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Que lire après « Hell's Paradise » de Yūji Kaku ?

Que lire après « Hell’s Paradise » de Yūji Kaku ?

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Hell’s Paradise (Jigokuraku) est un manga écrit et dessiné par Yūji Kaku, prépublié dans le Shōnen Jump+ entre janvier 2018 et janvier 2021, puis compilé en 13 volumes chez Shūeisha. On y suit Gabimaru, un ninja condamné à mort, et Yamada Asaemon Sagiri, une exécutrice, envoyés sur l’île surnaturelle de Shinsenkyo à la recherche de l’élixir d’immortalité. La série a été adaptée en anime par le studio MAPPA en 2023, puis renouvelée pour une deuxième saison diffusée début 2026.

Si vous avez refermé le dernier tome et que le manque se fait sentir, voici quelques pistes du même genre.


1. Ayashimon (Yūji Kaku, 2021)

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Ayashimon est le manga que Yūji Kaku a lancé juste après Hell’s Paradise, cette fois dans le Weekly Shōnen Jump. Le duo de tête : Maruo, un garçon doté d’une force surhumaine qui rêve de devenir un héros de manga, et Urara, fille du défunt chef du syndicat Enma, décidée à reprendre le contrôle de la pègre surnaturelle de Tokyo.

Prépublié de novembre 2021 à mai 2022 et compilé en seulement 3 volumes, Ayashimon n’a pas eu le temps de s’épanouir — la série a été annulée faute de résultats suffisants dans les sondages du Jump. On y retrouve pourtant la patte de Kaku : le folklore japonais traité sans révérence, des combats brutaux et un humour qui déraille au bon moment. C’est une curiosité de catalogue, trop courte pour convaincre pleinement, mais utile pour mesurer la continuité entre Hell’s Paradise et ce que Kaku tente de faire ensuite.


2. Chainsaw Man (Tatsuki Fujimoto, 2018)

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Chainsaw Man suit Denji, un adolescent criblé de dettes qui fusionne avec Pochita, son chien-démon, et se retrouve transformé en hybride doté de tronçonneuses rétractables. Recruté par Makima, une fonctionnaire aussi séduisante qu’opaque de la Sécurité publique, il intègre une brigade de chasseurs de démons. La première partie (97 chapitres, 11 volumes) a été prépubliée dans le Weekly Shōnen Jump entre décembre 2018 et décembre 2020 ; la seconde, toujours en cours, paraît dans le Shōnen Jump+ depuis juillet 2022.

Le lien entre Fujimoto et Kaku est direct : ce dernier a été l’un de ses assistants. Les deux auteurs partagent un goût pour la violence graphique, les revirements narratifs abrupts et les personnages moralement opaques — mais là où Kaku construit un récit structuré autour d’un objectif clair, Fujimoto préfère dynamiter ses propres intrigues, quitte à perdre le lecteur en route. Chainsaw Man a remporté le prix Kono Manga ga Sugoi! en 2021.


3. Fire Punch (Tatsuki Fujimoto, 2016)

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Première série de Tatsuki Fujimoto, Fire Punch est prépubliée dans le Shōnen Jump+ entre avril 2016 et janvier 2018, puis compilée en 8 volumes. Dans un monde plongé dans un hiver perpétuel par la Sorcière des Glaces, les orphelins Agni et Luna survivent grâce à leur pouvoir de régénération — jusqu’au jour où un être « béni » hostile réduit leur village en cendres et inflige à Agni une flamme qui ne s’éteint jamais.

Fujimoto y cite Hiroaki Samura (auteur de L’Habitant de l’infini) comme influence graphique, et cela se ressent dans la brutalité soignée des planches. La narration part dans des directions imprévisibles : ce qui commence comme un récit de vengeance dérive vers la réflexion sur l’identité, le cinéma et la condition humaine, avec une radicalité qui anticipe Chainsaw Man. C’est une œuvre courte, abrasive et inclassable.


4. Jujutsu Kaisen (Gege Akutami, 2018)

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Prépublié dans le Weekly Shōnen Jump entre mars 2018 et septembre 2024 (30 volumes), Jujutsu Kaisen met en scène Yūji Itadori, un lycéen qui avale un doigt du démon Ryōmen Sukuna et devient l’hôte d’une entité maudite surpuissante. Il intègre alors l’école d’exorcisme de Tokyo, où des exorcistes affrontent des fléaux engendrés par les émotions négatives des humains.

Comme Hell’s Paradise, Jujutsu Kaisen a été adapté par le studio MAPPA. Les deux séries partagent un système de combat où la stratégie compte autant que la puissance brute, des antagonistes dont les raisons d’agir sont toujours exposées, et un sens aigu du sacrifice. Gege Akutami revendique l’héritage de Yū Yū Hakusho de Yoshihiro Togashi, et cet ADN se retrouve dans la façon dont chaque affrontement révèle la psychologie des combattants.


5. Demon Slayer (Koyoharu Gotouge, 2016)

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Publié dans le Weekly Shōnen Jump entre février 2016 et mai 2020, Demon Slayer (Kimetsu no Yaiba) compte 23 volumes. Le Japon de l’ère Taishō (début du XXe siècle) sert de cadre au récit. Le jeune Tanjirō Kamado, vendeur de charbon, rentre chez lui un soir pour trouver sa famille massacrée par un démon. Seule sa sœur Nezuko a survécu, mais elle a été transformée en démon. Pour la ramener à sa condition humaine, Tanjirō s’engage dans le corps des pourfendeurs.

Les deux séries se répondent sur plusieurs plans : même ancrage dans un Japon historique où le surnaturel coexiste avec le quotidien, même importance accordée aux liens familiaux comme moteur du récit, et un système de combat fondé sur le corps — les « techniques de respiration » de Demon Slayer font écho au taoïsme corporel de Jigokuraku. L’adaptation par le studio Ufotable a fait le reste : le film Mugen Train a pulvérisé le record historique du box-office japonais en 2020.


6. Berserk (Kentarō Miura, 1989)

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Berserk est prépublié depuis 1989 dans les magazines Monthly Animal House puis Young Animal de l’éditeur Hakusensha. Le récit accompagne Guts, un mercenaire solitaire armé d’une épée démesurée, traqué par des forces démoniaques depuis un événement traumatique nommé l’Éclipse. Au cœur de l’œuvre se trouve sa relation avec Griffith, chef charismatique de la Troupe du Faucon — une relation d’admiration, de trahison et de haine qui en structure chaque arc.

Après le décès de Kentarō Miura en mai 2021, la série a repris sous la supervision de son ami d’enfance Kōji Mori et du Studio Gaga. Berserk fait partie des œuvres les plus citées par les mangakas de dark fantasy apparus dans les années 2010, et Hell’s Paradise ne fait pas exception : le rapport de Gabimaru à la violence, son isolement, ses rares accès de tendresse portent la marque de Guts. Mais c’est surtout le dessin de Miura, d’une minutie obsessionnelle, qui a redéfini ce qu’on pouvait attendre d’un manga en termes de densité graphique.


7. L’Habitant de l’infini (Hiroaki Samura, 1993)

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Publié dans le magazine Afternoon de Kōdansha entre décembre 1993 et décembre 2012, L’Habitant de l’infini (Mugen no Jūnin) compte 30 volumes. Manji, un rōnin rendu immortel par un ver parasite, s’est engagé à tuer mille scélérats pour expier ses crimes passés. Il fait route avec Rin, une jeune femme qui cherche à venger le meurtre de ses parents par l’école rivale Ittō-ryū.

Hiroaki Samura a développé un style graphique à l’encre de Chine, esquissé et nerveux, qui a formé toute une génération — Tatsuki Fujimoto le cite parmi ses modèles. Les combats de L’Habitant de l’infini ont fixé le standard du genre chambara (manga de sabre) : chaque duel est une composition à part entière, où la vitesse du trait sert la violence de l’action. Publié en France dès 1995 par Casterman, le manga a fait partie des premiers titres japonais à atteindre le marché francophone.


8. Dororo (Osamu Tezuka, 1967)

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Créé par Osamu Tezuka — considéré comme le père fondateur du manga moderne — Dororo est prépublié dans le Weekly Shōnen Sunday entre août 1967 et juillet 1968, avant d’être repris dans le magazine Bōken-ō d’Akita Shoten en 1969. L’histoire, restée inachevée, est celle de Hyakkimaru, un jeune homme dont 48 parties du corps ont été sacrifiées à des démons par son propre père, un seigneur de guerre désireux d’assurer la prospérité de son fief. Équipé de prothèses et de lames, Hyakkimaru pourchasse chaque démon pour récupérer ses membres, accompagné de Dororo, un jeune voleur.

La filiation avec Hell’s Paradise est structurelle : un protagoniste mutilé en quête de complétude, un Japon féodal peuplé de créatures, un duo improbable qui apprend à se faire confiance. Tezuka a posé ici, dès la fin des années 1960, les fondations narratives que Kaku reprendra des décennies plus tard. L’anime de 2019 (studio MAPPA et Tezuka Productions) a donné une seconde vie à cette œuvre inachevée, en la rendant lisible pour un public formé aux codes du shōnen contemporain.


9. Golden Kamui (Satoru Noda, 2014)

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Golden Kamui est un seinen prépublié dans le Weekly Young Jump entre août 2014 et avril 2022, compilé en 31 volumes chez Shūeisha. L’intrigue se noue autour de Saichi Sugimoto, vétéran de la guerre russo-japonaise surnommé « l’Immortel », qui s’associe à Asirpa, une jeune fille aïnoue, pour retrouver un trésor d’or caché. La carte du butin est tatouée sur la peau de prisonniers évadés — il faut donc les traquer un par un.

Le manga a remporté le Grand Prix du Manga en 2016 et le Prix culturel Osamu Tezuka en 2018. Noda a réalisé un travail de documentation considérable sur la culture aïnoue — langue, cuisine, techniques de chasse — en collaboration avec le professeur Hiroshi Nakagawa de l’université de Chiba. Comme Hell’s Paradise, la série passe sans transition du burlesque le plus débridé à la violence la plus sèche ; c’est ce déséquilibre permanent, assumé sans la moindre excuse, qui rend les deux œuvres si proches dans l’esprit.


10. Vinland Saga (Makoto Yukimura, 2005)

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Lancé en avril 2005 dans le Weekly Shōnen Magazine puis transféré dans le Monthly Afternoon de Kōdansha, Vinland Saga s’est achevé en juillet 2025 après 29 volumes. La série retrace la vie fictionnalisée de l’explorateur islandais Thorfinn Karlsefni : d’abord adolescent vengeur à la solde du chef de guerre Askeladd, il évolue vers un idéal pacifiste et le rêve de fonder une terre sans guerre ni esclavage — le Vinland.

Yukimura a remporté le Grand Prix du Japan Media Arts Festival en 2009 et le Prix du manga Kōdansha en 2012. Le parcours de Thorfinn, de la rage à la sérénité, résonne avec celui de Gabimaru dans Hell’s Paradise : deux guerriers consumés par la violence qui cherchent une raison de vivre hors du combat. Là où la plupart des mangas font de la paix un état par défaut, Vinland Saga en fait un objectif à conquérir — et montre à quel point cette conquête est plus ardue que n’importe quelle bataille.


11. Dorohedoro (Q Hayashida, 2000)

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Dorohedoro est un seinen prépublié à partir de 2000 dans le magazine Monthly Ikki de Shōgakukan, avant de migrer vers Hibana puis le Monthly Shōnen Sunday, où il s’achève en septembre 2018. La série compte 23 volumes. Le point de départ : Caïman, un amnésique à tête de reptile, et son amie Nikaido, tenancière d’une échoppe de gyōza, cherchent le mage responsable de sa transformation — dans un monde où les mages traitent les humains comme du bétail et où personne n’est exactement ce qu’il prétend être.

Q Hayashida, diplômée de l’Université des arts de Tokyo, a travaillé seule pendant 18 ans sur cette série, sans assistants — ce qui explique en partie l’unité graphique très particulière de l’ensemble. Son univers crasseux, à la croisée du gore, de l’absurde et de la comédie noire, a marqué Tatsuki Fujimoto, qui cite Dorohedoro comme une influence majeure sur Chainsaw Man. L’adaptation anime par le studio MAPPA (2020), diffusée sur Netflix, a donné à la série la visibilité que dix-huit ans de prépublication confidentielle ne lui avaient pas offerte.


12. Tokyo Ghoul (Sui Ishida, 2011)

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Tokyo Ghoul est prépublié dans le Weekly Young Jump entre septembre 2011 et septembre 2014, compilé en 14 volumes. Sa suite, Tokyo Ghoul:re, est publiée dans le même magazine entre 2014 et 2018 (16 volumes). Ken Kaneki, étudiant effacé, survit à l’attaque d’une goule grâce à une greffe d’organes qui le transforme en hybride. Ni tout à fait humain, ni tout à fait goule, il est rejeté par les deux camps et doit trouver sa place dans une guerre dont il ne voulait pas.

Sui Ishida a cité La Métamorphose de Franz Kafka comme source d’inspiration centrale — et la filiation est limpide : comme Gregor Samsa, Kaneki se réveille un matin dans un corps qui n’est plus le sien, et sa déchéance sociale découle de cette transformation irréversible, à la fois physique et psychologique. Comme Gabimaru, c’est un personnage que la violence reconfigure en profondeur, et dont l’humanité résiste mal aux épreuves.


13. Claymore (Norihiro Yagi, 2001)

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Claymore est prépublié chez Shūeisha — d’abord dans le Monthly Shōnen Jump (2001-2007), puis dans le Jump Square (2007-2014) — et compilé en 27 volumes. Le cadre est un monde médiéval infesté de yōma, des démons métamorphes dévoreurs d’humains. Pour les combattre, une organisation secrète crée les Claymores : des guerrières implantées avec de la chair de yōma, reconnaissables à leurs yeux argentés et à l’immense épée qu’elles portent au dos. Clare, la protagoniste, traque le démon responsable de la mort de la femme qui l’a élevée.

L’ombre de Berserk plane sur Claymore — cadre médiéval hostile, monstres difformes, guerrières aux corps marqués par leur hybridation — mais Yagi y ajoute une dimension propre : la hiérarchie entre Claymores, numérotées selon leur puissance, génère des alliances mouvantes et des rivalités internes qui structurent l’intrigue autant que la menace des yōma. Norihiro Yagi, originaire d’Okinawa, cite un voyage en France comme inspiration décisive pour l’esthétique de la série, adaptée en anime par le studio Madhouse en 2007.


14. Made in Abyss (Akihito Tsukushi, 2012)

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Made in Abyss est prépublié en ligne depuis octobre 2012 dans le magazine Web Comic Gamma de l’éditeur Takeshobo, et compte 14 volumes à ce jour. La série est toujours en cours. Le monde du récit est organisé autour d’une faille verticale gigantesque — l’Abysse — saturée de reliques et de créatures extraordinaires. Riko, jeune orpheline et apprentie exploratrice, s’enfonce dans les profondeurs avec Reg, un robot humanoïde amnésique, à la recherche de sa mère disparue.

Derrière ses personnages au trait enfantin, Made in Abyss est d’une brutalité émotionnelle et physique qui s’intensifie à chaque strate — chaque palier de l’Abysse impose aux corps des séquelles irréversibles, et Tsukushi ne détourne jamais le regard. Ce contraste entre innocence visuelle et cruauté du monde rappelle l’île de Shinsenkyo dans Hell’s Paradise : un décor d’une beauté trompeuse, conçu pour broyer ceux qui s’y aventurent. L’adaptation anime par Kinema Citrus (2017, 2022) a fidèlement restitué cette tension.