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Que lire après « Ajin » de Gamon Sakurai ?

Que lire après « Ajin » de Gamon Sakurai ?

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Ajin est un seinen manga de Gamon Sakurai, prépublié entre 2012 et 2021 dans le magazine good! Afternoon de l’éditeur Kōdansha et compilé en dix-sept tomes. On y suit Kei Nagai, un lycéen qui découvre, après un accident mortel, qu’il appartient à l’espèce des « Ajin » — des êtres humains immortels capables de régénérer leur corps et d’invoquer des entités de combat invisibles. Traqué par un gouvernement qui utilise les Ajin comme cobayes, Kei se retrouve pris entre une humanité qui le rejette et des Ajin radicaux menés par le redoutable Satō.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations.


1. Tokyo Ghoul (Sui Ishida, 2011)

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Dans un Tokyo où des créatures appelées « goules » se nourrissent de chair humaine, dissimulées parmi les vivants, Ken Kaneki mène une existence tranquille d’étudiant passionné de littérature — jusqu’à sa rencontre avec l’une d’entre elles. Grièvement blessé, il survit grâce à une transplantation d’organes issus de son agresseuse et devient un hybride mi-humain, mi-goule, condamné à réprimer une faim qu’il n’a jamais choisie.

Recueilli par les goules du café L’Antique, Kaneki apprend à coexister avec sa nouvelle nature, mais il est vite pris en étau entre le CCG (Centre de Contrôle des Goules), résolu à exterminer ces créatures, et l’Arbre Aogiri, une faction de goules impitoyable. Sur 14 tomes — auxquels s’ajoutent les 16 tomes de la suite Tokyo Ghoul:re — la série suit la dégradation progressive de Kaneki, un personnage que la douleur physique et l’exclusion transforment plus sûrement que n’importe quelle greffe. Sui Ishida a puisé son inspiration dans La Métamorphose de Franz Kafka, et cela se sent : ici, devenir monstre n’est pas un événement, c’est un lent glissement. Son trait, d’ailleurs, accompagne cette évolution — brut et anguleux dans les premiers volumes, il gagne en noirceur et en précision à mesure que Kaneki perd pied.


2. Parasite (Hitoshi Iwaaki, 1989)

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Des organismes extraterrestres s’infiltrent silencieusement sur Terre et prennent le contrôle du cerveau de leurs hôtes humains, qu’ils transforment en prédateurs redoutables. Shinichi Izumi, lycéen ordinaire, échappe de justesse à ce sort : le parasite qui tente de l’infecter pendant son sommeil échoue à atteindre sa tête et se loge dans sa main droite. Baptisé Migi (« droite » en japonais), cet être froidement rationnel et Shinichi n’ont d’autre choix que de cohabiter.

Récompensée par le prix Kōdansha du manga en 1993 et le prix Seiun en 1996, cette série en 10 tomes tient son énergie de la relation entre Shinichi et Migi : un lycéen gouverné par ses émotions et une entité qui ne connaît que la logique, forcés de négocier en permanence pour survivre. Chaque confrontation avec un parasite qui a, lui, réussi sa fusion avec son hôte, rappelle à Shinichi ce qu’il aurait pu devenir — et ce qu’il est peut-être déjà en train de devenir, à mesure que la cohabitation altère son corps et émousse sa sensibilité.


3. Gantz (Hiroya Oku, 2000)

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Kei Kurono et son ami d’enfance Masaru Kato meurent écrasés par une rame de métro alors qu’ils portaient secours à un sans-abri tombé sur les voies. À l’instant de leur mort, ils se retrouvent dans un appartement clos où une mystérieuse sphère noire — Gantz — leur ordonne de chasser des extraterrestres cachés parmi la population. Équipés de combinaisons et d’armes futuristes, ils disposent d’un temps limité pour accomplir chaque mission et accumuler des points, sans comprendre ni les règles ni la finalité du jeu.

Compilé en 37 tomes après treize ans de prépublication dans le Weekly Young Jump, Gantz refuse tout ménagement : la violence y est graphique, frontale, et les personnages meurent sans préavis, y compris ceux que le lecteur·ice pensait indispensables. Hiroya Oku y fait un usage pionnier de la modélisation 3D pour ses décors, et le résultat produit un effet de réalisme clinique qui accentue le malaise. Le vrai moteur du manga, c’est l’observation de personnages ordinaires — lâches, égoïstes, parfois héroïques par accident — placés dans un système dont ils ignorent tout et qui ne leur doit aucune explication.


4. Last Hero Inuyashiki (Hiroya Oku, 2014)

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Ichirō Inuyashiki a 58 ans mais en paraît vingt de plus. Méprisé par sa famille, ignoré par le monde, il apprend qu’un cancer en phase terminale va l’emporter sous peu. Une nuit, alors qu’il pleure dans un parc, une navette extraterrestre le percute et le tue. Pour effacer les traces de leur passage, les aliens reconstruisent son corps sous forme de cyborg doté de capacités surhumaines — la faculté de voler, de guérir autrui, de pirater n’importe quel système informatique.

Mais Inuyashiki n’est pas le seul à avoir été transformé cette nuit-là. Hiro Shishigami, un adolescent froid et détaché, a subi la même métamorphose et choisit, lui, de tuer pour ressentir à nouveau quelque chose. En 10 tomes, cette série oppose deux usages inverses du même pouvoir absolu : le vieil homme pleure de joie quand il sauve un inconnu ; l’adolescent ne ressent rien quand il en tue des dizaines. C’est aussi, en creux, un manga sur le Japon contemporain — sa solitude ordinaire, l’indifférence familiale, le vide que ni l’âge ni la jeunesse ne suffisent à combler.


5. Fire Punch (Tatsuki Fujimoto, 2016)

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Un monde figé sous la glace. Une Sorcière a plongé la Terre dans un hiver perpétuel, et les survivants en sont réduits au cannibalisme pour subsister. Dans cet enfer blanc vivent Agni et Luna, deux orphelins capables de régénérer leur corps. Quand un soldat aux flammes inextinguibles réduit leur village en cendres et tue Luna, Agni survit — mais son corps brûle et se régénère en boucle, indéfiniment, et il devient une torche vivante animée par la seule idée de vengeance.

Première série de Tatsuki Fujimoto (auteur de Chainsaw Man), Fire Punch s’étend sur 8 tomes et refuse de tenir ses promesses initiales. Ce qui s’annonce comme un récit de vengeance classique déraille volontairement : la fable post-apocalyptique cède la place à la satire religieuse, puis au drame intime, puis à une réflexion sur le cinéma et la fiction elle-même. Fujimoto écrit comme quelqu’un qui s’ennuie des conventions et décide, à chaque chapitre, de dynamiter les attentes qu’il vient lui-même de poser.


6. Jagaaan (Muneyuki Kaneshiro & Kensuke Nishida, 2017)

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Shintarō Jagasaki est policier de quartier. Il sourit poliment, subit les moqueries de ses collègues, vit avec une copine qu’il n’aime plus et envisage un avenir morne — mariage, enfants, routine. Mais derrière cette façade de normalité, de violentes pulsions meurtrières bouillonnent. Un jour, après une pluie de grenouilles surnaturelle, certains humains se transforment en créatures monstrueuses appelées « humains brisés ». La main droite de Shintarō se métamorphose alors en une arme organique capable de les abattre.

En 14 tomes, Jagaaan fonctionne comme une satire acide de la société japonaise et de ses injonctions — réussir, se conformer, sourire. Les « humains brisés » incarnent, au sens littéral, les frustrations refoulées de chacun : désir, rage, orgueil, tout ce qu’on ravale au quotidien finit par éclater sous une forme monstrueuse. La collaboration entre Kaneshiro (également scénariste de Blue Lock) au scénario et Nishida au dessin donne un résultat nerveux et cru, où le gore n’est jamais purement gratuit — il est la traduction physique d’un mal-être social que la politesse japonaise étouffe en temps normal.


7. Elfen Lied (Lynn Okamoto, 2002)

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Les Diclonius sont une mutation de l’espèce humaine : ils possèdent des cornes et des « vecteurs », des bras invisibles capables de trancher n’importe quoi à distance. Considérés comme une menace, ils sont enfermés et soumis à des expériences dans un complexe de haute sécurité sur la côte de Kamakura. Lucy, une Diclonius adolescente, parvient à s’échapper après avoir décimé le personnel de l’installation. Blessée et devenue amnésique, elle est recueillie par Kōta, un étudiant qui ne sait rien de ce qu’elle est.

Publié en 12 tomes dans le Weekly Young Jump, Elfen Lied alterne en permanence entre des scènes d’une brutalité frontale et des moments d’une fragilité inattendue. Sous le gore, la série traite de la maltraitance infantile, du rejet, de la jalousie et de la discrimination — autant de traumatismes qui expliquent pourquoi Lucy détruit tout ce qu’elle touche. Impossible, pourtant, de la réduire à une tueuse : elle oscille sans cesse entre Lucy, implacable, et Nyū, innocente et vulnérable, et c’est cette oscillation qui maintient la tension — le lecteur·ice ne sait jamais laquelle des deux va reprendre le dessus. Cité par les créateurs de Stranger Things comme une influence directe pour le personnage d’Eleven, le manga a connu un regain d’attention en France lors de sa réédition chez Delcourt/Tonkam en 2021.


8. Deadman Wonderland (Jinsei Kataoka & Kazuma Kondou, 2007)

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Dix ans après un séisme dévastateur qui a englouti les trois quarts de Tokyo, le collégien Ganta Igarashi mène une vie ordinaire — puis un homme en armure écarlate flotte devant sa salle de classe et massacre tous ses camarades. Seul survivant, Ganta est accusé du crime et condamné à la prison à vie dans Deadman Wonderland, un établissement pénitentiaire doublé d’un parc d’attractions où les détenus s’entre-tuent pour divertir un public qui n’y voit qu’un spectacle.

En 13 tomes, la série développe un univers carcéral halluciné où Ganta découvre qu’il peut manipuler son propre sang comme une arme — un pouvoir partagé par d’autres détenus, les « Deadmen », forcés de s’affronter dans des combats à mort clandestins appelés « Carnival Corpse ». Le perdant y subit une ablation chirurgicale d’un organe ou d’un membre, déterminée au hasard par une machine à sous. La souffrance y est à la fois systématique et arbitraire, organisée comme un divertissement. Au milieu de ce cauchemar administratif, Ganta tente de prouver son innocence, épaulé par la mystérieuse Shiro, dont le lien avec lui s’avère beaucoup plus ancien — et plus sombre — qu’il ne le croit.


9. Kaiju n°8 (Naoya Matsumoto, 2020)

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Dans un Japon où des monstres géants — les kaiju — surgissent régulièrement pour ravager les villes, Kafka Hibino, 32 ans, travaille dans une entreprise de nettoyage chargée d’évacuer les carcasses après les combats. Enfant, il avait promis à son amie Mina Ashiro d’intégrer la Force de Défense anti-Kaiju pour combattre à ses côtés. Mais à la trentaine, après de multiples échecs aux examens d’entrée, il se résigne — jusqu’au jour où une créature parasite s’introduit dans son organisme et le transforme en hybride humain-kaiju, classé sous le nom de code « Kaiju n°8 ».

Publié entre 2020 et 2025 dans le magazine en ligne Shōnen Jump+, le manga compte 16 tomes. Son protagoniste est un trentenaire qui a accumulé les échecs, ce qui tranche avec les héros adolescents surdoués du shōnen habituel. L’ironie de sa situation — pour réaliser son rêve de protéger l’humanité, il doit devenir précisément ce contre quoi il voulait se battre — n’est pas sans rappeler Ajin : dans les deux cas, un personnage est piégé dans un corps que la société qu’il veut défendre considère comme une menace. Mais là où Ajin optait pour la noirceur, Kaiju n°8 choisit un ton plus léger — Kafka est drôle, maladroit, et ses interactions avec les jeunes recrues de la Force de Défense apportent une chaleur rare dans ce genre de manga — sans jamais renoncer à la tension de ses scènes d’affrontement.