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Que lire après « Into The Wild » de Jon Krakauer ?

Que lire après « Into The Wild » de Jon Krakauer ?

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Publié en 1996, Into the Wild (traduit en français sous le titre Voyage au bout de la solitude) est un récit de non-fiction de Jon Krakauer. Il raconte l’histoire de Christopher McCandless, un jeune diplômé américain qui, en 1990, a abandonné ses biens et son identité pour sillonner les États-Unis avant de s’enfoncer seul dans les étendues sauvages de l’Alaska, où il a trouvé la mort en août 1992. Devenu un best-seller mondial, le livre a été adapté au cinéma par Sean Penn en 2007.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici une sélection de livres habités par les mêmes obsessions : la nature brute, la solitude, la tentation de tout quitter.


1. Into the Wild : L’histoire de mon frère (Carine McCandless, 2014)

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Plus de vingt ans après la mort de son frère Chris, Carine McCandless a décidé de rompre le silence. Dans ce témoignage paru sous le titre original The Wild Truth, elle dévoile ce que le livre de Krakauer ne faisait que suggérer : un père violent et manipulateur, une mère complice par son silence, et une enfance entière passée à dissimuler la réalité derrière une façade de respectabilité bourgeoise.

Le livre oblige à relire Into the Wild. Là où beaucoup voyaient en Christopher un idéaliste naïf ou un fugueur égoïste, Carine montre un jeune homme poussé dehors par des années de maltraitance. Le témoignage est aussi le sien : celui d’une sœur qui a grandi dans le même foyer, subi les mêmes violences, et dû se reconstruire seule après la mort de son frère et allié le plus proche.


2. Tragédie à l’Everest (Jon Krakauer, 1997)

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Le 10 mai 1996, plusieurs expéditions commerciales parties pour le sommet de l’Everest se sont retrouvées prises dans une tempête meurtrière. Huit alpinistes y ont perdu la vie, dont les guides Rob Hall et Scott Fischer. Krakauer, envoyé sur place par le magazine Outside, faisait partie des survivants.

Tragédie à l’Everest est un document de première main sur cette catastrophe. Krakauer y décrit les mécanismes qui ont conduit au drame : la commercialisation de la haute altitude, l’orgueil des guides, les erreurs de jugement amplifiées par le manque d’oxygène. Il ne s’épargne pas : sa propre culpabilité de survivant traverse tout le livre. Quand le dépassement de soi devient-il de l’aveuglement ? Quand l’ambition d’un sommet justifie-t-elle le risque de n’en jamais redescendre ? Le récit ne tranche pas — il montre.


3. Indian Creek (Pete Fromm, 1993)

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Pete Fromm était étudiant à l’université du Montana quand il a accepté, sur un coup de tête, un emploi improbable : passer sept mois seul au cœur des montagnes Rocheuses de l’Idaho pour surveiller des œufs de saumon. C’était à l’automne 1978. Il n’avait aucune expérience de la vie en milieu sauvage, ne savait pas utiliser une tronçonneuse et ignorait même ce qu’était une corde de bois.

Ce qui aurait pu tourner au fiasco devient un livre d’une drôlerie et d’une honnêteté rares. Fromm raconte le froid extrême, l’isolement, ses erreurs de débutant — et, peu à peu, l’attachement inattendu qu’il développe pour cet endroit où personne ne le force à rester. Au fil des mois, il apprend à chasser, à lire le temps qu’il fait, à ne plus redouter le silence. Le retour à la civilisation, au printemps, se révèle plus difficile que le départ. Indian Creek est souvent comparé à un Walden des temps modernes — avec l’humilité et la maladresse en plus.


4. Wild (Cheryl Strayed, 2012)

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À vingt-deux ans, Cheryl Strayed a tout perdu en peu de temps : sa mère, morte d’un cancer en quelques semaines ; sa famille, dispersée ; puis son mariage. Sont venus l’héroïne, l’errance, les années perdues. À vingt-six ans, sans la moindre expérience de la randonnée, elle a pris la décision de parcourir seule plus de 1 700 kilomètres sur le Pacific Crest Trail, du désert des Mojaves jusqu’à l’État de Washington.

Wild est le récit de cette marche, publié dix-sept ans après les faits. Le livre alterne entre l’épreuve physique — ampoules, chaleur, neige, sac trop lourd — et les souvenirs d’une vie d’avant le sentier, entre deuil et autodestruction. Strayed ne guérit pas par la réflexion, mais par l’épuisement : c’est le corps, harassé et meurtri, qui finit par remettre l’esprit en ordre. Le film, sorti en 2014 avec Reese Witherspoon, a contribué à faire du PCT l’un des sentiers les plus célèbres au monde.


5. Dans les forêts de Sibérie (Sylvain Tesson, 2011)

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Une cabane de bois sur les rives du lac Baïkal, en Sibérie, à cinq jours de marche du village le plus proche : c’est là que Sylvain Tesson a choisi de vivre seul pendant six mois, de février à juillet 2010. Son bagage : des livres, de la vodka, un poêle à bois et deux chiens confiés par des amis russes.

Rédigé sous forme de journal, le texte suit jour après jour cette vie réduite à l’essentiel. Tesson y consigne le quotidien — pêche, bûcheronnage, marches sur le lac gelé — autant que ses réflexions sur le temps, la liberté et le retrait volontaire. L’enjeu n’est pas la survie, mais le dépouillement : se défaire du superflu pour éprouver ce que signifie posséder le temps plutôt que l’espace. Récompensé par le prix Médicis essai en 2011, le livre s’est vendu à plus de 250 000 exemplaires en grand format. Tout plaquer pour une cabane au bout du monde : le fantasme, visiblement, ne s’use pas.


6. Désert solitaire (Edward Abbey, 1968)

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Le parc national des Arches, au cœur du désert de l’Utah : mesas, canyons, formations rocheuses sculptées par le vent. Edward Abbey y a travaillé deux saisons comme ranger, à la fin des années 1950, et a tenu un carnet qui deviendra, une décennie plus tard, Désert solitaire.

Abbey y alterne contemplation et colère. Il décrit la splendeur minérale du désert avec une attention de naturaliste, puis s’en prend frontalement au tourisme de masse et à la politique des parcs nationaux américains, conçus pour l’automobile plutôt que pour la marche. Il dénonce une logique de croissance qui sacrifie les derniers espaces sauvages au profit économique. Publié en 1968, le livre reste d’une actualité troublante : tout ce qu’Abbey dénonçait a empiré depuis. On le rapproche souvent de Thoreau, dont il partage la radicalité — avec en prime un tempérament de pamphlétaire et un sens de la provocation plus acéré.


7. Walden ou la Vie dans les bois (Henry David Thoreau, 1854)

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En 1845, Henry David Thoreau s’est installé dans une cabane qu’il avait bâtie de ses mains, au bord de l’étang de Walden, près de Concord, dans le Massachusetts. Il y a vécu deux ans, deux mois et deux jours — une expérience dont il a tiré ce livre fondateur.

Walden n’est pas un simple récit de vie en forêt. Thoreau y interroge méthodiquement tout ce que ses contemporains tiennent pour acquis : le travail salarié, la propriété, l’accumulation de biens, la sociabilité obligatoire. Sa thèse est radicale : la plupart des gens passent leur vie à gagner de quoi vivre sans jamais prendre le temps de vivre. Le livre, ignoré à sa parution, est devenu au fil des décennies l’un des textes les plus influents de la littérature américaine et la matrice de toute la tradition du nature writing. Chacun des livres de cette liste lui doit quelque chose.


8. La mort suspendue (Joe Simpson, 1988)

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Joe Simpson et Simon Yates, deux jeunes alpinistes britanniques, ont réussi en 1985 la première ascension de la face ouest du Siula Grande, à 6 344 mètres d’altitude dans les Andes péruviennes. Mais c’est la descente qui a failli leur coûter la vie. Simpson s’est fracturé la jambe ; Yates, après avoir tenté de le faire descendre, a été contraint de couper la corde qui les reliait.

Laissé pour mort au fond d’une crevasse, Simpson a pourtant survécu. Il a rampé pendant trois jours, la jambe brisée, pour regagner le camp de base — où il est arrivé la veille du départ prévu de ses compagnons. La mort suspendue raconte cet épisode, et sa force tient à sa brutalité : pas de lyrisme, pas de leçon de courage, juste un homme qui refuse de mourir sans bien comprendre pourquoi. Le livre interroge aussi le geste de Yates : couper la corde qui vous relie à votre ami relève-t-il de la trahison ou de la lucidité ? Simpson, lui, n’a jamais reproché ce choix. Adapté au cinéma par Kevin Macdonald en 2003.


9. Promenons-nous dans les bois (Bill Bryson, 1998)

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De retour aux États-Unis après vingt ans passés en Angleterre, Bill Bryson a décidé de redécouvrir son pays à pied sur l’Appalachian Trail, un sentier de 3 500 kilomètres qui serpente à travers les montagnes de la Géorgie au Maine. Pour seul compagnon, il a recruté son vieil ami Stephen Katz — sédentaire, en surpoids et ancien alcoolique.

Le résultat est hilarant. Bryson raconte leurs mésaventures avec une autodérision implacable — deux quinquagénaires en mauvaise forme physique face à l’un des sentiers les plus longs du monde —, mais l’humour n’est pas tout. Il aborde la gestion calamiteuse des parcs nationaux, les menaces écologiques qui pèsent sur les Appalaches et le rapport paradoxal des Américains à la nature : passionnés de grands espaces mais incapables de quitter leur voiture. Le film Randonneurs amateurs, sorti en 2015 avec Robert Redford, en est tiré.


10. En Patagonie (Bruce Chatwin, 1977)

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Un fragment de peau de mylodon entrevu chez sa grand-mère, une carte de la Patagonie au mur du salon de l’architecte Eileen Gray : il n’en a pas fallu plus à Bruce Chatwin pour quitter son poste au Sunday Times et partir six mois en Patagonie. En Patagonie, son premier livre, est né de ce voyage.

Le récit avance par fragments courts — 97 chapitres — et multiplie les portraits : pionniers gallois, bandits en cavale (Butch Cassidy y fait une apparition), émigrés russes, fermiers écossais, descendants de navigateurs. Chatwin ne cherche pas à décrire un paysage, mais à révéler les strates humaines d’un territoire. La Patagonie y apparaît comme un refuge pour les déclassés, les rêveurs et les fugitifs du monde entier. Première publication de Chatwin, En Patagonie a durablement transformé le genre du récit de voyage — preuve qu’on peut raconter un lieu sans presque parler de géographie.