Publiée aux éditions Delcourt depuis 2004, Les Légendaires est une série de bande dessinée française créée par Patrick Sobral. Elle met en scène cinq héros — Danaël, Jadina, Gryf, Shimy et Razzia — dans le monde médiéval-fantastique d’Alysia. Leur point de départ : un combat contre le sorcier noir Darkhell qui tourne mal et provoque l’Accident Jovénia, une catastrophe magique ramenant toute la population du monde à l’état d’enfant. Accusés et rejetés, les cinq héros doivent réparer leur erreur. La série principale compte 23 tomes, s’est vendue à plus de six millions d’exemplaires, et a engendré de nombreuses séries dérivées, un dessin animé et un film d’animation. Le public visé est celui des 8-12 ans, même si les enjeux se durcissent nettement à partir du cycle d’Anathos (tomes 9 à 12), où morts de personnages et dilemmes moraux font leur apparition.
Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici une sélection de bandes dessinées et de mangas dans la même veine : aventure, fantasy, héros en équipe et combats. Toutes s’adressent à une tranche d’âge comparable — à partir de 8-9 ans environ — avec quelques titres qui montent légèrement en âge sans quitter le domaine de la BD jeunesse.
1. Les Légendaires – Origines (Patrick Sobral et Nadou, 2012)

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Premier spin-off (série dérivée) de l’univers des Légendaires, Origines raconte l’enfance de chacun des cinq héros, bien avant l’Accident Jovénia. Chaque tome du premier cycle est consacré à un membre du groupe : on découvre Danaël adolescent, rétif à la discipline militaire de son père ; Jadina, princesse rebelle qui dédaigne le bâton-aigle censé être son arme ; ou encore Gryf, dernier survivant de la race des Jaguarians, réduit en esclavage et forcé de combattre dans des arènes de gladiateurs. Un second cycle, en cours de parution, raconte les premières missions du groupe une fois constitué.
Le dessin est confié à Nadou (Nadine Saint-Pol), une illustratrice repérée par Patrick Sobral sur son blog. Les récits sont plus sombres que dans la série mère : il y est question de deuil, d’esclavage, de trahison familiale. Patrick Sobral l’a lui-même souligné en interview — ces origines devaient expliquer les traumatismes qui ont façonné les personnages, et cela passe par des passages durs. À partir du tome 5, Jenny reprend le dessin suite au départ de Nadou.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 8-9 ans selon les libraires, même si la tonalité est plus grave que dans la série principale. Recommandé aux lecteur·ice·s ayant déjà lu quelques tomes de la série mère : savoir qui Danaël ou Gryf sont devenus rend d’autant plus frappant de les découvrir enfants, vulnérables et encore loin du compte.
2. Les Légendaires – Résistance (Patrick Sobral, Jenny et Alexis Coridun, 2021)

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Vingt ans après la fin de la série principale, les Légendaires ont raccroché leurs armes et fondé une famille. Mais les dieux, responsables d’un cataclysme planétaire, font leur retour sur Alysia et le monde elfique d’Astria. Les anciens héros sont terrassés en un instant par le redoutable Sokatar, un apôtre divin. C’est désormais à leurs enfants de prendre la tête de la résistance.
La série renouvelle le casting tout en conservant ce qui caractérise les Légendaires : des combats où les héros sont régulièrement dépassés par la puissance de leurs adversaires, des alliances inattendues et des révélations sur le passé des personnages. Jenny (qui a travaillé sur le dessin animé Totally Spies avant de rejoindre l’univers des Légendaires) signe le dessin aux côtés d’Alexis Coridun, avec POP à la couleur. Patrick Sobral reste au scénario et au storyboard. Le spin-off peut se lire sans connaître la série principale — l’univers est réintroduit à travers les yeux de la nouvelle génération — même si la connaissance des anciens tomes enrichit la lecture.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 8-9 ans, dans la lignée de la série principale.
3. Les Légendaires – Les Chroniques de Darkhell (Patrick Sobral et Orpheelin, 2019)

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Le sorcier noir Darkhell est l’antagoniste principal de toute la saga des Légendaires. Ce préquel raconte sa jeunesse, cent ans avant l’Accident Jovénia, quand il s’appelait encore Galen. Dans son monde, les pratiquants de magie — appelés « magicors » — sont traqués et exterminés par l’Ordre d’Arkanis. Après avoir mis la main sur l’épée Ténébris, une arme magique qui le lie à des forces obscures, Galen doit fuir son village avec son petit frère Hellon. Il trouve refuge chez les Fantasticos, une troupe de saltimbanques itinérants menée par le vieux Kogan. Aux côtés de Cherylad, une elfe bannie maîtrisant l’eau et le feu, et du prince Slim de Sabledoray, il va découvrir l’étendue de ses pouvoirs — et constater que l’épée Ténébris exige de lui bien plus qu’il n’avait prévu.
L’intérêt du récit tient à ce qu’on sait où il mène : Galen deviendra le tyran que les Légendaires combattront. Toute la question est de comprendre comment et pourquoi. Le dessin des trois premiers tomes est assuré par Orpheelin, puis Lowenael prend le relais à partir du tome 4.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 8-9 ans. La persécution des magicors — des gens traqués et tués pour ce qu’ils sont — traverse toute la série et fait écho, à l’échelle d’un récit de fantasy, à des formes bien réelles de discrimination.
4. Les Légendaires – Saga (Patrick Sobral et Guillaume Lapeyre, 2020)

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Saga est l’adaptation des 23 tomes de la série principale au format manga : noir et blanc, sens de lecture japonais (de droite à gauche), environ 200 pages par volume. Pour les non-initiés, le manga est le terme qui désigne la bande dessinée japonaise ; ici, c’est un manga « à la française », dessiné par Guillaume Lapeyre (auteur de City Hall), qui en reprend les codes visuels : découpage en cases plus nombreuses, effets de vitesse, expressions exagérées.
L’adaptation n’est pas un décalque : Patrick Sobral en a profité pour corriger ce qu’il estimait être des erreurs de ses débuts, ajouter des scènes inédites et étoffer certains personnages secondaires. Pour celles et ceux qui ont déjà lu la série en BD classique, c’est l’occasion de la redécouvrir avec un rythme et un style graphique différents. Pour les autres, c’est un point d’entrée alternatif dans l’univers, plus proche des mangas de type shōnen — un terme japonais désignant les séries d’action-aventure destinées aux adolescents, comme Naruto ou One Piece.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 8-10 ans. L’éditeur (Delcourt/Tonkam) classe la série dans sa collection shōnen.
5. Les Mythics (Patrick Sobral, Patricia Lyfoung et Philippe Ogaki, 2018)

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On quitte ici le Moyen Âge fantastique pour le monde contemporain. Une expédition spatiale sur Mars libère accidentellement une entité maléfique scellée là depuis l’Antiquité. Six adolescents, disséminés sur la planète — au Japon, en Inde, en Égypte, en Allemagne, au Brésil et en Grèce — se découvrent héritiers de pouvoirs transmis par les héros antiques qui avaient jadis vaincu cette menace. Yuko, collégienne tokyoïte extravertie et batteuse dans un groupe de rock, est la première à être confrontée au retour du Mal. Les cinq autres suivront, chacun dans son pays, avant que le groupe ne se réunisse.
La série est co-créée par Patrick Sobral, Patricia Lyfoung (autrice de La Rose écarlate) et Philippe Ogaki. Le premier cycle consacre un tome à chaque héros, dans un pays différent, avec un dessinateur différent (Jenny, Alice Picard, Philippe Ogaki, Dara, Jérôme Alquié, Frédéric Charve). Cela donne à chaque album une identité visuelle propre, mais aussi un fil conducteur commun : des adolescents ordinaires confrontés à des forces qui les dépassent, devant concilier vie quotidienne et mission surnaturelle. Un deuxième cycle oppose les Mythics aux incarnations humaines des sept péchés capitaux.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 9-10 ans selon les libraires. L’ancrage dans le monde réel et les références aux mythologies grecque, égyptienne, hindoue ou nordique — chaque héros hérite des pouvoirs d’un dieu de son panthéon local — permettent aux jeunes lecteur·ice·s de découvrir ces figures mythologiques par le biais de l’action plutôt que d’un exposé.
6. Magic 7 (Kid Toussaint et Kenny Ruiz, 2016)

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Sept collégiens dotés de dons surnaturels — le Spirite (qui parle aux fantômes), l’Alchimiste, l’Enchanteur, le Télépathe, la Démoniste, le Devin et le Shaman (qui communique avec les animaux) — découvrent peu à peu que leurs pouvoirs sont immenses et complémentaires. Ensemble, ils pourront sauver le monde… ou le détruire. Pour l’instant, leur principale mission reste d’arriver à l’heure en cours.
Publiée chez Dupuis et prépubliée dans le Journal de Spirou, Magic 7 est une série en 10 tomes (terminée). Le scénariste belge Kid Toussaint ancre son récit dans le quotidien de collégiens — Léo qui tente de contacter le fantôme de son père décédé, Milo enfermé par ses propres parents qui redoutent ses pouvoirs, Farah qui partage son corps avec une entité démoniaque — avant de monter progressivement vers des enjeux planétaires. Le tome 7 opère un saut de seize ans dans le futur et révèle ce que les sept sont devenus adultes : un président manipulateur, une reine autoritaire, un fugitif… Ce bond temporel force à relire les tomes précédents sous un jour nouveau et relance l’intérêt pour les trois derniers volumes. Le dessin, assuré par Giuseppe Quattrocchi et Rosa La Barbera pour les premiers tomes, puis par Kenny Ruiz à partir du tome 5, adopte un style coloré marqué par des expressions de visages exagérées et un découpage de cases nerveux, proche de la BD japonaise.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 9 ans (Dupuis). Les questions que la série pose — peut-on faire confiance à des enfants qui détiennent un pouvoir capable de détruire le monde ? — sont traitées sans condescendance ni simplification, ce qui les rend accessibles dès le collège.
7. 5 Mondes (Mark Siegel, Alexis Siegel, Xanthe Bouma, Matt Rockefeller et Boya Sun, 2017)

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Oona Lee est l’apprentie danseuse de sable la plus maladroite de sa classe — la danse de sable étant, dans cet univers, une forme de magie qui consiste à modeler le sable par le geste et la concentration. Pourtant, c’est elle qui va devoir rallumer cinq phares antiques pour sauver les 5 Mondes (un système de planètes et de lunes interconnectées) d’un dérèglement climatique qui menace de tout détruire. Accompagnée d’An Tzu, un gamin des rues débrouillard, et de Jax Amboy, un champion de starball (un sport interplanétaire) devenu une célébrité malgré lui, elle s’embarque dans une quête qui l’entraînera d’un monde à l’autre.
Publiée en France chez Gallimard Jeunesse (5 tomes, série terminée), cette série américaine mêle fantasy et science-fiction avec une dimension écologique : les phares éteints, le réchauffement des mondes, l’indifférence des dirigeants sont autant de parallèles avec notre propre situation environnementale, intégrés à l’intrigue sans jamais verser dans le cours magistral. Le dessin, réalisé à six mains par Xanthe Bouma, Matt Rockefeller et Boya Sun, propose des planches en couleur où chaque monde possède sa palette et son atmosphère distinctes — la chaleur ocre de Mon Domani, les bleus glacés de Lune Toki.
Tranche d’âge conseillée : de 9 à 13 ans selon Gallimard Jeunesse. Le format roman graphique (environ 200 pages par tome) est plus épais que la BD franco-belge classique (48 pages), mais le texte est réduit au strict nécessaire et l’essentiel de l’histoire passe par les images, ce qui en facilite la lecture.
8. Fairy Tail (Hiro Mashima, 2006)

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Dans le royaume de Fiore, la magie fait partie du quotidien et les mages se regroupent en guildes pour accepter des missions rémunérées — de la chasse aux monstres au sauvetage de villages. Parmi ces guildes, Fairy Tail est la plus chaotique : ses membres ont la fâcheuse habitude de causer autant de dégâts que les ennemis qu’ils combattent. Lucy, une jeune mage capable d’invoquer des esprits célestes (des entités liées aux constellations du zodiaque), rêve d’intégrer cette guilde. Sa rencontre avec Natsu, un chasseur de dragons qui crache du feu et souffre du mal des transports, va lui ouvrir les portes d’aventures en cascade.
Avec ses 63 tomes (publiés en France chez Pika Édition entre 2008 et 2018), Fairy Tail est un shōnen — un manga d’action-aventure destiné aux adolescents — qui partage avec Les Légendaires le goût des équipes soudées et de l’humour entre les batailles. La série assume pleinement l’un des grands clichés du genre : dans les moments critiques, c’est le lien entre les personnages qui leur permet de se surpasser, au point que « le pouvoir de l’amitié » est devenu un mème parmi les fans (Natsu gagne-t-il parce qu’il est fort, ou parce qu’il pense très fort à ses amis ? La réponse est souvent la seconde option). Malgré cette mécanique répétitive, le plaisir de lecture tient : Mashima multiplie les personnages, les guildes rivales, les arcs narratifs parallèles — il y a toujours quelqu’un à découvrir ou un combat à suivre. Et les seconds rôles sont souvent plus intéressants que les héros principaux, d’Erza, chevalière en armure qui change d’équipement en plein combat, à Grey, mage de glace au réflexe inexpliqué de se déshabiller.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 10-12 ans selon les libraires. C’est un cran au-dessus des Légendaires en termes de public cible : les combats sont plus longs, et le manga contient des scènes de « fan-service » — un terme désignant les plans appuyés sur les corps féminins, les tenues légères ou les situations suggestives, fréquents dans les shōnen — qui le destinent à un lectorat un peu plus âgé.
9. Radiant (Tony Valente, 2013)

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Seth est un apprenti sorcier têtu et bagarreur, porteur de mystérieuses cornes qu’il dissimule sous un bonnet. Dans son monde, les sorciers sont des « infectés » : de rares individus ayant survécu au contact des Némésis, d’énormes créatures qui tombent du ciel et ravagent tout sur leur passage. Les sorciers sont les seuls à pouvoir manier le Fantasia — l’énergie magique — et donc les seuls à pouvoir combattre les Némésis. Pourtant, loin d’être remerciés, ils sont craints, rejetés et persécutés par l’Inquisition, une organisation qui les considère comme aussi dangereux que les monstres eux-mêmes. Seth, lui, refuse de se contenter de chasser les Némésis une par une : il veut trouver le Radiant, leur berceau supposé, pour éradiquer le mal à la racine.
Radiant est un manga français créé par le Toulousain Tony Valente et publié chez Ankama Éditions. C’est le premier manga français à avoir été publié au Japon (chez Asukashinsha) et adapté en anime (dessin animé japonais) par un studio japonais (Lerche, 42 épisodes diffusés sur la chaîne publique NHK). Derrière les combats et l’humour — la mentor de Seth, Alma, est aussi terrifiante que ses ennemis —, la série construit un propos précis sur la discrimination : les sorciers, rejetés pour ce qu’ils sont, vivent en marge de la société, et l’Inquisition instrumentalise la peur populaire pour asseoir son pouvoir. Ce parallèle avec les mécanismes réels de persécution des minorités — bouc émissaire, propagande, lois d’exception — se précise au fil des arcs narratifs : l’arc de Rumble Town (à partir du tome 3) met en scène une ville où les sorciers sont parqués dans un ghetto, et celui de Cyfandir (à partir du tome 8) dépeint une guerre ouverte où chaque camp a ses raisons et ses torts.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 10-12 ans. Le ton est comparable à celui de Naruto ou One Piece (18 tomes parus à ce jour, plus des spin-offs comme Cyfandir Chronicles).
10. La Quête d’Ewilan (Lylian, Laurence Baldetti et Pierre Bottero, 2013)

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Camille Duciel est une adolescente surdouée vivant à Paris. Sa vie bascule le jour où, en traversant une route, elle effectue sans le vouloir un « pas sur le côté » — une forme de téléportation — et se retrouve projetée dans Gwendalavir, un monde parallèle en proie à la guerre. Là-bas, des créatures terrifiantes appelées Ts’liches la reconnaissent sous son véritable nom : Ewilan Gil’ Sayan. Elle est l’héritière d’un pouvoir appelé le Dessin : la capacité de puiser dans l’Imagination — un espace immatériel — pour en tirer des objets, des créatures ou des phénomènes et les faire apparaître dans le monde réel. Or, les Ts’liches ont verrouillé l’accès à l’Imagination pour empêcher quiconque de dessiner, et Ewilan est l’une des rares personnes capables de passer outre ce verrou. Accompagnée de son ami Salim, du maître d’armes Edwin Til’ Illan et d’Ellana Caldin — une marchombre, c’est-à-dire une guerrière spécialisée dans l’agilité, la discrétion et la liberté de mouvement —, elle devra traverser Gwendalavir pour libérer les Sentinelles, de puissants dessinateurs figés par les Ts’liches.
Cette BD en 7 tomes, publiée chez Glénat, est l’adaptation des romans de Pierre Bottero (1964-2009), dont la trilogie originale, publiée en 2003, s’est vendue à plus de deux millions d’exemplaires et reste l’une des sagas de fantasy jeunesse françaises les plus lues. Le scénario de Lylian condense fidèlement l’intrigue des trois romans, et le dessin de Laurence Baldetti donne corps à Gwendalavir : grandes étendues sauvages, cités fortifiées vues en plongée, créatures tantôt majestueuses, tantôt terrifiantes, le tout dans des tons chauds qui tranchent avec la noirceur des Ts’liches.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 9 ans environ. Pour celles et ceux qui accrocheraient, l’univers de Bottero est vaste : deux trilogies supplémentaires (Les Mondes d’Ewilan et Le Pacte des Marchombres) poursuivent l’aventure en roman.
11. Amulet (Kazu Kibuishi, 2008)

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Après la mort de leur père dans un accident de voiture, Emily et son frère cadet Navin emménagent avec leur mère dans la vieille maison de leur arrière-grand-père Silas, un inventeur excentrique disparu dans des circonstances mystérieuses. Dès la première nuit, une créature à tentacules enlève leur mère à travers une porte du sous-sol. Les deux enfants se lancent à sa poursuite et débouchent dans Alledia, un monde parallèle peuplé d’elfes, de robots et d’animaux anthropomorphes. Emily découvre alors qu’une amulette trouvée dans les affaires de Silas contient une pierre dotée d’un pouvoir immense — et d’une conscience propre, qui murmure des conseils à son porteur. Le problème : cette voix n’est pas nécessairement bienveillante, et plus Emily utilise le pouvoir de la pierre, plus elle risque d’en perdre le contrôle.
Publiée en France chez Akileos (9 tomes, série terminée en 2024), Amulet est un roman graphique américain en couleur. Kazu Kibuishi dessine et scénarise seul, dans un style qui emprunte au manga (expressions des visages, mise en page dynamique) tout en conservant les couleurs et le format de la BD occidentale. La série aborde le deuil — le prologue, qui met en scène la mort du père, est sans détour —, la responsabilité — Emily, qui n’a qu’une douzaine d’années, se retrouve à la tête d’une guerre qu’elle n’a pas choisie — et la tentation du pouvoir : la pierre offre à Emily la force de protéger les siens, mais exige en retour qu’elle lui cède de plus en plus de contrôle sur ses actes. Parmi les personnages secondaires, Miskit, un lapin mécanique dévoué créé par Silas, et Cogsley, un petit robot ronchon, apportent une touche d’humour et de chaleur au milieu d’un récit souvent tendu.
Tranche d’âge conseillée : à partir de 9-10 ans. Le prologue peut être éprouvant pour les plus jeunes.