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Que lire après « La villa aux étoffes » d'Anne Jacobs ?

Que lire après « La villa aux étoffes » d’Anne Jacobs ?

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La villa aux étoffes est une saga historique de l’autrice allemande Anne Jacobs, publiée à partir de 2014. Le premier volet s’ouvre à Augsbourg, en 1913 : Marie, jeune orpheline, entre comme fille de cuisine dans l’imposante demeure de la famille Melzer, de riches industriels du textile. Entre secrets de naissance, bals somptueux, amours interdites et fossés de classe, la saga suit le destin de Marie et des Melzer à travers la première moitié du XXe siècle — de la Belle Époque à la Seconde Guerre mondiale. Souvent comparée à Downton Abbey pour la cohabitation qu’elle met en scène entre maîtres et domestiques, la série a conquis des millions de lecteur·ices à travers le monde.

Si vous vous demandez quoi lire après avoir refermé le dernier tome, voici quelques suggestions dans la même veine : grandes sagas familiales, demeures chargées d’histoire et destins de femmes face aux tumultes du siècle.


1. Café Engel – Tome 1 : Une nouvelle ère (Anne Jacobs, 2020)

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Wiesbaden, 1945. La guerre vient de s’achever, et le Café Engel — point de ralliement des artistes et des personnalités de la région — a survécu aux bombardements par miracle. La jeune Hilde, fille des propriétaires, rêve de rendre à l’établissement familial son éclat d’antan. Mais elle ne peut compter que sur elle-même : sa mère peine à reprendre goût à la vie, et son père est porté disparu sur le front français. À force de débrouillardise et grâce au marché noir, elle parvient à rouvrir les portes du café, où affluent soldats américains et habitué·es du quartier.

Contre toute attente, le père de Hilde finit par rentrer au pays. Le soulagement est de courte durée : désormais reléguée au rôle de serveuse par un patriarche qui reprend les rênes, Hilde voit ses ambitions étouffées. L’arrivée d’une mystérieuse cousine, Luisa, réfugiée de Prusse orientale, vient encore bousculer l’équilibre fragile de la famille Koch — et conquérir le cœur de tous, y compris celui de l’amour de jeunesse de Hilde.

Roman choral où chaque chapitre adopte le point de vue d’un personnage — Hilde, Luisa, Julia la costumière juive cachée pendant la guerre, Heinz le père prisonnier, Jean-Jacques le travailleur forcé français —, Café Engel offre un regard rare sur l’Allemagne de l’après-guerre vue par ses habitant·es. On y retrouve ce qui fait le sel de La villa aux étoffes : une galerie de personnages aux trajectoires liées, un lieu fédérateur autour duquel tout gravite (ici le café plutôt que la villa) et un ancrage historique solide, le tout sans manichéisme.


2. Le manoir oublié – Tome 1 : Les temps glorieux (Anne Jacobs, 2017)

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Allemagne, 1990. Franziska von Dranitz, septuagénaire au caractère bien trempé, n’en revient pas : elle est enfin de retour au manoir de Dranitz, le domaine familial dont elle et sa mère ont été chassées pendant la Seconde Guerre mondiale par l’avancée de l’Armée rouge. Des décennies sous régime soviétique ont laissé des traces profondes sur la bâtisse et sur le village alentour. Mais la chute du mur de Berlin a rouvert une porte que Franziska attendait depuis un demi-siècle, et rien ne l’empêchera de redonner vie à ce lieu — quitte à le transformer en hôtel.

Le roman se déploie sur deux temporalités : les années de guerre, où l’on découvre la jeunesse de Franziska, ses rêves, son grand amour perdu — le major Walter Iversen — et la fuite éperdue devant l’arrivée des troupes russes ; puis les années 1990, avec la réunification allemande, les tensions entre anciens et nouveaux habitants, et les retrouvailles espérées avec Walter. Jenny, la petite-fille de Franziska, se lance elle-même sur la piste des secrets enfouis du domaine et apporte un contrepoint contemporain à cette quête.

Pour les lecteur·ices de La villa aux étoffes, le terrain est familier — saga générationnelle, grande demeure comme épicentre, toile de fond historique allemande — mais l’époque est tout autre. Ici, c’est l’Allemagne fracturée de la guerre froide puis de la réunification qui occupe le devant de la scène, et le roman y puise une tension politique absente de la saga des Melzer : méfiance entre Est et Ouest, spoliations jamais réparées, mémoires irréconciliables au sein d’un même village.


3. Les héritières de Löwenhof – Tome 1 : Le choix d’Agneta (Corina Bomann, 2018)

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Stockholm, 1913. Agneta Lejongård a tourné le dos à sa famille de la noblesse suédoise pour mener une vie de bohème dans la capitale. Étudiante en art, féministe convaincue, elle fréquente les cercles suffragettes et refuse catégoriquement le mariage arrangé que ses parents lui destinent. Mais un matin, un télégramme funeste la rattrape : son père et son frère ont été victimes d’un grave accident. Agneta est désormais la seule héritière du domaine de Löwenhof, un vaste haras familial qu’elle va devoir reprendre en main — elle qui avait juré de ne jamais y remettre les pieds.

Tiraillée entre ses idéaux d’indépendance et le poids du devoir familial, Agneta se révèle pourtant une gestionnaire redoutable. Elle doit s’imposer dans un monde d’hommes, affronter une mère rigide arc-boutée sur les conventions, et gérer le haras dans un contexte international de plus en plus tendu — la Première Guerre mondiale n’est pas loin. Le cadre suédois, inhabituel pour le genre, apporte un véritable dépaysement : les prairies verdoyantes, les bois denses et le manoir blanc de Löwenhof forment un décor que l’on quitte à regret.

Souvent présentée en Allemagne comme une réponse à Lucinda Riley, Corina Bomann signe ici le premier volet d’une trilogie où chaque tome suit une héritière différente du domaine, à une époque distincte. Si vous avez aimé les dilemmes de Marie Melzer face aux rigidités sociales de son temps, Agneta Lejongård devrait vous parler — avec le plaisir supplémentaire de découvrir la Suède du début du XXe siècle, loin des sentiers battus de l’Allemagne et de l’Angleterre.


4. L’île aux papillons (Corina Bomann, 2012)

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Berlin, 2008. Diana Wagenbach, brillante avocate dont le couple bat de l’aile, se rend à Londres au chevet de sa grand-tante Emmely, dont les jours sont comptés. Celle-ci lui confie une mission singulière : percer un secret de famille vieux de plus d’un siècle, lié à Grace, l’arrière-arrière-grand-mère de Diana. L’enquête conduit la jeune femme jusqu’au Sri Lanka — autrefois Ceylan —, sur les terres de ses ancêtres, jadis propriétaires d’une somptueuse plantation de thé.

Deux époques se font face. Dans les années 1880, on suit Grace et sa sœur Victoria, deux jeunes Anglaises qui quittent leur île natale pour accompagner leurs parents à Ceylan, où un oncle décédé leur lègue une plantation. C’est là que Grace croisera la route de Vikrama, un contremaître métis au passé trouble — et qu’un amour interdit infléchira le cours de la lignée tout entière. En 2008, Diana remonte patiemment le fil de ses origines, aidée par Jonathan Singh, un auteur et scientifique sri-lankais.

Premier roman de Corina Bomann traduit en français, L’île aux papillons séduit par son cadre — la luxuriance de Ceylan, ses plantations de thé, ses temples — et par sa construction à double temporalité, un dispositif que l’on retrouve aussi chez Kate Morton ou Lucinda Riley. De toutes les suggestions de cette liste, c’est celle qui s’éloigne le plus de l’Allemagne wilhelminienne pour embarquer vers l’univers colonial du XIXe siècle, sans en esquiver les violences ni les injustices.


5. La saga des Florio – Tome 1 : Les lions de Sicile (Stefania Auci, 2019)

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1799. Un tremblement de terre dévastateur pousse les frères Paolo et Ignazio Florio hors de leur Calabre natale. Ils débarquent à Palerme sans le sou ni relations, ouvrent une modeste herboristerie et se lancent dans le commerce d’épices. Face au mépris tenace de l’aristocratie sicilienne — pour qui le sang de ces étrangers « pue la sueur » —, les deux frères s’accrochent avec une obstination féroce. En quelques décennies, leur petite boutique deviendra le socle d’un véritable empire commercial. Mais cette ascension fulgurante ne les protège pas des drames intimes : Paolo et Ignazio, inséparables en affaires, aiment la même femme.

Inspirée de l’histoire vraie de la dynastie Florio — qui fut un temps la famille la plus riche d’Italie —, cette saga couvre la période de 1799 à 1868. Stefania Auci insère des chapitres de contexte historique avant chaque partie, ce qui permet de saisir les soubresauts politiques de la Sicile (insurrections, passage du royaume des Deux-Siciles au royaume d’Italie) sans se noyer dans les dates. Aux manœuvres commerciales des Florio répondent leurs tourments personnels, et le roman porte une attention particulière aux femmes de la famille — épouses et mères cantonnées dans l’ombre, dont les frustrations et la lucidité font contrepoids à l’ambition dévorante de leurs hommes.

Phénomène éditorial en Italie et adapté en série par les producteurs de L’Amie prodigieuse, Les lions de Sicile s’adresse à celles et ceux qui aiment les sagas où l’on suit une famille sur plusieurs générations, portée par le souffle de l’Histoire. Les Florio partagent avec les Melzer cette conviction que le travail et l’audace peuvent triompher des hiérarchies sociales — et cette découverte, amère, que l’argent ne suffit pas toujours à forcer les portes. Le soleil de Palerme et l’odeur du quinquina en sus.


6. La saga des Cazalet – Tome 1 : Étés anglais (Elizabeth Jane Howard, 1990)

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Juillet 1937, Sussex. À Home Place, la grande propriété de campagne, la Duche (matriarche de la famille) orchestre les préparatifs avec ses domestiques : ses trois fils — Hugh, Edward et Rupert Cazalet — arrivent de Londres avec épouses, enfants et gouvernantes pour l’été. Entre pique-niques sur la plage, parties de tennis et soirées auprès du gramophone, trois générations cohabitent avec leurs secrets, leurs rancœurs et leurs tendresses. Clary, adolescente en conflit avec sa belle-mère, tient un journal intime. Louise rêve de devenir actrice. Polly vit dans la terreur d’une guerre imminente. Rachel, la tante célibataire, se dévoue pour tout le monde — et attend avec fébrilité les lettres de son amie Sid.

Elizabeth Jane Howard, née en 1923, a connu cette Angleterre d’avant-guerre et cela se sent à chaque page. Le premier tome couvre les étés 1937 et 1938, et s’achève sur l’annonce des accords de Munich. Les intrigues sont innombrables — adultères, aspirations brisées, traumatismes de la Grande Guerre encore vifs chez les hommes, condition féminine verrouillée par les conventions — mais toutes convergent avec une précision d’horloger. Ce qui frappe, c’est la justesse psychologique : chaque personnage, du patriarche à la femme de chambre, est saisi dans ses contradictions, ses petites lâchetés et ses élans de générosité.

Rapprochée de Jane Austen pour son art du portrait de famille, La saga des Cazalet (cinq tomes au total, le dernier écrit par Howard à l’âge de quatre-vingt-dix ans) est une fresque addictive qui ne ressemble à aucune autre saga de cette liste. Là où La villa aux étoffes avance par grands coups de théâtre, Howard procède par accumulation de détails infimes — une tasse de thé de Chine servie « pour en haut », un masque à gaz distribué aux enfants, un regard un peu trop appuyé au dîner — et c’est précisément dans ces riens que se joue l’essentiel.


7. Les sept sœurs – Tome 1 : Maia (Lucinda Riley, 2014)

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À la mort de Pa Salt, énigmatique milliardaire qui les a adoptées bébés aux quatre coins du monde, Maia d’Aplièse et ses cinq sœurs se retrouvent à Atlantis, leur maison d’enfance — un château sur les bords du lac de Genève. En guise d’héritage, chacune reçoit un mystérieux indice sur ses origines. La piste de Maia, l’aînée, la conduit de l’autre côté de l’Atlantique, dans un manoir en ruines sur les collines de Rio de Janeiro. C’est là que tout a commencé, dans les années 1920, à l’époque de la construction de la statue du Christ Rédempteur.

L’intrigue bascule alors entre deux époques : le présent, où Maia — traductrice réservée, encore meurtrie par une histoire d’amour passée — arpente le Brésil sur les traces de son ancêtre ; et les années 1920-1930, où l’on découvre l’histoire d’Izabela (dite « Bel »), jeune Brésilienne de la bonne société de Rio, prise entre conventions sociales et amour impossible. Passé et présent se font écho, jusqu’à un dénouement qui lève le voile sur le lien entre Bel et Maia.

Chaque tome de la série est consacré à l’une des sœurs et à un pays différent — le concept s’inspire de la mythologie grecque des Pléiades, les sept filles d’Atlas. Avec plus de cinquante millions d’exemplaires vendus dans le monde, Les sept sœurs est devenu un phénomène éditorial difficile à ignorer. Pour les amateur·ices de secrets de famille, de voyages et de parcours féminins reliés à travers les époques, c’est un engrenage redoutable : une fois le premier tome refermé, bonne chance pour résister à l’appel du deuxième.