La ronde des saisons est une série de romance historique écrite par l’autrice américaine Lisa Kleypas, publiée entre 2004 et 2008. Elle se compose de cinq tomes et se déroule dans l’Angleterre victorienne des années 1840. On y suit quatre jeunes femmes — Annabelle, Lillian, Évangeline et Daisy — que la bonne société londonienne a reléguées au rang de « laissées-pour-compte ». Lasses d’être ignorées lors des bals, elles scellent un pacte : s’entraider coûte que coûte pour trouver un mari. Chaque tome est consacré à l’une d’entre elles et à la romance qui va bousculer ses plans. Ce qui fait tenir l’ensemble, c’est autant l’amitié entre les quatre héroïnes que les joutes amoureuses — et un sens de l’humour qui ne faiblit jamais, même quand les corsets se resserrent.
Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations dans la même veine.
1. Les Hathaway – Tome 1 : Les ailes de la nuit (Lisa Kleypas, 2007)

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Les Hathaway est la suite directe de La ronde des saisons dans l’univers de Lisa Kleypas. On y retrouve d’ailleurs plusieurs visages familiers — Lord Westcliff, Lillian, Saint-Vincent et Évangeline font des apparitions bienvenues. L’action se déplace vers la famille Hathaway, une fratrie de cinq (Léo, Amelia, Winnifred, Poppy et Beatrix), accompagnée de l’insaisissable Merripen. Après la mort de leurs parents, un héritage inattendu les propulse dans l’aristocratie, un monde dont ils ne maîtrisent pas les codes.
Ce premier tome met en scène Amelia, l’aînée des sœurs, qui porte sa famille à bout de bras — y compris son frère Léo, occupé à noyer son chagrin dans l’alcool et le jeu. Un soir qu’elle vient le tirer des bas-fonds de Londres, elle croise la route de Cam Rohan, un homme d’origine rom qui dirige un club de jeu. Ni tout à fait gentleman, ni canaille, Cam échappe aux catégories habituelles : fortuné, libre d’esprit, et doté d’un calme qui contraste joliment avec la nervosité d’Amelia.
La question de l’identité — notamment rom — traverse tout le récit et lui donne un ancrage plus sérieux que ce à quoi le résumé prépare. La famille Hathaway, chaotique et solidaire, lance ici une saga de cinq tomes où chaque membre aura droit à sa propre histoire. Si vous avez aimé la dynamique de groupe des « laissées-pour-compte », vous retrouverez ce même plaisir dans cette fratrie ingérable.
2. Les Ravenel – Tome 1 : Cœur de canaille (Lisa Kleypas, 2015)

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Troisième grande saga historique de Lisa Kleypas, Les Ravenel nous fait avancer d’une génération : nous sommes en 1875, et l’Angleterre victorienne vit au rythme de l’industrialisation. Devon Ravenel menait une existence oisive et parfaitement égoïste — jusqu’à ce que la mort soudaine de son cousin Theo fasse de lui le nouveau comte de Trenear. Avec le titre viennent un domaine en ruine, des dettes colossales, plus de deux cents familles de métayers et… la veuve du défunt.
Kathleen, Lady Trenear, n’a été mariée que trois jours avant de perdre son époux. Femme de principes, elle refuse de voir Devon brader le domaine et abandonner les jeunes sœurs de Theo à leur sort. Leur cohabitation forcée donne lieu à des affrontements savoureux : la droiture de Kathleen se heurte au cynisme affiché de Devon, qui se révèle au fil des pages bien plus complexe que le vaurien qu’il prétend être.
La série, forte de sept tomes, offre des liens directs avec les familles Hathaway et Saint-Vincent. On y croise notamment les enfants de Sebastian et Évangeline — une raison suffisante pour quiconque a tourné la dernière page d’Un diable en hiver avec un pincement au cœur. L’époque, plus tardive, change aussi la donne : le train et le télégraphe ont remplacé les calèches, et les questions sociales prennent davantage de place.
3. La chronique des Bridgerton – Tome 1 : Daphné (Julia Quinn, 2000)

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La série Netflix a fait connaître les Bridgerton à un public bien plus large que celui des lectrices de romance, mais le roman original date de 2000 — et il se suffit à lui-même. L’histoire se déroule pendant la Régence anglaise et suit la famille Bridgerton, composée de huit frères et sœurs prénommés dans l’ordre alphabétique, d’Anthony à Hyacinthe. Chaque tome est consacré à l’un d’eux.
Daphné, fille aînée de la fratrie, désespère de trouver un mari : les hommes la considèrent comme une sœur plutôt que comme une prétendante. De son côté, Simon Basset, le tout nouveau duc de Hastings, n’a aucune intention de se marier — par rancœur envers un père qui l’a rejeté à cause de son bégaiement. Leur solution ? Feindre une cour pour repousser les mères envahissantes (côté Simon) et attirer enfin des prétendants (côté Daphné). Le stratagème fonctionne peut-être un peu trop bien.
Les dialogues de Julia Quinn sont vifs sans jamais paraître forcés, et la narration est ponctuée d’une ironie qui ne prend jamais le lecteur·ice de haut. Les chapitres s’ouvrent sur les potins de la mystérieuse Lady Whistledown, chroniqueuse mondaine dont l’identité reste un secret — un ressort narratif malin qui donne au récit son rythme feuilletonesque. Ajoutez à cela une famille nombreuse, bruyante et férocement protectrice, et vous obtenez ce qui se rapproche le plus de La ronde des saisons côté esprit de clan.
4. Les Demoiselles de Spindle Cove – Tome 1 : Un moment d’abandon (Tessa Dare, 2011)

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Au début du XIXᵉ siècle, l’Angleterre est en guerre contre Napoléon et la menace d’une invasion française plane sur les côtes sud du pays. Loin de l’agitation londonienne, le petit village balnéaire de Spindle Cove est devenu un refuge pour les jeunes femmes jugées « inadaptées » par la bonne société : celles qui sont trop savantes, trop franches, trop originales, ou simplement trop différentes pour se fondre dans le moule. Susanna Finch, fille du médecin local, a organisé cette petite communauté où les pensionnaires s’adonnent à la géologie, au tir et aux bains de mer en toute liberté. Tout bascule le jour où Victor Bramwell, dit Bram, lieutenant-colonel blessé au combat et fraîchement titré comte de Rycliff, débarque avec l’ordre de constituer une milice locale pour défendre la côte. Un militaire autoritaire dans un village de femmes indépendantes : le choc est immédiat.
Bram, dont une blessure à la jambe l’empêche de retourner au front, considère cette mission comme une punition déguisée ; Susanna voit en lui une menace directe pour le havre qu’elle a bâti. Leurs désaccords sont frontaux, souvent très drôles — Tessa Dare a un vrai sens du dialogue comique, et les scènes où Bram tente d’imposer la discipline militaire à un bataillon de demoiselles armées de parasols valent le détour. Mais le roman ne se limite pas à la comédie. Bram est un soldat qui ne sait pas quoi faire de lui-même hors du champ de bataille ; Susanna, derrière sa façade assurée, redoute de perdre le seul endroit où elle se sent utile. C’est dans cet espace — entre le ridicule des exercices de milice et la vulnérabilité des confidences nocturnes — que leur relation prend forme. Les personnages secondaires sont tout aussi soignés : Minerva la géologue, les jumelles Highwood, le taciturne capitaine Thorne, chacun·e avec assez d’épaisseur pour porter son propre tome par la suite.
5. Girl Meets Duke – Tome 1 : Un drôle de mariage (Tessa Dare, 2017)

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Le duc d’Ashbury n’a rien d’un prince charmant. Depuis son retour de Waterloo, il vit reclus dans son manoir londonien, défiguré par ses blessures de guerre, et n’ouvre sa porte à personne. Mais il lui faut un héritier, donc une épouse — et vite. Quand Emma Gladstone, fille de vicaire devenue couturière, se présente chez lui en robe de mariée (pour des raisons strictement professionnelles, il faut le préciser), il décide sur-le-champ qu’elle fera l’affaire.
Les conditions du mariage sont sans appel : pas de lumière, pas de baisers, pas de questions sur ses cicatrices. Emma, de son côté, a ses propres exigences — et un refus catégorique de se laisser intimider par un aristocrate bougon, aussi imposant soit-il. Le roman rappelle La Belle et la Bête, mais Tessa Dare traite cette trame avec un humour très contemporain. Les joutes verbales entre Ash et Emma comptent parmi les plus savoureuses du genre, et le personnel de maison — qui sabote méthodiquement les règles du duc pour rapprocher le couple — vole régulièrement la vedette.
Un drôle de mariage repose sur le trope du mariage de convenance, et le traite avec suffisamment de malice pour qu’on oublie à quel point le dispositif est classique. La série Girl Meets Duke compte quatre tomes ; le principe se répète (une jeune femme ordinaire, un duc, des circonstances improbables), mais Tessa Dare sait renouveler ses effets d’un livre à l’autre.
6. Le cercle des canailles – Tome 1 : Le flambeur (Sarah MacLean, 2012)

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Ici, pas de salon de thé ni de promenade en calèche, mais les tripots enfumés du Londres victorien. Le cercle des canailles met en scène quatre aristocrates déchus qui ont fondé ensemble l’Ange déchu (The Fallen Angel), l’un des clubs de jeu les plus sulfureux de la capitale. Chaque tome raconte l’histoire de l’un de ces hommes — et de la femme qui va saboter ses plans.
Michael, marquis de Bourne, a tout perdu aux cartes à l’âge de vingt et un ans — titre, fortune, domaine familial — piégé par un homme qu’il croyait digne de confiance. Dix ans plus tard, il a refait fortune mais n’a jamais récupéré Falconwell, la propriété de ses ancêtres. Quand il apprend que ces terres figurent dans la dot de Pénélope, son amie d’enfance, il décide de l’épouser — qu’elle le veuille ou non. Pénélope, pour sa part, n’a aucune intention de servir de pion dans une vengeance qui ne la concerne pas.
Tout l’intérêt du roman tient dans ce bras de fer entre la rancœur de Michael et ses sentiments pour Pénélope : il est prêt à la sacrifier pour atteindre son but, mais redécouvre malgré lui l’affection qu’il lui porte depuis l’enfance. Sarah MacLean sait écrire des échanges où chaque réplique est un coup porté, et les trois autres « canailles » — Cross, Temple et le mystérieux Chase — sont suffisamment intrigants pour qu’on enchaîne avec la suite sans hésiter.
7. Le prince des débauchés (Loretta Chase, 1995)

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Régulièrement citée comme l’une des meilleures romances historiques jamais écrites, Le prince des débauchés (Lord of Scoundrels en VO) a remporté le RITA Award en 1996 et trône depuis trois décennies en tête des classements spécialisés. Ce n’est pas un hasard.
Le marquis de Dain — surnommé Belzébuth par ses contemporains — est un libertin notoire. Fils d’un père cruel qui le considérait comme l’enfant du diable et d’une mère italienne qui l’a abandonné, il s’est forgé une carapace de cynisme et de débauche. Il vit à Paris, où il fait ce qu’il sait faire de mieux : boire, jouer et entretenir sa réputation de monstre. L’arrivée de Jessica Trent, venue arracher son frère cadet à l’influence néfaste du marquis, va dynamiter cet équilibre soigneusement entretenu. Jessica a vingt-sept ans, un esprit acéré, un pistolet dans son sac et aucune patience pour les postures de mauvais garçon.
Là où d’autres héroïnes tenteraient de « réparer » le héros à coups de douceur, Jessica le confronte, le provoque et — dans une scène restée célèbre — lui tire dessus. Dain, de son côté, est si persuadé d’être un monstre qu’il ne sait pas quoi faire d’une femme qui refuse de le fuir. C’est ce décalage qui donne au roman son nerf comique autant que sa charge émotionnelle. Un livre qui a défini les standards de la romance Régence pour toute une génération d’autrices — et un excellent point de départ pour qui ne connaît pas encore Loretta Chase.
8. La saga des Bedwyn – Tome 1 : Un mariage en blanc (Mary Balogh, 2003)

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Les Bedwyn sont une famille de l’aristocratie anglaise aussi fière que glaciale — du moins en apparence. À leur tête, Wulfric, duc de Bewcastle, règne sur la fratrie avec une raideur qui découragerait les plus téméraires. Les six frères et sœurs Bedwyn ont la réputation d’être hautains, inabordables et résolument snobs. C’est dans ce clan intimidant que va débarquer Eve Morris, jeune Galloise sans fortune ni titre.
Le colonel Aidan Bedwyn a fait une promesse à un soldat mourant : veiller sur sa sœur. De retour en Angleterre, il découvre qu’Eve vit entourée d’orphelins et de pauvres gens que sa générosité lui a dicté d’accueillir, et qu’elle est sur le point d’être chassée de chez elle. Fidèle à sa parole, Aidan lui propose un mariage blanc — une union purement formelle qui les protégera, elle et sa maisonnée. Reste ensuite à présenter cette « petite campagnarde » à sa très snob famille… et à composer avec les sentiments qui, sans prévenir, s’invitent dans cet arrangement.
Mary Balogh prend son temps pour construire la relation entre Aidan et Eve, et c’est ce rythme mesuré qui donne au récit sa justesse. Les non-dits et les gestes esquissés pèsent ici davantage que n’importe quelle déclaration enflammée. La saga compte six tomes, un pour chaque Bedwyn, et gagne en intensité à mesure que l’on découvre ce que cette famille cache sous ses bonnes manières. Là où les autres romances de cette liste misent sur l’énergie et l’humour, celle-ci parie sur l’inverse : la retenue, la lenteur, le poids de ce qui n’est pas dit.
9. La famille Huxtable – Tome 1 : Le temps du mariage (Mary Balogh, 2009)

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Nous sommes sous la Régence anglaise — cette période du début du XIXᵉ siècle (1811–1820) où le prince de Galles gouverne à la place de son père, le roi George III, jugé inapte, et où la haute société londonienne fonctionne selon des codes très stricts : on se marie dans son rang, on fait ses débuts dans le monde lors de la « saison », et l’on ne s’affiche pas avec n’importe qui. C’est dans ce cadre que le jeune Stephen Huxtable, dix-sept ans, hérite du titre de comte de Merton à la mort d’un cousin éloigné. Ses trois sœurs — Margaret, Katherine et Vanessa — quittent leur village pour Londres, sous la tutelle peu enthousiaste d’Elliott Wallace, vicomte Lyngate, chargé de préparer Stephen à ses nouvelles responsabilités. Quand Elliott, qui cherche simplement une épouse pratique, jette son dévolu sur Margaret, c’est Vanessa — veuve de vingt-quatre ans, pas spécialement jolie, mais dotée d’un aplomb rare — qui intervient : elle lui propose elle-même le mariage, pour éviter à sa sœur aînée, amoureuse d’un autre homme, un sacrifice inutile.
Mary Balogh, autrice britannico-canadienne considérée comme une référence de la romance Régence, construit toute l’intrigue sur deux personnages que rien ne destinait l’un à l’autre. Elliott est froid, guindé, peu bavard ; Vanessa sourit à tout le monde et voit du bon partout. Leur mariage de convenance évolue sans éclats : pas de coup de foudre spectaculaire, mais une série de petits gestes, de conversations hésitantes et de nuits partagées qui font bouger, centimètre par centimètre, la ligne entre l’arrangement et le sentiment. Le roman fait aussi un choix peu courant dans le genre : il insiste sur le fait que Vanessa n’est pas belle au sens classique, que c’est sa sœur Margaret qui attire les regards. Le moment où Elliott cesse de la comparer aux beautés de la saison londonienne et commence à la voir, elle — son sourire, son obstination à trouver de la joie dans les moindres choses —, est d’autant plus satisfaisant qu’il a été longuement préparé.
10. Pennyroyal Green – Tome 1 : Au risque du plaisir (Julie Anne Long, 2008)

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À Pennyroyal Green, petit village du Sussex, deux familles — les Eversea et les Redmond — se vouent une hostilité féroce depuis des générations, à la manière des Montaigu et des Capulet, le poison en moins mais les procès en plus. Quand Colin Eversea, séducteur notoire et cadet turbulent du clan, est accusé du meurtre d’un Redmond et condamné à la pendaison, personne au village ne tombe vraiment des nues. Le problème, c’est que Colin est innocent : la rixe a eu lieu après une nuit de beuverie, et le seul témoin susceptible de le disculper a disparu. Au pied de la potence, alors que tout semble perdu, une inconnue l’arrache à la mort.
Cette inconnue, c’est Madeleine Greenway — pas une demoiselle en détresse, mais une mercenaire froide et méthodique, engagée par un commanditaire anonyme dont les intentions s’avèrent bien plus sinistres qu’un simple sauvetage. Colin et Madeleine sont contraints de fuir ensemble et de remonter la piste du vrai coupable, dans une cavale à travers l’Angleterre qui n’a rien d’une promenade mondaine : on croise des médecins collectionneurs de cadavres, une comtesse aux mœurs douteuses et un squelette de géant que plusieurs parties convoitent. Julie Anne Long situe la romance non pas dans les salons de bal, mais dans la précarité et la méfiance : Colin et Madeleine n’ont aucune raison de se faire confiance, et c’est justement parce que cette confiance se construit malgré tout, danger après danger, que leur relation prend son sens. Quant au village de Pennyroyal Green — sa rivalité ancestrale, ses commérages, ses secrets enfouis —, il sert de fil conducteur à une saga de onze tomes. Autant dire qu’il y a de quoi voir venir.