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Que lire après « Paradise Kiss » d'Ai Yazawa ?

Que lire après « Paradise Kiss » d’Ai Yazawa ?

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Paradise Kiss est un josei manga d’Ai Yazawa, prépublié entre 1999 et 2003 dans le magazine de mode Zipper, puis compilé en cinq volumes chez Shōdensha. On y suit Yukari Hayasaka, lycéenne absorbée par ses études, dont la vie bascule lorsqu’un groupe d’étudiants en mode — George, Miwako, Arashi et Isabella — l’entraîne dans l’univers de la création vestimentaire et du mannequinat. Suite indirecte de Gokinjo, une vie de quartier, la série a été adaptée en anime par le studio Madhouse en 2005 et en film live en 2011.

Si vous avez tourné la dernière page et cherchez quoi lire ensuite, voici quelques pistes.


1. Gokinjo, une vie de quartier (Ai Yazawa, 1995)

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Gokinjo est la série dont Paradise Kiss est directement issu. Le manga suit Mikako Kōda, lycéenne à l’Académie Yazawa (la fameuse Yazagaku), qui rêve de lancer sa propre marque de vêtements. À ses côtés, Tsutomu, ami d’enfance et voisin de palier, dont elle ne remarque pas qu’il est amoureux d’elle.

Plus léger et plus joyeux que Paradise Kiss, le récit repose sur un groupe d’amis soudés par la création et les ambitions de jeunesse. La mode, les amitiés compliquées, les premiers amours : tout ce qu’Ai Yazawa développera dans ses séries suivantes est déjà là, dans un cadre scolaire où chacun affirme son style. On y croise d’ailleurs les parents des futurs personnages de Paradise Kiss, dont la petite Miwako Sakurada enfant — autant dire que les deux séries se lisent comme un diptyque.


2. Nana (Ai Yazawa, 2000)

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Deux jeunes femmes prénommées Nana se rencontrent dans un train pour Tokyo. La première, Nana Komatsu — surnommée Hachi —, est une rêveuse au cœur d’artichaut qui court après l’amour. La seconde, Nana Ōsaki, est la chanteuse punk du groupe Blast, ancienne délinquante reconvertie en musicienne, qui porte encore les traces d’une rupture avec un bassiste parti à Londres. Réunies dans l’appartement 707, elles deviennent colocataires, confidentes, et finalement le centre de gravité l’une de l’autre.

Nana est le titre le plus célèbre d’Ai Yazawa, prépublié dans Cookie à partir de 2000. C’est aussi le plus dur. L’industrie musicale, les dépendances affectives, les compromis de la vie adulte : tout cela finit par abîmer les personnages, et Yazawa ne leur accorde aucun répit narratif. Là où Paradise Kiss laissait ses personnages avec des regrets élégants, Nana les laisse avec des dégâts. La série est suspendue depuis 2009 en raison de l’état de santé de l’autrice.


3. Princess Jellyfish (Akiko Higashimura, 2008)

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Tsukimi Kurashita, dix-huit ans, passionnée de méduses et d’une timidité qui lui interdit à peu près toute interaction sociale, vit dans la résidence Amamizukan à Tokyo, un foyer réservé aux femmes et peuplé d’otaku. Un soir, une inconnue élégante vient à sa rescousse dans une animalerie. Cette mystérieuse « princesse » est en réalité Kuranosuke, un jeune homme issu d’une grande famille politique, qui s’habille en femme pour échapper aux obligations de son milieu.

Récompensé par le prix Kōdansha en 2010, le manga tire sa force d’un contraste simple et efficace : des femmes persuadées d’être invisibles découvrent, à travers un projet de marque de vêtements baptisée Jellyfish, qu’elles peuvent occuper l’espace autrement que dans l’ombre. Higashimura traite la mode non pas comme un décor, mais comme un outil concret d’affirmation — là où Paradise Kiss l’abordait du point de vue de créateurs déjà sûrs d’eux, Princess Jellyfish part de celui de femmes qui ne se croyaient pas autorisées à en faire.


4. Helter Skelter (Kyōko Okazaki, 2003)

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Ririko est un mannequin adulé, d’une beauté artificielle et absolue. Son secret : cette perfection physique est le produit d’innombrables opérations de chirurgie esthétique et de traitements pharmaceutiques interdits. Quand son corps commence à se dégrader et qu’une rivale de quinze ans apparaît, Ririko choisit la surenchère : encore plus de chirurgie, encore plus de médicaments, encore plus de contrôle sur son image, jusqu’à ce que tout cède.

Prépublié à partir de 1995 dans Feel Young puis édité en volume unique en 2003, Helter Skelter a reçu le Grand Prix culturel Osamu Tezuka en 2004. Le trait est volontairement brut, presque cru — Okazaki ne cherche ni à séduire ni à rassurer. Figure majeure du manga féminin au Japon, elle a vu sa carrière interrompue par un accident en 1996. Ce volume unique reste le plus radical de cette liste : là où Paradise Kiss regardait la mode avec fascination et lucidité, Helter Skelter n’y voit qu’un mécanisme de destruction.


5. Honey and Clover (Chica Umino, 2000)

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Takemoto, Mayama et Morita partagent un appartement décrépit non loin de leur école d’art. L’arrivée de Hagumi Hanamoto, surnommée Hagu — prodige de la peinture à l’allure enfantine —, redistribue les cartes : Takemoto et Morita tombent tous deux sous son charme, tandis que Mayama poursuit un amour sans retour pour Rika Harada, une architecte endeuillée.

Ce que Honey and Clover réussit mieux que la plupart des mangas sur la jeunesse, c’est de prendre au sérieux le vertige de la fin des études : ce moment où il faut choisir un métier, renoncer à certaines personnes, accepter que le talent ne suffit pas. Chica Umino refuse les résolutions nettes ; les sentiments restent en suspens, les vocations hésitent. Prix du manga Kōdansha en 2003, adaptation en anime par le studio J.C. Staff : la série a trouvé un large public, mais c’est surtout un ton — mélancolique sans être complaisant — qu’Umino a retrouvé depuis dans March Comes in Like a Lion.


6. Nodame Cantabile (Tomoko Ninomiya, 2001)

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Shin’ichi Chiaki, fils d’un pianiste renommé, étudie à l’académie de musique Momogaoka avec l’ambition de devenir chef d’orchestre. Un traumatisme ancien l’empêche toutefois de prendre l’avion — et donc de rejoindre l’Europe, où travaille son mentor, le maestro Sebastiano Viera. C’est dans cet état de frustration qu’il tombe sur sa voisine de palier : Noda Megumi, dite Nodame, pianiste incapable de lire correctement une partition mais dotée d’une oreille et d’une sensibilité qui stupéfient ses professeurs — le tout enfoui sous un désordre domestique spectaculaire.

Prépublié dans le magazine Kiss de 2001 à 2009 (prix Kōdansha en 2004), le manga a provoqué un regain d’intérêt pour la musique classique au Japon. La force de la série tient moins à son intrigue sentimentale qu’à la galerie de personnages secondaires que Ninomiya déploie autour du duo principal — chefs tyranniques, violonistes névrosés, altistes pyromanes — et à l’énergie qu’elle met à faire entrer du chaos dans un milieu réputé guindé.


7. Skip Beat! (Yoshiki Nakamura, 2002)

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Kyōko Mogami a tout sacrifié pour Shōtarō Fuwa, son ami d’enfance devenu chanteur à succès : elle a quitté l’école, cumulé les petits boulots, assuré son quotidien. Le jour où elle découvre qu’il ne la considère que comme une domestique corvéable, sa colère se mue en un projet de vengeance très concret : intégrer la LME, l’agence rivale de Shō, et le surpasser dans le monde du spectacle.

Ce qui aurait pu rester un simple ressort comique prend une tout autre ampleur. Au fil des auditions et des rôles, Kyōko se prend d’un goût réel pour le métier d’actrice, et la vengeance cesse peu à peu d’être son moteur. La série, prépubliée dans Hana to Yume depuis 2002, compte plus de cinquante volumes et n’est pas encore achevée. Son principal atout : une héroïne qui ne ressemble à aucun archétype du shōjo — ni passive, ni douce, ni conciliante, mais furieuse, opiniâtre et progressivement transformée par ce qu’elle fait.


8. Kids on the Slope (Yuki Kodama, 2007)

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Été 1966. Kaoru Nishimi, lycéen solitaire et pianiste classique, est envoyé chez un oncle à Sasebo, dans le Kyūshū. Il y rencontre Sentarō Kawabuchi, garçon bagarreur, et Ritsuko Mukae, la déléguée de classe. Par l’intermédiaire de Sentarō, passionné de batterie, Kaoru découvre le jazz — Art Blakey, Bill Evans — et, pour la première fois de sa vie, le sentiment d’avoir un ami. Leurs sessions d’improvisation dans le sous-sol d’un disquaire deviennent le lieu où les non-dits se règlent : quand Kaoru et Sentarō n’arrivent plus à se parler, ils jouent.

Prépublié dans Monthly Flowers de 2007 à 2012 (prix Shōgakukan), le manga a été adapté en anime par Shin’ichirō Watanabe (Cowboy Bebop), sur une bande originale de Yōko Kanno. Les scènes musicales portent ici davantage d’émotion que les dialogues — Kodama parvient à rendre sur papier quelque chose qui relève normalement du son. Le récit aborde aussi la religion, les différences de classe et les séquelles de l’après-guerre, mais sans jamais forcer le trait : tout passe par l’amitié entre deux garçons que rien ne destinait à se comprendre.