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Que lire après « The Mortal Instruments » de Cassandra Clare ?

Que lire après « The Mortal Instruments » de Cassandra Clare ?

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The Mortal Instruments est une série de six romans de fantasy urbaine écrits par l’autrice américaine Cassandra Clare, dont le premier tome, La Coupe mortelle (City of Bones), est paru en 2007. On y suit Clary Fray, une adolescente new-yorkaise qui découvre qu’elle appartient à une lignée de Chasseurs d’Ombres — des guerriers mi-humains mi-anges chargés de protéger le monde des démons et des Créatures Obscures (vampires, loups-garous, fées, sorciers…). Vendue à plus de cinquante millions d’exemplaires, adaptée au cinéma (2013) et en série télévisée (Shadowhunters, 2016-2019), la saga a surtout engendré un univers littéraire tentaculaire, Les Chroniques des Chasseurs d’Ombres, qui s’étend désormais sur plusieurs époques et continents.

Si vous venez de refermer La Cité du feu sacré et que le manque se fait déjà sentir, voici quelques recommandations pour retrouver des sensations similaires — ou en découvrir de nouvelles.


1. The Mortal Instruments – Renaissance – Tome 1 : La Princesse de la Nuit (Cassandra Clare, 2016)

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Le prolongement le plus naturel, et celui qui a le plus de chances de vous garder éveillé·e jusqu’à 3 heures du matin. La Princesse de la Nuit (Lady Midnight en VO) ouvre la trilogie The Dark Artifices et se déroule cinq ans après les événements de La Cité du feu sacré. On quitte New York pour l’Institut de Los Angeles, où Emma Carstairs et son parabataï Julian Blackthorn — deux Chasseurs d’Ombres liés par un serment sacré qui en fait des partenaires de combat à vie — mènent l’enquête sur une série de meurtres qui touchent fées et humains, des crimes qui rappellent étrangement l’assassinat des parents d’Emma.

Là où la saga originale reposait sur la découverte du Monde Obscur à travers les yeux de Clary, La Princesse de la Nuit adopte la structure d’un thriller : indices contradictoires, fausses pistes et révélations qui arrivent toujours au pire moment. Le cœur du récit, cependant, reste une histoire d’amour impossible. Emma et Julian sont parabataï, et la Loi est formelle : les parabataï n’ont pas le droit de tomber amoureux l’un de l’autre. Ceux qui enfreignent cette règle risquent l’exil, la séparation forcée, voire pire. Et pourtant…

On retrouve au passage quelques visages familiers (Magnus, Jace, Clary), mais le roman fonctionne très bien de façon autonome. La fratrie Blackthorn — sept enfants aux personnalités très distinctes, du petit Tavvy de sept ans à l’énigmatique Mark, mi-Chasseur d’Ombres mi-fée — apporte une dimension familiale inédite dans l’univers. Et le soleil de Los Angeles change radicalement l’atmosphère par rapport aux ruelles sombres de Manhattan.


2. The Mortal Instruments – Les Origines – Tome 1 : L’Ange mécanique (Cassandra Clare, 2010)

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Retour en arrière radical : bienvenue dans le Londres victorien de 1878. L’Ange mécanique (Clockwork Angel) est le premier tome de la trilogie Les Origines (The Infernal Devices), un préquel qui met en scène les ancêtres des Herondale, des Lightwood et des autres grandes familles de Chasseurs d’Ombres.

Tessa Gray, une jeune Américaine, débarque à Londres pour rejoindre son frère Nathaniel. Mais à peine arrivée, elle tombe entre les griffes des Sœurs Noires, qui la forcent à développer un pouvoir de métamorphose qu’elle ignorait posséder. Libérée par Will Herondale — un Chasseur d’Ombres dont le talent n’a d’égal que l’arrogance —, Tessa se réfugie à l’Institut de Londres, où elle fait la connaissance de Jem Carstairs, le parabataï de Will, d’une douceur qui contraste radicalement avec ce dernier. Ensemble, ils doivent affronter le Magistère, un ennemi qui lève une armée d’automates contre les Nephilim (le nom que les Chasseurs d’Ombres se donnent entre eux, en référence à leur sang angélique).

Le trio Tessa-Will-Jem est souvent considéré comme le plus réussi de tout l’univers de Cassandra Clare. Will cache derrière son arrogance un secret qui l’empêche de s’attacher à quiconque ; Jem, gravement malade, sait que son temps est compté ; et Tessa, prise entre les deux, découvre peu à peu qu’elle n’est pas celle qu’elle croyait être. Leur relation à trois — amitié indéfectible entre Will et Jem, attirance de Tessa pour l’un puis pour l’autre, loyautés contradictoires — donne au récit une charge émotionnelle que la saga originale n’atteignait pas toujours. Le décor victorien, quant à lui, apporte un vrai renouvellement : on est dans un Londres où les automates côtoient les démons dans les brumes de Whitechapel, un mélange d’esthétique XIXe siècle et de technologie imaginaire qu’on appelle steampunk, et qui change agréablement des gratte-ciel de Manhattan.


3. The Mortal Instruments – Les Dernières Heures – Tome 1 : La Chaîne d’or (Cassandra Clare, 2020)

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Si vous avez aimé Les Origines, La Chaîne d’or (Chain of Gold) vous offre la suite logique : l’histoire des enfants de Will, Tessa et de leurs compagnons, dans le Londres édouardien de 1903.

Cordélia Carstairs — future Chasseuse d’Ombres et redoutable épéiste — arrive à Londres avec son frère Alastair pour tenter de sauver leur père, accusé d’un crime grave. Elle y retrouve James et Lucie Herondale, ses amis d’enfance, et se laisse vite absorber par la vie de la haute société nephilim : bals mondains d’un côté, missions secrètes de l’autre, et entre les deux, des complots politiques qu’elle peine à décoder. Quand une vague d’attaques démoniaques d’un genre inédit frappe la ville — des démons capables de marcher en plein jour et dont le poison est incurable —, Cordélia et ses amis forment un groupe de résistance improvisé, les Merry Thieves, pour agir là où l’Enclave (le gouvernement des Chasseurs d’Ombres) se révèle impuissante.

Cassandra Clare place les sentiments au premier plan dans ce volume : Cordélia aime James en secret alors qu’il est promis à une autre ; Matthew, le meilleur ami de James, noie un lourd secret dans l’alcool ; Thomas et Alastair s’attirent malgré le mépris affiché du second. Le rythme, plus posé que dans La Princesse de la Nuit, permet de donner à chaque personnage le temps d’exister. Will et Tessa réapparaissent en parents dévoués, Magnus Bane est toujours présent quand la situation dérape, et une nouvelle génération doit se construire sous le regard — et la réputation — de ses aînés, ce qui n’est pas une mince affaire quand vos parents sont des légendes vivantes du monde nephilim.


4. Legendborn – Tome 1 : Légendes-vives (Tracy Deonn, 2020)

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Changement de décor, mais pas d’atmosphère : Légendes-vives repose sur le même principe d’un monde secret dissimulé sous le quotidien, sauf que cette fois, la question de qui a accès à ce monde est au centre du récit. Bree Matthews, seize ans, afro-américaine, intègre un programme anticipé à l’université de Caroline du Nord après la mort de sa mère dans un accident de voiture. Sur le campus de Chapel Hill, elle découvre l’existence de l’Ordre des chevaliers de la Table Ronde — non pas un club de reconstitution médiévale, mais une société secrète dont les membres descendent des compagnons d’Arthur et héritent de leurs pouvoirs pour combattre des créatures démoniaques appelées ombres-vives.

Tracy Deonn ne se contente pas de transplanter la légende arthurienne sur un campus américain. Elle la confronte à une autre tradition magique, le racinart — un système fondé sur la communion avec les ancêtres, directement inspiré du hoodoo (un ensemble de pratiques spirituelles afro-américaines issues de la diaspora, distinct du vaudou haïtien). Le roman pose alors une question limpide : si la magie existe depuis des siècles en Occident, pourquoi la version « officielle » est-elle exclusivement blanche et européenne ? Bree, persuadée que l’Ordre est lié à la mort de sa mère, s’infiltre dans ses rangs et découvre que les réponses qu’elle cherche pourraient bien remettre en question l’histoire que l’Ordre se raconte depuis quinze siècles.

Le traitement du deuil est l’un des points forts du roman : la douleur de Bree ne se résout pas en trois chapitres, elle imprègne chacune de ses décisions. Et les retournements de situation du dernier tiers sont du genre à vous faire relire certains passages en arrière, incrédule.


5. Le Dernier Magicien – Tome 1 : L’Ars Arcana (Lisa Maxwell, 2017)

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New York, de nos jours : les Mages vivent prisonniers de Manhattan, piégés par la Barrière — un mur d’énergie invisible érigé par l’Ordre, une organisation vouée à l’éradication de la magie. Toute tentative de franchir la Barrière arrache aux Mages leur affinité, c’est-à-dire leur pouvoir, et souvent leur vie. Esta, dix-sept ans, possède une affinité hors norme : elle peut ralentir, accélérer ou figer le temps, et grâce à la Clé d’Ishtar, voyager dans le passé. Sa mission : se rendre en 1902 pour dérober l’Ars Arcana, un livre ancien qui renferme les secrets de l’Ordre, avant qu’un certain Magicien ne le détruise.

Le New York de 1902 est restitué avec un soin particulier : gangs de magiciens dans les bas-fonds de la Bowery (le quartier le plus mal famé de l’époque), soirées dans les salons des Vanderbilt, numéros de prestidigitation sur scène qui cachent de vrais pouvoirs. Lisa Maxwell ancre sa fiction dans l’histoire réelle — on croise J.P. Morgan, on visite les arrière-salles de Delmonico’s — et construit en parallèle un système d’artefacts magiques aux noms empruntés à l’Égypte ancienne et à Babylone (la Clé d’Ishtar, le Livre de Thoth, l’Œil du dragon…). Les allers-retours entre les époques peuvent dérouter dans les premiers chapitres, mais les pièces du puzzle s’emboîtent progressivement, et le dernier quart du roman enchaîne les révélations à un rythme féroce.

À noter : le personnage de Harte Darrigan, le fameux Magicien, ne révèle jamais ses véritables intentions — on passe le roman à vouloir alternativement le gifler et lui faire confiance.


6. Vampire Academy – Tome 1 : Sœurs de sang (Richelle Mead, 2007)

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L’académie Saint-Vladimir ressemble, de loin, à n’importe quel lycée américain. De près, c’est un pensionnat où de jeunes vampires Moroï apprennent à maîtriser la magie élémentaire, protégés par des Dhampir — des gardiens mi-humains mi-vampires — contre la menace des Strigoï, vampires immortels et féroces.

Rose Hathaway est Dhampir. Elle est drôle, impulsive, et prête à se faire tuer sans hésiter pour sa meilleure amie Lissa Dragomir, princesse Moroï et dernière de sa lignée royale. Un lien psychique unit les deux jeunes femmes : Rose peut lire les pensées de Lissa et ressentir ses émotions — un avantage considérable pour la protéger, mais un fardeau quand Lissa va mal. Après deux ans de cavale, les voilà ramenées de force à Saint-Vladimir, où les menaces qui les avaient fait fuir n’ont pas disparu. Elles se sont même multipliées.

Richelle Mead a construit un monde vampirique à trois étages : les Moroï, vampires mortels et aristocrates qui maîtrisent chacun un élément (eau, feu, terre ou air) ; les Strigoï, vampires immortels et meurtriers, version corrompue des précédents ; et les Dhampir, nés d’unions entre Moroï et humains, relégués au rôle de gardes du corps. Cette hiérarchie très codifiée génère ses propres injustices et ses propres intrigues politiques — Saint-Vladimir est autant un champ de bataille social qu’un lieu de formation. Mais le vrai moteur du roman, c’est Rose. Son sens de la répartie, sa bravoure parfois suicidaire et sa relation interdite avec Dimitri Belikov — son instructeur russe, beau comme un jour de congé — font de Sœurs de sang le genre de livre qu’on commence le vendredi soir et qu’on finit le samedi matin. Plus de quatre millions d’exemplaires vendus aux États-Unis, une adaptation en film (2014) et une série télévisée (2022) : le succès n’est pas un hasard.


7. La Marque des Anges – Tome 1 : Fille des chimères (Laini Taylor, 2011)

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Karou a dix-sept ans, étudie l’art à Prague, parle une vingtaine de langues (pas toutes humaines) et a les cheveux naturellement bleus. Elle a été élevée par des chimères — des créatures mi-humaines mi-animales — dans l’officine de Sulfure, une sorte de père adoptif à cornes de bélier qui fait commerce de dents humaines contre des perles de vœux. Karou ignore tout de ses origines, et cette question la ronge en silence.

Tout bascule le jour où des empreintes de mains noires apparaissent sur les portes de l’officine aux quatre coins du monde, et où Karou croise la route d’Akiva — un séraphin, c’est-à-dire un ange guerrier, venu pour tuer les chimères. Entre eux, une attirance inexplicable, comme un souvenir enfoui dans une vie antérieure. Leur rencontre va propulser Karou au cœur d’une guerre millénaire entre anges et chimères, et lui révéler enfin la vérité sur ce qu’elle est.

Laini Taylor possède un talent rare pour inventer des mondes qui ne ressemblent à rien de connu. Son bestiaire n’a pas d’équivalent en fantasy contemporaine — des serpentes à buste de femme, des guerriers à tête de loup, des chimères à corps de lion et ailes d’aigle — et le basculement entre la Prague contemporaine et Eretz, le monde parallèle où se déroule la guerre, fait passer le roman de la fantasy urbaine intime à l’épopée en quelques chapitres. Quant à la relation Karou-Akiva, si elle emprunte au schéma des amants maudits, elle s’en éloigne par une révélation finale qui redéfinit entièrement leur lien et donne aux deux tomes suivants une tout autre direction.


8. Les Anges déchus – Tome 1 : Hush, Hush (Becca Fitzpatrick, 2009)

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Dans la ville brumeuse de Coldwater, Nora Grey mène une existence de lycéenne ordinaire depuis la mort violente de son père. En cours de biologie, un changement de place la met face à Patch — un garçon séduisant, provocateur, qui semble en savoir bien trop sur elle. D’où connaît-il la mort de son père ? Pourquoi apparaît-il toujours là où elle se trouve ? Et pourquoi Nora, d’ordinaire si prudente, est-elle incapable de lui résister ?

Becca Fitzpatrick joue sur l’ambiguïté de Patch : est-il un protecteur ou une menace ? Le lecteur, comme Nora, passe le roman à douter de ses intentions, et c’est ce doute permanent qui tient en haleine. On n’est jamais certain de qui ment, de qui manipule, et les alliances se retournent sans prévenir. En toile de fond, une guerre séculaire entre anges déchus et Nephilim (ici, des descendants d’anges et d’humains, à ne pas confondre avec les Chasseurs d’Ombres de Cassandra Clare malgré le terme commun) émerge peu à peu — ce qui confère au récit une dimension mythologique qui se densifie au fil des tomes.

Hush, Hush s’inscrit pleinement dans la vague de paranormal romance qui a déferlé sur le rayon young adult après le succès de Twilight : des romances adolescentes où l’intérêt amoureux est une créature surnaturelle (vampire, ange, loup-garou…) et où le frisson amoureux se double d’un danger réel. Le genre a ses codes — le garçon ténébreux, l’héroïne attirée malgré elle, le secret qui pèse sur la relation — et Hush, Hush les assume sans complexe. Si la tension entre Clary et Jace dans les premiers tomes de The Mortal Instruments vous a marqué·e, Patch et Nora devraient produire un effet comparable, en version plus sombre.


9. The Effigies – Tome 1 : Les flammes du destin (Sarah Raughley, 2016)

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Quatre jeunes femmes. Quatre pouvoirs élémentaires. Le dernier rempart de l’humanité contre les Spectres — des créatures cauchemardesques, amalgames de chair en décomposition et de ténèbres, qui terrorisent le monde depuis près d’un siècle. On les appelle les Effigies, et quand l’une d’elles meurt, ses pouvoirs et tous ses souvenirs se transmettent à une héritière choisie au hasard.

Maia Finley, seize ans, fan absolue des Effigies, vient d’hériter du pouvoir du feu après le décès de sa prédécesseure Natalya. Problème : elle n’a aucune idée de comment le contrôler, les trois autres Effigies refusent de se parler, et un homme nommé Saul semble capable de diriger les Spectres — chose supposée impossible. Quand Manhattan subit une attaque d’une ampleur inédite, Maia n’a d’autre choix que de révéler ce qu’elle est et de se battre — avec des pouvoirs qu’elle ne maîtrise pas, aux côtés de coéquipières qui ne veulent pas d’elle.

Sarah Raughley propose un récit dont les quatre protagonistes sont toutes des jeunes femmes, sans que le roman en fasse un argument marketing ou un slogan. Chaque Effigie possède sa personnalité propre — Belle, l’inaccessible idole de Maia ; Lake, discrète et anxieuse ; Chae Rin, colérique et imprévisible — et leurs rapports sont loin du cliché de la sororité instantanée : elles se méfient les unes des autres, se reprochent leurs erreurs passées, et la simple idée de former une équipe relève du miracle diplomatique. En parallèle, la Secte — l’organisation censée les encadrer — semble en savoir bien plus qu’elle ne le dit sur l’origine des Spectres, et Maia comprend vite que ses alliés officiels ne sont pas forcément les plus fiables.


10. Sublimes créatures – Tome 1 : 16 lunes (Kami Garcia et Margaret Stohl, 2009)

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Gatlin, Caroline du Sud : une bourgade du Sud profond où rien ne change jamais, où les mères de famille veillent férocement aux bonnes mœurs et où l’on ne jure que par l’équipe de basketball et la guerre de Sécession. Ethan Wate, lycéen, étouffe. Il rêve de partir, de voir le monde. Et depuis quelque temps, il fait un autre rêve, récurrent celui-là : une fille qu’il ne connaît pas tombe dans le vide, et il ne parvient jamais à la rattraper.

Puis Lena Duchannes arrive en ville. Nièce du mystérieux Macon Ravenwood — que tout Gatlin considère comme un fou reclus dans sa maison hantée —, Lena attire immédiatement l’hostilité générale. Ethan, lui, reconnaît la fille de ses rêves. Lena est une Enchanteresse : le jour de ses seize ans, elle sera « appelée » et basculera du côté de la Lumière ou des Ténèbres, sans pouvoir choisir. Une malédiction familiale vieille de plusieurs générations pèse sur cette issue, et l’amour entre Ethan et Lena pourrait bien tout compliquer.

16 lunes se démarque par son narrateur masculin — un choix rare dans le genre à l’époque de sa parution — et par l’ancrage très concret de son décor sudiste. Gatlin est le type de ville où l’on commémore encore la guerre de Sécession (le conflit qui a déchiré les États-Unis entre 1861 et 1865, notamment autour de la question de l’esclavage) comme si elle s’était terminée hier. Le roman convoque le vaudou, les vieilles rancœurs entre familles et les secrets enterrés depuis des générations pour construire un univers où la magie n’a rien de glamour : elle est une malédiction héréditaire contre laquelle on ne peut que lutter. Des flash-backs réguliers ramènent le lecteur en plein conflit civil, dans la peau des ancêtres d’Ethan et Lena — un couple d’amants séparés par la guerre dont l’histoire éclaire directement la malédiction qui pèse aujourd’hui sur Lena.