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Que lire sur l'histoire du Togo ?

Que lire sur l’histoire du Togo ?

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Situé sur la côte ouest-africaine, entre le Ghana et le Bénin, le Togo est un pays dont l’histoire reste mal connue hors du continent. Avant la colonisation, le territoire abrite une diversité de peuples — Éwé, Kabyè, Kotokoli, Bassar, Guin, Moba, entre autres — qui, au fil des siècles, commercent, migrent, s’allient ou se combattent. En 1884, l’Allemagne impose son protectorat sur ce qui devient le « Togoland » et met en place un régime ségrégationniste au sein duquel les colonisés n’ont aucun droit politique, sont soumis au travail forcé et relèvent d’une justice d’exception — un régime que la propagande ultérieure recyclera, paradoxalement, en mythe d’un « âge d’or colonial ». En 1914, la prise de la station radio-militaire de Kamina — principal poste de commandement allemand dans le pays — par les troupes franco-britanniques met fin à cette occupation. La France et la Grande-Bretagne se partagent alors le territoire, d’abord sous mandat de la Société des Nations, puis sous tutelle de l’ONU à partir de 1945.

Sous administration française, les revendications nationalistes s’intensifient. Le Comité de l’Unité Togolaise (CUT), principal parti indépendantiste, et la figure de Sylvanus Olympio portent la lutte jusqu’à l’indépendance, proclamée le 27 avril 1960. Mais la souveraineté acquise est fragile : le 13 janvier 1963, Olympio est assassiné lors d’un coup d’État mené par des militaires démobilisés des guerres coloniales françaises (Indochine, Algérie). Après la brève présidence de Nicolas Grunitzky, Gnassingbé Eyadéma — l’un des putschistes de 1963 — s’empare du pouvoir en 1967 et instaure un régime autoritaire qui dure jusqu’à sa mort, en 2005. Son fils, Faure Gnassingbé, lui succède dans des conditions contraires à la Constitution et gouverne depuis lors.

Voici les principaux ouvrages disponibles en français sur l’histoire du Togo.


1. Histoire des Togolais. Des origines aux années 1960 – Tome 1 : de l’histoire des origines à l’histoire des peuplements (Théodore Nicoué Lodjou Gayibor, dir., 2011)

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Ce premier tome ouvre une somme collective en quatre volumes — quelque 2 800 pages au total — qui reste à ce jour la synthèse la plus ambitieuse sur l’histoire du Togo. Dirigé par Théodore Nicoué Gayibor, professeur d’histoire africaine à l’Université de Lomé, le projet réunit des chercheurs togolais, français, anglo-américains et allemands pour réécrire l’histoire du Togo du point de vue de ses peuples, et non plus à travers le prisme européen. Jusqu’alors, l’ouvrage de référence était l’Histoire du Togo de Robert Cornevin (1959), rédigé par un administrateur colonial français — un travail respectable, mais dans lequel les Togolais apparaissaient avant tout comme les sujets passifs de l’action européenne plutôt que comme les acteurs de leur propre histoire.

Ce volume couvre la période la plus ancienne, des origines préhistoriques aux grandes vagues de peuplement. Plutôt que de séparer le pays en deux blocs — un Sud relativement homogène autour de la culture ajatado (c’est-à-dire l’ensemble des peuples éwé et apparentés, héritiers du royaume de Tado, dans l’actuel Bénin) et un Nord plus fragmenté —, les auteurs adoptent une approche par grandes périodes historiques. L’une des thèses centrales du tome est qu’aucun groupe vivant sur le territoire togolais n’a jamais été ethniquement homogène : chaque communauté s’est formée par des apports successifs, des brassages, des intégrations. Le livre veut aussi servir un projet civique : montrer aux Togolais que les divisions ethniques — instrumentalisées tour à tour par les administrations coloniales (qui s’appuyaient sur certains groupes pour en dominer d’autres) puis par les régimes postcoloniaux — reposent sur une lecture faussée du passé.


2. Histoire des Togolais. Des origines aux années 1960 – Tome 2 : du XVIe siècle à l’occupation coloniale (Théodore Nicoué Lodjou Gayibor, dir., 2011)

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Ce deuxième tome couvre environ quatre siècles — du XVIe siècle à l’imposition du protectorat allemand en 1884. On y suit la consolidation des royaumes et des chefferies, les circuits de la traite négrière le long de la Côte des Esclaves (qui alimente les plantations des Amériques et déstabilise en profondeur les sociétés côtières — guerres de capture, déportations massives, militarisation des rapports entre royaumes), les réseaux de commerce caravanier qui relient le nord du territoire au golfe du Bénin, et les rapports — tantôt pacifiques, tantôt conflictuels — entre peuples côtiers (Guin, Mina, Éwé) et populations de l’intérieur (Kabyè, Bassar, Kotokoli, Konkomba).

Gayibor et ses coauteurs s’attaquent à un cliché hérité de l’historiographie coloniale : l’idée selon laquelle le Togo n’aurait été qu’une « terre de refuge » où se seraient échouées des populations faibles, chassées par des voisins plus puissants. C’est la formule de Cornevin — « les éléments venus de l’est, les éléments venus de l’ouest, les éléments venus du nord » — qui a longtemps résumé, dans les manuels scolaires, toute l’histoire précoloniale du pays. Le livre démontre au contraire que les sociétés précoloniales du Togo disposaient de formes d’organisation politique élaborées — des chefferies décentralisées du Nord, où le pouvoir se répartit entre conseils d’anciens, chefs de terre et autorités rituelles, aux structures plus centralisées du Sud. Ces sociétés ont su réorganiser leurs alliances, déplacer leurs routes commerciales, adapter leurs institutions face aux pressions extérieures : les raids du royaume du Dahomey (actuel Bénin), l’expansion militaire de l’Empire ashanti (actuel Ghana) ou les bouleversements liés à la traite transatlantique.


3. Histoire des Togolais. Des origines aux années 1960 – Tome 3 : le Togo sous administration coloniale (Théodore Nicoué Lodjou Gayibor, dir., 2011)

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Ce troisième tome couvre les trois expériences coloniales successives qu’a connues le Togo : allemande (1884-1914), britannique (1914-1920 sur une partie du territoire), puis française (1920-1960). Il démonte le mythe de la « colonie modèle » à partir des sources — archives administratives, témoignages, données économiques. Ce mythe a une origine précise : dans les années 1920, le Bund — une association regroupant d’anciens fonctionnaires togolais de l’administration allemande, écartés par les Français au profit d’agents venus du Dahomey, qui parlaient français — diffuse l’idée que la période allemande avait été un âge d’or. En réalité, Gayibor et ses coauteurs documentent un régime de ségrégation : travail forcé, absence de droits pour les colonisés, humiliations systématiques. La propagande du Bund a été si efficace que, dans les années 1960 encore, une majorité de Togolais croyaient à cette version idéalisée. Le mythe persiste en partie aujourd’hui.

L’ouvrage traite aussi de la période française — mandat de la SDN, puis tutelle de l’ONU — et des transformations économiques et sociales qu’elle induit : infrastructures (routes, chemins de fer, ports), système scolaire, politiques sanitaires, économie de traite (exportation de produits agricoles comme le cacao, le café ou le coton vers la métropole). Le livre ne nie pas ces réalisations, mais les replace dans leur cadre : celui d’une domination politique où les décisions sont prises à Paris, où les inégalités entre le Sud côtier (mieux desservi en écoles et en infrastructures) et le Nord (délaissé) se creusent, et où les disparités sociales se figent au profit d’une petite élite d’intermédiaires — commerçants, catéchistes, fonctionnaires subalternes. C’est cet héritage colonial, avec ses déséquilibres régionaux et sociaux, que le Togo indépendant recevra en 1960.


4. Histoire des Togolais. Des origines aux années 1960 – Tome 4 : Le refus de l’ordre colonial (Théodore Nicoué Lodjou Gayibor, dir., 2011)

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Dernier tome de la série, ce volume se consacre aux résistances togolaises face à la domination coloniale et aux luttes qui aboutissent à l’indépendance de 1960. Le Togo, en tant que territoire sous tutelle de l’ONU (et non simple colonie), dispose d’un statut international particulier : les Togolais peuvent envoyer des pétitions directement à l’ONU, recevoir des missions d’inspection onusiennes, faire entendre leur voix devant l’Assemblée générale — autant de leviers dont les habitants des colonies françaises ordinaires (Sénégal, Côte d’Ivoire, etc.) ne disposent pas. Le livre retrace la façon dont les nationalistes togolais — et en premier lieu le Comité de l’Unité Togolaise (CUT) — ont su exploiter ce cadre juridique pour faire pression en faveur de l’autodétermination.

Le tome aborde aussi la revendication d’un territoire éwé unifié (les Éwé étant répartis entre le Togo français et la Gold Coast britannique, futur Ghana), l’impossibilité de créer une section togolaise du Rassemblement démocratique africain (RDA, la grande fédération de partis indépendantistes d’Afrique francophone), et les transformations culturelles, religieuses et sociales qui traversent la société togolaise entre la fin du XIXe siècle et 1960 — implantation du christianisme et de l’islam, développement de la scolarisation, croissance des villes. La thèse qui clôt la collection est la suivante : c’est la colonisation qui, en traçant des frontières arbitraires, a créé le Togo en tant qu’entité territoriale ; mais c’est la lutte commune contre cette colonisation qui a forgé, chez des populations jusqu’alors hétérogènes, le sentiment d’appartenir à une même nation.


5. Des bâtisseurs du Togo. Biographies de quelques ancêtres, héros et précurseurs de l’histoire nationale (Théodore Nicoué Lodjou Gayibor, 2015)

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Ce bouquin part d’un constat difficile à croire : aucune rue, aucun monument, aucune institution du Togo ne porte le nom d’un héros national de la période précoloniale. Au Bénin, au Ghana, au Burkina Faso, les figures fondatrices ont leurs noms sur des places, des écoles, des stades. Au Togo, rien. Gayibor entreprend de réparer cet effacement : il retrace la vie de personnages comme Togbui-Anyi, fondateur légendaire du peuple guin, ou Agokoli, roi de Notsé dont la tyrannie aurait provoqué la dispersion des Éwé — des figures dont les noms circulent dans la mémoire orale mais restent absents de l’espace public.

L’ambition du livre est autant historique que civique. Gayibor reprend la définition de la nation formulée par Ernest Renan en 1882 — la nation comme rencontre entre un héritage commun et une volonté de vivre ensemble — pour affirmer que les Togolais ne pourront construire une conscience nationale solide tant qu’ils ignoreront leur propre passé précolonial. Gayibor ne fabrique pas un panthéon mythifié : il s’appuie sur la critique croisée des sources orales et des archives écrites pour reconstituer, autant que les documents le permettent, les actes et les rôles de ces figures — ce qu’elles ont fondé, unifié ou défendu. Le pari est que cette mémoire retrouvée aide les Togolais à dépasser les méfiances entre groupes ethniques — méfiances souvent héritées de la période coloniale, quand les administrations montaient les communautés les unes contre les autres pour mieux les contrôler.


6. Les corps habillés au Togo. Genèse coloniale des métiers de police (Joël Glasman, 2015)

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Au Togo, on appelle « corps habillés » les hommes en uniforme — policiers, soldats, gendarmes, gardes. Historien de l’Afrique à l’université Humboldt de Berlin, Joël Glasman retrace leur histoire depuis la première troupe de police de l’époque allemande jusqu’aux compagnies d’infanterie togolaise de l’après-indépendance — tirailleurs, gardes-cercle et policiers de la période française compris. Ces hommes représentaient plus du tiers des employés de l’État colonial : ils étaient ceux que les populations locales côtoyaient au quotidien, ceux qui percevaient l’impôt, qui appliquaient les corvées, qui incarnaient le pouvoir colonial sur le terrain.

Glasman montre que ces agents n’étaient pas de simples exécutants. Loin de se contenter d’obéir aux ordres, ils négociaient leur position : ils tiraient profit de leur uniforme et de leur capacité à recourir à la contrainte physique pour se distinguer du reste de la population, obtenir des avantages matériels, construire un statut social. Mais à mesure que l’État se bureaucratise — surtout après 1945 —, leur rôle se transforme : on leur demande de remplir des formulaires, de rédiger des rapports, de respecter des procédures. Le prestige lié à la force des armes s’érode au profit de compétences administratives qu’ils ne possèdent pas. C’est cette frustration professionnelle et sociale qui, selon Glasman, éclaire le coup d’État du 13 janvier 1963 contre Sylvanus Olympio : les putschistes sont des militaires formés par l’armée française, démobilisés après les guerres d’Indochine et d’Algérie, que le président Olympio refuse d’intégrer dans la jeune armée togolaise. Plutôt que d’attribuer le coup d’État à la seule main de la France (explication courante mais réductrice), Glasman montre qu’il résulte aussi de tensions accumulées sur des décennies au sein de l’institution militaire togolaise.

Le livre a été salué dans les Annales. Histoire, Sciences Sociales, notamment parce qu’il démontre que les forces armées africaines n’ont pas été de simples instruments aux mains des puissances extérieures, mais des corps sociaux dotés de logiques propres.


7. Histoire du Togo : la palpitante quête de l’Ablodé, 1940-1960 (Têtêvi Godwin Tété-Adjalogo, 1995)

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Ablodé : en éwé, ce mot signifie à la fois liberté, indépendance, autodétermination, dignité — un mot que Tété-Adjalogo choisit de conserver tel quel plutôt que de le réduire à une traduction française qui en appauvrirait le sens. L’ouvrage retrace, presque jour après jour, la lutte du peuple togolais pour son émancipation, de la Conférence locale de Lomé (mai 1945) — où les élites togolaises formulent pour la première fois des revendications d’autonomie politique, dans le sillage de la conférence de Brazzaville (1944) qui avait entrouvert la porte aux réformes coloniales — à la proclamation de l’indépendance le 27 avril 1960, via la victoire électorale décisive du CUT le 27 avril 1958. Fonctionnaire du système des Nations unies, l’auteur a vécu et participé aux événements qu’il raconte, ce qui donne au texte une valeur testimoniale peu commune dans l’historiographie togolaise.

Tété-Adjalogo replace la quête de l’Ablodé dans son contexte international : la décolonisation africaine, la guerre froide, les débats à l’ONU sur l’avenir des territoires sous tutelle. Il restitue la pluralité des acteurs en présence — le CUT de Sylvanus Olympio, le mouvement de jeunesse Juvento, les syndicats, les pétitionnaires envoyés à New York — et les résistances qu’ils affrontent, tant du côté de l’administration française que de certaines forces politiques locales hostiles à l’indépendance immédiate.

Décédé en février 2026 à l’âge de 98 ans, Tété-Adjalogo laisse avec ce livre — et les quatre autres tomes de son Histoire du Togo — un témoignage de première main sur la naissance politique du Togo contemporain. Son parti pris est celui d’un militant nationaliste et panafricaniste : il ne prétend pas à la neutralité, ce qui impose au lecteur·ice de garder un regard critique, mais le matériau factuel qu’il rassemble — dates, noms, discours, votes, manœuvres diplomatiques — conserve toute sa valeur.


8. « Le Togo des beaux-frères ennemis » à travers leurs adresses mensuelles à la nation. Des sources inédites pour l’histoire du Togo (1958-1967) (Nakpane Labante, Bammoy Nabe, 2021)

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L’expression « les beaux-frères ennemis », empruntée à l’historien Robert Cornevin, désigne Sylvanus Olympio et Nicolas Grunitzky — deux hommes d’État liés par le mariage (Grunitzky a épousé la demi-sœur d’Olympio) mais politiquement rivaux, qui ont successivement dirigé le Togo entre 1958 et 1967. Tous deux maîtres de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Kara, Nakpane Labante et Bammoy Nabe abordent cette décennie à travers un matériau jusqu’ici inexploité : les discours mensuels que chaque président adressait à la nation. Ces allocutions, où les chefs d’État exposent leurs priorités, justifient leurs décisions et répondent à leurs détracteurs, permettent de reconstituer de l’intérieur les orientations politiques de chaque régime — ce qu’un décret officiel ou un article de presse ne livrent pas.

L’ouvrage, de 486 pages, est divisé en deux parties. La première couvre la période d’Olympio : d’abord Premier ministre d’un Togo autonome à partir de 1958, puis président de la République après l’indépendance de 1960, jusqu’à son assassinat en janvier 1963. La seconde porte sur la Deuxième République de Grunitzky (1963-1967), elle-même balayée par la prise de pouvoir d’Eyadéma. Les auteurs ne se contentent pas de reproduire les discours : ils les contextualisent et les analysent, sans verser ni dans l’hagiographie d’Olympio ni dans la condamnation systématique de Grunitzky. Préfacé par Théodore Nicoué Gayibor, le livre couvre les années où le Togo, fraîchement indépendant, tente de bâtir ses institutions, de définir sa politique étrangère et de gérer ses fractures internes — alors que la guerre froide et les ingérences néocoloniales pèsent sur chaque décision. Les documents rassemblés ici sont désormais accessibles aux chercheurs comme au grand public.


9. Le Togo sous la dynastie des Gnassingbé (Fulbert Sassou Attisso, 2012)

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Juriste, journaliste politique et militant pour l’alternance démocratique au Togo, Fulbert Sassou Attisso aborde de front avec cet essai la question qui domine la vie politique togolaise depuis plus d’un demi-siècle : la transmission dynastique du pouvoir. La première partie du livre revient sur les décennies de règne de Gnassingbé Eyadéma (1967-2005) — le plus long règne présidentiel de l’histoire du Togo — et sur les mécanismes par lesquels il organise, de son vivant, la succession au profit de son fils. La seconde partie porte sur Faure Gnassingbé, qui accède à la présidence en 2005 à la mort de son père, dans des conditions contraires à la Constitution (l’armée modifie la loi fondamentale pour lui permettre de prendre le pouvoir sans élection), avant d’être « élu » puis « réélu » lors de scrutins contestés.

La question qui traverse le livre est celle-ci : pourquoi un chef d’État jeune et diplômé choisit-il de perpétuer un système politique dont les pratiques sont décriées, plutôt que de le réformer ? Attisso examine les logiques de conservation du pouvoir — le poids de l’armée (garante du régime depuis 1967), le contrôle de l’économie par le clan familial, la division et la répression de l’opposition — et l’écart entre les promesses de rupture (Faure Gnassingbé avait déclaré vouloir se démarquer de son père) et la continuité des pratiques. Le point de vue est celui d’un opposant assumé, et Attisso ne s’en cache pas. Si vous vous intéressez au Togo contemporain, ce bouquin déploie une lecture tranchée qu’il est intéressant de croiser avec d’autres analyses — notamment celles de politistes ou de journalistes — pour en éprouver les arguments.