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Que lire après « Yotsuba & ! » de Kiyohiko Azuma ?

Que lire après « Yotsuba & ! » de Kiyohiko Azuma ?

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Yotsuba & ! est un manga de Kiyohiko Azuma publié depuis 2003 dans le magazine Dengeki Daioh. On y suit le quotidien de Yotsuba Koiwai, une fillette adoptée de cinq ans, qui découvre le monde — les balançoires, les climatiseurs, les sonnettes — avec un étonnement inépuisable, aux côtés de son père et de leurs voisins. Récompensé par le Grand Prix Osamu Tezuka en 2016, le manga s’est vendu à plus de neuf millions d’exemplaires au Japon.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Barakamon (Satsuki Yoshino, 2008)

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Après avoir frappé un calligraphe de renom qui jugeait son travail trop rigide, le jeune Seishū Handa est envoyé en exil sur une petite île de l’ouest du Japon. Lui qui n’a jamais vécu hors de la ville espère y travailler son art en paix — mais c’est sans compter sur Naru, une fillette de sept ans aussi intrépide qu’envahissante, et sur tout un village de voisins farfelus qui débarquent chez lui sans frapper et utilisent son atelier comme terrain de jeu.

La cohabitation forcée entre ce jeune homme guindé et cette communauté sans façons se transforme, chapitre après chapitre, en éducation sentimentale involontaire. Au contact de Naru et des villageois, Handa découvre que la rigueur technique qui a fait sa réputation à Tokyo est aussi ce qui bloque son travail. Barakamon parvient à parler de création artistique et de remise en question sans jamais sacrifier l’humour ni la tendresse, et tient cette ligne avec une constance remarquable sur ses dix-huit tomes.


2. Un drôle de père (Yumi Unita, 2005)

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Le jour des funérailles de son grand-père, Daikichi, trentenaire célibataire, découvre l’existence de Rin, la fille illégitime du défunt, âgée de six ans. Toute la famille se regarde en espérant que quelqu’un d’autre se dévoue. Excédé, Daikichi décide — sur un coup de tête — de la prendre en charge. Ce josei en dix tomes, adapté en anime et en film en 2011, suit la construction progressive de leur lien : celui d’un adulte qui n’a jamais élevé d’enfant et celui d’une petite fille qui a perdu ses repères.

La justesse des premiers volumes tient à leur ancrage concret : trouver une garderie compatible avec ses horaires de bureau, acheter une garde-robe complète du jour au lendemain, renoncer à une promotion pour être présent le soir. Daikichi n’est pas un père idéal, mais un homme ordinaire qui choisit de placer le bien-être d’une enfant avant le sien. Le dessin de Yumi Unita, volontairement dépouillé, évacue les décors superflus pour recentrer chaque case sur les visages et les gestes — ce que les personnages ne disent pas, le trait le montre.


3. Nichijô (Keiichi Arawi, 2006)

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Trois lycéennes — l’impulsive Yūko, la sportive Mio et l’impassible Mai — mènent une vie de tous les jours qui n’a de quotidien que le nom. Un proviseur affronte un cerf à mains nues, une androïde se balade avec une clé géante dans le dos, un saumon volant traverse une salle de classe : chaque chapitre pousse l’absurde jusqu’à son point de rupture.

Nichijô fonctionne sur un décalage permanent entre la banalité du cadre scolaire et la démesure des situations. Keiichi Arawi possède un sens du rythme comique redoutable : il laisse une scène ordinaire s’installer, parfois pendant plusieurs pages, avant de la faire dérailler d’un seul coup. C’est cette mécanique — le calme, puis la déflagration — qui a fait de l’adaptation par le studio Kyoto Animation (2011) un classique de la comédie animée. Le manga, interrompu en 2015, a repris sa publication en 2021.


4. Flying Witch (Chihiro Ishizuka, 2012)

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À quinze ans, conformément à la tradition de sa famille, la jeune sorcière Makoto Kowata quitte la région de Tokyo pour s’installer chez ses cousins à Hirosaki, dans le nord-est du Japon. Accompagnée de son chat noir Chito, elle y découvre une vie rurale paisible, entre potagers, balades en forêt et plats faits maison — le tout entrecoupé de petits incidents magiques qu’elle gère avec plus de bonne volonté que de compétence.

Le propre de Flying Witch, c’est la place qu’occupe le surnaturel : il ne constitue jamais un enjeu dramatique, mais se fond dans le quotidien comme une donnée parmi d’autres. Un mandragore sort de terre comme on récolterait des radis ; une sorcière du voisinage s’est transformée en chien après avoir mangé les mauvais chocolats. Personne ne s’en émeut vraiment. Imaginez Kiki la petite sorcière sans urgence ni péripétie, où la magie n’a d’autre fonction que d’ajouter un peu d’étrangeté au train-train quotidien.


5. Sweetness & Lightning (Gido Amagakure, 2013)

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Kōhei Inuzuka, professeur de mathématiques, élève seul sa fille Tsumugi depuis le décès de son épouse. Incapable de cuisiner, il la nourrit de plats industriels — jusqu’au jour où la fillette fond en larmes devant un plateau-repas de supermarché. Déterminé à faire mieux, il se retrouve à préparer ses premiers vrais repas aux côtés de Kotori, l’une de ses élèves, dont la mère tient un restaurant.

Chaque chapitre s’organise autour d’une recette — riz sauté, curry, gratin — et la cuisine sert ici de terrain commun où ces trois solitudes finissent par se rejoindre. Derrière les scènes de préparation, le manga aborde avec délicatesse le deuil, la fatigue parentale et la valeur d’un repas partagé. La petite Tsumugi, avec ses réactions franches et ses éclats de joie devant un plat réussi, a le même effet sur le lecteur que Yotsuba : on ne peut pas rester indifférent.


6. Hinamatsuri (Masao Ōtake, 2010)

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Un soir ordinaire — ou presque —, un objet ovoïde s’écrase dans l’appartement de Yoshifumi Nitta, jeune yakuza et collectionneur de vases. À l’intérieur : Hina, une fillette impassible dotée de pouvoirs télékinétiques qu’elle n’hésite pas à utiliser pour imposer sa présence. Nitta n’a d’autre choix que de l’héberger, et c’est le début d’une cohabitation aussi improbable que chaotique.

Mais la vraie richesse de ce seinen en dix-neuf tomes se trouve du côté des personnages secondaires — notamment Anzu, une autre fillette aux pouvoirs similaires dont le parcours, entre la rue et l’adoption, est à la fois comique et déchirant. Masao Ōtake fait osciller chaque chapitre entre situations rocambolesques et émotion brute, porté par un humour à froid très personnel, sans équivalent dans le paysage du manga. La série, achevée en 2020, a été adaptée en anime par le studio feel. en 2018.


7. Aria The Masterpiece (Kozue Amano, 2001)

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Au XXIVe siècle, la planète Mars a été terraformée et recouverte d’océans. On y a reconstruit Venise sous le nom de Néo-Venise, et c’est là que débarque Akari Mizunashi, une jeune Terrienne venue apprendre le métier d’ondine — batelière et guide sur gondole. Elle intègre la compagnie ARIA, dirigée par un chat doué d’intelligence, et se forme sous la tutelle de l’élégante Alicia.

Aria The Masterpiece, édition intégrale en sept volumes qui regroupe les séries Aqua (2001) et Aria (2002), est un manga contemplatif et onirique. Kozue Amano construit un univers futuriste où tout rappelle pourtant un passé idéalisé : architecture vénitienne, gondoles, rythme des saisons. Il n’y a ici aucun antagoniste, aucune urgence narrative. Tout repose sur les conversations entre les personnages, sur la lumière d’un après-midi au bord d’un canal, sur le plaisir de ne rien faire d’autre que regarder la ville depuis une barque. C’est un manga qui demande qu’on accepte de ralentir — et qui récompense largement cet effort.


8. Skip & Loafer (Misaki Takamatsu, 2018)

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Mitsumi Iwakura a grandi dans une petite bourgade rurale avec un plan de vie minutieusement établi : intégrer un lycée prestigieux de Tokyo, entrer à l’université, puis revitaliser l’économie de sa région natale. Sauf que dès le premier matin, elle se perd dans le métro, arrive en sueur et en retard, et se retrouve à courir dans les couloirs — sous le regard amusé de Sōsuke Shima, un camarade de classe aussi décontracté qu’elle est rigide.

Sous ses dehors de comédie scolaire légère, Skip & Loafer traite ses personnages adolescents avec un respect et une attention rares. Misaki Takamatsu donne à chacun d’entre eux — y compris les figures secondaires — des zones d’ombre, des maladresses et des contradictions crédibles. Le manga aborde l’anxiété sociale, le poids des apparences et la difficulté de se définir loin de chez soi, sans jamais verser dans le mélodrame. Lauréat du prix Kōdansha en 2023, ce seinen — malgré des allures de shōjo — a été adapté en anime par le studio P.A.Works la même année.


9. Hirayasumi (Keigo Shinzō, 2021)

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Hiroto Ikuta a vingt-neuf ans, pas de travail stable, pas de petite amie, et cela ne lui pose aucun problème. Il vit dans une maison de plain-pied héritée d’une vieille voisine avec laquelle il s’était lié d’amitié. Lorsque sa cousine Natsumi, dix-huit ans, débarque à Tokyo pour étudier les beaux-arts avec l’ambition secrète de devenir mangaka, elle emménage chez lui. Ensemble, ils forment un duo improbable : lui, serein jusqu’à l’inertie ; elle, discrète mais déterminée.

Ce seinen publié dans le Weekly Big Comic Spirits ne raconte presque rien — et c’est précisément son sujet. Keigo Shinzō — déjà remarqué pour Mauvaise herbe et Tokyo Alien Bros. — y dessine un Japon contemporain où l’on prépare du poisson, où l’on répare un chauffe-eau, où l’on s’attable entre amis sans raison particulière, et où ces gestes suffisent à remplir une journée. Nommé au Prix culturel Osamu Tezuka en 2023, Hirayasumi partage avec Yotsuba & ! une conviction simple : le quotidien, à condition qu’on y prête attention, n’a rien de banal.