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Que lire après « Jagaaan » de Muneyuki Kaneshiro et Kensuke Nishida ?

Que lire après « Jagaaan » de Muneyuki Kaneshiro et Kensuke Nishida ?

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Jagaaan est un seinen manga écrit par Muneyuki Kaneshiro et dessiné par Kensuke Nishida, prépublié dans le Big Comic Spirits de février 2017 à novembre 2021 et compilé en 14 tomes chez Shōgakukan. On y suit Shintarô Jagasaki, un policier de quartier dont la vie morne bascule lorsqu’il acquiert le pouvoir de transformer sa main en arme organique, face à des humains métamorphosés en créatures par leurs désirs les plus enfouis. Publié en France par Kazé depuis 2019, le manga confronte pulsions destructrices et humanité résiduelle dans un body horror cru et viscéral.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Parasite (Hitoshi Iwaaki, 1989)

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Publié entre 1989 et 1995 dans le Monthly Afternoon de Kōdansha, Parasite met en scène Shinichi Izumi, un lycéen dont le bras droit est colonisé par une créature extraterrestre nommée Migi. Là où les autres parasites prennent le contrôle total du cerveau de leur hôte, Migi échoue et se retrouve confiné dans la main de Shinichi. Les deux êtres, condamnés à cohabiter, doivent coopérer pour survivre face aux parasites qui dévorent les humains.

Le véritable sujet du manga se joue dans la tête de Shinichi. À mesure qu’il s’endurcit au contact de Migi, il gagne en efficacité au combat mais perd la capacité de pleurer, de s’émouvoir, de réagir comme un adolescent ordinaire — jusqu’à devenir presque aussi étranger à lui-même que la créature logée dans son bras. Prix Manga Kōdansha en 1993 et Prix Seiun en 1996, Parasite a depuis été adapté en anime par Madhouse (2014) et en série live sur Netflix (2024), mais c’est le manga d’origine, en 10 tomes, qui reste la version la plus aboutie.


2. Gantz (Hiroya Oku, 2000)

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Sérialisé dans le Weekly Young Jump de 2000 à 2013 et compilé en 37 tomes, Gantz plonge le lecteur dans un jeu mortel orchestré par une mystérieuse sphère noire. Kei Kurono et son ami d’enfance Masaru Kato, fauchés par une rame de métro, se réveillent dans un appartement où la sphère Gantz leur confie des missions de chasse aux créatures extraterrestres, équipés d’un arsenal futuriste et d’un compte à rebours implacable.

Hiroya Oku, pionnier du traitement numérique pour les décors de manga, livre des scènes d’une brutalité frontale où les personnages tombent sans préavis et sans héroïsme. Le récit se déploie en trois phases : les premières missions, presque artisanales, cèdent la place à des affrontements à l’échelle de villes entières, puis à une invasion planétaire où les règles du jeu n’ont plus cours. Gantz est aussi un portrait acide de la lâcheté ordinaire : face à la mort, la plupart des personnages ne se révèlent ni courageux ni nobles, mais simplement terrifiés et égoïstes.


3. Tokyo Ghoul (Sui Ishida, 2011)

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Ken Kaneki, étudiant réservé, devient un hybride mi-humain mi-goule après une greffe d’organes qui le condamne à la faim de chair humaine. Prépublié dans le Weekly Young Jump de 2011 à 2014, prolongé par Tokyo Ghoul:re (2014-2018), ce seinen de Sui Ishida totalise 30 tomes. Pris entre les goules et le CCG (Centre de Contrôle des Goules) déterminé à les éradiquer, Kaneki doit redéfinir son identité dans un conflit où personne n’a les mains propres.

Ishida cite La Métamorphose de Kafka parmi ses influences, et le parallèle saute aux yeux : Kaneki subit une transformation irréversible qui le coupe de sa vie antérieure et le confronte au rejet. Le manga refuse de désigner un camp comme « le bon » — chaque faction abrite ses bourreaux et ses victimes. L’arc de Tokyo Ghoul:re, centré sur un Kaneki amnésique reconverti en agent du CCG sous un autre nom, pousse cette logique jusqu’à l’effacement pur et simple du protagoniste.


4. Gleipnir (Sun Takeda, 2015)

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Lancé en octobre 2015 dans le Young Magazine the 3rd de Kōdansha et achevé en 2023 en 14 tomes, Gleipnir repose sur une prémisse volontairement grotesque : Shūichi Kagaya, un lycéen, peut se transformer en mascotte canine équipée d’un revolver surdimensionné et d’une fermeture éclair dorsale assez grande pour accueillir un corps humain. Lorsque Claire Aoki découvre son secret, elle le soumet à un chantage pour retrouver sa sœur aînée, coupable du meurtre de leurs parents.

Le titre, emprunté au lien qui entrave le loup Fenrir dans la mythologie nordique, annonce un récit construit sur la dépendance et la domination. La relation entre Shūichi et Claire — lui soumis et rongé par la culpabilité, elle inflexible et prête à tout — compte davantage que l’intrigue de médailles extraterrestres qui sert de prétexte. Sun Takeda s’intéresse avant tout à ce qui se passe entre ces deux-là : un rapport de force que la violence et l’intimité physique rendent impossible à défaire.


5. Chainsaw Man (Tatsuki Fujimoto, 2018)

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Prépublié dans le Weekly Shōnen Jump de décembre 2018 à décembre 2020 (première partie), puis dans le Shōnen Jump+ depuis juillet 2022 (deuxième partie), Chainsaw Man suit Denji, un adolescent misérable qui fusionne avec son chien-démon Pochita pour devenir un hybride doté de tronçonneuses rétractables. Recruté par la Section de Sécurité publique, il traque des démons — des entités nées des peurs humaines — dans un Japon alternatif situé en 1997, où l’URSS existe encore et où des pans entiers de l’histoire ont été effacés par des démons.

Là où d’autres shōnen glorifient le combat, Fujimoto insiste sur sa pénibilité. Denji ne se bat pas pour un idéal : il veut manger à sa faim, vivre sous un toit et connaître un premier baiser. Cette trivialité des aspirations, au milieu d’un carnage permanent, donne au manga son ton à part — un alliage de violence sèche, d’humour noir et de tristesse rentrée. Récompensé par le 66e Prix Shōgakukan en 2021, Chainsaw Man compte plus de 35 millions d’exemplaires en circulation.


6. Fire Punch (Tatsuki Fujimoto, 2016)

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Dans un monde recouvert de glace où la famine pousse les survivants au cannibalisme, Agni et sa sœur Luna, capables de régénérer leur chair, nourrissent leur village en offrant leur propre corps. Lorsqu’un soldat aux flammes inextinguibles massacre la communauté et embrase Agni, celui-ci survit — mais brûle en permanence, incapable d’éteindre le feu qui le dévore. Publié dans le Shōnen Jump+ d’avril 2016 à janvier 2018 et compilé en 8 tomes, Fire Punch est le premier manga sérialisé de Fujimoto.

Le manga frappe par son refus du confort narratif. Les genres s’entrechoquent — dystopie, tragédie, comédie absurde — et les repères du lecteur volent en éclats. Le personnage de Togata, cinéphile obsessionnel dans un monde sans écrans, introduit une dimension méta où la fiction sert de grille de lecture — et parfois de prétexte — pour donner un sens au carnage. Plus ramassé et plus radical que Chainsaw Man, Fire Punch en constitue le laboratoire.


7. I Am a Hero (Kengo Hanazawa, 2009)

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Hideo Suzuki a 35 ans, travaille comme assistant mangaka, souffre de paranoïa et d’hallucinations. Son seul trait singulier : il possède un fusil de chasse, fait rarissime au Japon. Publié dans le Big Comic Spirits de 2009 à 2017 et compilé en 22 tomes, I Am a Hero prend son temps pour installer ce personnage avant de le jeter dans une épidémie qui transforme la population en zombies.

Le premier tome, consacré presque entièrement au quotidien d’Hideo — ses échecs, sa sexualité minable, ses rituels obsessionnels —, installe un réalisme trivial qui rend l’irruption de l’horreur d’autant plus dévastatrice. Hanazawa filme la catastrophe à hauteur d’homme, par les yeux d’un protagoniste qui se voit comme un figurant dans sa propre existence. Lauréat du 58e Prix Shōgakukan en 2013, le manga renouvelle le récit de zombies en le fondant sur la lâcheté et la lente conquête du courage.


8. Ajin (Tsuina Miura & Gamon Sakurai, 2012)

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Prépublié dans le good! Afternoon de Kōdansha de 2012 à 2021 et compilé en 17 tomes, Ajin débute lorsque le lycéen Kei Nagai se fait renverser par un camion et ressuscite sous les yeux des passants. Il découvre qu’il est un « Ajin » — un être immortel traqué par les gouvernements pour servir de cobaye à des expérimentations inhumaines. Sa fuite, aux côtés de son ami d’enfance Kai, le précipite dans une guerre larvée entre Ajin et autorités japonaises.

Kei tranche avec les protagonistes classiques : froid et calculateur, il n’éprouve de compassion que pour ceux qui lui sont utiles. Face à lui, Satō orchestre des offensives d’une précision tactique redoutable. Gamon Sakurai, qui reprend seul l’écriture dès le deuxième tome, construit un thriller politique et militaire où l’immortalité, loin d’être un don, sert de justification pour torturer indéfiniment ceux qui ne peuvent pas mourir.