Moriarty the Patriot (Yūkoku no Moriarty) est un manga scénarisé par Ryōsuke Takeuchi et dessiné par Hikaru Miyoshi, prépublié dans le Jump Square de Shūeisha depuis août 2016. La série reprend l’univers de Sherlock Holmes du point de vue de William James Moriarty, jeune prodige des mathématiques qui orchestre la chute de l’aristocratie britannique dans l’Angleterre de la fin du XIXe siècle. Publié en France par Kana dans la collection Dark Kana, le manga a aussi été adapté en anime par le studio Production I.G.
Si vous cherchez quoi lire ensuite, voici d’autres séries qui partagent avec Moriarty le goût des duels intellectuels, des intrigues historiques ou des héros ambigus.
1. Moriarty – The Remains (Hikaru Miyoshi, 2023)

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Spin-off en trois tomes de la série principale, Moriarty – The Remains se situe dans l’intervalle entre les deux parties du manga. Les frères Moriarty retournent dans leur manoir de Durham, à présent en ruine, et y découvrent un journal tenu en secret par Louis pendant des années. Ce carnet consigne des affaires parallèles et des souvenirs restés dans l’ombre du récit principal : les techniques de triche aux cartes enseignées par Moran, le « test » imposé par Jack l’Éventreur avant d’accepter les trois frères comme disciples, ou encore des missions oubliées du réseau clandestin.
Hikaru Miyoshi, seule aux commandes cette fois (d’après les light novels de Yōsuke Saita), préserve l’atmosphère gothique et la tension psychologique qui caractérisent la série mère. Le choix évident pour quiconque souhaite prolonger son séjour auprès du clan Moriarty.
2. Death Note (Tsugumi Ōba et Takeshi Obata, 2003)

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Light Yagami, lycéen surdoué, découvre le Death Note, un carnet du dieu de la mort Ryûk : toute personne dont le nom y est inscrit meurt dans les quarante secondes. Convaincu de pouvoir purger le monde de ses criminels, Light prend l’identité de Kira et s’érige en juge suprême. Face à lui, L, enquêteur de génie dont personne ne connaît le visage, entreprend de le démasquer.
Tout le récit tient dans l’affrontement psychologique entre ces deux esprits hors normes : chacun échafaude des pièges pour forcer l’autre à se trahir, quitte à sacrifier ses propres principes. Chaque décision entraîne des répercussions que ni Light, ni L, ni le lecteur n’avaient anticipées — et les retournements frappent d’autant plus fort qu’ils découlent toujours de la logique interne du récit. Le manga pose aussi, sans jamais la résoudre, la question d’une justice exercée sans contre-pouvoir. Comme Moriarty, Death Note fait d’un criminel méthodique son protagoniste, et laisse au lecteur·ice le soin de décider jusqu’où va sa sympathie.
3. Black Butler (Yana Toboso, 2006)

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Dans l’Angleterre victorienne, le jeune comte Ciel Phantomhive dirige l’empire commercial de sa famille et remplit en parallèle le rôle de « chien de garde de la reine » — un titre qui l’oblige à résoudre les affaires criminelles que la Couronne préfère garder dans l’ombre. À ses côtés, Sebastian, son majordome, se révèle d’une efficacité surnaturelle. Et pour cause : Sebastian est un démon, lié à Ciel par un pacte faustien dont le prix sera l’âme du garçon une fois sa vengeance accomplie.
Chaque arc plonge le duo dans les bas-fonds de Londres — trafics clandestins, sectes, complots au sein de la noblesse. L’humour, souvent confié à des domestiques aussi dévoués qu’inefficaces, alterne avec une noirceur qui s’épaissit à mesure que le passé de Ciel refait surface. On retrouve ici l’ossature de Moriarty : un cadre victorien soigné, une hiérarchie sociale rigide et, au centre, une relation maître-serviteur où la loyauté n’est jamais désintéressée.
4. Monster (Naoki Urasawa, 1994)

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En 1986, à Düsseldorf, le neurochirurgien japonais Kenzo Tenma fait le choix de sauver un enfant blessé par balle plutôt que le maire de la ville. Cette décision ruine sa carrière. Neuf ans plus tard, elle prend une dimension tout autre : l’enfant en question, Johan Liebert, est devenu un tueur en série d’une intelligence terrifiante. Charismatique, insaisissable, il retourne contre elles-mêmes toutes les personnes qu’il approche. Tenma, convaincu d’avoir créé ce monstre, part à sa poursuite à travers l’Allemagne réunifiée.
Le récit déploie des dizaines de personnages secondaires, tous liés au passé de Johan — héritages de la guerre froide, expériences eugénistes menées sous la RDA, réseaux d’extrême droite en quête d’un nouveau leader. Comme dans Moriarty, l’antagoniste fascine autant qu’il effraie, et le lecteur·ice ne sait jamais s’il cherche à le voir capturé ou à le comprendre. La tension ne faiblit pas sur les dix-huit tomes ; Urasawa dose chaque révélation de façon à relancer l’intrigue au moment exact où elle semble sur le point de se résoudre. Publié en France par Kana.
5. Les Mémoires de Vanitas (Jun Mochizuki, 2015)

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À la fin du XIXe siècle, des vampires perdent le contrôle dans les rues de Paris — non par malice, mais parce qu’une malédiction altère leur nom véritable, le noyau de leur identité, et les rend fous. Noé, un vampire du clan des Archivistes, arrive dans la capitale sur la piste du grimoire de Vanitas, un artefact que tous les siens redoutent. Il y rencontre Vanitas lui-même, un humain imprévisible qui prétend vouloir sauver les vampires à l’aide de ce grimoire.
Jun Mochizuki, déjà connue pour Pandora Hearts, bâtit un univers entre steampunk et fantasy gothique, où l’aristocratie vampirique et les Chasseurs de l’Église se livrent une guerre souterraine. Publié par Ki-oon, le manga rappelle Moriarty par son décor européen fin-de-siècle peuplé de personnages aux intentions indéchiffrables. Le duo Noé-Vanitas — le premier loyal et naïf, le second cynique et retors — en est la meilleure illustration : on ne sait jamais si Vanitas protège Noé ou se sert de lui.
6. Le Requiem du Roi des Roses (Aya Kanno, 2013)

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Librement adapté du Richard III de William Shakespeare, ce manga suit Richard, troisième fils de la maison d’York, né intersexe dans l’Angleterre du XVe siècle. Haï par sa mère qui voit en lui une punition divine, adoré par un père prêt à tout pour le protéger, Richard grandit au cœur de la guerre des Deux-Roses, le conflit qui oppose les York aux Lancaster pour le trône.
Quand son père meurt, Richard perd la seule personne qui acceptait sa nature — et, avec elle, toute raison de se contenir. Sa trajectoire vers le pouvoir est d’autant plus glaçante qu’Aya Kanno ne le réduit jamais à un monstre : chaque acte de cruauté s’accompagne d’une vulnérabilité réelle. La mise en scène, ouvertement théâtrale, reste fidèle à l’esprit shakespearien. Publié par Ki-oon en dix-sept volumes, le récit s’adresse aux lecteur·ices de Moriarty qui apprécient les fresques historiques où la frontière entre victime et tyran ne cesse de se déplacer.
7. Innocent (Shin’ichi Sakamoto, 2013)

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Le manga retrace la carrière de Charles-Henri Sanson, héritier de la plus célèbre dynastie de bourreaux français, depuis les dernières décennies de l’Ancien Régime jusqu’à la Terreur révolutionnaire. Contraint d’endosser une fonction qui lui répugne, Charles-Henri tente de concilier son idéal humaniste avec la brutalité de sa charge : il étudie l’anatomie pour abréger les souffrances des condamnés et milite en faveur de la guillotine comme instrument de mort rapide.
Le dessin de Shin’ichi Sakamoto porte l’ensemble : ses doubles pages, d’une virtuosité graphique peu commune, transforment chaque exécution en un tableau macabre et somptueux. La suite, Innocent Rouge, déplace le récit vers Marie-Josèphe, la sœur de Charles-Henri, personnage féroce et politique qui prend une place centrale à l’approche de la Révolution. Publié chez Delcourt/Tonkam, le diptyque compte vingt-et-un volumes. On y retrouve le dilemme central de Moriarty — un protagoniste qui tente de réformer un système tout en étant prisonnier du rôle que ce système lui a assigné.
8. Liar Game (Shinobu Kaitani, 2005)

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Nao Kanzaki, étudiante incapable de mentir, reçoit un jour cent millions de yens accompagnés d’une carte qui l’inscrit au Liar Game Tournament — un tournoi clandestin où chaque joueur·euse doit s’emparer de la mise de ses adversaires sous peine d’endettement à vie. Dépassée, Nao fait appel à Shin’ichi Akiyama, un ancien escroc sorti de prison, pour l’aider à survivre aux manches successives.
Chaque épreuve repose sur des règles de probabilités, de logique et de psychologie que les joueur·euses doivent retourner à leur profit — ou subir. Le manga décortique avec une rigueur quasi mathématique les mécanismes de la confiance et du bluff : quand faut-il coopérer, quand faut-il trahir, et comment anticiper la trahison des autres ? La tension naît du contraste entre Nao — qui refuse qu’un·e seul·e joueur·euse soit sacrifié·e — et Akiyama, stratège froid dont l’altruisme apparent n’exclut pas la manipulation. Ce rapport entre idéalisme et calcul pose la même question que Moriarty : jusqu’où peut-on manipuler au nom du bien commun ? Publié chez Tonkam en dix-neuf volumes.
9. Ron Kamonohashi: Deranged Detective (Akira Amano, 2020)

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Ron Kamonohashi est un ancien prodige de Blue, la plus prestigieuse école de détectives au monde. Frappé d’une malédiction redoutable — chaque coupable qu’il confond finit par se suicider —, Ron a été radié et vit en reclus. Sa rencontre avec Totomaru Isshiki, un policier consciencieux mais limité, lui offre une parade : Ron résout les affaires, Totomaru en récolte le crédit.
Ce qui débute comme une série d’enquêtes épisodiques bascule avec la Famille M, organisation criminelle liée au passé de Ron. On apprend que le protagoniste descend à la fois de Sherlock Holmes et de James Moriarty — un double héritage qui éclaire autant sa malédiction que son génie. Akira Amano, connue pour Mon prof le tueur Reborn!, manie un humour vif mais conduit ses arcs sombres sans concession. Publié par Mangetsu, ce shōnen prolonge de façon inattendue les thèmes de Moriarty : la filiation, le poids d’un nom et la difficulté de se définir quand on porte en soi le détective et le criminel.