Trouvez facilement votre prochaine lecture
Que lire après « Lanfeust de Troy » de Christophe Arleston et Didier Tarquin ?

Que lire après « Lanfeust de Troy » de Christophe Arleston et Didier Tarquin ?

Cette page contient des liens affiliés vers Amazon et la Fnac. Si vous achetez un livre en passant par l’un de ces liens, nous touchons une petite commission — sans aucun surcoût pour vous. Une façon simple de nous soutenir. En tant que Partenaire Amazon, nous réalisons un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Publiée entre 1994 et 2000 chez Soleil Productions, Lanfeust de Troy est une série de bande dessinée d’heroic fantasy en huit tomes — auxquels s’ajoute un neuvième paru en 2021 — signée par le scénariste Christophe Arleston et le dessinateur Didier Tarquin. L’histoire se déroule sur Troy, une planète où chaque habitant possède un pouvoir magique unique : l’un peut figer l’eau en glace, un autre émettre des pets colorés. Apprenti forgeron du village de Glinin, Lanfeust a le pouvoir — modeste — de faire fondre le métal d’un regard. Sa vie bascule le jour où, au contact d’une épée dont le pommeau est en ivoire de Magohamoth — une créature légendaire —, il accède au pouvoir absolu. Accompagné du sage Nicolède, des deux filles de ce dernier — C’ian et Cixi — et du redoutable troll Hébus, Lanfeust se lance alors dans une quête qui le mènera du fin fond de la Souardie jusqu’à la cité d’Eckmül, capitale du savoir. Vendue à plusieurs millions d’exemplaires, la série a donné naissance à tout un univers — une dizaine de séries dérivées, des encyclopédies, un magazine — et reste l’un des piliers de l’heroic fantasy en BD francophone.

Si vous vous demandez quoi lire après les aventures du forgeron rouquin, voici quelques recommandations qui devraient vous occuper un moment.


1. Lanfeust des Étoiles (Christophe Arleston et Didier Tarquin, 2001)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Suite directe de Lanfeust de Troy, ce deuxième cycle propulse Lanfeust, Cixi et Hébus loin de leur planète natale. On y apprend que Troy est en réalité la propriété du prince Dheluu, l’un des treize Princes-Marchands de Meirrion, et que le pouvoir absolu de Lanfeust résulte d’une expérience menée depuis des millénaires sur les pouvoirs psy. L’agent Glace, envoyée par les Princes-Marchands, et le retour de l’inévitable Thanos viennent compliquer une situation déjà passablement chaotique.

La série fait le pari audacieux de transformer une saga de fantasy en space opera — autrement dit un récit d’aventure à l’échelle galactique, avec vaisseaux spatiaux, planètes exotiques et empires interstellaires. Les huit tomes offrent un dépaysement total : nouvelles civilisations, bestiaire cosmique aussi inventif que celui de Troy, et références assumées à Star Wars, James Bond ou Moby Dick. Tarquin déploie toute sa verve graphique dans des décors futuristes très éloignés des forêts et des baronnies du premier cycle. Lanfeust, lui, éloigné de ses repères, prend une dimension d’anti-héros maladroit et gaffeur, tandis que Cixi s’impose comme le personnage le plus charismatique du cycle — aux côtés d’Hébus, évidemment.


2. Lanfeust Odyssey (Christophe Arleston et Didier Tarquin, 2009)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Troisième et dernier cycle des aventures de Lanfeust, Odyssey marque le retour sur Troy du héros et de son fidèle Hébus. Petit détail qui change tout : si deux ans à peine se sont écoulés pour eux durant leur périple dans l’espace, c’est presque vingt ans qui ont passé sur leur planète. C’ian et le chevalier Or-Azur sont désormais parents d’une belle fratrie, de nouvelles lois ont été promulguées, et le monde a appris à vivre sans son sauveur. Lanfeust, toujours aussi jeune et aussi peu subtil, doit reconquérir sa légitimité face à un Troy qui n’a pas attendu son retour pour changer.

La série — dix tomes, publiés entre 2009 et 2018 — prend un ton plus grave que les cycles précédents. L’affrontement avec Lylth, la dévoreuse de mondes (une créature vampirique qui se reproduit sous la forme de millions de banshees ailées), et la quête pour sauver le Magohamoth fournissent une trame nettement plus sombre. Les jeux de mots et les situations comiques restent au rendez-vous — Hébus reste Hébus —, mais l’enjeu se fait plus lourd. Si vous avez suivi Lanfeust depuis Glinin, ce cycle conclut une saga de vingt-six tomes avec un dénouement à la fois surprenant et cohérent.


3. Trolls de Troy (Christophe Arleston et Jean-Louis Mourier, 1997)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Deux siècles avant les aventures de Lanfeust, les humains décident de se débarrasser des trolls. Les habitants du village de Phalompe sont capturés par des chasseurs aux pouvoirs magiques et réduits en esclavage grâce à un enchantement. Seuls Teträm — brave troll, ancêtre direct d’Hébus, amateur de vin de Klostope et de paysan farci — et Waha, sa fille adoptive humaine, échappent à la capture. L’histoire de cette adoption mérite d’être racontée : Teträm a bel et bien dévoré les parents de Waha, mais quand le bébé l’a appelé « papa », il s’y est attaché. Ensemble, père et fille se lancent dans une quête pour libérer les leurs, avec l’aide du demi-troll Pröfy et d’un vieux sorcier édenté.

La grande trouvaille de la série tient dans son inversion de perspective : ici, ce sont les trolls les héros, et les humains les antagonistes. Jean-Louis Mourier apporte un trait rond et expressif, aux antipodes du style de Tarquin, et parfaitement adapté à l’humour débridé qui domine les 26 tomes parus depuis 1997. Waha, humaine élevée comme une trolle à part entière — avec un pouvoir magique aléatoire et totalement imprévisible —, est l’une des créations les plus réjouissantes d’Arleston. Si Lanfeust vous a séduit·e par son humour et son bestiaire, Trolls de Troy pousse ces deux curseurs encore un cran au-dessus, quitte à sacrifier un peu la trame au profit du gag. La série a d’ailleurs reçu deux fois le prix Alph-Art jeunesse au Festival d’Angoulême (1998 et 2002), ce qui n’est pas rien.


4. Cixi de Troy (Christophe Arleston et Olivier Vatine, 2009)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Dans Lanfeust de Troy, Cixi — la cadette espiègle et imprévisible de Nicolède — quitte ses compagnons à la fin du tome 5 après une dispute fracassante au palais de Xingdu. On ne la retrouve que bien plus tard, installée à Eckmül dans une double vie troublante — à la fois maîtresse de Thanos et justicière nocturne. Que s’est-il passé entre ces deux moments ? Cette trilogie (2009-2011) comble ce trou béant dans la chronologie et lève le voile sur l’un des personnages les plus complexes de l’univers de Troy.

Trois tomes suffisent à Arleston pour donner à Cixi le premier rôle qu’elle n’avait jamais eu. Le scénario prend la forme d’un récit d’aventure autonome — un « tome 5 bis » de Lanfeust de Troy, en somme — où l’espiègle cadette de Nicolède se révèle bien plus redoutable qu’on ne le soupçonnait. Au dessin, Olivier Vatine, connu pour son travail sur la série de SF Aquablue, apporte une élégance graphique qui tranche avec le style de Tarquin : un trait plus réaliste, des décors plus fouillés, une atmosphère plus adulte. La série se lit très bien de façon indépendante, mais les lecteur·ice·s de Lanfeust y trouveront un éclairage précieux sur l’un des personnages clés de la saga.


5. Les Conquérants de Troy (Christophe Arleston et Ciro Tota, 2005)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Remontons le temps de quatre millénaires. Troy vient tout juste d’être découverte par le Consortium des Fleurs, une puissante compagnie transplanétaire. La planète est alors habitée par une seule espèce primitive — les trolls — et abrite le Magohamoth, animal mystérieux dont la magie intéresse les conquérants. Des colons y sont envoyés de force, disséminés un peu partout. Parmi eux, Page Blanche et son frère Zuynn, séparés de leurs parents lors du largage, bien décidés à les retrouver.

En quatre tomes (la série est restée inachevée depuis 2014), Arleston et le dessinateur Ciro Tota racontent la genèse du monde de Troy : la colonisation de la planète, la naissance d’Eckmül, l’apparition des pouvoirs magiques chez les humains au contact du Magohamoth. Le ton est plus aventurier et moins comique que dans Lanfeust : l’humour cède une part de terrain à l’intrigue politique et aux enjeux de survie. Ciro Tota, qui avait déjà dessiné plusieurs tomes de la série de science-fiction Aquablue, livre un dessin dynamique et nerveux, bien adapté à ce récit de fondation. L’interruption de la série laisse hélas un goût d’inachevé — on attendait un cinquième tome qui n’est jamais venu.


6. Les Forêts d’Opale (Christophe Arleston et Philippe Pellet, 2000)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

On quitte ici l’univers de Troy — mais pas la plume d’Arleston — pour le monde d’Opale, entièrement recouvert de forêts et gouverné par le tyrannique Clergé de la Lumière. Ce clergé tire sa puissance des Pierres Magiques et prétend avoir reçu son autorité des Titans, un peuple légendaire dont on a perdu la trace. Darko, apprenti verrier dans le village de Drummor, ignore qu’il est l’héritier de Cohars, l’homme qui jadis aida les Titans de lumière à fuir l’oppression. Avec son oncle barde Urfold, sa sœur danseuse Sleilo et le colossal démon Ghörg, Darko est lancé malgré lui dans une quête pour accomplir la prophétie et libérer les Cinq Royaumes.

Les habitué·e·s d’Arleston retrouveront sa recette éprouvée — jeune héros élu, vieux mentor, deux jeunes femmes et un colosse — mais dans un registre sensiblement plus sérieux que Lanfeust. L’humour passe au second plan, au profit d’une intrigue politique et religieuse plus dense, où la question du pouvoir illégitime occupe une place centrale. Le véritable atout de la série réside dans le dessin de Philippe Pellet (sur les neuf premiers tomes) : ses forêts, rendues avec un luxe de détail presque naturaliste — sous-bois, architectures végétales, jeux de lumière entre les frondaisons —, donnent au monde d’Opale une identité visuelle immédiatement reconnaissable. Le premier cycle de neuf tomes, achevé en 2015, a depuis été prolongé par un second cycle avec de nouveaux dessinateurs (Cédric Fernandez, puis Stefano Martino).


7. Les Naufragés d’Ythaq (Christophe Arleston et Adrien Floch, 2005)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Un vaisseau de croisière, le Brume-de-Comète, s’écrase sur une planète absente de toutes les cartes spatiales. Trois rescapés — Granite Welgoat, astronavigatrice intrépide au réveil difficile, Narvarth, technicien poète et naïf, et Callista, passagère fortunée et manipulatrice — découvrent un monde encore à l’âge médiéval, peuplé de créatures étranges : les Fengs, humanoïdes à tête de chat voués à consigner la mémoire du monde, les Banfoos, petites boules de poils aux dents de morse, et bien d’autres. Sur Ythaq, certains individus maîtrisent un des quatre éléments : les « glébeux » contrôlent la terre, les « trempeurs » l’eau, les « zéphyrs » le vent et les « brasiers » le feu. Granite, à sa grande surprise, a acquis le pouvoir de brasier — le plus rare sur la planète — et réalise peu à peu que leur naufrage n’a peut-être rien d’un accident.

L’originalité de la série tient dans son mélange de science-fiction et de fantasy médiévale : des rescapés d’un crash spatial plongés dans un monde d’épée et de magie élémentaire, le tout lié par un mystère de grande ampleur — le « jeu des Ythes », une compétition secrète où de puissantes créatures utilisent la planète entière comme terrain de jeu et ses habitants comme pions. Sur 17 tomes répartis en deux cycles (2005-2020), Arleston et Floch construisent un univers dense, peuplé de dizaines d’espèces, de complots et de rebondissements. Le dessin d’Adrien Floch, précis et coloré, excelle dans les décors exotiques et les scènes de combat. On y retrouve la structure de personnages chère à Arleston (un homme entre deux femmes, un mentor sage, un compagnon costaud), mais le cadre et l’intrigue sont suffisamment singuliers pour que la formule se renouvelle.


8. Les Légendaires (Patrick Sobral, 2004)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

On change ici complètement de crèmerie. Publiée chez Delcourt et vendue à plus de dix millions d’exemplaires, Les Légendaires est une série créée, scénarisée et dessinée par Patrick Sobral. Dans le monde d’Alysia, cinq héros — Danaël le chevalier, Jadina la princesse magicienne, Gryf le Jaguarian (un homme-bête mi-humain mi-félin, aux griffes capables de trancher la roche), Shimy l’elfe élémentaire et Razzia le colosse de Rymar — incarnaient chacun l’une des cinq grandes valeurs de leur monde — le courage, la noblesse, la force, l’intelligence et la pureté. Jusqu’au jour où, lors de leur ultime combat contre le sorcier noir Darkhell, ils cherchent à l’empêcher d’utiliser la pierre de Jovénia et provoquent une catastrophe : toute la population d’Alysia, eux compris, retrouve son apparence d’enfant. Rejetés par ceux qu’ils protégeaient, les cinq héros se séparent… avant de se retrouver pour tenter de briser le sort.

Le dessin de Sobral emprunte aux codes du manga (visages expressifs, scènes d’action dynamiques) sans pour autant perdre son ancrage dans la BD franco-belge. La construction en diptyques — chaque arc en deux tomes — garantit un rythme soutenu. Derrière son apparence « jeunesse », la série n’hésite pas à aborder des thèmes sombres : sacrifice, trahison, deuil. Le cycle d’Anathos (tomes 9 à 12) en est l’illustration la plus frappante, avec des conséquences irréversibles pour plusieurs personnages. Adaptée en série animée puis en film d’animation sorti en 2025, Les Légendaires s’est imposée comme un pilier de la BD d’aventure, aussi bien auprès d’un jeune public que d’adultes qui ont grandi avec la série.


9. Radiant (Tony Valente, 2013)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Publié chez Ankama, Radiant est un manfra — un manga d’origine française — et le premier du genre à avoir été traduit et publié au Japon. L’histoire suit Seth, un jeune apprenti sorcier de la région des Pompo Hills. Dans son monde — composé d’îlots flottants —, des créatures appelées Némésis tombent du ciel et ravagent tout sur leur passage. Les rares survivants d’un contact avec un Némésis deviennent des « infectés » capables de manier le Fantasia, l’énergie magique de cet univers. Ils sont les seuls à pouvoir combattre ces monstres, mais ils sont aussi craints et rejetés par la population. Seth, reconnaissable à ses deux cornes, a un don unique : il manipule le Fantasia à mains nues, chose normalement impossible. Son objectif : trouver le Radiant, le berceau légendaire des Némésis, pour en finir avec la menace.

Tony Valente s’est approprié les codes du shōnen nekketsu — le genre manga d’aventure qui a donné Dragon Ball, Naruto ou One Piece : un jeune héros fonceur, une quête initiatique, une galerie de compagnons hauts en couleur — mais il y a greffé des thématiques fortes : rejet de la différence, persécution des minorités par l’Inquisition, handicap (Alma a perdu un bras, Mélie souffre de crises qui inversent radicalement sa personnalité). Au fil des tomes, l’humour des débuts cède progressivement la place à une intrigue politique et historique ambitieuse. Le dessin de Valente, dynamique et soigné jusque dans ses doubles pages les plus spectaculaires, a séduit le public japonais au point de valoir à Radiant une adaptation en anime diffusée sur la NHK — fait sans précédent pour une BD française.