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Que lire après « Le Bureau des affaires occultes » d'Éric Fouassier ?

Que lire après « Le Bureau des affaires occultes » d’Éric Fouassier ?

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Le Bureau des affaires occultes est une série de romans policiers historiques d’Éric Fouassier, publié chez Albin Michel depuis 2021 et couronné par le prix Maison de la Presse la même année. Le premier tome se déroule à Paris en automne 1830, peu après les Trois Glorieuses — les trois journées d’insurrection qui ont chassé Charles X du trône et porté Louis-Philippe au pouvoir. Le jeune inspecteur Valentin Verne, féru de chimie et de médecine, est muté à la brigade de Sûreté fondée quelques années plus tôt par le célèbre Vidocq (ancien bagnard devenu chef de la police). Chargé d’élucider une série de morts suspectes, il est nommé à la tête d’un service spécial : le bureau des affaires occultes. En parallèle, Valentin traque le Vicaire, un criminel insaisissable lié à son propre passé.

Si vous êtes à la recherche de lectures similaires, voici d’autres polars historiques qui devraient vous occuper un moment.


1. Une enquête du commissaire aux morts étranges – Tome 1 : Casanova et la femme sans visage (Olivier Barde-Cabuçon, 2012)

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Paris, 1759. Le corps d’une jeune femme est retrouvé dans la rue, le visage arraché. L’affaire échoit au chevalier de Volnay, « commissaire aux morts étranges » — un poste créé pour lui par Louis XV après que Volnay lui a sauvé la vie lors de l’attentat de Damiens (un domestique qui avait poignardé le roi en 1757). Idéaliste, épris de justice mais en révolte contre un monarque qu’il méprise, Volnay est secondé par un moine excommunié, versé dans les sciences autant que dans l’hérésie, et par une pie qui parle (oui, une pie). À eux deux — trois, si l’on compte l’oiseau —, ils font figure de précurseurs de la police scientifique — examen des corps, analyse des indices, observation méthodique des lieux du crime. Mais l’affaire se révèle autrement plus dangereuse qu’un simple meurtre crapuleux : la piste remonte jusqu’à la marquise de Pompadour, au mystérieux comte de Saint-Germain et à Louis XV lui-même.

Et puis il y a Casanova. Le libertin vénitien débarque dès les premières pages, témoin encombrant du meurtre, séducteur impénitent et allié imprévisible. L’enquête les entraîne des intrigues de cour à Versailles jusqu’au Parc-aux-Cerfs — cette maison discrète où Louis XV entretenait de très jeunes maîtresses, à l’abri des regards. Olivier Barde-Cabuçon connaît son XVIIIe siècle sur le bout des doigts : le protocole des audiences royales, le prix d’un fiacre, la façon dont on s’éclaire à la chandelle dans un hôtel particulier. Les portraits des puissants sont sans complaisance : un Louis XV libidineux, un Sartine arriviste, une Pompadour ambiguë, tour à tour protectrice des arts et entremetteuse royale. Premier tome d’une série qui compte désormais neuf volumes.


2. Le Détective de Freud (Olivier Barde-Cabuçon, 2010)

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Paris, 1911. À l’issue d’un congrès de l’Association psychanalytique internationale, un psychanalyste est retrouvé étranglé sur son propre divan d’analyse — un lieu censé guérir, pas tuer. Sigmund Freud en personne confie l’enquête au docteur du Barrail, un de ses disciples, convaincu que le mobile du crime se cache dans l’inconscient du coupable — et que seule une approche analytique peut l’en déloger. Du Barrail se retrouve épaulé par Carl Gustav Jung, le psychiatre suisse qui n’a pas encore rompu avec son mentor, et par Max Engel, un détective privé marxiste à la langue bien pendue et à l’estomac jamais rassasié.

Le trio a beau être improbable — un psychanalyste naïf, un psychiatre visionnaire et un détective qui cite Marx entre deux bouchées de choucroute —, c’est justement le choc de leurs méthodes qui fait avancer l’enquête. Derrière le meurtre se dessinent trois femmes aux profils troublants — dont l’envoûtante « Dame en vert » et Marie, une patiente traumatisée surnommée « la Dame aux loups ». Car si l’enquête policière structure le récit, c’est la confrontation entre deux visions de l’esprit humain qui lui donne sa profondeur : Freud, obsédé par la sexualité et le passé infantile ; Jung, déjà tourné vers les mythologies et l’inconscient collectif. Leur désaccord, qui aboutira dans la réalité à une rupture définitive en 1913, pèse sur chaque scène où ils collaborent : on sent que l’alliance ne tiendra pas. Quant au Paris de la Belle Époque — ses bistrots, ses salons, ses omnibus à chevaux et ses premières automobiles —, Barde-Cabuçon le restitue avec l’ironie légère qui le caractérise.


3. Les Enquêtes de Nicolas Le Floch – Tome 1 : L’Énigme des Blancs-Manteaux (Jean-François Parot, 2000)

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Paris, 1761. Nicolas Le Floch, Breton de Guérande à peine débarqué dans la capitale, entre au service de M. de Sartine, le redoutable lieutenant général de police de Louis XV. Logé chez son supérieur le commissaire Lardin, il est précipité dans sa première affaire criminelle lorsque celui-ci disparaît sans laisser de trace. Sartine confie l’enquête à Nicolas, lui adjoint l’inspecteur Bourdeau — fidèle, pragmatique, fin connaisseur des tavernes parisiennes — et le voilà plongé dans un monde de corruption, de jeu clandestin et de complots qui remontent jusqu’au roi et à la Pompadour.

Jean-François Parot, diplomate de carrière et historien du XVIIIe siècle, a bâti avec Nicolas Le Floch l’une des séries fondatrices du polar historique français. Ce qui frappe d’emblée, c’est la capacité de Parot à faire exister le Paris de 1761 par les cinq sens : on sent les odeurs de la Basse-Geôle (la morgue du Châtelet, où l’on exposait les cadavres non identifiés), on goûte les plats que Parot détaille avec une gourmandise contagieuse — chaque tome contient de véritables recettes d’époque —, on entend le vacarme des rues encombrées. Le bourreau Sanson, qui s’improvise médecin légiste, et le vieux magistrat Noblecourt comptent parmi les figures secondaires les plus mémorables de la série. On a souvent comparé Nicolas Le Floch à un Maigret du XVIIIe siècle — la comparaison n’est pas usurpée, tant Nicolas partage avec le commissaire de Simenon une façon de comprendre les gens avant de les confondre. Quatorze tomes ont suivi, et la série a été adaptée sur France 2.


4. Les Carnets de Max Liebermann – Tome 1 : La Justice de l’inconscient (Frank Tallis, 2005)

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Vienne, 1902. Dans les cafés de la capitale austro-hongroise, on débat de Freud, de Klimt, de Schoenberg — les idées neuves se bousculent, et la bonne société viennoise ne sait pas encore si elle doit s’en réjouir ou s’en alarmer. C’est dans ce climat d’effervescence qu’une medium, Fräulein Löwenstein, est retrouvée morte dans une pièce fermée de l’intérieur. Un mot griffonné laisse penser à un suicide, mais plusieurs détails ne collent pas. L’inspecteur Oskar Rheinhardt — amateur de bonne chère et chanteur lyrique à ses heures — fait appel à son ami Max Liebermann, jeune psychiatre, disciple de Freud et pianiste accompli. Ensemble, ils vont devoir démêler une affaire plus complexe qu’il n’y paraît, entre fausses pistes, spiritisme douteux et meurtres en série.

Frank Tallis, lui-même psychologue clinicien spécialiste des troubles obsessionnels, ne se contente pas de saupoudrer son intrigue de jargon freudien : les raisonnements de Liebermann s’appuient sur des théories que Tallis maîtrise de première main — interprétation des rêves, associations libres, résistances du patient. Mais la Vienne de ces Carnets n’est pas qu’un décor intellectuel flatteur : c’est aussi la capitale d’un empire qui ne sait pas encore qu’il vit ses dernières décennies, une ville où l’antisémitisme prospère et où Max Liebermann, juif lui-même, en fait régulièrement les frais. Le duo Liebermann-Rheinhardt est l’un des plaisirs de la série — l’un sonde les psychés, l’autre interroge les témoins — et leur amitié, faite de soirées musicales et de discussions passionnées autour d’un Strudel, empêche la série de n’être qu’un exercice intellectuel. Adaptée en 2019 pour la télévision sous le titre Vienna Blood.


5. Les Enquêtes de Victor Legris – Tome 1 : Mystère rue des Saints-Pères (Claude Izner, 2003)

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Paris, juin 1889. Le monde entier se presse à l’Exposition universelle, où la tour Eiffel fraîchement achevée attire des milliers de visiteurs chaque jour. C’est dans cette ambiance de kermesse que survient une série de morts inexpliquées : les victimes ne présentent aucune blessure apparente, sinon une étrange trace de piqûre. Victor Legris, propriétaire de la librairie L’Elzévir, rue des Saints-Pères, n’aurait aucune raison de s’en occuper s’il n’était intrigué par le comportement suspect de son père adoptif et associé, Kenji Mori, un Japonais cultivé aux allures de gentleman.

Derrière le pseudonyme de Claude Izner se cachent deux sœurs, Liliane Korb et Laurence Lefèvre, toutes deux bouquinistes sur les quais de la Seine — autant dire qu’elles savent de quoi elles parlent quand il est question de livres rares et de librairies poussiéreuses. Leur saga (douze tomes, tout de même) renoue avec la tradition du roman populaire à mystères de la fin du XIXe siècle. Le Paris qu’elles reconstituent est fait de ruelles, de petits métiers oubliés, de marchands ambulants et de peintres désargentés. On y croise au fil des volumes Toulouse-Lautrec, Alphonse Bertillon (le père de l’identification judiciaire) ou la Goulue, vedette du Moulin Rouge. L’intrigue policière, sans être la plus retorse du genre, ménage suffisamment de rebondissements pour qu’on ne devine pas le coupable avant la dernière ligne — d’autant que Victor Legris, libraire devenu détective par curiosité plus que par vocation, a le bon goût de ne pas se prendre pour Sherlock Holmes. À ses côtés, Joseph, le commis de librairie obsédé par les faits divers sordides, ne rate jamais une occasion de glisser un détail macabre dans la conversation. Le roman a reçu le prix Michel Lebrun en 2003.


6. L’Aliéniste (Caleb Carr, 1994)

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New York, 1896. Dans le Lower East Side — le quartier le plus pauvre et le plus densément peuplé de Manhattan, terre d’accueil des immigrés —, des adolescents prostitués sont assassinés les uns après les autres. Les corps sont lacérés, les yeux arrachés. Mais la police ne bouge pas : ces victimes-là ne comptent pour personne. Révolté par cette indifférence, Theodore Roosevelt — alors préfet de police, bien avant la Maison-Blanche — fait appel à deux de ses amis d’Harvard : Laszlo Kreizler, aliéniste (c’est le terme qu’on employait à l’époque pour désigner les psychiatres, car ils « soignaient » les patients dans des « asiles »), et John Schuyler Moore, chroniqueur criminel au New York Times.

L’idée de Kreizler est révolutionnaire pour 1896 : en étudiant les crimes, il entend dresser le portrait psychologique du tueur — deviner ses traumatismes, ses obsessions, ses habitudes à partir de la façon dont il agit. Ce qu’on appellera plus tard le « profilage ». Le roman de Caleb Carr tient autant du polar que du document sur la naissance de la criminologie moderne, dans un New York fébrile et corrompu où les relevés d’empreintes digitales passent pour de la sorcellerie. L’équipe hétéroclite qui entoure Kreizler — un journaliste dilettante, Sara Howard (première femme employée par la police de New York), les frères Isaacson, deux policiers jumeaux passionnés de techniques modernes — forme un groupe où personne n’est de trop : chaque personnage apporte une compétence que les autres n’ont pas, et leurs désaccords font avancer l’enquête autant que leurs découvertes. Le roman, couronné par le Grand Prix de littérature policière en France, a donné lieu à une suite (L’Ange des ténèbres) et à une série télévisée.


7. Un œil bleu pâle (Louis Bayard, 2006)

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Octobre 1830. L’académie militaire de West Point — la plus prestigieuse école d’officiers des États-Unis, nichée dans la vallée de l’Hudson — vit sous la loi d’une discipline de fer. Un matin, un élève-officier est retrouvé pendu. Suicide, conclut-on. Sauf que quelques heures plus tard, son cadavre est profané : cage thoracique ouverte, cœur arraché. Le commandant de l’académie fait appel à Augustus Landor, vétéran de la police new-yorkaise à la retraite, retiré dans la campagne voisine depuis la mort de sa femme. Pour infiltrer le microcosme fermé des cadets, Landor recrute un étudiant brillant et indiscipliné : un certain Edgar Allan Poe.

Le pari de Louis Bayard : faire d’un épisode réel — le bref et chaotique passage de Poe à West Point, d’où il fut expulsé pour insubordination — le point de départ d’un thriller gothique. Le récit alterne entre le journal de Landor, empreint d’un humour désabusé, et les rapports de Poe, dont la langue plus recherchée annonce déjà le futur auteur du Corbeau et de La Chute de la maison Usher. Sociétés secrètes, sacrifices rituels, cadavres sans cœur : l’enquête avance dans un huis clos oppressant. Et le dénouement réserve un retournement que l’on ne voit pas venir — de ceux qui obligent à repenser tout le roman depuis le début. Adapté par Netflix en 2022 sous le titre The Pale Blue Eye, avec Christian Bale dans le rôle de Landor.


8. La République des faibles (Gwenaël Bulteau, 2021)

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Lyon, 1er janvier 1898. Un chiffonnier découvre sur les pentes de la Croix-Rousse — la colline ouvrière de Lyon, ancien fief des canuts (les ouvriers de la soie) — le corps d’un enfant. C’est un gamin des quartiers populaires, disparu depuis plusieurs semaines. Le commissaire Jules Soubielle hérite de l’enquête dans une ville sous haute tension. L’affaire Dreyfus déchire la France : ce capitaine juif de l’armée, condamné en 1894 pour espionnage sur la base de preuves truquées, est devenu malgré lui le symbole d’une fracture nationale entre dreyfusards et antidreyfusards. Les élections approchent, le nationalisme gronde, l’antisémitisme s’affiche sans complexes. Dans ce climat, qui va se soucier d’un gosse de prolétaire ?

Gwenaël Bulteau, professeur des écoles dans le civil, signe ici un premier roman sombre sans jamais verser dans le misérabilisme, récompensé par le prix Landerneau Polar et le prix Sang d’encre. La force du roman tient à son regard sur les oubliés de l’Histoire : les femmes réduites au silence, les enfants livrés à une violence sociale et familiale implacable, les ouvriers et petits commerçants dont la vie quotidienne n’intéresse pas les grands journaux. Les policiers eux-mêmes ne sont pas des héros : Soubielle attend un enfant, l’inspecteur Grimbert noie ses angoisses dans l’alcool, un autre nourrit des convictions politiques nauséabondes. Le Lyon de la fin du XIXe — ses pentes, ses traboules (ces passages couverts typiques de la ville) — est restitué sans nostalgie pittoresque. Le roman se rapproche davantage du roman noir social, dans la lignée d’un Hervé Le Corre (L’Homme aux lèvres de saphir), que du polar historique à costumes.


9. 1793 (Niklas Natt och Dag, 2017)

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Stockholm, automne 1793. Les échos de la Révolution française résonnent jusqu’en Scandinavie. Un an après l’assassinat du roi Gustav III — abattu lors d’un bal masqué par un noble conspirationniste —, la Suède est en plein chaos politique : l’héritier du trône n’a que treize ans, et la noblesse s’entre-déchire. C’est dans ce climat de paranoïa que Jean Michael Cardell, vétéran manchot de la récente guerre contre la Russie (1788-1790), repêche dans le lac Fatburen un corps atrocement mutilé — quatre membres tranchés, signes d’une torture méthodique. La police, occupée à traquer les sympathisants révolutionnaires, délègue l’affaire à Cecil Winge, homme de loi rigoureux mais rongé par la tuberculose. Winge sait qu’il n’a plus longtemps à vivre ; cette enquête sera sa dernière.

Le roman est découpé en quatre parties — une par saison de 1793, chacune centrée sur un personnage différent. Si la première et la dernière suivent le duo Cardell-Winge, les deux parties centrales opèrent un retour en arrière : on y découvre qui était la victime, comment elle en est arrivée là, et comment la misère, la violence et la corruption à tous les échelons de la société suédoise ont rendu ce crime possible. On a comparé le Stockholm de Niklas Natt och Dag au Paris de Jean-Baptiste Grenouille dans Le Parfum de Patrick Süskind — et on comprend pourquoi : même puanteur, même misère, même cruauté ordinaire. Premier roman de l’auteur, descendant de l’une des plus anciennes familles nobles de Suède (son nom signifie littéralement « Nuit et Jour »), 1793 a été salué dans plus de trente pays et a ouvert une trilogie complétée par 1794 et 1795.