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Que lire après « Nana » d'Ai Yazawa ?

Que lire après « Nana » d’Ai Yazawa ?

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Nana est un josei manga d’Ai Yazawa, prépublié dans le magazine Cookie de Shūeisha entre 2000 et 2009. La série, en pause depuis l’hospitalisation de l’autrice, compte 21 volumes. On y suit deux jeunes femmes de vingt ans qui partagent le même prénom, Nana Osaki et Nana Komatsu, qui se rencontrent par hasard dans un train pour Tokyo et finissent par emménager ensemble. Scène punk, dépendance affective, aspirations contrariées : le manga a reçu le prix Shōgakukan en 2003 et a été adapté en anime par le studio Madhouse ainsi qu’en deux films live.

Si vous cherchez quoi lire ensuite, voici des mangas qui partagent avec Nana un même intérêt pour la musique, les amours compliquées et la vingtaine incertaine.


1. Gokinjo, une vie de quartier (Ai Yazawa, 1995)

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Mikako Kōda et Tsutomu sont amis d’enfance, voisins de palier et élèves de la Yazawa Art Academy, un lycée dédié à la mode et à la création. Mikako rêve de fonder sa propre marque de vêtements, Happy Berry. Le jour où Tsutomu rentre accompagné d’une fille, elle comprend que ce qu’elle éprouve pour lui n’a jamais été de l’amitié.

Ce shōjo en sept volumes, prépublié dans Ribon entre 1995 et 1997, pose les fondations de ce que deviendront Paradise Kiss puis Nana. On y retrouve déjà les obsessions d’Ai Yazawa — la mode comme identité, les amitiés solides, les premiers chagrins amoureux — dans un registre plus léger et espiègle. Chaque personnage secondaire a un objectif professionnel précis, un style vestimentaire identifiable et une voix propre — ce soin apporté à chaque figure donne au récit sa vitalité.


2. Paradise Kiss (Ai Yazawa, 1999)

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Yukari Hayasaka mène une vie de lycéenne studieuse jusqu’au jour où un groupe d’étudiants en stylisme l’enrôle comme mannequin pour leur marque, Paradise Kiss. Au contact de George Koizumi, créateur brillant mais fuyant, elle commence à douter du chemin que ses parents ont tracé pour elle. Le manga a été prépublié dans le magazine de mode Zipper — un cas rare qui inscrit le récit dans un univers mode documenté avec précision, des patrons aux défilés de fin d’année.

Suite indépendante de Gokinjo, une vie de quartier, Paradise Kiss en reprend plusieurs personnages devenus adultes. En cinq volumes denses, Ai Yazawa y oppose conformisme familial et soif d’indépendance — et n’épargne pas son héroïne. La fin écarte le conte de fées : Yukari et George ne prennent pas le même chemin, et c’est ce qui donne à cette conclusion sa justesse.


3. Honey and Clover (Chica Umino, 2000)

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Takemoto, Morita et Mayama partagent un appartement délabré près de leur université des Beaux-Arts à Tokyo. Leur quotidien d’étudiants fauchés se complique avec l’arrivée de Hagumi Hanamoto, prodige de la peinture à l’allure enfantine, dont tombent amoureux Takemoto et Morita. Le manga repose sur un jeu d’amours asymétriques : chaque personnage aime quelqu’un qui en aime un autre.

Récompensé par le prix Kōdansha en 2003, Honey and Clover alterne séquences burlesques — Morita disparaît régulièrement pour des boulots mystérieux — et scènes d’une mélancolie discrète, notamment lors du voyage à vélo de Takemoto à travers le Japon, fuite en avant d’un garçon qui ne sait pas encore quoi faire de sa vie. Que devient-on après la fac quand on n’a ni vocation claire ni talent exceptionnel ? Cette question hante chaque personnage, et elle explique aussi le succès international de la série, portée par l’adaptation anime de J.C. Staff.


4. Solanin (Inio Asano, 2005)

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Meiko Inoue a quitté l’université depuis deux ans. Elle occupe un poste d’employée de bureau qui l’ennuie, tandis que son compagnon Taneda survit grâce à un travail précaire d’illustrateur. Leur groupe de musique amateur, Rotti, reste leur seul lien avec la vie qu’ils s’étaient promise à vingt ans. Quand Meiko plaque son emploi, elle déclenche une série de décisions dont l’une aura des conséquences irréparables.

En deux volumes, prépubliés dans le Weekly Young Sunday de Shōgakukan, Inio Asano livre un récit sec et sans filet sur les premières années de vie active, quand les rêves se heurtent aux factures. La rupture narrative qui intervient à mi-parcours — brutale, sans préparation — donne au manga une gravité que rien ne laissait prévoir. Adapté en film live avec Aoi Miyazaki et nommé pour le prix Eisner en 2009, Solanin tient en deux volumes ce que beaucoup de séries n’arrivent pas à dire en dix.


5. Given (Natsuki Kizu, 2013)

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Ritsuka Uenoyama, guitariste lassé de son propre groupe, tombe un jour sur un lycéen taciturne agrippé à une guitare aux cordes cassées : Mafuyu Sato. Après lui avoir réparé l’instrument et accepté à contrecœur de lui donner des leçons, Ritsuka entend Mafuyu chanter — et découvre une voix qui porte un chagrin dont il ignore encore tout. Le premier arc suit la naissance du groupe et la relation entre les deux garçons ; le second se concentre sur le batteur Akihiko et le bassiste Haruki.

Given, prépublié dans le magazine Chéri+ de 2013 à 2023, est un boys’ love où le deuil précède la romance. Avant de pouvoir aimer Ritsuka, Mafuyu doit se confronter à la mort de son ex-petit ami, un traumatisme dont il ne parle pas mais que la musique finit par exprimer à sa place. Natsuki Kizu ne traite pas la musique comme un décor ; la chanson que Mafuyu finit par écrire dit tout ce qu’il n’a pas su formuler en deux ans de silence. L’anime, diffusé en 2019 sur le bloc noitaminA de Fuji TV, a été la première série BL à accéder à cette case horaire.


6. Beck (Harold Sakuishi, 1999)

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Yukio Tanaka, dit Koyuki, est un collégien effacé et sans passion. Sa rencontre avec Ryusuke Minami, guitariste revenu des États-Unis accompagné d’un chien au pelage rapiécé nommé Beck, change tout. Koyuki se met à la guitare, rejoint le groupe de Ryusuke et se retrouve pris entre l’exaltation de la scène et un milieu où les contrats comptent autant que le talent.

Sur 34 volumes, prépubliés dans le Monthly Shōnen Magazine de Kōdansha entre 1999 et 2008, Harold Sakuishi suit le groupe du premier accord plaqué dans un garage jusqu’aux stades américains. Nourri de rock anglo-saxon des années 1960-1970, il trousse chaque couverture de chapitre comme un pastiche d’album célèbre (on croise des clins d’œil à Nirvana, Led Zeppelin, Rage Against the Machine). Le manga a reçu le prix Kōdansha en 2002. Sa force tient à un paradoxe : faire ressentir la puissance d’une musique que le lecteur n’entendra jamais.


7. Tokyo Tarareba Girls (Akiko Higashimura, 2014)

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Rinko est scénariste de dramas télévisés, célibataire à 33 ans. Avec ses deux amies Kaori et Koyuki, elles aussi sans partenaire, elle passe ses soirées dans leur bar favori à coups de « et si j’avais… » et « il aurait fallu que… ». Un soir, un jeune homme au physique de mannequin les interpelle sans détour — il les traite de « filles à yakafokon ».

Ce josei en neuf volumes, prépublié dans Kiss de Kōdansha entre 2014 et 2017, a remporté le prix Eisner en 2019. Akiko Higashimura, déjà connue pour Princess Jellyfish, y manie un humour acéré et parle avec une franchise inhabituelle des injonctions sociales qui pèsent sur les Japonaises trentenaires. Le titre lui-même est un programme : tarareba désigne en japonais le conditionnel passé, la conjugaison du regret. Toute la question du manga tient là : peut-on avancer quand on vit au conditionnel ?


8. Perfect World (Rie Aruga, 2014)

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Tsugumi Kawana, 26 ans, architecte d’intérieur, retrouve lors d’un dîner professionnel Itsuki Ayukawa, son amour de lycée. Depuis la fin de leurs études, un accident a laissé le jeune homme paraplégique. D’abord persuadée qu’elle ne pourrait pas assumer une telle relation, Tsugumi voit ses réticences céder à mesure qu’elle redécouvre Itsuki — le même humour, la même ambition, un quotidien simplement réorganisé autour d’autres contraintes.

Perfect World traite le handicap moteur sans édulcoration — Rie Aruga a collaboré étroitement avec un architecte paraplégique et rencontré des dizaines de couples concernés pour nourrir son récit. En douze volumes, prépubliés dans le magazine Kiss entre 2014 et 2021, le manga confronte ses personnages aux préjugés des proches, aux urgences médicales, aux questions matérielles (logement, accessibilité, carrière) — et fait d’Itsuki un personnage à part entière, pas un cas clinique. Le prix Kōdansha 2019 est venu saluer cette exigence documentaire rare dans le registre du josei.


9. Nodame Cantabile (Tomoko Ninomiya, 2001)

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Shin’ichi Chiaki, fils d’un pianiste célèbre, rêve de diriger un orchestre en Europe, mais une phobie de l’avion le cloue au Japon. Sa voisine de palier à l’université de musique Momogaoka, Megumi Noda — dite Nodame —, est une pianiste prodige : incapable de lire une partition, incapable de ranger sa chambre, mais capable d’interpréter Beethoven avec une liberté qui sidère Chiaki. Le contraste entre ces deux tempéraments — le perfectionniste rigide et l’intuitive chaotique — porte la série sur 25 volumes.

Tomoko Ninomiya s’est inspirée d’une vraie étudiante en piano, rencontrée en ligne, dont l’appartement en désordre et le talent brut ont donné naissance au personnage. Le résultat est une comédie physique débridée — courses-poursuites dans les couloirs du conservatoire, gags à répétition sur la saleté de l’appartement — qui n’empêche pas des moments d’intensité musicale, notamment lors des scènes de concert. Le drama live, diffusé en 2006, a provoqué un regain d’intérêt pour la musique classique au Japon.


10. Kids on the Slope (Yuki Kodama, 2007)

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Été 1966, Kyūshū. Kaoru Nishimi, lycéen solitaire et pianiste classique, déménage à Sasebo chez des parents éloignés. Il y croise Sentarō Kawabuchi, bagarreur notoire et batteur de jazz dévoué. Leur amitié naît dans la cave d’un magasin de disques, autour de sessions improvisées sur du Art Blakey, Chet Baker et Thelonious Monk — Kaoru au piano, Sentarō à la batterie.

Ce josei en neuf volumes, récompensé par le prix Shōgakukan en 2012, se déroule dans un Japon des années 1960 qui pèse directement sur ses personnages : bases militaires américaines à deux pas du lycée, influence du catholicisme à Nagasaki, familles où l’on ne parle pas de ce qui dérange. L’adaptation anime, réalisée par Shin’ichirō Watanabe (Cowboy Bebop) avec une bande originale de Yōko Kanno, pousse l’exigence jusqu’à animer les scènes d’improvisation image par image, de sorte que chaque mouvement de baguette correspond à une note jouée.