La Guilde des Ombres est une saga de dark fantasy française en six tomes, écrite par Anna Triss et publiée à partir de 2021 aux éditions Plume Blanche, puis rééditée chez Pocket. On y suit Panama Carswell, une orpheline humaine dotée du Don de mort, recrutée par une confrérie d’assassins elfides dans la sombre cité de Clepsydre, sur le continent de Terreflamme. Entre un apprentissage brutal, des complots de cour et des prophéties divines, Panama doit se forger une place dans un monde qui ne lui a rien épargné — et qui n’a visiblement pas l’intention de commencer.
Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé le dernier tome, voici quelques recommandations du même genre — des guildes, des couvents, des confréries, et un nombre déraisonnable de coups de poignard dans le dos.
1. Nevernight – Tome 1 : N’oublie jamais (Jay Kristoff, 2016)

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Fille d’un traître dont la rébellion a échoué, Mia Corvere échappe de justesse à l’anéantissement de sa famille. Seule, traquée par le Sénat de la République, elle survit dans une cité bâtie sur les ossements d’un dieu mort — avec pour unique compagnon Gentilhomme, une ombre en forme de chat qui n’est pas un chat (et qui a des opinions sur tout). À seize ans, elle rejoint l’Église rouge, l’école d’assassins la plus redoutable de la République, au service de Notre-Dame du Saint-Meurtre. L’échec y est puni de mort, et la trahison fait partie du programme.
L’univers de Nevernight s’inspire de la Rome antique, mais dans une version où trois soleils ne se couchent presque jamais — les véritables nuits, les vrainuits, sont des événements rares et presque sacrés. Mia y avance portée par un seul objectif : la vengeance. C’est sombre, c’est sanglant, c’est ponctué de notes de bas de page tantôt érudites, tantôt hilarantes. Le terrain est le même que celui de La Guilde des Ombres — une jeune femme seule face à une confrérie létale, un apprentissage où chaque erreur se paie comptant — mais l’humour noir de Kristoff pousse le curseur nettement plus loin dans l’irrévérence.
2. L’Ange de la Nuit – Tome 1 : La Voie des ombres (Brent Weeks, 2008)

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Azoth est un gamin des rues, un « rat de guilde » au bas de l’échelle des gangs de Cénaria, une cité si crasseuse que même ses nobles ont les mains sales. Pour échapper à la brutalité de ses aînés, il n’a qu’une idée en tête : devenir l’apprenti de Durzo Blint, le tueur le plus redouté du royaume. Mais Blint ne prend pas d’apprentis. Et le prix d’admission, si jamais il change d’avis, pourrait bien être tout ce qu’Azoth possède — c’est-à-dire presque rien, mais ce presque rien a une valeur inestimable.
La relation entre Azoth et Durzo constitue l’un des piliers du récit : un duo maître-élève nourri de méfiance et de respect à parts égales, où le cynisme tient lieu de langue commune. Le roman ne se limite pas à la formation d’un assassin ; il plonge aussi dans un réseau de complots politiques, de luttes de pouvoir entre la pègre et la noblesse, et d’un système magique lié aux Dons — des talents surnaturels rares et convoités. Le rythme est soutenu, les retournements de situation fréquents, et Weeks ne fait grâce à personne — ni à ses personnages, ni à ses lecteur·ices. Cénaria et Clepsydre se ressemblent sur un point fondamental : la confiance y est un luxe, et celles et ceux qui l’accordent le regrettent en général assez vite.
3. Le Livre des Anciens – Tome 1 : Sœur Écarlate (Mark Lawrence, 2017)

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Nona Grisaille a huit ans, du sang sur les mains et une sentence de mort au-dessus de la tête. Sauvée de la potence par l’abbesse Vitrage, elle est accueillie au couvent de la Mansuétude, un établissement religieux où l’on n’apprend pas seulement à prier : on y forme des tueuses. Les novices y étudient le maniement de la lame, l’art des poisons, la maîtrise de la Voie et de ses fils — des disciplines réparties entre quatre ordres : les Saintes, les Écarlates, les Silences et les Mystiques (que l’on surnomme sœurcières, et ce n’est pas un compliment).
Le monde d’Abeth se meurt lentement : un soleil agonise, la glace grignote le continent depuis les pôles, et l’empire s’effrite sous le poids de ses propres rivalités. C’est dans ce contexte que Nona noue des amitiés féroces — avec Ara, Hessa, Clera — et se découvre des ennemis puissants, en particulier les Tacsis, une famille noble qui ne lui pardonnera pas d’avoir blessé l’un des siens. Certaines novices portent dans leurs veines le sang ancien, hérité des quatre tribus originelles — et Nona pourrait bien en porter plusieurs à la fois. Comme Panama à Clepsydre, elle est une anomalie dans un système qui ne sait pas encore s’il veut la former ou l’éliminer.
4. Throne of Glass – Tome 1 : Le Trône de verre (Sarah J. Maas, 2012)

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Celaena Sardothien est l’assassineuse la plus célèbre du royaume d’Adarlan — et aussi sa prisonnière la plus célèbre. Après plus d’un an dans les mines de sel d’Endovier, elle reçoit une proposition qu’elle ne peut guère refuser : représenter le prince héritier Dorian dans un tournoi à mort. Le vainqueur deviendra Champion du roi — tueur officiel de la couronne. Celaena n’a aucune loyauté envers le trône, mais la perspective de quitter Endovier — où l’espérance de vie est, disons, modeste — suffit amplement à la motiver.
Le ton est ici plus léger que celui de La Guilde des Ombres : Sarah J. Maas accorde une place centrale aux relations entre Celaena, le prince Dorian et Chaol, capitaine de la garde royale, ainsi qu’à l’amitié inattendue avec Nehemia, princesse d’un royaume soumis. Ce premier tome sert avant tout de fondation : le tournoi est un prétexte pour poser les enjeux d’un univers où la magie a été interdite, où les concurrents de Celaena commencent à mourir dans des circonstances suspectes, et où quelque chose de bien plus vaste se profile derrière les murs du château. La saga change de dimension à partir du troisième tome — les enjeux deviennent colossaux, le passé de l’héroïne vole en éclats, et le royaume d’Adarlan n’est soudain plus qu’une pièce sur un échiquier beaucoup plus grand.
5. L’Assassin royal – Tome 1 : L’Apprenti assassin (Robin Hobb, 1995)

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Au royaume des Six-Duchés, le prince Chevalerie, de la famille régnante des Loinvoyant, abdique le jour où l’on découvre l’existence de son fils illégitime. Le jeune Fitz — c’est le nom qu’on lui donne, faute de mieux — grandit au château de Castelcerf, confié à Burrich, le maître d’écurie, un homme bourru dont l’affection se manifeste surtout par des grognements. Mais le roi Subtil a d’autres projets pour ce bâtard royal : le vieux monarque charge Umbre, son conseiller de l’ombre, de former Fitz au métier d’assassin au service de la couronne.
Ce roman ne porte pas le mot « assassin » dans son titre par coquetterie. Fitz apprend à manier le poison et la lame, mais aussi à naviguer dans les intrigues de la cour, à survivre à la cruauté de son oncle Royal et à maîtriser deux formes de magie : le Vif, qui permet de communiquer avec les animaux, et l’Art, une magie royale et redoutable. Robin Hobb prend son temps, installe chaque relation, chaque enjeu, avec une patience qui finit par devenir addictive. On s’attache à Fitz avec une intensité peu commune, on souffre avec lui (souvent), on espère pour lui (parfois). Le premier cycle compte treize tomes en édition française — et aucun ne se lit avec indifférence. Si la relation entre Panama et son mentor Khamar vous a marqué·e, celle entre Fitz et Umbre vous fera le même effet — la toxicité en moins.
6. L’Empire du Vampire (Jay Kristoff, 2021)

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Vingt-sept ans que le soleil ne se lève plus. Un voile opaque recouvre le ciel, les récoltes ont péri, et les vampires — libérés de leur seule faiblesse — ont étendu leur domination sur le monde. Au milieu de ce désastre, Gabriel de León, dernier membre de l’Ordre des Saints d’Argent, croupit dans une geôle. Prisonnier des créatures qu’il a juré d’exterminer, il est contraint de raconter son histoire à Jean-François, un vampire historien du clan Chastain. Gabriel obtempère — à sa manière, c’est-à-dire avec mauvaise foi, sarcasme et un nombre considérable de jurons.
Le récit jongle entre trois temporalités : la jeunesse de Gabriel au monastère de San Michon, où il a été formé comme moine-soldat après avoir découvert son ascendance vampirique (faire-part de bienvenue dans la vie de demi-sang : personne n’est ravi) ; sa vie d’adulte et la quête désespérée du Saint-Graal avec une poignée de compagnons ; et le présent, dans sa cellule, face à son interrogateur immortel. Celles et ceux qui connaissent déjà Kristoff via Nevernight retrouveront son sens du dialogue — ce va-et-vient constant entre le trivial et le tragique — mais dans un registre plus amer, plus désespéré. Gabriel n’est pas un justicier : c’est un homme de foi qui a perdu la sienne, un demi-sang dont chaque cicatrice raconte un échec autant qu’une victoire. Presque mille pages, et pas une de trop.