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Que lire après « Je suis Pilgrim » de Terry Hayes ?

Que lire après « Je suis Pilgrim » de Terry Hayes ?

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Je suis Pilgrim est un thriller d’espionnage de l’auteur anglo-australien Terry Hayes, paru en 2013 au Royaume-Uni et en 2014 en France (traduit par Sophie Bastide-Foltz). Scénariste de Mad Max 2 et From Hell, Hayes y met en scène Pilgrim, nom de code d’un ex-agent d’élite du renseignement américain, auteur du livre de référence sur la criminologie. Retiré dans l’anonymat, il est rappelé en service pour traquer le Sarrasin, un ex moudjahidin qui prépare une attaque biologique à la variole contre les États-Unis. De Manhattan à Bodrum, de l’Arabie saoudite aux montagnes d’Afghanistan, le roman entrelace enquête criminelle et course contre la montre géopolitique sur plus de 900 pages. Récompensé par le British Book Award du thriller de l’année 2014 et le prix des lecteurs du Livre de poche 2015, Je suis Pilgrim s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires dans le monde.

Si vous venez de refermer ce pavé et que vous êtes à la recherche de lectures similaires, voici quelques pistes.


1. L’Année de la sauterelle (Terry Hayes, 2024)

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Dix ans. C’est le temps qu’il aura fallu attendre pour retrouver l’univers de Terry Hayes. L’Année de la sauterelle met en scène Kane, un agent « Denied Access Area » de la CIA — autrement dit, le genre d’opérateur qu’on envoie là où personne de sensé ne voudrait mettre les pieds. Sa mission : exfiltrer une source aux confins du Pakistan, de l’Iran et de l’Afghanistan — une zone où survivre relève déjà de l’exploit.

Mais l’opération déraille lorsque Kane croise la route d’un adversaire qu’on croyait mort : un terroriste redoutable, d’origine russe, formé en Tchétchénie et converti à l’islam, dont le tatouage de sauterelle sur le dos évoque les fléaux bibliques. La menace, cette fois, ne se limite pas à une région : c’est la sécurité de tout l’Occident qui est en jeu.

Avec ses 1 100 pages en version française, le roman ne fait pas dans la demi-mesure. Hayes conserve sa méthode — une narration en spirales, une documentation obsessionnelle, des incursions vers la science-fiction — et pousse le curseur encore plus loin que dans Je suis Pilgrim. Le résultat divise (la dernière partie du livre a surpris plus d’un·e lecteur·ice), mais l’élan, lui, ne faiblit jamais.


2. Mission Damas (David McCloskey, 2021)

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David McCloskey n’est pas un romancier qui a fait des recherches sur la CIA : c’est un ancien analyste de l’Agence, spécialiste du Moyen-Orient et de la Russie. Son premier roman se déroule en Syrie entre 2011 et 2013, en pleine guerre civile — et le terrain imprègne chaque page. Sam Joseph, agent de la CIA, est envoyé à Paris pour recruter Mariam Haddad, haute fonctionnaire du palais présidentiel syrien. L’objectif : retrouver la trace d’un espion américain disparu à Damas.

Entre Sam et Mariam, c’est le coup de foudre — ce qui, dans le monde du renseignement, relève moins du conte de fées que du protocole de catastrophe. Leur relation interdite les conduit au cœur du pouvoir syrien, sous l’œil du chasseur d’espions du régime et de son frère, chef de la redoutée Garde républicaine. Élu « meilleur thriller d’espionnage de l’année 2023 » par le Times, il a souvent été rapproché de la série Le Bureau des légendes — même souci du détail opérationnel, même poids de la peur au quotidien.

Ce qui frappe, c’est la justesse du contexte syrien : les filatures, les parcours de détection de surveillance, la terreur quotidienne d’un régime dictatorial. McCloskey ne cherche pas le spectaculaire à tout prix — il préfère l’angoisse sourde d’un faux pas qui peut coûter la vie.


3. Le Moineau rouge (Jason Matthews, 2013)

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Encore un ancien de la CIA derrière la machine à écrire. Jason Matthews a passé plusieurs décennies dans la clandestinité avant de se lancer dans la fiction — et quand il décrit une filature nocturne ou un recrutement sous pression, on sent que l’homme sait de quoi il parle. Le roman met face à face Nate Nash, jeune agent de la CIA à Moscou, et Dominika Egorova, ancienne ballerine reconvertie en espionne du SVR (successeur du KGB) après qu’un « accident » a brisé sa carrière de danseuse.

Nate est le contact privilégié de MARBRE, une taupe russe de haut rang qui renseigne les Américains depuis une dizaine d’années. Quand sa couverture est compromise, il est muté à Helsinki — une voie de garage. Dominika, formée à l’école des moineaux (où l’on apprend à utiliser la séduction comme arme de renseignement), est envoyée pour le piéger et lui soutirer l’identité de MARBRE.

Le duel entre ces deux-là constitue le moteur du roman. Matthews excelle à restituer les mécaniques du recrutement, du retournement et du contre-espionnage. Le livre a remporté l’Edgar Award du meilleur premier roman et a été adapté au cinéma en 2018 avec Jennifer Lawrence. À noter : chaque chapitre se termine par une recette de cuisine liée au pays visité — une excentricité dont on ne sait pas bien quoi penser, mais qui finit par manquer quand on passe à un autre livre.


4. L’Espion fidèle (Alex Berenson, 2006)

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Alex Berenson était reporter au New York Times et a couvert le conflit irakien avant de passer au roman. L’Espion fidèle, son coup d’essai (couronné par l’Edgar Award en 2007), présente John Wells, premier agent américain à avoir infiltré Al-Qaïda après sa conversion à l’islam. Le problème : Wells est resté si longtemps en immersion dans les montagnes afghanes que la CIA elle-même doute de sa loyauté. Certains se demandent même s’il est encore en vie.

Lorsque Al-Zawahiri ordonne à Wells de rentrer aux États-Unis, l’Agence ne sait plus sur quel pied danser. Seule Jennifer Exley, son officier traitant, reste convaincue qu’il n’a pas changé de camp. Tout le roman repose sur cette ambiguïté : Wells est-il toujours un patriote, ou la ligne entre couverture et conviction a-t-elle fini par s’effacer ?

Le contexte post-11 septembre, la paranoïa institutionnelle et le choc du retour au pays pour un homme qui a vécu des années dans la crasse et la dureté des plateaux afghans donnent au livre un ancrage psychologique peu courant dans le genre. L’Espion fidèle est le premier volet d’une longue série consacrée à John Wells.


5. Rainbow Six (Tom Clancy, 1998)

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Tom Clancy, le pape du techno-thriller, a signé avec Rainbow Six l’un de ses romans les plus populaires — ne serait-ce que parce qu’il a engendré une célèbre série de jeux vidéo. Le héros n’est pas ici Jack Ryan (qui n’apparaît que très brièvement) mais John Clark, ancien commando de la Navy déjà croisé dans Danger immédiat et La Somme de toutes les peurs, accompagné de son beau-fils Domingo « Ding » Chavez.

Clark prend la tête de Rainbow, une unité antiterroriste multinationale de l’OTAN, basée à Hereford en Grande-Bretagne. L’équipe enchaîne les interventions à travers l’Europe — prise d’otages à Berne, assaut dans un château autrichien, crise en Espagne — jusqu’à ce qu’un schéma inquiétant se dessine. Quel lien relie ces attentats aux recherches d’un trust pharmaceutique installé dans un laboratoire au fin fond du Kansas ? L’enjeu s’avère vertigineux : rien de moins que l’anéantissement de l’espèce humaine par guerre bactériologique.

Le roman fait plus de 1 300 pages en version française (découpé en deux tomes). C’est du Clancy pur jus : descriptions opérationnelles minutieuses, technicité assumée, et un sens du suspense qui fonctionne même quand on connaît les ficelles. On pourra tiquer devant un certain patriotisme appuyé, mais la mécanique, elle, tourne sans accroc.


6. La Mémoire dans la peau (Robert Ludlum, 1980)

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Si le thriller d’espionnage moderne a un acte fondateur, c’est probablement celui-ci. La Mémoire dans la peau est le roman qui a donné naissance à Jason Bourne, avant que Matt Damon ne s’en empare au cinéma et que Jean Van Hamme ne s’en inspire pour créer XIII. Le pitch tient en quelques lignes : un homme est repêché criblé de balles au large de Marseille par un bateau de pêche. Soigné par un médecin alcoolique, il se réveille amnésique. Son seul indice : un fragment de microfilm implanté sous sa peau, porteur du numéro d’un compte en banque à Zurich.

À Zurich, il découvre que le compte appartient à un certain Jason Bourne — et que Jason Bourne est traqué par des tueurs implacables, dont le légendaire Carlos (dit « le Chacal »). S’ensuit une double course : retrouver son identité et rester en vie, à travers l’Europe, de la Suisse à Paris, en compagnie de Marie Saint-Jacques, économiste canadienne embarquée malgré elle dans cette spirale. Derrière tout cela se cache Treadstone 71, un programme secret de la CIA.

Publié en 1980, le roman fonctionne toujours aussi bien. Ludlum empile les retournements de situation avec une générosité qui frise l’excès — chaque théorie élaborée par le héros s’effondre quelques chapitres plus loin — et c’est justement cette instabilité permanente qui rend le livre impossible à lâcher. Premier volet d’une trilogie (La Mort dans la peau, La Vengeance dans la peau), il a obtenu le prix Mystère du meilleur roman étranger en 1982.


7. The Gray Man (Mark Greaney, 2009)

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Autant prévenir : ici, la subtilité n’est pas au programme. The Gray Man est le premier tome d’une série signée Mark Greaney, coauteur de plusieurs romans de la saga Jack Ryan avec Tom Clancy. Court Gentry, ancien agent de la CIA reconverti en tueur à gages freelance, est surnommé « le Gray Man » pour sa capacité à se fondre dans le décor et à disparaître après chaque mission. Jusqu’au jour où sa tête est mise à prix.

Son tort : avoir éliminé le frère d’un dictateur africain. Ledit dictateur pose un ultimatum à un puissant conglomérat français, qui lance à ses trousses des équipes de mercenaires et de commandos d’élite à travers toute l’Europe. De l’Irak à la Normandie, via Londres, Prague et Budapest, Gentry doit survivre à une chasse à l’homme sans relâche, tout en protégeant la famille de son ancien employeur, prise en otage.

Le roman a été décrit comme un « Jason Bourne dopé au Red Bull et aux amphétamines », ce qui résume assez bien l’ambiance. Fusillades, courses-poursuites et corps-à-corps s’enchaînent à un rythme infernal. L’intrigue ne prétend pas révolutionner le genre, mais elle fait le travail avec une brutalité jubilatoire. Adapté par Netflix en 2022 avec Ryan Gosling et Chris Evans, le film a été l’un des plus gros succès d’audience de la plateforme.


8. Orphelin X (Gregg Hurwitz, 2016)

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Evan Smoak a été arraché à un orphelinat d’East Baltimore dès l’enfance pour intégrer le Programme Orphelin, un dispositif clandestin du gouvernement américain conçu pour transformer des enfants sans famille en agents d’élimination. Formé par son instructeur Jack (dont il a pris le nom de famille comme couverture), Evan est devenu Orphelin X : un fantôme, sans existence légale, spécialisé dans la neutralisation de cibles que l’État ne peut pas atteindre par les voies officielles.

Jusqu’au jour où on lui ordonne de tuer un autre Orphelin. Evan refuse, coupe les ponts avec le programme et se réinvente en « Nowhere Man » : un justicier joignable uniquement via un numéro de téléphone secret, transmis de bouche à oreille par les personnes qu’il a secourues. Il vient en aide aux citoyen·ne·s ordinaires piégé·e·s dans des situations désespérées.

Lorsqu’il accepte de s’occuper d’une jeune femme endettée dont le père a été enlevé, Evan met le doigt dans un engrenage qui le ramène tout droit vers ses anciens employeurs. L’appartement-forteresse d’Evan, ses « commandements » personnels (un code moral strict) et son obsession pour la vodka artisanale font de lui bien plus qu’un énième super-soldat solitaire. La série compte déjà sept volumes — preuve que le filon est loin d’être épuisé.


9. Chacal (Frederick Forsyth, 1971)

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Chacal est le tout premier livre de Frederick Forsyth, ancien correspondant de Reuters et de la BBC — et, plus de cinquante ans après sa parution, il reste aussi tendu qu’au premier jour. Le cadre : la France du début des années 1960. L’OAS, après l’échec de l’attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle et l’exécution du colonel Bastien-Thiry, décide de changer de méthode. Le lieutenant-colonel Marc Rodin engage un tueur professionnel étranger, inconnu des services français : un Anglais, élégant, méticuleux, qui accepte le contrat pour 500 000 dollars. Son nom de code : le Chacal.

La première moitié du roman suit les préparatifs du Chacal avec une précision quasi documentaire : acquisition d’un faux passeport britannique, commande d’un fusil de précision sur mesure à un armurier bruxellois, reconnaissance des lieux à Paris, élaboration de fausses identités. La seconde moitié bascule dans la traque, lorsque les services secrets français, alertés par un mot lâché sous la torture — « Chacal » —, confient l’enquête au commissaire Claude Lebel, un homme à l’apparence quelconque mais d’une ténacité sans faille.

Le tour de force de Forsyth est de maintenir le suspense alors même que tout le monde connaît la fin : de Gaulle n’a pas été assassiné. Et pourtant, on tourne les pages comme si l’issue restait incertaine. Adapté au cinéma par Fred Zinnemann en 1973 (avec Edward Fox), puis en série par Peacock en 2024 (avec Eddie Redmayne), Chacal n’a jamais quitté le panthéon du thriller politique — Publishers Weekly le classe parmi les trois meilleurs romans d’espionnage de tous les temps.