Trouvez facilement votre prochaine lecture
Que lire après « Vinland Saga » de Makoto Yukimura ?

Que lire après « Vinland Saga » de Makoto Yukimura ?

Cette page contient des liens affiliés vers Amazon et la Fnac. Si vous achetez un livre en passant par l’un de ces liens, nous touchons une petite commission — sans aucun surcoût pour vous. Une façon simple de nous soutenir. En tant que Partenaire Amazon, nous réalisons un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Vinland Saga est un manga historique écrit et dessiné par Makoto Yukimura, prépublié de 2005 à 2025 dans le magazine Monthly Afternoon (Kōdansha) et rassemblé en 29 volumes. Il retrace le parcours de Thorfinn, fils du guerrier pacifiste Thors, depuis sa jeunesse de Viking assoiffé de vengeance jusqu’à son projet de fonder une terre sans guerre ni esclavage. Couronnée par le Grand Prix du Festival des arts médiatiques du Japon (2009) et le Prix Kōdansha du manga (2012), elle s’est écoulée à plus de 7 millions d’exemplaires.

Voici quelques idées si vous vous demandez quoi lire ensuite.


1. Planètes (Makoto Yukimura, 1999)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Avant Vinland Saga, Makoto Yukimura a signé Planètes, un récit de science-fiction en quatre volumes prépublié dans Morning (Kōdansha). En 2075, Hachimaki, Yuri et Fi forment l’équipage du Toy Box, un vaisseau chargé de collecter les débris spatiaux en orbite autour de la Terre : un métier vital mais méprisé, mal payé, sans perspectives de promotion. Hachimaki, lui, n’a qu’une obsession — intégrer la première mission vers Jupiter, quitte à sacrifier ses relations et sa propre stabilité mentale.

L’arrivée de Tanabe, nouvelle recrue idéaliste, met à nu les justifications qu’Hachimaki se donne. Non pas parce qu’elle a raison sur tout, mais parce qu’elle lui renvoie l’image de ce qu’il est en train de devenir : un homme prêt à se vider de tout lien humain au nom d’un rêve. En parallèle, Yukimura inscrit ce drame intime dans un monde où terrorisme, inégalités entre nations spatiales et course aux ressources rendent le futur inconfortablement plausible. Le manga a reçu le prix Seiun en 2002, et son adaptation en anime de 26 épisodes (studio Sunrise, 2003) a été réalisée avec le concours d’experts de la NASA.


2. Vagabond (Takehiko Inoue, 1998)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Adapté du roman La Pierre et le Sabre d’Eiji Yoshikawa, Vagabond suit Shinmen Takezo, futur Miyamoto Musashi, sur les routes du Japon féodal. Au lendemain de la bataille de Sekigahara (1600), le jeune homme, brutal et rejeté par son propre village, ne sait répondre au monde que par la violence. Il veut être « invincible sous le ciel ». Mais au fil de ses duels — contre l’école Yoshioka, le moine Inshun du temple Hōzōin, l’insaisissable Kojiro Sasaki —, la question se déplace. Le problème n’est plus de gagner, mais de comprendre pourquoi il se bat.

Le dessin de Takehiko Inoue suit la même trajectoire. Les premières planches, vives et nerveuses, cèdent volume après volume la place à des lavis à l’encre de Chine où le geste du dessinateur rejoint celui du calligraphe. La série, vendue à plus de 82 millions d’exemplaires en 37 volumes, est en pause depuis 2015 — une interruption dont la durée fait désormais partie de sa légende.


3. Berserk (Kentarō Miura, 1989)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Dans un univers de dark fantasy nourri de l’Europe médiévale, Guts, mercenaire solitaire, arpente un monde rongé par des forces démoniaques. Armé de la Tueuse de Dragons, une épée trop massive pour être maniée par un homme ordinaire, et frappé de la Marque du Sacrifice, il attire chaque nuit les monstres à lui. Il ne poursuit qu’un seul homme : Griffith, ancien chef de la Troupe du Faucon, compagnon d’armes qui a sacrifié ses propres soldats aux démons lors de l’Éclipse pour accéder au pouvoir. Casca, la femme que Guts aimait, y a perdu la raison.

L’arc de l’Âge d’or, le long retour en arrière qui raconte la naissance, l’apogée et la destruction de la Troupe du Faucon, constitue l’un des sommets du manga de dark fantasy. Kentarō Miura y a construit une mythologie propre — la God Hand, les Apôtres, le Behelit — au service d’une idée simple et dévastatrice : toute ascension exige un sacrifice, et le prix est toujours payé par les proches. Après le décès de l’auteur en mai 2021, le Studio Gaga poursuit la série sous la supervision de Kōji Mori, ami d’enfance de Miura et dépositaire de la trame prévue jusqu’au dénouement.


4. Kingdom (Yasuhisa Hara, 2006)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

La Chine du IIIᵉ siècle av. J.-C., en pleine période des Royaumes combattants : le jeune orphelin Shin rêve de devenir « un Grand Général sous les cieux ». Il lie son sort à celui d’Ei Sei, roi de Qin, l’homme qui deviendra Qin Shi Huang, l’unificateur de la Chine. Ensemble, ils affrontent complots de cour, généraux rivaux et batailles où s’engagent parfois plusieurs centaines de milliers de soldats.

Yasuhisa Hara s’appuie sur les Mémoires historiques de Sima Qian pour donner à chaque campagne une logique tactique précise : formations, manœuvres de flanc, fausses retraites, jeux d’alliances — le lecteur·ice comprend pourquoi une bataille est gagnée ou perdue, pas seulement par qui. Mais la grande réussite de Kingdom se trouve dans ses antagonistes. Le général Ri Boku de Zhao, en particulier, n’est ni un méchant ni un obstacle : il défend sa propre idée de la paix, incompatible avec celle de Shin. C’est cette tension, pas seulement le spectacle des armées, qui fait tenir le manga sur plus de 70 volumes, six saisons d’animation et cinq films en prise de vues réelles.


5. Golden Kamui (Satoru Noda, 2014)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Hokkaidō, début du XXᵉ siècle. Saichi Sugimoto, surnommé « l’Immortel » pour sa ténacité au combat lors de la guerre russo-japonaise, se lance à la recherche d’un trésor de 75 kilos d’or dérobé aux Aïnous. La clé de l’énigme se trouve sur la peau de prisonniers évadés, tatoués d’une carte cryptée. Pour déchiffrer ces indices, il s’allie à Asirpa, une jeune Aïnoue déterminée à retrouver l’assassin de son père.

L’intrigue de chasse au trésor n’est que la surface. La série passe, parfois au sein d’un même chapitre, d’une fusillade à une séquence de préparation de ragoût d’écureuil aux anémones, commentée par Asirpa avec un sérieux imperturbable. Ces scènes de chasse et de cuisine ne sont pas des parenthèses : c’est par elles que Satoru Noda fait exister la culture aïnoue — sa langue, ses techniques de survie, son rapport au sacré — comme un savoir vivant, et non comme un décor exotique. Noda a travaillé en collaboration étroite avec des membres de la communauté aïnoue, en particulier le linguiste Hiroshi Nakagawa. Manga Taishō 2016, Grand Prix du Prix culturel Osamu Tezuka 2018, 31 volumes.


6. L’Habitant de l’infini (Hiroaki Samura, 1993)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Japon, ère Edo, 1770. Manji, samouraï errant, porte en lui le Kessenchû, un ver parasite qui régénère ses chairs et le rend immortel. Pour expier le meurtre d’une centaine d’innocents, il s’engage à abattre mille scélérats. Lin, une adolescente de seize ans dont les parents ont été assassinés par l’école du Ittô-Ryû, un dōjō radical qui entend soumettre par la force toutes les autres écoles de sabre, le recrute comme garde du corps.

L’immortalité de Manji n’est pas un artifice commode. Ses membres sont tranchés, ses organes perforés, sa reconstitution est lente et douloureuse — le lecteur·ice n’oublie jamais que ce corps, même incapable de mourir, souffre. Pourtant, le nerf du récit se trouve ailleurs : dans les personnages qui gravitent autour du duo central. Anotsu, chef du Ittô-Ryû, finit par ébranler les certitudes de Lin, car ses raisons de se battre ne sont pas si éloignées des siennes. Makie, épéiste d’un talent supérieur à celui de la plupart des hommes du récit, se voit pourtant refuser toute existence hors de son rôle de femme. Shira, sociopathe méthodique, révèle ce que la quête de vengeance pourrait produire de pire. En 30 volumes, Hiroaki Samura — diplômé de l’école des Beaux-Arts de Tama — a construit un récit où la vengeance ne restaure rien : ni les morts, ni la paix intérieure de ceux qui l’accomplissent.


7. The Heroic Legend of Arslân (Yoshiki Tanaka & Hiromu Arakawa, 2013)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Adapté de la série de romans Les Chroniques d’Arslân de Yoshiki Tanaka et dessiné par Hiromu Arakawa, ce manga se situe dans un Orient fictif inspiré de la Perse antique. Le jeune prince Arslân, héritier du royaume de Parse, voit son pays s’effondrer à la bataille d’Atropatènes, trahi de l’intérieur et envahi par les armées lusitaniennes. Frêle, peu sûr de lui, il est l’exact opposé de son père Andragoras III, roi guerrier réputé invaincu.

Accompagné de ses compagnons — le redoutable Darîun, le stratège Narsus, la prêtresse Farangis —, Arslân doit reconquérir la capitale Ecbâtana et affronter le mystérieux Masque d’Argent. Le scénario de reconquête se double d’un problème moral que le récit ne cherche pas à esquiver : Parse pratique l’esclavage, les Lusitaniens mènent une guerre sainte au nom de Yahldabôth, et Arslân ne peut pas simplement restaurer l’ordre ancien — il doit bâtir autre chose. Le dessin d’Arakawa, rodé par Fullmetal Alchemist, donne aux scènes de siège et de mêlée une clarté de lecture rare : même dans les compositions les plus chargées, l’œil sait toujours où aller.


8. Ad Astra – Scipion l’Africain & Hannibal Barca (Mihachi Kagano, 2011)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Ad Astra retrace la deuxième guerre punique (218-202 av. J.-C.) à travers la rivalité entre deux génies militaires : le Carthaginois Hannibal Barca et le Romain Scipion l’Africain. Le récit débute en Sicile, lorsque le jeune Hannibal, âgé de six ans, assiste à la défaite de son père Hamilcar face à Rome — humiliation qui nourrira sa haine et forgera sa vocation de destructeur.

Chaque bataille est disséquée dans sa logique tactique : la traversée des Alpes avec les éléphants de guerre, le piège du lac Trasimène, le double encerclement de Cannes — le lecteur·ice voit les armées comme les généraux les voient, d’en haut, et comprend chaque décision avant d’en mesurer les conséquences au sol. Scipion, absent de la première moitié du récit, prend le relais : le Romain étudie les campagnes d’Hannibal une par une, assimile ses méthodes et les retourne contre lui à Zama. La série, publiée chez Ki-oon en 13 volumes, a été saluée par la revue Historia, qui souligne la rigueur du scénario, mais précise que Kagano s’autorise des raccourcis chronologiques et dramatise librement certaines rencontres entre les deux généraux.


9. Shut Hell (Yu Itō, 2008)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Début du XIIIᵉ siècle. Les armées de Gengis Khan déferlent sur le royaume des Xia occidentaux, massacrent les Tangoutes et effacent leur civilisation. Shut Hell, seule survivante d’une unité décimée par le prince mongol Harabal, se mue en guerrière sanguinaire — son nom, qui signifie « démon » en mongol, sème la terreur dans les rangs ennemis. Un fil surnaturel relie ce XIIIᵉ siècle à notre époque : Sudō, un lycéen japonais, se retrouve projeté dans le corps de Shut Hell après avoir entendu le son d’un morin khuur, instrument à cordes mongol.

Le basculement survient avec Yurul, jeune prince mongol en fuite. Yurul a trahi les siens pour protéger le Gyokuondô, des tablettes de jade où figure l’intégralité de l’écriture tangoute. Que reste-t-il d’un peuple quand on a brûlé ses mots ? La question traverse les 14 volumes de la série. Yu Itō, nommée au Prix culturel Osamu Tezuka pour Shut Hell, place la conservation d’une écriture — et non la victoire militaire — au centre d’un manga de guerre. C’est un choix rare, et il change tout : chaque combat ne vise plus à conquérir un territoire, mais à protéger un alphabet.