Trouvez facilement votre prochaine lecture
Que lire après « Le Péché originel de Takopi » de Taizan 5 ?

Que lire après « Le Péché originel de Takopi » de Taizan 5 ?

Cette page contient des liens affiliés vers Amazon et la Fnac. Si vous achetez un livre en passant par l’un de ces liens, nous touchons une petite commission — sans aucun surcoût pour vous. Une façon simple de nous soutenir. En tant que Partenaire Amazon, nous réalisons un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Le Péché originel de Takopi est un shōnen manga de Taizan 5, prépublié dans le magazine en ligne Shōnen Jump+ entre décembre 2021 et mars 2022 et édité en France par Pika Édition en deux tomes (janvier 2023).

On y suit Takopi, un petit extraterrestre venu de la planète Happy pour répandre la joie sur Terre, qui se lie à Shizuka, une fillette victime de harcèlement scolaire et de maltraitance familiale. L’innocence de Takopi se heurte à la violence du monde dans un thriller psychologique dense, salué par le prix de l’Excellence au 51ᵉ Prix de l’Association des auteurs de bande dessinée japonais.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Bonne nuit Punpun (Inio Asano, 2007)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Punpun Onodera grandit dans un Japon contemporain, de l’école primaire à l’âge adulte. Lui et sa famille sont représentés sous la forme de silhouettes d’oiseaux rudimentaires — un choix graphique radical qui contraste avec le réalisme méticuleux des décors et des autres personnages. Punpun n’a pas de visage, pas de traits : le lecteur·ice projette sur cette forme vide ses propres émotions, tandis que le monde autour, lui, est rendu avec une netteté presque photographique. L’effet est celui d’un personnage qui n’arrive pas à exister dans son propre décor.

Violence domestique, amour obsessionnel, dépression : Punpun traverse tout cela, et Inio Asano n’adoucit rien. Les personnages échouent, se mentent, se détruisent. Cette fresque en 13 tomes (prépubliée dans Weekly Young Sunday puis Big Comic Spirits, éditée en France par Kana) ne cherche pas à consoler. Elle accompagne ses personnages jusqu’au pire, et elle ne détourne pas les yeux.


2. Les Liens du sang (Shūzō Oshimi, 2017)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Seiichi est un collégien de quatorze ans dont la vie semble parfaitement banale : un père salarié souvent absent, une mère au foyer attentionnée, une maison de banlieue sans histoire. Mais Seiko, sa mère, dissimule sous ses sourires une possessivité maladive. Elle traite son fils comme un nourrisson et referme sur lui, jour après jour, une emprise dont il ne mesure pas l’étendue — jusqu’à un événement irréversible lors d’une excursion familiale en montagne.

Édité en France par Ki-oon en 17 tomes (sérialisé dans Big Comic Superior), Les Liens du sang est un thriller domestique où chaque sourire maternel devient une menace silencieuse. Des pages entières passent sans un mot — de longues séquences muettes, des gros plans sur les regards — et la tension ne retombe jamais. Un sourire de Seiko suffit à glacer une scène de repas familial.


3. Nijigahara Holograph (Inio Asano, 2003)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Des papillons envahissent une ville de province. Un tunnel près de l’école nourrit une légende sinistre. Arié Kimura, élève au teint pâle, raconte à ses camarades un conte sur un monstre qu’il faut apaiser par un sacrifice. Ses camarades finissent par la pousser dans un puits. Elle sombre dans le coma. Dix ans plus tard, les conséquences de cet acte hantent encore chaque protagoniste.

Publié entre 2003 et 2005 dans le magazine Quick Japan, ce volume unique (édité en anglais par Fantagraphics) est l’œuvre la plus opaque d’Inio Asano. La narration saute entre deux temporalités sans transition ni repère : au lecteur·ice de reconstituer l’ordre des événements — et d’admettre que tout ne sera pas élucidé. La culpabilité, la violence et la cruauté ordinaire circulent d’un personnage à l’autre, d’une époque à l’autre, comme si l’acte initial avait contaminé tout le récit.


4. A Silent Voice (Yoshitoki Ōima, 2013)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Shōya Ishida, écolier turbulent, harcèle Shōko Nishimiya, une nouvelle élève sourde, pour tromper son ennui. Quand l’affaire éclate, ses camarades — pourtant complices — le désignent comme seul coupable et retournent leur hostilité contre lui. Des années plus tard, au lycée, la culpabilité le rattrape : Shōya part retrouver Shōko pour tenter de réparer ce qu’il a brisé.

En 7 tomes (prépubliés dans le Weekly Shōnen Magazine, édités en France par Ki-oon), A Silent Voice va plus loin qu’un récit sur le harcèlement scolaire : il en démonte les mécanismes de groupe — la lâcheté collective, le transfert de responsabilité, le silence des adultes. Yoshitoki Ōima, dont la mère est interprète en langue des signes, intègre cette langue dans la narration avec une justesse qui a valu au manga d’être utilisé comme support pédagogique par la Fédération japonaise des sourds.


5. Mauvaise herbe (Keigo Shinzō, 2018)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Lors d’une descente de police dans une maison close déguisée en salon de massage, le lieutenant Yamada croise Shiori, une lycéenne de seize ans en fugue. Elle lui rappelle sa propre fille, morte noyée quelques années plus tôt. Shiori, elle, fuit une mère violente et se prostitue pour survivre. Yamada décide de l’aider — mais l’aide qu’il offre est inséparable du deuil qu’il n’a pas fait. Il ne sauve pas Shiori : il essaie de sauver sa fille à travers elle.

En 4 tomes seulement (sérialisés dans Monthly Morning Two, édités en France par Le Lézard Noir), ce seinen aborde la maltraitance infantile, la prostitution des mineurs et les défaillances des services sociaux sans jamais appuyer là où ça fait mal. Keigo Shinzō (aussi connu pour Hirayasumi) ne force rien : ni les larmes, ni la rédemption. La relation entre Yamada et Shiori avance lentement, elle reste fragile et ambiguë jusqu’au bout, et la fin refuse de trancher à la place du lecteur·ice.


6. Les Fleurs du Mal (Shūzō Oshimi, 2009)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Takao Kasuga, collégien introverti d’une ville de province, voue un culte aux Fleurs du mal de Charles Baudelaire — le seul livre qui le fait se sentir différent de ses camarades. Il est secrètement amoureux de Nanako, la fille modèle de sa classe. Un soir, il dérobe par pulsion les vêtements de sport de Nanako oubliés dans la salle de classe. Sawa Nakamura, une camarade marginale et imprévisible, le surprend et le fait chanter.

La série compte 11 tomes (prépubliés dans le Bessatsu Shōnen Magazine, édités en France par Ki-oon) et elle est semi-autobiographique : la ville enclavée, la découverte de Baudelaire, le sentiment d’étouffement — tout vient de la propre jeunesse d’Oshimi. La relation toxique entre Takao et Sawa agit comme un acide : elle dissout l’image que Takao se fait de lui-même et met à nu la déviance qu’il préférait ignorer. Le malaise ne quitte jamais la lecture.


7. To Your Eternity (Yoshitoki Ōima, 2016)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Une entité immortelle et sans forme est déposée sur Terre par un créateur mystérieux. D’abord pierre, puis mousse, puis loup, elle adopte l’apparence de ce qu’elle rencontre au moment de la mort. Sa première forme humaine est celle d’un garçon seul dans une toundra glacée. L’être, nommé plus tard Fushi, traverse les siècles et les civilisations — chaque rencontre l’enrichit, chaque perte le fissure un peu plus.

L’œuvre s’étend sur 25 tomes (prépubliés dans le Weekly Shōnen Magazine, édités en France par Pika Édition, terminée en 2025) et pose une question simple qui irrigue tout le récit : que reste-t-il de quelqu’un après sa mort ? Pour Fushi, la réponse est littérale — il conserve la forme et les souvenirs de ceux qu’il a perdus. Mais cette mémoire ne remplace pas la présence. L’immortalité de Fushi n’est pas un privilège : c’est la condamnation à survivre à tous ceux qu’il aime.


8. Nana (Ai Yazawa, 2000)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Deux jeunes femmes de vingt ans portent le même prénom et se rencontrent par hasard dans un train pour Tokyo. Nana Komatsu, romantique et incapable de vivre sans être aimée, rejoint son petit ami. Nana Ōsaki, chanteuse punk résolue, vient percer dans la musique. Elles finissent par emménager ensemble dans l’appartement 707 et leur amitié devient le vrai sujet du manga — bien plus que les histoires d’amour qui s’accumulent et se disloquent autour d’elles.

En 21 tomes (prépubliés dans le magazine Cookie, édités en France par Delcourt/Akata), Nana est en pause depuis 2009 en raison de l’état de santé d’Ai Yazawa. L’œuvre se fait plus sombre à mesure qu’elle avance : derrière la mode, le rock et les soirées, elle dépeint la dépendance affective qui dévore, les compromis imposés par l’industrie musicale et ce qui arrive aux amitiés quand la vie adulte exige des choix que personne n’est prêt·e à faire.


9. The Ichinose Family’s Deadly Sins (Taizan 5, 2022)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Après Le Péché originel de Takopi, Taizan 5 s’est attaqué à la cellule familiale dans cette série de six volumes sérialisée dans le Weekly Shōnen Jump. Les six membres de la famille Ichinose se réveillent à l’hôpital, tous frappés d’amnésie à la suite d’un accident de voiture. De retour chez eux, ils découvrent que leur passé commun dissimule des secrets bien plus sombres qu’ils ne l’avaient imaginé.

On retrouve la patte graphique ultra-expressive de Taizan 5, son goût pour les visages déformés par l’émotion et sa façon de faire basculer un récit en apparence léger vers le thriller psychologique. Harcèlement, infidélité, dysfonctionnements familiaux : chaque tome se concentre sur un membre du foyer, pour mettre à nu, couche après couche, les non-dits et les traumatismes. Une option à envisager pour quiconque a été secoué·e par Takopi.