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Que lire après « Fight Club » de Chuck Palahniuk ?

Que lire après « Fight Club » de Chuck Palahniuk ?

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Publié en 1996, Fight Club est le premier roman de l’écrivain américain Chuck Palahniuk. On y suit un narrateur anonyme, employé de bureau insomniaque, qui fonde avec le charismatique Tyler Durden un club de combat clandestin.

Satire féroce de la société de consommation et de la masculinité en crise, le roman a été adapté au cinéma par David Fincher en 1999, avec Brad Pitt et Edward Norton. Si le livre vous a secoué et que vous en voulez encore, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Survivant (Chuck Palahniuk, 1999)

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Tender Branson, dernier membre vivant d’une secte apocalyptique, a détourné un Boeing 747. Seul à bord, il confie son histoire à la boîte noire de l’appareil tandis que le kérosène s’épuise. Le récit remonte le fil de sa vie : ancien domestique soumis au service de familles aisées, il devient malgré lui une figure médiatique, propulsé gourou télévisuel par un agent cupide.

Palahniuk pousse ici sa critique de la société du spectacle jusqu’à l’absurde. Le roman est construit à rebours — du chapitre 47 au chapitre 1 —, un compte à rebours qui épouse la trajectoire du crash annoncé. Derrière l’humour noir et les situations grotesques, Survivant pose une question simple : quand on a été élevé pour obéir — à une secte, à un employeur, à un public —, reste-t-il quelque chose à sauver de soi ?


2. Monstres invisibles (Chuck Palahniuk, 1999)

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Shannon McFarland est jeune, belle et mannequin. Un jour, une balle lui fracasse la mâchoire. Défigurée, elle devient invisible aux yeux du monde — un monstre que personne n’ose regarder. À l’hôpital, elle rencontre Brandy Alexander, transsexuelle flamboyante sur le point de subir sa dernière opération. Ensemble, elles se lancent dans une cavale à travers les États-Unis.

Ce roman, écrit avant Fight Club mais publié après, est une démolition en règle de la beauté comme monnaie sociale. La chronologie du récit est volontairement éclatée, à l’image du visage de Shannon. Les coups de théâtre s’enchaînent jusqu’à un dénouement qui oblige à relire chaque scène sous un jour neuf.

C’est, dans l’œuvre de Palahniuk, le livre le plus radical sur ce que nous sommes prêts à détruire — notre corps, notre passé, notre nom — pour devenir quelqu’un d’autre.


3. American Psycho (Bret Easton Ellis, 1991)

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Patrick Bateman a vingt-six ans, travaille à Wall Street et incarne le parfait golden boy des années Reagan. Le jour, il fréquente les restaurants les plus cotés de Manhattan, obsédé par les cartes de visite de ses collègues et la coupe de ses costumes. La nuit, il cède à des pulsions meurtrières d’une violence inouïe. Le roman a provoqué un scandale à sa sortie, au point d’être lâché par son premier éditeur.

American Psycho est une satire du matérialisme américain poussée jusqu’à la nausée. La narration à la première personne enferme le lecteur dans l’esprit d’un homme dont la frontière entre fantasme et réalité se délite page après page. Le vide intérieur de Bateman est celui d’une époque tout entière : les objets, les marques et les rituels de consommation ont pris la place de toute vie intérieure. Le roman se conclut sur ces mots glaçants : This is not an exit.


4. Moins que zéro (Bret Easton Ellis, 1985)

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Premier roman de Bret Easton Ellis, écrit alors qu’il n’avait que vingt et un ans. Clay, dix-huit ans, rentre à Los Angeles pour les vacances de Noël. Fils de bonne famille, il retrouve ses amis — tous aussi riches, tous aussi désœuvrés. D’une fête à l’autre, entre cocaïne et relations creuses, il erre dans une ville où personne ne parvient à ressentir quoi que ce soit.

Le récit frappe par son minimalisme glacial. Les phrases sont courtes, les dialogues troués de silences, les émotions absentes. Ellis dresse le portrait d’une jeunesse californienne dorée mais en état de mort clinique, où la drogue ne sert même plus à fuir — simplement à meubler le néant. Moins que zéro annonce déjà tout Ellis : six ans plus tard, Clay aurait pu devenir Patrick Bateman.


5. Trainspotting (Irvine Welsh, 1993)

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Édimbourg, fin des années 1980. Mark Renton, Sick Boy, Spud et Begbie forment une bande de jeunes pris au piège de l’héroïne, de l’alcool et de la violence. Le roman se déploie à travers une mosaïque de voix et de points de vue, chaque chapitre livré par un personnage différent. Les tentatives de sevrage avortent, les overdoses fauchent, le sida rôde. Danny Boyle en a tiré un film culte en 1996.

La force du livre tient à sa langue : Irvine Welsh écrit en dialecte écossais de Leith, un argot cru et syncopé qui colle à la peau de ses personnages. Derrière le sordide, le roman est un acte d’accusation contre le thatchérisme et l’abandon des classes populaires. Le titre est ironique : ces jeunes n’ont ni trains à observer ni horizon à viser, rien qu’une gare désaffectée et une cuillère à chauffer.


6. L’Orange mécanique (Anthony Burgess, 1962)

Couverture du livre L'Orange mécanique de Anthony Burgess

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Dans un futur proche, Alex, quinze ans, mène sa bande de droogies au fil de nuits d’« ultraviolence » — agressions, viols, cambriolages — sur fond de Beethoven. Arrêté, il subit en prison un traitement expérimental, la méthode Ludovico, qui le rend physiquement incapable de toute violence. Il est alors relâché dans le monde, inoffensif mais aussi privé de son libre arbitre.

Le roman pose la question qui lui donne toute sa force : un homme privé de la faculté de choisir le mal est-il encore un homme ? Burgess, linguiste de formation, a inventé pour l’occasion le nadsat, un argot anglo-russe dans lequel Alex raconte sa propre histoire — et qui oblige le lecteur à apprendre une nouvelle langue pour entrer dans la sienne. Stanley Kubrick a porté le roman à l’écran en 1971, mais sans le dernier chapitre, celui où Alex envisage de se ranger, ce qui modifie radicalement le sens de l’œuvre.


7. L’Étranger (Albert Camus, 1942)

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Meursault, modeste employé de bureau à Alger, apprend la mort de sa mère. Il assiste à l’enterrement sans verser une larme. Peu après, sur une plage écrasée de soleil, il tue un homme — un Arabe — presque sans raison. Son procès se transforme en réquisitoire non pas contre le meurtre, mais contre son incapacité à se conformer aux codes émotionnels de la société.

Court, sec, dépouillé, L’Étranger est le roman fondateur de l’absurde camusien. Meursault refuse de mentir, refuse de jouer le jeu social, et c’est précisément cette sincérité brutale qui le condamne. Comme le narrateur de Fight Club, il met en pièces un contrat social qu’il n’a jamais signé — mais là où Tyler Durden cogne, Meursault se contente de hausser les épaules, ce qui est peut-être pire.


8. Las Vegas Parano (Hunter S. Thompson, 1971)

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Le journaliste Raoul Duke et son avocat, le Dr Gonzo, foncent vers Las Vegas dans une décapotable rouge chargée d’un arsenal chimique dément : mescaline, acide, cocaïne, éther, nitrite d’amyle. Officiellement, Duke doit couvrir une course automobile dans le désert. En réalité, les deux compères partent en quête du Rêve Américain — ou de ce qu’il en reste.

Ce roman semi-autobiographique est le manifeste du journalisme gonzo — le reportage comme trip personnel, subjectif et halluciné, dont Thompson a posé les règles à condition de toutes les enfreindre. Sous le chaos, la drogue et les délires paranoïaques, le livre est aussi une oraison funèbre : celle de la contre-culture des années 1960, enterrée sous l’ère Nixon. Terry Gilliam a adapté le roman au cinéma en 1998, avec Johnny Depp et Benicio del Toro.


9. Requiem for a Dream (Hubert Selby Jr., 1978)

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Harry, sa petite amie Marion et son ami Tyrone rêvent d’un avenir meilleur. Leur plan : acheter une quantité massive d’héroïne, la revendre et s’offrir la vie qu’ils méritent. En parallèle, Sara Goldfarb, la mère de Harry, veuve solitaire, se gave de pilules amaigrissantes après avoir reçu un appel qui lui promet un passage à la télévision. Les quatre destins suivent la même pente, et le lecteur les voit glisser sans pouvoir rien y faire.

Selby Jr. montre comment l’addiction progresse par paliers — chaque compromis en appelle un autre, chaque seuil franchi rend le précédent dérisoire — qu’il s’agisse d’héroïne, d’amphétamines ou de télévision. Le titre français du roman, Retour à Brooklyn, ne rend pas justice à l’original : il s’agit bien d’un requiem, une prière pour des rêves défunts. Darren Aronofsky en a tiré un film dévastateur en 2000, mais le roman reste une expérience à part, plus intérieure, plus suffocante.


10. L’Homme-dé (Luke Rhinehart, 1971)

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Luke Rhinehart est psychiatre, marié, père de deux enfants. Il s’ennuie à en crever. Un soir, il décide de confier au lancer d’un dé la première décision de sa vie. Puis la suivante. Puis toutes les autres. Rapidement, le « syndrome du dé » gagne ses patients, ses proches, et finit par alarmer le FBI. Le docteur Rhinehart est désormais recherché pour subversion de la vie quotidienne.

Publié quasi clandestinement en 1971, ce roman est devenu culte. Sous le pseudonyme de son propre personnage, George Cockcroft a écrit un brûlot contre tout ce qui fige une vie : le métier, le couple, la réputation, la cohérence. Le livre interroge sans relâche la notion de libre arbitre : si le dé décide, qui est responsable ? Et si le vrai danger n’était pas le hasard, mais l’ennui mortel d’une existence dont on connaît déjà la fin ?


11. Bruit de fond (Don DeLillo, 1985)

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Jack Gladney enseigne les « études hitlériennes » dans une petite université du Midwest américain. Il vit avec Babette, sa femme, et une tribu d’enfants issus de leurs mariages précédents. Leur quotidien baigne dans un ronronnement permanent : publicités, informations télévisées, alarmes, rumeurs. Un jour, un accident ferroviaire libère un nuage toxique sur la ville et la peur, jusque-là sourde, éclate au grand jour.

Lauréat du National Book Award en 1985, Bruit de fond est le grand roman américain de la peur de mourir dans un monde qui ne s’arrête jamais de parler. DeLillo y démonte, phrase après phrase, la façon dont le consumérisme et les médias servent d’analgésiques : on achète, on regarde, on commente, pour ne surtout pas penser à ce qui nous attend. Écrit deux ans avant Tchernobyl, le livre n’a cessé de gagner en pertinence. Noah Baumbach l’a adapté pour Netflix en 2022, avec Adam Driver.


12. Abattoir 5 (Kurt Vonnegut, 1969)

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Billy Pilgrim s’est « décroché du temps ». Il est tantôt un vieil opticien de l’Illinois, tantôt un soldat américain prisonnier à Dresde en 1945, tantôt un spécimen humain exhibé dans un zoo extraterrestre sur la planète Tralfamadore. Au cœur de cette spirale temporelle, un événement irréductible : le bombardement allié de Dresde, qui fit des dizaines de milliers de victimes civiles.

Vonnegut, lui-même rescapé de ce bombardement, a mis vingt-cinq ans à trouver la forme adéquate pour en parler. Le résultat est un roman à la fois drôle et déchirant, où la science-fiction sert de bouclier contre une réalité que la prose classique ne sait pas restituer. Chaque mort est ponctuée d’un laconique « So it goes » — « C’est la vie » — devenu l’un des refrains les plus célèbres de la littérature américaine. Le livre ne dénonce pas la guerre : il montre ce qu’elle fait à un esprit humain, et c’est bien plus dévastateur qu’un réquisitoire.


13. La Plage (Alex Garland, 1996)

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Richard, jeune routard britannique, débarque à Bangkok avec l’idée vague que la vraie vie est ailleurs. Dans une guesthouse crasseuse, il hérite d’une carte qui indique une île secrète de Thaïlande, une plage paradisiaque cachée du monde. Accompagné d’un couple de Français, il rejoint la petite communauté qui y vit en autarcie. Mais l’utopie tropicale révèle vite ses failles, et la violence finit par s’imposer.

Premier roman d’Alex Garland, La Plage est un Sa Majesté des Mouches sous les tropiques : une poignée d’Occidentaux tentent de bâtir un paradis à l’écart du monde, et reproduisent exactement ce qu’ils prétendaient fuir. Le livre a touché un nerf chez les lecteurs des années 1990, cette génération convaincue que l’authenticité se trouvait au bout d’un vol long-courrier. Danny Boyle l’a porté à l’écran en 2000, avec Leonardo DiCaprio.