Publié en 2016 aux États-Unis sous le titre It Ends with Us, Jamais plus est un roman de Colleen Hoover qui aborde la question des violences conjugales à travers le parcours de Lily Bloom, une jeune femme tiraillée entre Ryle, un neurochirurgien séduisant mais imprévisible, et le souvenir d’Atlas, son premier amour. Inspiré de l’histoire des propres parents de l’autrice, le livre a connu un succès considérable — plus d’un million d’exemplaires vendus dans le monde — avant de devenir un phénomène viral sur TikTok en 2021, puis d’être adapté au cinéma en 2024 avec Blake Lively dans le rôle principal.
Si vous venez de refermer ce roman et que vous vous demandez quoi lire ensuite, voici des recommandations dans la même veine : des romans dans lesquels l’amour se heurte au deuil, au pardon, à la violence ou au poids d’un passé qu’on n’a jamais réglé.
1. Reminders of Him (Colleen Hoover, 2022)

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Après cinq ans passés en prison pour un accident de voiture mortel — elle conduisait en état d’ivresse —, Kenna Rowan revient dans sa ville natale avec un seul objectif : retrouver Diem, sa fille de quatre ans qu’elle n’a jamais eu l’occasion d’élever. Mais les grands-parents paternels de l’enfant, les Landry, refusent tout contact. Pour eux, Kenna a tué leur fils Scotty ; la question d’un pardon ne se pose même pas. Toute la ville partage cet avis. La seule personne qui ne lui ferme pas la porte au nez est Ledger Ward, propriétaire d’un bar local — et ancien meilleur ami de Scotty. S’il se rapproche de Kenna, il perd la confiance des Landry ; s’il la repousse, il abandonne la seule personne à qui personne ne laisse de chance.
Le roman alterne les points de vue de Kenna et de Ledger, entrecoupés de lettres que Kenna adresse à Scotty — un homme mort qui ne les lira jamais, mais à qui elle continue de rendre des comptes. Le vrai sujet ici, ce n’est pas tant la romance que la question du pardon : qui a le droit de décider qu’une personne a « assez » payé ? Le roman refuse d’y répondre simplement, et c’est précisément ce refus qui le rend plus intéressant que la moyenne du genre. À noter : le livre a été adapté au cinéma en mars 2026, avec Maika Monroe dans le rôle de Kenna.
2. Ugly Love (Colleen Hoover, 2014)

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Quand Tate Collins débarque à San Francisco pour son master d’infirmière, elle ne s’attend pas à trouver un homme ivre mort effondré devant la porte de son frère. Cet homme, c’est Miles Archer, pilote de ligne et voisin de palier. Miles pose les règles d’emblée : il veut bien coucher avec elle, mais pas de questions sur son passé et aucune promesse d’avenir. Tate accepte le marché. Ce qu’elle n’a pas prévu — et que Miles refuse d’admettre —, c’est que les sentiments ne se plient pas à un accord tacite.
L’originalité du roman tient à sa construction en double temporalité. Les chapitres de Tate, au présent, racontent la relation physique et ses limites frustrantes : après chaque nuit passée ensemble, Miles la met à la porte de son appartement sans un mot. Ceux de Miles, situés six ans plus tôt, dévoilent par fragments son histoire avec Rachel — et le drame qui l’a rendu incapable de s’attacher à quiconque. Colleen Hoover distribue les indices avec parcimonie, si bien qu’on passe l’essentiel du livre à essayer de comprendre ce qui a pu briser Miles à ce point. Quand la réponse arrive, elle fait mal.
3. Archer’s Voice (Mia Sheridan, 2014)

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Bree Prescott arrive à Pelion, petite ville du Maine en bord de lac, pour fuir le traumatisme d’une nuit d’horreur dans sa ville natale — le meurtre de son père sous ses yeux. Elle y croise Archer Hale, un homme solitaire qui vit en reclus depuis un accident de voiture survenu dans son enfance, un accident qui a tué ses parents et l’a rendu muet. Confié ensuite à un oncle farfelu qui l’a coupé du monde, Archer a grandi sans école, sans amis, sans la moindre vie sociale. La plupart des habitants de Pelion le prennent pour un simple d’esprit ou font comme s’il n’existait pas.
C’est Bree qui fait le premier pas, puis le deuxième, puis tous les suivants. Leur communication passe par la langue des signes, des mots griffonnés sur du papier, et par le regard. La lenteur de leur rapprochement est l’un des grands atouts du roman : chaque geste d’ouverture d’Archer lui coûte, et on le sent. Son cousin Travis, manipulateur et possessif, joue le rôle de l’antagoniste : il convoite Bree, rabaisse Archer en public, et va jusqu’à tenter de le spolier de l’héritage familial. Travis n’est pas là pour pimenter l’intrigue amoureuse — il incarne concrètement le mépris que cette petite ville réserve à Archer depuis l’enfance.
4. Toi plus que tout (Mia Sheridan, 2017)

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Crystal a appris très tôt que l’amour n’apporte que de la souffrance. Stripteaseuse pour payer ses factures, blindée de méfiance envers les hommes, elle ne laisse personne approcher. Jusqu’à l’arrivée de Gabriel Dalton dans le club où elle travaille. Gabriel, lui, est un ancien enfant enlevé : séquestré pendant des années dans une cave par un pédophile, il a fini par s’évader et a fait la une des médias nationaux. Tout le monde connaît son visage ; personne ne sait ce qu’il a dans la tête. Il entre dans la vie de Crystal non pas en force, mais avec une patience qui la déstabilise complètement — parce qu’elle ne sait pas quoi en faire.
Ce qui frappe ici, c’est la gravité des sujets abordés — enlèvement, abus sexuels sur mineur, survie — et le soin avec lequel Mia Sheridan les traite sans jamais verser dans le voyeurisme. Gabriel ne correspond à aucun stéréotype du héros de romance : il est vulnérable, hésitant, parfois submergé par des souvenirs qui le ramènent à cette cave. Crystal, de son côté, ne se « répare » pas du jour au lendemain. Leur relation avance par micro-étapes, chacun·e testant les limites de l’autre. Le roman ne prétend pas que l’amour efface les traumatismes — mais il pose la question, moins confortable, de ce que l’on fait quand deux personnes aussi abîmées décident de se faire confiance malgré tout.
5. The Air He Breathes (Brittainy C. Cherry, 2015)

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Elizabeth (Liz) et Tristan sont voisins dans une petite ville. Ils n’ont rien en commun, à un détail près : tous deux portent un deuil récent et dévastateur. Liz a perdu son mari ; Tristan a perdu sa famille. Liz continue de se lever chaque matin pour sa petite fille Emma, cinq ans. Tristan, lui, a choisi de s’effacer du monde ; il ne sort plus, ne parle à personne, et la colère sourde qui l’habite lui a valu une réputation de paria dans le voisinage. Les habitants colportent des rumeurs à son sujet, le regardent de travers. Liz décide de ne pas en faire autant.
Le roman dévoile progressivement, par flashbacks, ce que chacun a perdu et dans quelles circonstances — Brittainy C. Cherry prend son temps avant de montrer toutes les cartes. C’est souvent la petite Emma qui, par son culot de gamine de cinq ans (elle dit ce qu’elle pense, sans filtre et sans gêne), pousse Tristan à sortir de sa coquille. Il y a une scène où elle débarque chez lui avec un dessin sous le bras, et c’est plus efficace que n’importe quel discours. L’un des points forts du livre est le réalisme avec lequel le deuil est traité : pas de guérison miraculeuse, pas de phrase-déclic qui change tout, mais des jours un peu moins durs que les précédents. Premier tome d’une série de quatre romans indépendants, chacun lié à un élément (air, feu, eau, terre).
6. Love and Other Words (Christina Lauren, 2018)

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Macy Sorensen est interne en pédiatrie, fiancée à un homme stable qui ne lui demande rien de compliqué, et mène une vie dont elle a soigneusement évacué toute émotion forte. Puis elle retombe, par hasard, sur Elliot Petropoulos — son premier amour, celui qu’elle n’a pas revu depuis onze ans. Adolescents, Macy et Elliot passaient leurs week-ends dans un placard aménagé en bibliothèque, dans la maison de vacances du père de Macy. Ils lisaient côte à côte pendant des heures, s’échangeaient leurs mots préférés, se confiaient tout. Et puis un soir — le soir même où Elliot lui avouait ses sentiments —, tout s’est brisé entre eux. On ne saura pas pourquoi avant les dernières pages.
Le roman, écrit par le duo d’autrices Christina Hobbs et Lauren Billings (qui publient sous le pseudonyme commun Christina Lauren), alterne chapitres au présent et chapitres au passé, de l’adolescence à l’âge adulte. D’un côté, la tendresse de deux ados qui tombent amoureux sans oser le formuler ; de l’autre, deux adultes de trente ans qui se retrouvent face à face et doivent décider quoi faire de ce qu’ils ressentent encore. Le mystère de la rupture tient le lecteur ou la lectrice en haleine, mais c’est la relation Macy-Elliot adolescents — leur complicité, leur maladresse, leur vocabulaire secret — qui reste en tête une fois le livre refermé. Un roman pour celles et ceux qui ont un faible pour les histoires où l’amitié se transforme lentement, presque imperceptiblement, en amour.
7. Chère Ella (Rebecca Yarros, 2019)

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Beckett, surnommé « Chaos » par son unité, est un soldat des forces spéciales américaines déployé au Moyen-Orient. Solitaire, sans famille, il n’a pour toute compagnie que Grabuge, sa chienne de combat. C’est Ryan, son meilleur ami et frère d’armes, qui le pousse à écrire à sa sœur Ella — une jeune mère célibataire de jumeaux installée à Aspen, dans le Colorado, où elle gère un domaine hôtelier. Beckett et Ella ne se sont jamais vus, mais leurs lettres deviennent vite la chose qu’ils attendent le plus — lui entre deux missions, elle entre deux allers-retours à l’hôpital. Puis Ryan meurt au combat, non sans avoir demandé à Beckett une dernière chose : veiller sur sa sœur. Le problème, c’est qu’Ella croit que l’homme avec qui elle échangeait ces lettres est mort lui aussi. Beckett débarque à Aspen sans révéler sa véritable identité, et découvre qu’Ella traverse le pire : sa fille Maisie est atteinte d’un cancer.
Rebecca Yarros est elle-même épouse de militaire, et cela se sent dans la précision avec laquelle elle décrit la vie de soldat — l’attente, le danger, le retour impossible à la normale. La dimension épistolaire donne au roman une intimité particulière : chaque chapitre s’ouvre sur une lettre de l’un ou de l’autre, et l’écart entre ce que ces lettres laissent espérer et ce que la réalité impose (la guerre d’un côté, la maladie d’un enfant de l’autre) est chaque fois un coup au ventre. Les jumeaux, Maisie et Colt, ne sont pas de simples faire-valoir : Maisie affronte sa maladie avec un aplomb déconcertant pour son âge, et Colt s’accroche à Beckett comme à la figure paternelle qu’il n’a jamais eue. Prévoyez des mouchoirs.
8. Un havre de paix (Nicholas Sparks, 2010)

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Katie débarque seule et sans attache dans la petite ville côtière de Southport, en Caroline du Nord. Cheveux teints, faux nom, regard toujours un peu trop fuyant : tout chez elle trahit la femme en fuite. Son vrai nom est Erin, et l’homme qu’elle a laissé derrière elle — Kevin, policier, alcoolique et violent — n’a pas l’intention de la laisser disparaître. En parallèle, Alex, veuf et père de deux jeunes enfants, Josh et Kristen, tient l’épicerie du coin et tente de reconstruire une vie après la mort de sa femme. L’attirance entre Katie et Alex s’installe lentement, avec la prudence de deux personnes pour qui faire confiance n’a plus rien d’évident.
Le roman est construit sur un double fil narratif : d’un côté, l’idylle naissante à Southport, au milieu des balades en canoë et des soirées sur la plage ; de l’autre, les chapitres consacrés à Kevin, resté seul dans leur ancien appartement, dont l’obsession de retrouver Katie s’aggrave chapitre après chapitre. Ce contraste entre la douceur du cadre et la menace qui rôde crée un suspense inhabituel pour un roman de Nicholas Sparks. Il y a aussi le personnage de Jo, la voisine bienveillante de Katie, dont le rôle réserve dans les toutes dernières pages une surprise que l’on ne voit absolument pas venir — et qui donne au roman une dimension inattendue.
9. Sept jours de juin (Tia Williams, 2021)

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Eva Mercy est mère célibataire à Brooklyn, autrice à succès d’une série de romans érotiques (qu’elle n’est pas loin de mépriser elle-même), et atteinte de migraines chroniques invalidantes qui régissent sa vie. Shane Hall est un romancier primé et quasi invisible médiatiquement, qui ne donne jamais d’interview et que personne n’a vu en public depuis des années. Quand il débarque à un panel littéraire new-yorkais, c’est l’événement — d’autant qu’Eva fait partie des intervenant·es. Le milieu littéraire afro-américain de New York, décrit ici avec un sens de l’observation et une ironie mordante, ne parle plus que de ça. Ce que personne ne sait, c’est que quinze ans plus tôt, Eva et Shane adolescents ont vécu une semaine d’amour intense — avant de se perdre de vue.
Le roman de Tia Williams ne ressemble pas à une romance classique. D’abord parce qu’il est ancré dans un milieu social précis — les cercles littéraires noirs de New York, leurs codes, leurs rivalités, leurs contradictions internes sur ce que la littérature afro-américaine « doit » raconter ou non. Ensuite parce que les personnages sont loin d’être lisses : Shane est un ancien addict, Eva pratiquait l’automutilation adolescente, et leurs romans respectifs sont truffés de références cachées à l’autre — chacun écrit sur l’autre depuis quinze ans sans jamais le nommer, et aucun de leurs lecteurs n’a fait le lien. Le personnage d’Audre, la fille de douze ans d’Eva, apporte un contrepoint franc et drôle : elle est lucide sur les adultes qui l’entourent et ne se prive pas de le leur faire savoir. Sélectionné par le Reese’s Book Club (le club de lecture de l’actrice Reese Witherspoon, prescripteur influent aux États-Unis) et classé bestseller du New York Times dès sa sortie, Sept jours de juin a été traduit en français en 2025 aux éditions Robert Laffont.