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Que lire après « Gangsta. » de Kohske ?

Que lire après « Gangsta. » de Kohske ?

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Gangsta. est un seinen manga écrit et dessiné par Kohske, prépublié depuis 2011 dans le magazine Monthly Comic Bunch de l’éditeur Shinchosha. Il se déroule à Ergastulum, une cité fictive où corruption, crime organisé et discrimination envers les Crépusculaires — des êtres humains dotés de capacités surhumaines — dictent le quotidien. On y suit Warwick Arcangelo et Nicolas Brown, deux hommes de main qui acceptent les contrats que personne d’autre n’ose honorer. La série, toujours en cours malgré de nombreuses interruptions liées aux problèmes de santé de l’autrice, a été adaptée en anime en 2015 par le studio Manglobe.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Gangsta: Cursed. EP_Marco Adriano (Syuhei Kamo, 2014)

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Spin-off officiel de Gangsta., cette série de cinq volumes se focalise sur le passé de Marco Adriano, membre loyal de la famille Cristiano. Bien avant de protéger les Crépusculaires d’Ergastulum, Marco était un enfant soldat connu sous le nom de code « Spas », élevé au sein de la Brigade Esminets pour traquer et éliminer les Crépusculaires sans état d’âme. Le récit retrace sa prise de conscience face à l’horreur de sa propre mission — et le chemin tortueux qui l’a conduit à changer de camp.

Syuhei Kamo, ancien assistant de Kohske, reproduit avec fidélité l’atmosphère et le style graphique de la série mère. Les scènes d’action sont d’une brutalité franche, et la série donne à voir des versions plus jeunes de Nicolas, Warwick et d’autres visages connus d’Ergastulum. Ce spin-off est essentiel pour qui veut saisir la mécanique de la persécution des Crépusculaires et les fondations du conflit central de Gangsta.


2. Black Lagoon (Rei Hiroe, 2002)

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Rokuro Okajima, modeste employé de bureau japonais, se retrouve pris en otage par l’équipage du Black Lagoon, un groupe de pirates mercenaires qui sévit en Asie du Sud-Est. Trahi par son entreprise, il décide de tout abandonner pour rejoindre cette bande de hors-la-loi et adopte le surnom de « Rock ». La majeure partie de l’action se déroule à Roanapur, ville côtière fictive de Thaïlande où cohabitent triades chinoises, mafia russe, cartels sud-américains et trafiquants en tout genre.

Rei Hiroe livre un seinen nerveux et cinématographique, nourri de références au cinéma d’action de Hong Kong et aux polars américains. Les personnages — en particulier Revy, tireuse d’élite au caractère incendiaire — ont chacun un passé, des contradictions et des limites qui leur sont propres. Le vrai fil conducteur de la série, sous les fusillades spectaculaires, c’est l’évolution de Rock : employé de bureau ordinaire qui, au contact de Roanapur, découvre en lui une aptitude à la manipulation et au calcul froid qu’il ne se connaissait pas.


3. Dogs: Bullets & Carnage (Shirow Miwa, 2005)

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Dans un futur dystopique européen figé dans un hiver perpétuel, quatre individus aux destins croisés tentent de survivre : Heine, un psychopathe doté d’un implant vertébral qui le rend quasi immortel ; Badou, un journaliste freelance dont la privation de nicotine déclenche des accès de fureur ; Naoto, une épéiste en quête de vengeance ; et Mihai, un ex-tueur à gages reconverti en restaurateur. Tous gravitent autour d’une mystérieuse organisation souterraine liée à des expériences génétiques.

Le trait de Shirow Miwa — acéré, saturé de noirs, d’une précision presque mécanique dans les scènes de combat — donne à la série une identité visuelle immédiate. Mais derrière l’action pure, Dogs pose une question concrète : que reste-t-il d’un individu quand son corps a été modifié, sa mémoire falsifiée et son libre arbitre compromis par la science ? Bien que la série soit en pause depuis plusieurs années, les dix volumes existants forment un bloc suffisamment dense pour accrocher durablement.


4. Jormungand (Keitarō Takahashi, 2006)

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Un enfant soldat qui a perdu ses parents lors d’un bombardement et voue une haine féroce aux armes. Et pourtant, Jonah entre au service de Koko Hekmatyar, trafiquante d’armes aussi excentrique que redoutable, à la tête d’une équipe de mercenaires aguerris. Ensemble, ils parcourent le globe — de l’Europe de l’Est à l’Afrique — pour honorer des contrats dans le milieu opaque du commerce international d’armement.

Achevée en onze volumes, la série aborde sans détour les mécanismes géopolitiques du trafic d’armes, les compromissions diplomatiques et la question morale posée par ceux qui profitent de la guerre. Les influences de Keitarō Takahashi sont ouvertement cinématographiques — Heat, The Usual Suspects, Miami Vice — et se retrouvent dans la mise en scène tendue et les dialogues incisifs. Chaque arc narratif fonctionne comme un épisode autonome, avec ses propres antagonistes, sa propre logistique et ses propres dilemmes. Un titre sec, efficace, qui ne fait aucune concession.


5. Banana Fish (Akimi Yoshida, 1985)

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New York, années 1980. Ash Lynx, chef de gang de dix-sept ans au QI exceptionnel, a grandi sous l’emprise de Dino Golzine, parrain corse de la côte Est qui l’a élevé, exploité et façonné en arme. Lorsque Ash met la main sur un indice lié à « Banana Fish » — le mot prononcé par son frère aîné avant de sombrer dans la folie après le Vietnam —, il se retrouve au cœur d’une conspiration qui relie la mafia, les services de renseignement et un mystérieux stupéfiant capable d’anéantir toute volonté humaine. Sa route croise celle d’Eiji Okumura, photographe japonais dont la présence va bouleverser sa trajectoire.

Publié entre 1985 et 1994 dans un magazine shōjo, Banana Fish a fait voler en éclats les conventions du genre : le récit est un thriller politique brutal, ancré dans le New York des gangs, de la drogue et des luttes de pouvoir. Le titre renvoie à une nouvelle de J. D. Salinger, et chaque épisode de l’adaptation animée de 2018 porte le nom d’un texte de la « Génération perdue » — Hemingway, Fitzgerald. Vendue à plus de douze millions d’exemplaires au Japon, la série a fédéré un lectorat bien plus large que sa cible initiale et demeure une référence majeure du manga de crime.


6. The Fable (Katsuhisa Minami, 2014)

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Surnommé « The Fable » par la pègre japonaise, Akira Satō est un assassin d’élite dont la simple mention du nom terrifie chaque clan yakuza du pays. Capable d’éliminer n’importe quelle cible en six secondes, il se voit un jour ordonner par son patron de cesser toute activité meurtrière pendant un an et de vivre comme un citoyen ordinaire à Osaka, sous une fausse identité, hébergé par un clan local.

Le ressort du récit tient dans ce décalage : un génie du meurtre, totalement inadapté à la vie civile, qui adore les blagues nulles, la mauvaise télévision et son perroquet de compagnie. Katsuhisa Minami sait passer de la comédie noire à la tension pure en l’espace de quelques cases, et ses scènes d’action — espacées, chirurgicales — frappent d’autant plus fort qu’on ne les voit pas venir. Lauréat du 41ᵉ Prix Kōdansha dans la catégorie « Général » en 2017, nommé en sélection officielle au Festival d’Angoulême 2024, The Fable et ses vingt-deux volumes comptent parmi ce que le seinen contemporain a produit de plus solide.


7. No Guns Life (Tasuku Karasuma, 2014)

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Dans un monde d’après-guerre, d’anciens soldats cyborgs appelés « Extended » ont été abandonnés par la société et survivent en marge de la légalité. Juzo Inui est l’un d’entre eux : son corps a été modifié et sa tête remplacée par un revolver géant dont il ne connaît ni l’origine ni la raison. Détail cruel : la gâchette est placée à l’arrière de son crâne, ce qui signifie qu’il ne peut pas tirer lui-même. Sans mémoire de sa vie passée, il travaille comme « Resolver » — détective privé spécialisé dans les affaires liées aux Extended — dans une mégapole dominée par Berühren, la mégacorporation qui a conçu la technologie cybernétique.

La série emprunte au polar noir ses codes narratifs — monologue intérieur, atmosphère poisseuse, héros désabusé — et les transpose dans un univers cyberpunk solide. Tasuku Karasuma y pose des questions sans fard : à quel moment un être humain modifié cesse-t-il d’être humain ? Qui possède le corps d’un soldat transformé contre son gré ? En treize volumes, No Guns Life tient la comparaison avec Gunnm pour le fond et avec les polars hard-boiled des années 1990 pour la forme.


8. Sun-Ken Rock (Boichi, 2006)

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À Séoul, un Japonais sans repères nommé Ken Kitano survit dans la misère. Il a tout quitté pour suivre Yumin, la fille dont il est épris, partie en Corée du Sud pour devenir policière. Sa vie bascule le jour où il défend un vieux restaurateur ambulant agressé par des voyous. Repéré par Tae-soo, chef d’un gang de quartier, Ken est propulsé malgré lui à la tête d’une organisation mafieuse locale. Se forge alors la Sun-Ken Rock Team, un gang atypique porté par le charisme brut et le sens de la justice de son leader — qui cache sa véritable situation à Yumin, devenue policière au sein de la brigade anticriminalité.

C’est avant tout par son dessin que Sun-Ken Rock marque. Boichi — artiste sud-coréen également connu pour Dr. Stone — pousse le réalisme anatomique à un degré peu courant dans le manga, avec des planches de combat où chaque impact se ressent physiquement. La série alterne sans transition entre humour potache et séquences d’une violence sèche, ce qui déstabilise autant que cela accroche. Sur vingt-cinq volumes, le récit aborde les rapports de pouvoir, la corruption politique et les rouages du crime organisé en Corée du Sud — et se conclut sur un virage narratif que Boichi a lui-même déclaré avoir modifié après les attentats du Bataclan en 2015.


9. Dorohedoro (Q Hayashida, 2000)

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Hole est un quartier délabré et pollué dont les habitants servent de cobayes aux sorciers venus d’une autre dimension. Caïman, homme amnésique à tête de reptile et immunisé contre la magie, y traque chaque mage qu’il croise pour retrouver celui qui l’a transformé. Il est accompagné de Nikaido, son amie et propriétaire d’un restaurant de gyōza. En face, En, puissant chef de clan sorcier, envoie ses tueurs les plus redoutables — Shin et Noi en tête — pour éliminer ce lézard qui massacre ses hommes.

Dorohedoro est un ovni éditorial : un récit ultra-violent et absurde où les scènes de décapitation côtoient des concours de gyōza et des moments de camaraderie sincère entre tueurs professionnels. Aucun personnage n’est véritablement du bon côté — tout le monde tue, tout le monde mange, et l’intrigue bifurque sans cesse vers des directions inattendues. Q Hayashida, qui a réalisé l’intégralité des vingt-trois volumes sans assistants, y imprime un style graphique cru, texturé et sale, à l’image du monde qu’elle a bâti. Adaptée en anime par le studio MAPPA en 2020, la série est un classique du seinen underground — et quelques pages suffisent pour comprendre pourquoi.


10. Murciélago (Yoshimurakana, 2013)

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715 meurtres à son actif depuis l’enfance : Kuroko Koumori est une ancienne tueuse en série condamnée à mort, puis graciée sous une condition — mettre ses compétences au service de la police de Tokyo pour neutraliser les criminels que les forces de l’ordre ne parviennent pas à arrêter. Flanquée de Hinako, adolescente intrépide au volant d’une Lamborghini Murciélago, elle enchaîne les missions dans une ville où la criminalité a atteint des proportions incontrôlables.

Le titre — « chauve-souris » en espagnol, tout comme « Koumori » en japonais — donne le ton : on est dans le registre du polar pulp, outrancier et assumé. Yoshimurakana livre des scènes d’action explosives, un humour omniprésent et une protagoniste aussi volatile que dérangeante — psychopathe, manipulatrice et séductrice compulsive, Kuroko est loin du cliché de l’antihéroïne au grand cœur. Murciélago ne prétend pas à la subtilité, et c’est précisément ce qui fait sa force : chaque arc frappe vite et fort, sans temps mort. Un défouloir idéal pour amateur·ice de seinen brutal.