Black Blossom est une romance M/M écrite par Aimée Lou — pseudonyme des sœurs jumelles françaises Aimée Bianca et Lou Garance — et publiée aux éditions Addictives en 2024. Le premier tome, Loved You First, suit Harper Tate, guitariste du groupe éponyme Black Blossom, et Riley Sutton, nouvel élève de l’institut Evergreen devenu son colocataire malgré lui. Rivalité immédiate, famille recomposée (Riley est le fils de la nouvelle compagne du père de Harper), passion commune pour la musique : les deux garçons passent du statut d’ennemis jurés à celui de duo inséparable — sur scène comme en dehors. Le second tome, Still the One, retrouve les personnages sept ans plus tard, confrontés aux réalités de la vie d’adulte, de la célébrité et d’un amour qu’ils n’ont jamais réussi à enterrer.
Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé cette duologie (et séché vos larmes), voici quelques suggestions qui partagent ses ingrédients de prédilection : romance M/M, univers musical, personnages qui luttent pour être eux-mêmes et sentiments impossibles à ignorer.
1. Esprit d’équipe (Aimée Lou, 2021)

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Si Black Blossom vous a plu, Esprit d’équipe devrait produire le même effet — avec des épaulières et un ballon ovale en prime. On y suit Eliott Holden, nouvelle recrue de l’équipe de football américain des Majestic Moose à la fac de Bomont, et Darek Prescott, le capitaine de l’équipe. Lors d’une soirée, Eliott a eu la mauvaise idée de flirter avec Darek. En couple avec une fille et persuadé d’être hétérosexuel, ce dernier a décidé que cet épisode était une erreur. Il repousse Eliott avec une agressivité d’autant plus féroce qu’elle masque une attirance qu’il refuse de s’avouer. S’ensuivent des mois de piques assassines, de tensions sur le terrain et de regards un peu trop appuyés pour être innocents.
Le roman aborde frontalement la question du coming out dans le milieu sportif — un milieu où l’homosexualité reste un tabou tenace, et où la peur d’être rejeté par ses coéquipiers peut suffire à réduire un homme au silence. Le parcours de Darek est celui d’un garçon qui passe du déni total à l’acceptation progressive de ses désirs, non sans blesser Eliott au passage. Eliott, lui, sait ce qu’il veut, mais doit décider s’il est prêt à encaisser les volte-face de quelqu’un qui n’en est pas encore là. C’est cette asymétrie — l’un déjà assumé, l’autre en plein combat intérieur — qui fait tenir le roman.
2. Rockstars – Tome 1 : Halo (Ella Frank & Brooke Blaine, 2021)

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TBD — oui, c’est le nom du groupe — est le plus grand groupe de rock au monde. Du moins, il l’était. Depuis que leur chanteur a claqué la porte du studio pour ne jamais revenir, c’est la débandade. Les auditions s’enchaînent, toutes plus catastrophiques les unes que les autres. Guitariste bad boy attitré du groupe, Viper est à deux doigts de noyer son désespoir dans l’alcool. C’est alors que Halo — voix rauque, physique d’ange déchu, présence scénique magnétique — franchit la porte du studio. Problème réglé ? Pas tout à fait : Viper se découvre une attirance féroce pour le nouveau venu, et les règles du groupe interdisent formellement les romances entre membres (Viper lui-même a déjà enfreint cette règle par le passé, et ça s’est mal terminé).
L’autre obstacle, et non des moindres : Halo se considère comme hétérosexuel. Il n’a jamais été attiré par un homme — jusqu’à Viper, dont les provocations et les regards appuyés le déstabilisent plus qu’il ne voudrait l’admettre. La dynamique entre les deux repose sur un jeu de pouvoir permanent : Viper provoque, Halo résiste, puis cède un peu, puis recule. Premier tome d’une trilogie (suivie de Viper puis Angel), Halo se termine sur un cliffhanger et fonctionne avant tout comme une longue montée en tension — celles et ceux qui détestent attendre sont prévenu·es.
3. Si ça s’apprend (Sophie Gonzales & Cale Dietrich, 2023)

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Changement de registre musical : on troque la guitare électrique contre la chorégraphie millimétrée du boy’s band. Ruben et Zach sont membres de Saturday, le groupe de pop le plus populaire des États-Unis. Sur scène, ils incarnent le fantasme de millions d’adolescentes ; en coulisses, ils sont avant tout meilleurs amis. Mais Ruben cache son homosexualité sous la pression d’un manager qui contrôle chacun de leurs faits et gestes — coupe de cheveux, vêtements, fréquentations, tout est dicté par l’image que le label veut projeter. Quand un baiser échangé un soir un peu trop arrosé révèle que leur amitié n’a jamais été qu’une amitié, les deux garçons se retrouvent face à un dilemme : assumer leurs sentiments au risque de voir leur carrière détruite par le manager, ou continuer à jouer un rôle.
Publié chez Pocket Jeunesse (et donc destiné à un lectorat adolescent, même si le roman se lit très bien à tout âge), Si ça s’apprend va plus loin qu’une simple romance. Il montre concrètement comment l’industrie musicale fabrique des produits à partir de jeunes gens : contrats léonins, emplois du temps inhumains, interdiction de toute spontanéité publique. La découverte de la bisexualité de Zach, la relation toxique entre Ruben et sa mère (qui ne cesse de pointer ses prétendus défauts), la descente aux enfers d’Angel (un autre membre du groupe, piégé par l’addiction) — le roman brasse bien plus de sujets que son pitch ne le laisse supposer. Le récit est porté par une alternance de points de vue entre Ruben et Zach, ce qui permet de saisir à quel point deux personnes peuvent vivre la même situation de façon très différente.
4. Kiss & Tell (Adib Khorram, 2024)

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Toujours dans l’univers des boy’s bands, mais avec un angle différent. Hunter Drake est le seul membre ouvertement gay du groupe Kiss & Tell, en pleine première tournée nord-américaine. Il vient de traverser une rupture fracassante — son ex, Aidan, a divulgué des détails de leur vie sexuelle dans la presse — et on attend désormais de lui qu’il incarne le modèle queer parfait pour adolescent·es. Concrètement, cela signifie : sourire en interview, porter les tenues choisies par le label, et surtout ne jamais laisser entendre qu’il a une vie sexuelle. La rencontre avec Kaivan, batteur d’origine iranienne du groupe K-Park (qui assure la première partie de leur tournée), complique encore les choses : Hunter est attiré, mais chaque pas vers une nouvelle relation est scruté et commenté par des millions de personnes en ligne.
Publié en France par Akata dans sa collection Young Novel, le roman se démarque par sa narration entrecoupée de tweets, d’articles de presse fictifs et de transcriptions d’interviews, un dispositif qui rend la pression médiatique presque palpable. Le texte aborde une question rarement posée aussi clairement dans la littérature jeunesse : qu’est-ce que ça coûte d’être la « bonne » représentation queer ? Hunter, qui est blanc, découvre aussi ses propres angles morts au contact de Kaivan, dont l’identité iranienne le soumet à une hostilité que Hunter n’a jamais eu à subir. Le roman ne fait pas semblant que ces questions ont des réponses simples — et c’est justement pour ça qu’il mérite qu’on s’y arrête.
5. Riven – Tome 1 : Croire en l’avenir (Roan Parrish, 2021)

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On revient au rock, mais dans un registre nettement plus sombre. Chanteur des Riven, Theo Decker déteste être une rockstar. Les paparazzis, les tournées interminables, la célébrité : tout ce cirque l’épuise. Ce qu’il veut, lui, c’est jouer de la musique — pas sourire devant les caméras. Un soir, dans un bar tenu par son parrain du groupe de soutien (Theo est sobre depuis plusieurs années), il croise la route de Caleb Black Whitman. Caleb est un guitariste extraordinaire, abîmé par la vie et par un passé d’addiction, retiré du monde dans une ferme isolée. Un morceau joué ensemble, un baiser, une nuit — et au matin, Caleb a disparu. Obsédé par cette rencontre, Theo ira le retrouver jusque dans sa ferme.
Ce premier tome raconte la rencontre entre deux hommes que leurs blessures respectives ont isolés du monde, chacun à sa manière. Theo étouffe sous le regard du public et rêve d’anonymat ; Caleb a tellement fui le monde qu’il s’est condamné à la solitude, terrifié à l’idée qu’une rechute le guette au moindre faux pas. Leur connexion passe d’abord par la musique — c’est le seul terrain où ni l’un ni l’autre ne triche — avant de glisser vers l’intime, avec tout ce que cela comporte de risques pour deux hommes aussi abîmés. La guérison, ici, n’est pas une ligne droite, et tomber amoureux ne règle rien. Mais ça donne une raison de se lever le matin — et parfois, c’est suffisant.
6. American Love Songs (Ashlyn Kane, 2016)

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Bassiste des Wayward Sons, Jake Brenner est gay, décomplexé et incapable de tenir une relation plus de cinq minutes — du moins, c’est l’image qu’il cultive. En réalité, il traîne un béguin tenace pour Chris, le chanteur du groupe et son ancien meilleur ami, et cette attirance à sens unique l’a convaincu que l’amour, ce n’est pas pour lui. Quand Parker McAvoy, guitariste aussi talentueux que timide, rejoint le groupe, Jake fait de son mieux pour ignorer ce qu’il ressent. Mais Parker — élevé dans un milieu conservateur et religieux où l’homosexualité était un péché — affirme ne pas être gay. Un baiser échangé en fin de tournée, sous l’emprise de l’alcool, vient pourtant fissurer cette certitude.
L’originalité du roman tient à son amplitude temporelle : on suit les Wayward Sons sur plusieurs années, de leurs premiers concerts dans des bars miteux jusqu’aux salles de plusieurs milliers de places. On les voit galérer, douter, réussir, se disputer — et on comprend pourquoi la romance entre Jake et Parker met du temps à éclore. Parker ne se réveille pas un matin en se disant « finalement, je suis bi ». Son cheminement est lent, jalonné de peur (celle de perdre sa famille, son identité, ses repères) et de petites victoires. Jake, lui, doit apprendre qu’aimer quelqu’un implique de rester — ce qui, pour un homme dont le réflexe premier est la fuite, ne va pas de soi.
7. Le Guide de la rock star pour obtenir son mec (Ashlyn Kane, 2022)

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Membre du groupe de rock Howl, Jeff Pine est au bout du rouleau. Le label le pressure, les tensions entre musiciens menacent de faire imploser le groupe, et il n’a qu’une envie : appuyer sur pause. Il loue un chalet isolé dans un parc forestier à quelques kilomètres de Willow Sound, la petite ville canadienne qu’il a quittée quinze ans plus tôt après la mort de sa mère. Évidemment, dès le premier jour, il tombe nez à nez avec Carter Rhodes, son ancien meilleur ami d’enfance — et accessoirement, l’homme qui lui a inspiré des douzaines de chansons d’amour sans jamais le savoir.
Carter est aujourd’hui naturaliste dans le parc : un colosse bienveillant en chemise de bûcheron que la célébrité laisse de marbre. Ce qui l’intéresse, ce n’est pas la rockstar, c’est Jeff — le gamin narquois qui le suivait partout quand ils étaient gosses. Leur amitié reprend comme si quinze ans ne s’étaient pas écoulés, et très vite, les deux hommes réalisent que ce qui existait entre eux à l’adolescence n’était pas qu’une simple complicité. Mais Jeff doit aussi régler ses comptes avec Howl : deux membres du groupe jouent un jeu trouble, le label manigance dans son dos, et un nouvel album est attendu. Le roman réussit à tenir ces deux fils — la romance douce et le thriller de coulisses — sans que l’un ne fasse de l’ombre à l’autre. On y retrouve d’ailleurs un clin d’œil à l’univers d’American Love Songs, du même auteur.
8. Le Groupe (L. A. Witt, 2018)

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Le groupe de hard rock Schadenfreude (un mot allemand qui désigne le plaisir pris au malheur d’autrui — tout un programme) est enfin sur le point de percer après des années de galère. L’arrivée d’Aaron McClure au chant a tout changé — sauf que le nouveau venu développe rapidement une attirance irrésistible pour Bastian Koehler, le bassiste. Or Aaron a déjà vu son précédent groupe voler en éclats à cause d’une romance entre membres, et Schadenfreude a d’ailleurs inscrit dans son règlement l’interdiction formelle de sortir entre musiciens. Mais bon, ce n’est que du sexe… n’est-ce pas ?
Bastian sort à peine d’une relation avec son ex-fiancée et n’a jamais dit à personne qu’il était aussi attiré par les hommes. Leur liaison secrète — entre loges, bus de tournée et placards (au sens propre comme au figuré) — fonctionne tant qu’elle reste invisible. Le problème, c’est que les sentiments finissent par s’inviter : ce qui devait rester physique devient émotionnel, et le secret commence à peser. Quand la vérité éclate, la réaction du groupe est brutale, et Aaron doit choisir entre l’homme qu’il aime et la carrière qu’il a rebâtie de zéro. Un roman sans grande surprise narrative, mais où le désir et l’ambition professionnelle se disputent chaque chapitre — avec des scènes de sexe suffisamment torrides pour qu’on comprenne pourquoi aucun des deux n’arrive à mettre fin à cette histoire.
9. Souls of the Knight – Tome 1 : Sawyer, rockstar solitaire (Nicola Haken, 2021)

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Chanteur principal et guitariste du groupe mondial Souls of the Knight, Sawyer a tout ce dont on pourrait rêver : la gloire, l’argent, des fans par millions. Et pourtant, il étouffe. Sa vie entière est un rôle qu’il joue pour son manager, pour le public, pour sa mère — une femme rigide et conservatrice qui ne tolèrerait pas de savoir que son fils est attiré par les hommes. Puis Jake Reed, son meilleur ami d’enfance, réapparaît dans sa vie comme nouveau chef de la sécurité du groupe. Dix ans plus tôt, la veille de son déménagement en Australie, Jake l’avait embrassé et lui avait avoué ses sentiments ; Sawyer l’avait violemment repoussé. Cette fois, Jake revient avec la ferme intention de ne plus se laisser éconduire.
Le cœur du roman, c’est la lente confrontation de Sawyer avec ce qu’il a passé sa vie à refouler. Il ne refuse pas Jake par manque de désir — c’est tout le contraire — mais parce qu’accepter cette attirance reviendrait à admettre que toute sa vie publique est un mensonge. Le parcours est d’autant plus douloureux que Jake, lui, a eu dix ans pour s’assumer et vit son homosexualité sereinement, entouré d’une famille aimante. Le contraste entre leurs situations respectives est ce qui rend leurs scènes ensemble si tendues : Jake ne comprend pas toujours pourquoi Sawyer recule, et Sawyer ne sait pas comment expliquer une peur qu’il peine lui-même à formuler. Premier tome d’une trilogie (suivie de Ryder, pornstar populaire et Matt, dieu du sexe autoproclamé — oui, les titres sont à la hauteur), ce roman vaut surtout pour le portrait d’un homme qui a tout sacrifié à l’image qu’on attendait de lui, et qui réalise, à presque trente ans, qu’il n’est pas trop tard pour arrêter de faire semblant.