Valkyrie Apocalypse (Shūmatsu no Valkyrie) est un seinen manga scénarisé par Shinya Umemura et Takumi Fukui et dessiné par Ajichika, prépublié depuis 2017 dans le magazine Monthly Comic Zenon. Il met en scène un tournoi du Ragnarök où treize divinités issues de mythologies du monde entier affrontent treize champions de l’humanité dans des duels à mort, afin de décider du sort du genre humain.
Si vous vous demandez quoi lire après cette série, voici quelques recommandations — spin-offs, mangas et manhwa — qui partagent son goût pour les tournois, la mythologie et les combats démesurés.
1. Valkyrie Apocalypse – La Légende de Lü Bu (Takeo Ono, 2019)

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Premier spin-off officiel de Valkyrie Apocalypse, ce manga suit Lü Bu — le guerrier chinois qui représente l’humanité lors du tout premier combat du Ragnarök — bien avant le tournoi, dans la Chine du IIe siècle. La guerre des Trois Royaumes déchire le pays : des centaines de milliers d’hommes s’entretuent pour désigner un chef suprême. Lü Bu, lui, ne poursuit qu’un seul but — trouver un adversaire digne de lui.
Le scénario reste signé Shinya Umemura et Takumi Fukui, tandis que Takeo Ono assure le dessin avec un trait acéré et volontiers excessif — les corps aux proportions démesurées disent la puissance brute des guerriers avant même qu’ils n’ouvrent la bouche. L’histoire alterne entre batailles sanglantes et épisodes historiques romancés ; un détour par le Colisée de Rome, où Lü Bu participe à un tournoi de gladiateurs, offre un changement de cadre et de registre bienvenu. La lecture ne nécessite aucune connaissance préalable de la série mère.
2. Valkyrie Apocalypse – L’Affaire Jack l’Éventreur (Keiichirou Tobita, 2022)

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Second spin-off de la franchise, ce manga s’attache à Jack l’Éventreur — le champion de l’humanité lors du quatrième combat du Ragnarök — et remonte aux origines du personnage. L’action se situe dans le Londres de 1888, au moment où une série de meurtres de prostituées sème la terreur. Le protagoniste, un homme à l’allure de gentleman dont l’enfance misérable n’a laissé aucune trace visible, possède un don singulier : il perçoit les émotions d’autrui sous forme de lumières colorées, et c’est dans l’éclat de la peur et du désespoir qu’il trouve une forme tordue de beauté.
Le ton bascule ici vers le thriller psychologique et l’horreur. Loin des combats frontaux de la série mère, l’intrigue repose sur les rues embrumées, les sociétés secrètes et une violence plus insidieuse. De nombreuses références à la culture britannique — comptines enfantines, citations de Shakespeare — imprègnent l’atmosphère. Pour qui a apprécié l’affrontement entre Jack et Héraclès dans Valkyrie Apocalypse, ce spin-off révèle un personnage bien plus complexe qu’il n’y paraissait dans la série mère.
3. Witches’ War (Homura Kawamoto et Makoto Shiozuka, 2020)

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Prépublié dans le Monthly Comic Zenon — le même magazine que Valkyrie Apocalypse —, Witches’ War reprend un principe voisin et le décline au féminin : un tournoi à mort entre trente-deux femmes célèbres (Jeanne d’Arc, Cléopâtre, Marie-Antoinette, Bonnie Parker, entre autres). Arrachées à l’instant de leur mort par Agrat bat Mahlat, la Reine des Démons, elles reçoivent des pouvoirs de sorcière et s’affrontent jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’une. La survivante verra son vœu le plus cher exaucé.
Homura Kawamoto, déjà connu pour Kakegurui, construit chaque duel autour du désir profond de sa protagoniste — cupidité, regrets, aspirations inassouvies. C’est ce moteur intime, et non la seule force physique, qui alimente les pouvoirs de sorcière et fait basculer l’issue des duels. La coloration obtenue diffère nettement de celle de Valkyrie Apocalypse, où la puissance brute prime. Makoto Shiozuka, au dessin, accompagne ce parti pris par un découpage clair et des compositions qui accentuent la théâtralité de chaque confrontation.
4. Kengan Ashura (Yabako Sandrovich et Daromeon, 2012)

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Dans Kengan Ashura, les litiges entre grandes entreprises japonaises ne se règlent ni devant un tribunal, ni autour d’une table de négociation : ils se tranchent à mains nues, lors de combats clandestins hérités de l’époque Edo. Tokita Ohma, surnommé « Ashura », intègre ce circuit et attire l’attention du conglomérat Nogi Group, tandis que Kazuo Yamashita, employé de bureau quinquagénaire, se retrouve malgré lui entraîné dans ce monde brutal.
La série, forte de 27 volumes, fait s’affronter des dizaines de styles martiaux distincts — du jiu-jitsu brésilien au karaté, sans oublier des techniques fictives — portés par des combattants aux gabarits et aux méthodes radicalement opposés. Le découpage de Daromeon restitue avec précision la vitesse des échanges et le poids de chaque impact. Les intrigues de pouvoir entre PDG et les alliances entre clans donnent au récit un arrière-plan politique qui ancre la violence dans un contexte concret. Une suite, Kengan Omega, poursuit l’histoire depuis 2019.
5. Baki the Grappler (Keisuke Itagaki, 1991)

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Pilier fondateur du manga d’arts martiaux, Baki the Grappler a pour héros Baki Hanma, un adolescent aux capacités physiques hors norme, fils de Yujiro Hanma — surnommé « l’Ogre » et considéré comme la créature la plus forte du monde. L’objectif de Baki est simple : surpasser son père. Ce fil conducteur l’entraîne face à une galerie d’adversaires improbables — maîtres de karaté, champions de lutte, tueurs évadés du couloir de la mort, et même un homme préhistorique décongelé.
La série, publiée depuis 1991 et déclinée en six arcs majeurs pour un total de plus de 150 volumes, a durablement façonné le genre. Keisuke Itagaki, adepte de boxe et de Shōrinji Kempo, pousse l’anatomie de ses personnages jusqu’à l’absurde : muscles hypertrophiés, poses impossibles, techniques à la limite du surnaturel. Cette surenchère permanente, où chaque nouvel arc repousse les limites du précédent, est le pendant assumé de la montée en puissance des duels de Valkyrie Apocalypse — poussée ici jusqu’au délire.
6. Fate/Zero (Gen Urobuchi et Shinjirō, 2011)

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Adapté du light novel éponyme de Gen Urobuchi, ce manga — dessiné par Shinjirō — sert de préquelle à Fate/stay night. Sept mages (les Masters) invoquent chacun un esprit héroïque de l’histoire ou de la mythologie (les Servants) pour s’affronter dans la quatrième Guerre du Saint Graal. Le dernier duo encore debout se verra accorder un souhait par la relique sacrée. Le protagoniste, Emiya Kiritsugu, dit le « Tueur de Mages », est engagé par la famille Einzbern pour remporter la victoire à tout prix.
Là où Valkyrie Apocalypse repose sur des duels frontaux, Fate/Zero privilégie les stratagèmes, les dilemmes moraux et les trahisons. Gen Urobuchi, surnommé « l’Urobutcher » par ses lecteurs pour la noirceur de ses récits, impose un ton désenchanté où idéaux et pragmatisme ne cessent de se heurter. Les Servants — d’Alexandre le Grand à Gilles de Rais — incarnent des visions du monde antagonistes, et leurs joutes verbales sur la nature du pouvoir et de l’héroïsme frappent au moins aussi fort que les combats.
7. Drifters (Kōta Hirano, 2009)

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De l’auteur de Hellsing, Drifters propulse des figures historiques — samouraïs, stratèges, conquérants — dans un monde de dark fantasy peuplé d’elfes, de nains et de dragons. Shimazu Toyohisa, samouraï mortellement blessé lors de la bataille de Sekigahara en 1600, est transporté dans cet univers parallèle où il rejoint les « Drifters », un camp de guerriers recrutés à travers les âges. Face à eux : les « Parias » (Ends), d’autres champions du passé, dotés cette fois de pouvoirs surnaturels.
Kōta Hirano y déploie un humour ravageur — Oda Nobunaga en tête, aussi brillant que profondément dérangé — sans rien sacrifier à la brutalité des affrontements. Son trait, immédiatement identifiable pour qui a lu Hellsing, alterne passages chibi comiques et planches de guerre d’une violence franche. On retrouve ici le même plaisir que dans Valkyrie Apocalypse : voir des personnages tirés de l’histoire réelle s’affronter avec des pouvoirs qui dépassent toute logique, le tout relevé d’une bonne dose d’absurde. Le rythme de parution demeure cependant très lent (sept volumes depuis 2009), ce qu’il convient de savoir avant de se lancer.
8. God of High School (Yong-Je Park, 2011)

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Ce manhwa, publié sous forme de webtoon sur la plateforme Naver entre 2011 et 2022, centre son intrigue sur Jin Mori, un lycéen de 17 ans spécialisé en taekwondo, recruté pour un tournoi d’arts martiaux clandestin mis sur pied par une entité secrète. La récompense promise : n’importe quel souhait, sans condition. Très vite, la compétition révèle des enjeux qui dépassent le cadre du simple combat entre lycéens.
La série évolue d’un récit d’arts martiaux vers de la fantasy mythologique à grande échelle, grâce au Charyeok — un système de pouvoirs par lequel les combattants invoquent la force de divinités et d’entités surnaturelles. Jin Mori s’avère lui-même lié à une figure divine majeure. Cette montée en puissance, couplée à la diversité des mythologies convoquées (coréenne, chinoise, nordique, biblique), place la série sur un terrain très proche de Valkyrie Apocalypse : des mortels qui se mesurent à des dieux, avec la survie de l’humanité en toile de fond.