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Que lire après « Lady Helen » d'Alison Goodman ?

Que lire après « Lady Helen » d’Alison Goodman ?

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Lady Helen est une trilogie de fantasy historique écrite par l’autrice australienne Alison Goodman, publiée entre 2016 et 2018 (chez Gallimard Jeunesse pour l’édition française, traduite par Philippe Giraudon). L’action se déroule dans le Londres de la Régence anglaise, en 1812. Lady Helen Wrexhall, jeune aristocrate orpheline, s’apprête à faire ses débuts dans le monde — c’est-à-dire, dans la haute société de l’époque, être officiellement présentée à la cour afin de trouver un bon parti. Mais entre les bals, les robes à panier et les espoirs de beau mariage, Helen découvre l’existence du Club des mauvais jours, une organisation secrète chargée de traquer des démons infiltrés dans toutes les couches de la société : les Abuseurs. Helen, qui possède la capacité de percevoir l’énergie surnaturelle de ces créatures, doit alors choisir entre la vie de privilèges qu’on lui destine et un combat périlleux aux côtés de lord Carlston, aristocrate à la réputation sulfureuse — on le soupçonne d’avoir tué sa propre femme. La série se poursuit avec Le Pacte des mauvais jours et L’Ombre des mauvais jours, où Helen, devenue Vigilante du Club, affronte l’Abuseur Suprême.

Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé le dernier tome, voici quelques suggestions dans la même veine — corsets, complots et créatures qui n’ont pas toujours de bonnes manières.


1. Le Protectorat de l’ombrelle – Tome 1 : Sans âme (Gail Carriger, 2009)

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Miss Alexia Tarabotti cumule les handicaps mondains : mi-anglaise, mi-italienne, un nez qu’elle juge trop grand, vingt-six ans au compteur (autant dire un fossile en termes victoriens) et, par-dessus le marché, pas d’âme. Littéralement. Dans cette version de l’Angleterre de la reine Victoria, vampires, loups-garous et fantômes cohabitent avec les mortels en bonne intelligence, et chaque être surnaturel possède un « excédent d’âme » qui explique sa nature. Alexia, elle, est ce qu’on appelle une paranaturelle : son absence totale d’âme fait qu’à son contact, toute créature surnaturelle perd instantanément ses pouvoirs et redevient humaine. Lorsqu’elle tue accidentellement un vampire mal élevé (il ne s’était même pas fait présenter avant de l’attaquer), lord Maccon — Écossais, loup-garou et chef de la meute de Londres — débarque pour mener l’enquête.

S’ensuivent des disparitions inexpliquées de vampires, l’apparition de nouveaux-nés surnaturels que personne n’a autorisés (dans cet univers, la création de vampires et de loups-garous est strictement réglementée par la Couronne), et des affrontements verbaux incendiaires entre Alexia et lord Maccon. Le tout sur fond de gadgets à vapeur et de bienséance impeccable. L’humour est omniprésent, porté par des personnages secondaires mémorables : le flamboyant lord Akeldama, vampire mondain jusque dans le choix de ses cravates, le flegmatique professeur Lyall, ou encore l’amie d’Alexia, Ivy Hisselpenny, dont les chapeaux constituent à eux seuls une menace pour le bon goût. Le registre est plus adulte et plus ouvertement comique que Lady Helen, mais on y retrouve le même terreau : une société corsetée par l’étiquette dont les salons cachent un monde surnaturel autrement plus dangereux, et une héroïne qui manie l’ombrelle aussi bien que la repartie.


2. Un si fragile enchantement (Allison Saft, 2024)

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Niamh est couturière et dotée d’un don rare : elle peut imprégner ses broderies d’émotions et de souvenirs, conférant à chaque vêtement un effet singulier — une veste qui rend son porteur invisible aux regards, une robe qui inspire la confiance. Mais cette magie a un prix concret : chaque point d’aiguille raccourcit sa propre espérance de vie. Déterminée à mettre sa famille à l’abri du besoin avec le temps qu’il lui reste, elle accepte une commande prestigieuse : confectionner la garde-robe d’un mariage royal dans le royaume voisin d’Avaland. Sauf qu’Avaland n’a rien du conte de fées escompté : la classe ouvrière se révolte contre la monarchie, les tensions politiques s’enveniment, et le marié lui-même — Kit, prince héritier traîné de force à l’autel pour sceller une alliance diplomatique — n’est guère coopératif.

Ce qui devait rester une commande professionnelle se complique quand Niamh et Kit se rapprochent, sous l’œil inquisiteur d’un chroniqueur mondain anonyme (à la manière de Lady Whistledown dans Bridgerton) qui menace de tout révéler si Niamh refuse de l’aider à percer les secrets de la famille royale. Le roman prend place dans un monde imaginaire inspiré de la Régence anglaise, avec ses bals, ses garden parties et ses jeux d’influence — mais y ajoute une dimension politique absente de Lady Helen : le sort des Machlish, peuple de Niamh, colonisé et marginalisé par Avaland. C’est un roman autonome (pas de suite à attendre), qui plaira à celles et ceux qui ont aimé le mélange romance/intrigues de cour de la trilogie d’Alison Goodman, avec ici un accent plus prononcé sur la romance.


3. Autopsie – Tome 1 : Whitechapel (Kerri Maniscalco, 2016)

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Londres, 1888. Audrey Rose Wadsworth appartient à la bonne société, mais préfère les scalpels aux salons de thé. En secret, elle étudie la médecine légale sous la tutelle de son oncle, le docteur Jonathan Wadsworth, en compagnie de Thomas Cresswell, apprenti aussi brillant qu’exaspérant. À l’époque, la médecine légale est une discipline naissante, et pour une jeune femme de l’aristocratie, disséquer des cadavres relève du scandale pur et simple. Quand les meurtres de Jack l’Éventreur ensanglantent le quartier de Whitechapel — un des quartiers les plus miséreux de l’East End londonien —, Audrey Rose se retrouve au cœur de l’enquête. D’autant plus que les soupçons pointent dangereusement vers des membres de son propre entourage familial : son père, dont les absences coïncident avec les crimes ; son oncle, dont l’expertise anatomique pourrait servir un tout autre dessein…

Le roman s’appuie sur les véritables meurtres de Jack l’Éventreur (cinq femmes assassinées à l’automne 1888, affaire jamais résolue) et y greffe une fiction où Audrey Rose et Thomas tentent de devancer l’assassin à coups d’autopsies et de déductions. Les descriptions médicales ne sont pas édulcorées (âmes sensibles, vous voilà prévenu·es). Là où Lady Helen opposait son héroïne aux démons de la Régence, Whitechapel la confronte à un monstre bien humain dans un cadre victorien poisseux et angoissant. La dynamique entre Audrey Rose et Thomas — elle, obstinée et prête à braver l’interdit ; lui, arrogant mais d’une perspicacité redoutable — fonctionne sur le même ressort que celle d’Helen et lord Carlston : un respect mutuel qui naît de l’affrontement, puis de l’enquête menée côte à côte.


4. Le Pensionnat de Mademoiselle Géraldine – Tome 1 : Étiquette et espionnage (Gail Carriger, 2013)

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Sophronia Temminnick, quatorze ans, est le cauchemar de sa mère : elle préfère démonter des horloges et grimper aux arbres plutôt que d’apprendre à faire la révérence. En désespoir de cause, Mme Temminnick l’expédie au Pensionnat de Mademoiselle Géraldine pour le perfectionnement des jeunes dames de qualité. Sophronia découvre vite que l’établissement — un dirigeable qui survole les landes du Dartmoor, soit dit en passant — dispense un enseignement peu conventionnel. On y apprend certes l’art de la danse et du maintien, mais aussi celui de la diversion, de l’empoisonnement et de l’assassinat. Le tout avec une politesse irréprochable, évidemment.

L’action se déroule dans le même univers que Le Protectorat de l’ombrelle (voir plus haut), environ vingt-cinq ans plus tôt : une Angleterre du XIXe siècle dite « steampunk », c’est-à-dire où la technologie fonctionne à la vapeur et aux engrenages (ici, les domestiques sont des automates mécaniques, les moyens de transport sont des dirigeables, etc.) et où vampires et loups-garous font partie du paysage. Le ton vise un public plus jeune que le Protectorat, ce qui le rapproche davantage de Lady Helen : comme Helen, Sophronia est une adolescente qui découvre un monde secret derrière la façade policée de la bonne société. Et comme Helen, elle doit apprendre à jongler entre les codes mondains qu’on lui inculque le jour et les compétences nettement moins distinguées qu’elle acquiert en parallèle — sauf qu’ici, la révérence et le lancer de couteau font partie du même cours.


5. La Passe-Miroir – Tome 1 : Les Fiancés de l’hiver (Christelle Dabos, 2013)

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Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie ne paie pas de mine. Pourtant, cette jeune femme possède deux dons : elle peut lire le passé des objets en les touchant à mains nues, et traverser les miroirs pour se déplacer d’un endroit à un autre. Elle vit sur l’Arche d’Anima — l’une des vingt et une îles flottantes qui constituent ce qui reste du monde après un cataclysme ancien appelé la Déchirure. Chaque Arche est gouvernée par un « esprit de famille », un être quasi immortel dont descendent tous les habitants et qui leur confère des pouvoirs spécifiques. Sur Anima, les objets ont une vie propre : les meubles bougent, les écharpes s’enroulent d’elles-mêmes. La vie d’Ophélie bascule lorsque les doyennes de son Arche la fiancent de force à Thorn, un homme austère et glacial issu du puissant clan des Dragons, sur l’Arche du Pôle. Ophélie doit quitter sa famille pour rejoindre la Citacielle, capitale flottante du Pôle.

Arrivée sur place, elle découvre une cour où personne ne dit ce qu’il pense. Les nobles du clan sont experts en illusions — au sens propre : leur pouvoir consiste à créer des mirages — et leurs manœuvres politiques sont tout aussi trompeuses. La tante de Thorn, Berenilde, joue les protectrices tout en poursuivant ses propres objectifs ; l’ambassadeur Archibald déconcerte par sa franchise désarmante ; et Thorn lui-même refuse de lui expliquer pourquoi il l’a choisie. Sans le savoir, Ophélie est devenue le pion d’un complot mortel. Lauréat du concours du premier roman jeunesse Gallimard/RTL/Télérama, Les Fiancés de l’hiver partage avec Lady Helen le schéma d’une jeune femme ordinaire catapultée dans un milieu hostile dont elle ne maîtrise pas les codes — et où la moindre erreur de jugement peut lui coûter la vie. Mais là où Lady Helen s’ancre dans l’Angleterre historique, la saga de Christelle Dabos invente son propre monde de toutes pièces — et c’est l’un des univers les plus singuliers de la fantasy francophone.


6. Sally Lockhart – Tome 1 : La Malédiction du rubis (Philip Pullman, 1985)

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Par une froide après-midi d’octobre 1872, Sally Lockhart, seize ans, se présente aux bureaux de Lockhart & Selby, la compagnie maritime de son père. Ce dernier vient de disparaître en mer de Chine dans des circonstances troubles, et un mystérieux message parvenu à Sally évoque un rubis, des « Sept Bénédictions » et des secrets qu’il vaudrait mieux ne pas remuer. Naturellement, Sally remue tout — et les cadavres commencent à s’empiler. Lorsqu’elle prononce ces mots, « les Sept Bénédictions », devant un vieil employé de la compagnie, l’homme s’effondre, mort de terreur. Sally comprend qu’elle a mis le pied dans quelque chose de bien plus gros qu’une simple affaire de succession.

Orpheline, sans fortune mais armée d’un esprit de déduction acéré et d’un talent peu commun pour le maniement des armes à feu (son père lui a appris à tirer au pistolet, mais pas à faire la cuisine — question de priorités), Sally arpente les bas-fonds londoniens, des quais embrumés aux fumeries d’opium. Elle s’entoure en chemin d’alliés fidèles : le photographe Frederick Garland et sa sœur Rosa, comédienne, ainsi que le débrouillard Jim Taylor, apprenti chez Lockhart & Selby. Face à eux, la redoutable Mme Holland, vieille dame en apparence fragile mais dont la cruauté et les réseaux criminels n’ont rien à envier aux pires antagonistes de Dickens. Philip Pullman — connu pour À la croisée des mondes (la trilogie de Lyra, avec Les Royaumes du Nord) — livre ici un roman d’aventures victorien sans élément fantastique, ancré dans la réalité crue du Londres de l’époque : trafic d’opium, misère de l’East End, condition des femmes. Pas de démons ni de surnaturel ici, mais le lien avec Lady Helen est net : une adolescente que rien ne préparait à l’aventure, et qui apprend à se battre, à enquêter et à survivre dans une ville qui ne fait pas de cadeaux — armée de son intelligence, de son culot et d’amis prêts à risquer leur peau pour elle.


7. Camera obscura : Le chant des morts (Maëlle Desard, 2024)

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XIXe siècle. Depuis la Grande Puanteur survenue deux ans plus tôt — un épisode librement inspiré du Great Stink de 1858, quand les émanations de la Tamise polluée avaient rendu Londres irrespirable —, la ville étouffe sous une brume opaque et permanente qui a englouti le soleil. Et comme si cela ne suffisait pas, certains cadavres ont pris la fâcheuse habitude de se relever. On les appelle les Putréfiés : des morts-vivants dévoreurs de chair humaine, et personne ne sait d’où ils viennent ni comment enrayer le phénomène. Léandre, jeune lord désargenté et étudiant en médecine, est persuadé que ces créatures détiennent la clé pour sauver sa sœur, atteinte d’une maladie incurable liée à la brume. Pour mettre la main sur un spécimen, il travaille le soir chez un daguerréotypiste (un photographe spécialisé dans les premiers procédés photographiques) — car avant l’inhumation, chaque mort doit être photographié au moyen d’une camera obscura, ancêtre de l’appareil photo : si l’image est nette, le mort est « propre » ; si elle est floue, il risque de se transformer en Putréfié.

C’est dans ce contexte que Léandre croise le chemin de Winifred, journaliste au verbe cru et au mépris affiché pour l’aristocratie, qui mène sa propre enquête sur les Putréfiés. Leur alliance, d’abord orageuse (elle le traite de haut ; il reste stoïque, en bon gentleman), se transforme au gré des dangers partagés en complicité, puis en quelque chose de plus tendre — qu’aucun des deux n’avait prévu. Le roman de Maëlle Desard tire sa force de son humour — dialogues mordants, notes de bas de page qui commentent l’action avec ironie — dans un cadre pourtant sombre : un Londres sans lumière, quadrillé par les morts-vivants. Pour les lecteur·ices de Lady Helen, la parenté est claire : un duo que tout oppose (ici, un aristocrate et une roturière, là où Helen et Carlston appartenaient tous deux à la noblesse mais se heurtaient sur la question du devoir), une enquête dans un Londres gangrené par le surnaturel, et un compte à rebours — la sœur de Léandre n’a plus beaucoup de temps.