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Que lire après « Alice au pays des merveilles » de Lewis Carroll ?

Que lire après « Alice au pays des merveilles » de Lewis Carroll ?

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Les Aventures d’Alice au pays des merveilles est un roman de Lewis Carroll — pseudonyme du mathématicien Charles Lutwidge Dodgson — publié en 1865 en Angleterre. Issu d’une histoire improvisée lors d’une promenade en barque avec les trois filles du doyen d’Oxford, Henry Liddell, le récit suit la jeune Alice qui, après avoir poursuivi un Lapin Blanc dans son terrier, tombe dans un monde où la logique ne fonctionne plus que de travers. Entre le Chapelier fou, la Reine de Cœur et le Chat du Cheshire, le livre fait voler en éclats les conventions de la littérature victorienne pour enfants et s’adresse autant aux adultes qu’aux jeunes lecteur·ices. Traduit en français dès 1869, il a depuis inspiré des centaines d’adaptations — du film d’animation Disney de 1951 aux relectures de Tim Burton.

Si vous venez de refermer ce classique et que vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. De l’autre côté du miroir (Lewis Carroll, 1871)

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La suite directe — et pourtant si différente. Là où Alice au pays des merveilles avançait au gré des rencontres, De l’autre côté du miroir obéit à une structure rigoureuse : celle d’une partie d’échecs. Alice, six mois après sa première aventure, traverse le miroir de son salon et découvre un monde inversé où il faut courir très vite pour rester sur place, où les fleurs parlent (et ne se privent pas de critiquer votre coiffure) et où le temps fonctionne à rebours. De simple pion, Alice devra atteindre la huitième case pour devenir reine.

Le livre regorge de personnages issus de comptines anglaises : les jumeaux Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, le prétentieux Gros Coco — un œuf perché sur un mur qui se pique de redéfinir le sens des mots à sa guise — et le mélancolique Cavalier Blanc, probable autoportrait de Carroll lui-même. L’identité d’Alice y est sans cesse mise à l’épreuve : elle oublie jusqu’à son propre nom dans le bois des choses sans nom, et l’un des jumeaux suggère qu’elle n’est peut-être qu’un personnage du rêve du Roi Rouge. Le roman se referme d’ailleurs sur cette question sans réponse : qui a rêvé cette histoire ? Si vous avez aimé le nonsense du premier volume, celui-ci le pousse plus loin, avec une dose supplémentaire de logique poussée jusqu’à l’absurde — après tout, l’auteur enseignait les mathématiques à Oxford.


2. Le Magicien d’Oz (L. Frank Baum, 1900)

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Dorothée, jeune orpheline du Kansas, est emportée par un cyclone avec son chien Toto et atterrit au pays d’Oz, un royaume où les sorcières existent encore et où la route est pavée de briques jaunes. Sa maison a malencontreusement écrasé la méchante Sorcière de l’Est au passage — ce qui constitue une entrée en matière assez spectaculaire. Pour rentrer chez elle, la gentille Sorcière du Nord lui conseille de se rendre à la Cité d’Émeraude afin de consulter le grand et puissant Magicien d’Oz.

En chemin, Dorothée est rejointe par trois compagnons hétéroclites : l’Épouvantail, qui rêve d’obtenir une cervelle ; le Bûcheron-en-fer-blanc, qui désire un cœur ; et le Lion Poltron, à la recherche du courage. L’intuition de Baum, dès 1900, est que chacun possède déjà ce qu’il croit lui manquer — il faut simplement quelqu’un pour le lui faire remarquer. Derrière son apparente simplicité, le roman a aussi été lu comme une allégorie politique de la querelle du bimétallisme aux États-Unis (les fameux souliers d’argent de Dorothée — devenus des souliers de rubis dans le film de 1939 avec Judy Garland). On peut toutefois le savourer sans le moindre diplôme en sciences économiques.


3. Peter Pan (J.M. Barrie, 1911)

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Peter Pan est d’abord une pièce de théâtre, créée à Londres en décembre 1904, avant de devenir un roman en 1911 sous le titre Peter and Wendy. Wendy, John et Michael Darling s’envolent un soir avec Peter Pan — le garçon qui refuse de grandir — vers le Pays Imaginaire, accompagnés de la fée Clochette et d’une seule indication de route : « Deuxième à droite, et tout droit jusqu’au matin. » Là-bas les attendent les enfants perdus, les sirènes, Lily la Tigresse et le redoutable Capitaine Crochet, terrorisé par un crocodile qui a avalé un réveil et dont le tic-tac annonce chaque apparition.

Mais le roman de Barrie est bien plus sombre que le dessin animé de Disney ne le laisse croire. Peter tue sans remords les enfants perdus qui grandissent, oublie ses propres aventures au fur et à mesure, et sa gaieté perpétuelle a quelque chose de glaçant. La phrase d’ouverture donne le ton : « Tous les enfants, hormis un seul, grandissent. » Le dernier chapitre, où Peter revient chercher Wendy devenue adulte, puis sa fille Jane, puis sa petite-fille Margaret, dans un cycle sans fin, a de quoi serrer le cœur — même celui d’un lecteur qui a, lui, accepté de grandir.


4. Les Aventures de Pinocchio (Carlo Collodi, 1881)

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Le Pinocchio de Disney est un gentil naïf. Celui de Carlo Collodi — journaliste florentin reconverti dans la littérature pour enfants un peu à contrecœur — est un garnement menteur, paresseux, bagarreur et ingrat qui écrase le Grillon parlant d’un coup de maillet dès le premier chapitre. Sculpté dans une bûche de bois à brûler par le vieux Geppetto, cette marionnette qui parle et pleure comme un enfant va enchaîner les mésaventures : il vend l’alphabet offert par son père pour aller voir un spectacle de marionnettes, se fait escroquer par le Chat et le Renard, se retrouve pendu à un arbre, est sauvé par la Fée aux cheveux bleus, fuit avec son ami Lucignolo au Pays des Jouets où tous deux sont transformés en ânes, et finit avalé par un gigantesque Requin.

D’abord publié en feuilleton dans Il Giornale per i bambini, le récit devait à l’origine se terminer par la pendaison de Pinocchio — une fin joyeuse, on en conviendra. Les protestations des jeunes lecteur·ices ont contraint Collodi à poursuivre l’histoire. Sous la farce se joue un récit initiatique sans complaisance : Pinocchio n’apprend rien que par la catastrophe, et c’est à force de se brûler les doigts (au propre comme au figuré) qu’il finit par comprendre que l’école et le travail valent mieux que l’oisiveté — et que devenir un « vrai petit garçon » suppose de renoncer à quelques caprices. Collodi hérite de la commedia dell’arte son goût pour la bouffonnerie et les personnages-types (le Chat et le Renard sont cousins d’Arlequin et de Polichinelle), et de la tradition toscane du conte oral son rythme enlevé et son ironie bon enfant.


5. Momo (Michael Ende, 1973)

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Avant d’écrire L’Histoire sans fin, Michael Ende avait composé ce roman à la fois plus discret et peut-être plus essentiel. Momo est une petite fille sans âge, sans parents connus, qui s’installe dans les ruines d’un ancien amphithéâtre en bordure d’une ville du Sud. Elle possède un don rare : celui d’écouter. Véritablement écouter — au point que les gens repartent de chez elle avec des solutions à des problèmes qu’ils croyaient insolubles. Ses meilleurs amis sont Beppo, un vieux balayeur de rues d’une patience infinie, et Gigi, un jeune conteur à l’imagination inépuisable.

Jusqu’au jour où d’étranges individus en costume gris envahissent la ville. Ces Messieurs gris, membres de la sinistre « Caisse d’Épargne du Temps », convainquent les habitants d’« économiser » chaque minute, de supprimer tout ce qui semble inutile : les conversations entre amis, les jeux, la rêverie. Les gens deviennent pressés, moroses, étrangers les uns aux autres. Momo, guidée par la tortue voyante Cassiopée, devra rejoindre Maître Hora, l’administrateur du temps des hommes, pour percer le secret des Messieurs gris et rendre aux gens ce qui leur a été volé. Écrit en 1973, Momo est une fable philosophique sur notre rapport au temps qui, un demi-siècle plus tard, décrit avec une précision troublante un monde où tout le monde court sans savoir après quoi.


6. Charlie et la Chocolaterie (Roald Dahl, 1964)

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Charlie Bucket vit dans une minuscule maison bancale avec ses parents et ses quatre grands-parents cloués au lit. La famille est si pauvre que le dîner se résume à de la soupe aux choux. Chaque jour, Charlie passe devant l’immense chocolaterie de Willy Wonka, le plus excentrique confiseur du monde, et respire l’odeur de chocolat fondu — seul luxe à sa portée. Le jour où Wonka annonce avoir caché cinq Tickets d’or dans ses tablettes de chocolat — sésames pour une visite de son usine secrète —, c’est la frénésie planétaire. Par un coup de chance inespéré, Charlie décroche le dernier billet.

La visite de la chocolaterie accumule les inventions délirantes : une salle dont la rivière est en chocolat, des bonbons inusables, un chewing-gum qui remplace un repas complet, du chocolat télévisé… Mais c’est aussi un terrain d’élimination impitoyable pour les quatre autres enfants, chacun puni pour son défaut cardinal : la gloutonnerie d’Augustus Gloop, le caprice de Veruca Salt, la vanité de Violette Beauregard et l’addiction aux écrans de Mike Teavee. Les Oompa-Loompas, ouvriers miniatures de l’usine, ponctuent chaque catastrophe de chansons moralisatrices. On retrouve là tout Roald Dahl : un humour féroce envers les sales gosses et les adultes qui les ont fabriqués, et une tendresse sans faille pour les enfants comme Charlie — pauvres, discrets, et suffisamment rêveurs pour mériter un miracle.


7. Le Monde de Narnia (C.S. Lewis, 1950–1956)

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Sept tomes, des dizaines de créatures fantastiques et un lion qui chante pour créer le monde : la saga de C.S. Lewis tient une place à part dans la littérature pour la jeunesse anglophone. Tout commence dans Le Lion, la Sorcière Blanche et l’Armoire Magique (1950), quand la jeune Lucy Pevensie, évacuée de Londres pendant la Seconde Guerre mondiale, pousse les manteaux de fourrure au fond d’une armoire et débouche dans un bois enneigé éclairé par un réverbère. Elle y rencontre le faune M. Tumnus, qui lui apprend que le pays de Narnia est prisonnier d’un hiver éternel imposé par la terrible Sorcière Blanche, Jadis.

Lucy, ses frères Peter et Edmund, et sa sœur Susan — « deux fils d’Adam et deux filles d’Ève », selon la prophétie — sont appelés à libérer Narnia avec l’aide d’Aslan, un lion à la crinière dorée qui se sacrifie pour sauver un traître et revient d’entre les morts. C.S. Lewis, ami proche de Tolkien et chrétien convaincu, a glissé dans sa saga une allégorie chrétienne qui a suscité autant d’admiration que de débats — Philip Pullman, auteur de À la croisée des mondes, en est l’un des critiques les plus virulents. Mais on peut tout à fait lire Narnia sans y chercher la moindre dimension religieuse : comme une épopée où des enfants ordinaires deviennent rois et reines, où les animaux parlent, et où une simple armoire suffit à changer de monde.


8. Coraline (Neil Gaiman, 2002)

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Coraline Jones vient d’emménager avec ses parents dans une vieille maison découpée en appartements. Ses voisins : deux anciennes actrices accompagnées de chiens décatis, et un monsieur de l’étage du dessus qui prétend dresser un cirque de souris. Ses parents, absorbés par leur travail, ont peu de temps à lui consacrer. Un jour de pluie, Coraline découvre une porte condamnée dans le salon. De l’autre côté : un appartement identique au sien, mais en mieux. La nourriture y est délicieuse, le jardin y déborde de couleurs, et un « autre père » et une « autre mère » l’y accueillent avec une attention excessive. À un détail près : ils ont de gros boutons noirs à la place des yeux.

On compare souvent Neil Gaiman à Lewis Carroll, et Coraline donne raison à ce rapprochement : une enfant curieuse franchit une porte vers un monde parallèle trop beau pour être honnête. Sauf que là où Alice se réveillait de son rêve, Coraline doit se battre pour sauver ses vrais parents, que l’Autre Mère — créature possessive aux doigts interminables — a capturés. Le roman, récompensé par les prix Hugo et Nebula en 2003, tient du conte noir pour enfants courageux : il fait peur (vraiment peur, même aux adultes), mais rappelle — Gaiman place cette idée de Chesterton en épigraphe — que les contes de fées n’existent pas pour dire aux enfants que les dragons sont réels. Ils existent pour leur dire que les dragons peuvent être vaincus.