donne au Pays d’Ys un parfum très particulier : on y va au collège le matin et on y combat des Gommons (des créatures hostiles) l’après-midi. La trilogie, complétée par Le Seigneur Sha et Le Visage de l’Ombre, se lit vite grâce à des chapitres courts et une action qui ne retombe jamais longtemps.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 9–12 ans. Recommandé par l’Éducation nationale en classe de CM1-CM2 et figure sur les listes de lecture de 6e.
6. La Quête d’Ewilan – Tome 1 : D’un monde à l’autre (Pierre Bottero, 2003)

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Camille Duciel a 13 ans, un QI hors norme et une vie morne auprès de parents adoptifs indifférents. Un jour, alors qu’elle traverse la chaussée, elle manque de se faire renverser par un poids lourd et se retrouve propulsée dans un monde parallèle : Gwendalavir. Là-bas, des créatures mi-lézard mi-mante religieuse appelées Ts’liches semblent la reconnaître sous un autre nom — Ewilan. Accompagnée de son meilleur ami Salim (un garçon drôle, culotté, et doté d’un sens de la répartie redoutable), elle va découvrir qu’elle possède le Dessin, un pouvoir lié à l’Imagination. Concrètement, il suffit à Camille de visualiser quelque chose avec assez de précision — un mur de flammes, un pont, une arme — pour que cet objet se matérialise dans la réalité.
Pierre Bottero signe ici l’une des sagas de fantasy françaises les plus populaires, avec plus de deux millions d’exemplaires vendus pour l’ensemble des trilogies liées à Ewilan. Gwendalavir n’est pas un décor en carton : le monde a sa propre géographie (des plaines glacées aux forêts de l’est), ses propres peuples et une forme de magie cohérente. Les personnages secondaires — le maître d’armes Edwin, l’érudit Duom, la guerrière Ellana — ne sont pas de simples faire-valoir. Quant à Salim, ses vannes tombent toujours au bon moment, y compris (et surtout) dans les situations les plus tendues. Le premier tome est publié chez Rageot. L’adaptation en série animée, diffusée depuis février 2026 sur FranceTV, RTBF Auvio et Play RTS, devrait permettre à une nouvelle génération de découvrir Gwendalavir.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 9–12 ans. La Fnac le classe en « roman junior dès 9 ans », tandis que Cultura le range dans les lectures « dès 12 ans ».
7. L’Histoire sans fin (Michael Ende, 1979)

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Bastien Balthasar Bux n’a rien d’un héros classique. C’est un garçon d’une douzaine d’années, rondouillard, timide, harcelé par ses camarades de classe. Un matin, pour leur échapper, il se réfugie dans une librairie d’occasion et dérobe un livre ancien dont le titre le fascine : L’Histoire sans fin. Caché dans le grenier de son école, il se plonge dans le récit et découvre le Pays Fantastique, un monde menacé par le Néant — une force qui efface littéralement des pans entiers de la réalité. La Petite Impératrice est mourante, et seul un jeune guerrier à la peau verte nommé Atréju, aidé de son fidèle Dragon de la Fortune Fuchur, peut mener la quête pour la sauver. Mais le remède se trouve peut-être de l’autre côté du livre…
Ce qui rend le roman si singulier, c’est sa construction : Bastien lit un livre dans lequel les personnages ont besoin d’un lecteur pour survivre. Autrement dit, l’histoire que lit Bastien parle de Bastien en train de la lire — et finit par l’aspirer à l’intérieur. C’est à ce moment que les choses se corsent, car une fois dans le Pays Fantastique, Bastien peut façonner la réalité selon ses désirs. Or un garçon solitaire, moqué, en manque d’estime de soi, ne fait pas forcément les choix les plus sages quand on lui offre un pouvoir illimité. L’édition française Hachette, illustrée par Joseph Vernot, est un bel objet à avoir dans sa bibliothèque. L’adaptation cinématographique de 1984 par Wolfgang Petersen, restée célèbre pour sa bande originale et la mort d’un cheval dans un marécage (vous savez de quoi je parle si vous l’avez vue), ne couvre que la première moitié du roman — raison de plus pour lire le livre en entier.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 10–12 ans. La Fnac classe l’édition Hachette comme un classique de la littérature jeunesse « dès 12 ans ».
8. Cœur d’encre (Cornelia Funke, 2003)

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Meggie, 12 ans, vit seule avec son père Mo, relieur de livres de profession — autrement dit, un artisan qui répare et restaure les reliures, détail qui a son importance dans l’intrigue. Depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvienne, Mo refuse de lui lire des histoires à voix haute — un interdit qui la rend folle de curiosité. Leur vie change du tout au tout le soir où un personnage inquiétant nommé Doigt de Poussière, un cracheur de feu, frappe à leur porte. Mo détient un don extraordinaire et dangereux : quand il lit à haute voix, les personnages des livres sortent des pages et prennent chair dans le monde réel. Mais la contrepartie est cruelle, car à chaque personnage qui sort, quelqu’un du monde réel disparaît dans le livre. C’est ainsi que Resa, la mère de Meggie, a été happée par un roman intitulé… Cœur d’encre.
L’idée de départ — et si la lecture à haute voix pouvait faire surgir les personnages hors du papier ? — parlera à quiconque a un jour rêvé de rencontrer les héros de ses livres préférés. Cornelia Funke va jusqu’au bout de cette idée et n’en cache pas les conséquences les plus sombres : parmi les personnages sortis du livre figure Capricorne, un vilain dont le cœur est aussi noir que l’encre de son livre d’origine, bien décidé à ne jamais y retourner. Chaque chapitre s’ouvre sur une citation tirée d’un autre roman jeunesse (Peter Pan, Le Hobbit, Les Sorcières de Roald Dahl…), ce qui donne envie de multiplier les lectures. Le roman, traduit de l’allemand par Marie-Claude Auger, est publié chez Gallimard Jeunesse en collection Folio Junior. C’est le premier volet d’une trilogie complétée par Sang d’encre et Mort d’encre.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 10–13 ans. Publié en collection Folio Junior (Gallimard Jeunesse), le roman est généralement recommandé dès 10 ans, mais certains libraires le conseillent plutôt à partir de 12 ans en raison de sa longueur (plus de 600 pages).
9. Le Magicien d’Oz (Lyman Frank Baum, 1900)

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Dorothée, une jeune orpheline qui vit au Kansas chez son oncle Henry et sa tante Em, est emportée par un cyclone avec son petit chien Toto et sa maison tout entière. L’atterrissage est fracassant — au sens propre, puisque la maison écrase la méchante sorcière de l’Est. Pour rentrer chez elle, Dorothée doit se rendre à la Cité d’Émeraude et obtenir l’aide du grand et puissant Magicien d’Oz. En chemin, le long de la célèbre route de briques jaunes, elle rencontre un Épouvantail qui rêve d’avoir une cervelle, un Bûcheron en fer-blanc qui souhaite un cœur, et un Lion poltron qui aimerait bien un peu de courage. Le Magicien acceptera de les aider — à une condition, évidemment.
Publié en 1900 — soit un demi-siècle avant Narnia —, Le Magicien d’Oz est l’un des tout premiers romans à envoyer un enfant dans un monde merveilleux. Baum, qui avait exercé mille métiers avant de se tourner vers l’écriture (journaliste, vendeur de porcelaine, gérant de bazar), voulait créer un conte de fées américain, débarrassé des morales pesantes des contes européens. Le résultat est un récit coloré, rythmé, où le danger ne pèse jamais trop et où la solidarité finit toujours par l’emporter. La trouvaille du dénouement — le Magicien n’est qu’un imposteur, et chaque personnage possédait déjà ce qu’il cherchait — n’a pas pris une ride en 125 ans.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 8–10 ans. Recommandé par le ministère de l’Éducation nationale pour le cycle 3 (CM1-CM2 et 6e) dans l’édition Folio Junior de Gallimard.