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Que lire après « Vagabond » de Takehiko Inoue ?

Que lire après « Vagabond » de Takehiko Inoue ?

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Vagabond est un seinen manga écrit et dessiné par Takehiko Inoue, prépublié dans le magazine Morning (Kōdansha) depuis 1998. Adapté du roman La Pierre et le Sabre d’Eiji Yoshikawa, il retrace le parcours fictionnalisé de Shinmen Takezō — futur Miyamoto Musashi — dans le Japon du début du XVIIe siècle, de la bataille de Sekigahara jusqu’à sa quête pour devenir le plus grand sabreur du pays.

Récompensé par le Prix Kōdansha en 2000 et le Grand Prix Osamu Tezuka en 2002, le manga s’est écoulé à plus de 82 millions d’exemplaires dans le monde. La série est en pause depuis 2015.

Si vous cherchez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions dans la même veine.


1. Berserk (Kentaro Miura, 1989)

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Dans un univers de dark fantasy inspiré de l’Europe médiévale, Berserk suit Guts, un mercenaire porteur de la Marque du Sacrifice — un stigmate qui attire sur lui les créatures démoniaques. Tout gravite autour de sa relation avec Griffith, chef de la Troupe du Faucon dont l’ambition dévorante finira par broyer ceux qui l’entourent, et Casca, guerrière dont le destin est indissociable des deux hommes. Ce triangle porte l’ensemble du manga.

L’arc de l’Âge d’Or, pivot de la série, culmine avec l’Éclipse — une trahison d’une violence telle qu’elle défigure chaque personnage et le ton même de la série. Le dessin de Miura, d’une précision obsessionnelle, a déplacé les standards graphiques du manga seinen. Après sa mort en mai 2021, la série a repris sous la supervision de son ami Kōji Mori et du Studio Gaga, avec plus de 70 millions d’exemplaires en circulation.


2. Vinland Saga (Makoto Yukimura, 2005)

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Vinland Saga retrace la vie de Thorfinn, fils du guerrier pacifiste Thors, dans l’Europe du XIe siècle. Après l’assassinat de son père par le chef de guerre Askeladd, l’enfant rejoint la bande de mercenaires de son ennemi, rongé par un désir de vengeance qui consume toute son adolescence — sur fond d’invasions vikings et de conquête du Danemark par Knut le Grand.

La trajectoire de Thorfinn est celle d’un renversement radical : l’adolescent aveuglé par la haine devient un homme qui refuse la violence et aspire à fonder une terre pacifique. Yukimura a conçu cette conversion dès le départ ; c’est elle qui a porté vingt ans de publication. Grand Prix du Japan Media Arts Festival en 2009, la série s’est achevée en juillet 2025.


3. L’Habitant de l’infini (Hiroaki Samura, 1993)

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Japon, ère Edo. Manji, samouraï errant, porte en lui un ver parasite — le Kessenchu — qui régénère ses chairs et le condamne à l’immortalité. Pour expier le meurtre de cent innocents, il s’engage à abattre mille scélérats. C’est Rin, une jeune fille de seize ans résolue à venger le meurtre de ses parents par Anotsu Kagehisa, chef de l’école rivale Ittō-ryū, qui va lui fournir ses premières cibles.

Le trait à l’encre de Chine de Samura, brut et esquissé, donne aux combats une brutalité organique rare dans le manga de sabre. L’auteur y injecte aussi un anachronisme assumé — argot contemporain, coiffures punk — qui arrache ses personnages à toute reconstitution sage. Trente tomes publiés en dix-neuf ans dans le magazine Afternoon. Masashi Kishimoto lui-même a déclaré que sans Samura, Naruto n’aurait pas existé.


4. Lone Wolf & Cub (Kazuo Koike et Goseki Kojima, 1970)

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Ogami Ittō, ancien exécuteur officiel du shōgun, est déchu par les machinations du clan Yagyū, qui assassine sa femme et ruine son honneur. Accompagné de Daigorō, son fils de trois ans qu’il pousse dans un landau de bois, il erre sur les routes du Japon féodal en tant qu’assassin à gages — ses contrats financent sa vengeance.

Chaque chapitre fonctionne comme un court-métrage autonome, à la croisée du film de sabre et du western. Kazuo Koike y déploie une connaissance encyclopédique de la société Tokugawa — bureaucratie, bouddhisme, bushidō, stratégie militaire — tandis que Goseki Kojima alterne lavis délicats et giclées de violence sèche. Frank Miller a signé les couvertures de l’édition américaine ; Max Allan Collins a qualifié Road to Perdition d’hommage direct. En 28 tomes (1970–1976), la série a irrigué aussi bien le manga que la bande dessinée occidentale.


5. Kingdom (Yasuhisa Hara, 2006)

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Kingdom se déroule au IIIe siècle avant J.-C., durant la période des Royaumes combattants en Chine. On y suit Shin (Li Xin), un orphelin de guerre du royaume de Qin, dans son ascension vers le rang de grand général. À ses côtés, Ei Sei (Ying Zheng), le jeune roi qui deviendra Qin Shi Huang, premier empereur d’une Chine unifiée : l’un se bat sur le champ de bataille, l’autre dans les intrigues de cour.

L’ampleur des batailles et la précision des stratégies militaires structurent chaque arc du manga. Hara s’appuie sur les Mémoires historiques de Sima Qian et s’accorde une liberté créative pour combler les silences du texte antique. Ancien assistant de Takehiko Inoue — un lien direct avec Vagabond —, il a reçu le Grand Prix Osamu Tezuka en 2013. Plus de 100 millions d’exemplaires en circulation à ce jour.


6. Shigurui (Takayuki Yamaguchi et Norio Nanjō, 2003)

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Adapté du premier chapitre du roman Suruga-jō Gozen Jiai de Norio Nanjō — écrivain à l’origine du « boom de la cruauté » dans la littérature japonaise —, Shigurui s’ouvre en 1629, lorsque le seigneur Tokugawa Tadanaga ordonne un tournoi à sabres réels. Deux hommes s’y font face : Fujiki Gennosuke, amputé d’un bras, et Irako Seigen, devenu aveugle. Tout le manga remonte ensuite le fil de leur rivalité au sein du dōjō Kogan-ryū.

La série est d’une brutalité méthodique. Yamaguchi représente les corps avec une précision anatomique poussée à l’extrême — chaque muscle, chaque tendon participe à la chorégraphie du combat. Shigurui ne cherche pas à séduire : c’est un huis clos sur l’aliénation du bushidō, la folie de la loyauté aveugle et la destruction mutuelle. Quinze tomes (2003–2010), et pas un de trop.


7. Sidooh (Tsutomu Takahashi, 2005)

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Japon, 1858. Le pays vacille sous les séismes, l’épidémie de choléra et l’arrivée des navires noirs américains. Deux frères orphelins, Shōtarō (quatorze ans) et Gentarō (dix ans), se retrouvent seuls après la mort de leur mère. Son dernier ordre tient en une phrase : les faibles périssent. Les deux enfants partent à la recherche d’un maître de sabre, avec pour seul héritage le katana de leur père.

Tsutomu Takahashi — dont le trait sombre, encré, presque abrasif est immédiatement reconnaissable — ne ménage rien ni personne. Dès les premiers tomes, les deux frères sont confrontés à la traite, à la manipulation, à la folie sectaire. Le Bakumatsu tel que le dessine Takahashi est un monde où la survie exige de se salir les mains, et où l’idéal du samouraï se heurte à l’arrivée des fusils et de la politique moderne. Vingt-cinq tomes (2005–2010).


8. Dororo (Osamu Tezuka, 1967)

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Un seigneur de guerre offre les 48 organes de son fils à naître à autant de démons en échange de la domination militaire. L’enfant, jeté à la rivière, survit grâce à un médecin qui lui fabrique des prothèses de combat. Devenu Hyakkimaru, il traque chaque démon pour récupérer ses organes volés. En chemin, il rencontre Dororo, un·e jeune orphelin·e voleur·se au caractère insolent.

Le pacte fondateur est d’une simplicité redoutable : un père sacrifie le corps de son enfant pour asseoir son pouvoir, et toute l’histoire découle de ce marché. Osamu Tezuka, père du manga moderne, puise ici dans le folklore yōkai pour raconter quelque chose de très concret — la reconquête, membre après membre, d’un corps et d’une identité volés. La série est restée inachevée (Tezuka l’a écourtée faute de temps), mais une adaptation en anime par le studio MAPPA en 2019 lui a offert une seconde vie.