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Que lire après « The Killer Inside » de Hajime Inoryu et Shota Ito ?

Que lire après « The Killer Inside » de Hajime Inoryu et Shota Ito ?

The Killer Inside, seinen manga scénarisé par Hajime Inoryu et dessiné par Shota Ito, a été prépublié au Japon entre 2018 et 2020 avant d’être compilé en onze volumes chez Kōdansha (Ki-oon pour l’édition française).

La série met en scène Eiji Urashima, étudiant en apparence ordinaire, fils d’un tueur en série notoire et porteur d’une double personnalité qui le précipite dans une spirale de meurtres et de dissimulations.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.


1. My Home Hero (Naoki Yamakawa et Masashi Asaki, 2017)

Disponible sur Amazon Disponible à la Fnac

Tetsuo Tosu, modeste commercial quadragénaire et passionné de romans policiers, découvre des traces de coups sur le visage de sa fille Reika. Le coupable : son petit ami, un yakuza violent qui a déjà tué par le passé. Pour protéger Reika, Tetsuo commet l’irréparable et doit ensuite maquiller son crime face à un clan mafieux lancé à ses trousses.

Là où The Killer Inside scrute la psyché d’un protagoniste tiraillé par ses pulsions, My Home Hero retourne la question : jusqu’où un père ordinaire peut-il aller pour sa famille ? La série, achevée en vingt-six volumes, se distingue par ses joutes verbales sous haute tension entre Tetsuo et ses adversaires.

Le scénario de Yamakawa repose sur un mécanisme de tromperies en cascade, où chaque dialogue peut se retourner contre celui qui le prononce. Un thriller domestique d’une intensité constante.


2. Route End (Kaiji Nakagawa, 2017)

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Taji Haruno travaille pour une entreprise de nettoyage spécialisée dans les lieux de mort violente. Traumatisé depuis l’enfance par le suicide de sa mère, il entretient un rapport ambigu avec la mort, chaque intervention lui sert de catharsis.

Son quotidien bascule lorsqu’un tueur en série sème la terreur dans son quartier : les victimes sont découpées en morceaux et disposées de façon à former le mot « END ». L’affaire prend un tour intime quand son patron, figure paternelle de substitution, semble impliqué dans ces macabres mises en scène.

Comme dans The Killer Inside, la frontière entre protagoniste et suspect se brouille à mesure que les secrets remontent à la surface. Bouclée en huit tomes, la série de Kaiji Nakagawa — souvent comparée au film Seven — tisse une enquête nerveuse où la psychologie des personnages prime sur le spectaculaire.


3. Serial Killer Land (Nokuto Koike, 2021)

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Sô Erimine a survécu, enfant, au meurtre de sa mère dans leur lotissement. Dix ans après le drame, la tête de la victime n’a toujours pas été retrouvée. Pour tenter de comprendre ce qui a détruit sa famille, Sô étudie les tueurs en série du passé et rédige des ouvrages sur le sujet. Un matin, une lettre anonyme bouleverse le fragile équilibre qu’il s’était construit.

Nokuto Koike, connu pour ses séries d’horreur 6000 et Firefly, instaure dès les premières pages un climat d’angoisse qui ne faiblit pas. Le manga entretient un doute constant entre éléments paranormaux et dégradation mentale du protagoniste : Sô vit-il des phénomènes inexplicables ou perd-il pied avec la réalité ?

Ce flou, savamment entretenu, rappelle le trouble identitaire d’Eiji dans The Killer Inside. Un seinen sombre, ancré dans le traumatisme et la fascination ambiguë pour la violence.


4. Noise (Tetsuya Tsutsui, 2017)

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Dans un village japonais condamné par l’exode rural, l’agriculteur Keita crée une nouvelle variété de figues qui relance l’économie locale. Ce renouveau fragile vole en éclats avec l’arrivée de Mutsuo Suzuki, un inconnu au comportement suspect.

Keita apprend vite que cet homme est un criminel récemment libéré de prison, condamné pour viol et meurtre. Quand la menace se précise, Keita et ses proches prennent une décision radicale dont les conséquences deviennent incontrôlables.

Tetsuya Tsutsui, déjà salué pour Prophecy et Poison City, troque ici le décor urbain pour la campagne, mais conserve sa mécanique de thriller implacable : la question n’est plus « qui est le coupable ? » mais « que sommes-nous prêts à couvrir pour préserver notre communauté ? ». En trois tomes seulement, Noise condense une tension morale comparable à celle de The Killer Inside, où la notion de justice se disloque sous la pression des circonstances.


5. Adabana (NON, 2020)

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Dans une petite ville enneigée, le corps démembré de la lycéenne Mako Igarashi est retrouvé près d’un lac. Sa camarade de classe Mizuki Aikawa se rend à la police et revendique le meurtre. Mais le récit qu’elle livre à ses avocats commis d’office comporte des zones d’ombre, des contradictions, des silences trop lourds.

Le manga se structure en trois temps — confession, passé de la victime, procès — et chaque partie renverse la compréhension de l’affaire. L’autrice NON, inspirée par des faits réels liés au harcèlement sexuel systémique au Japon, signe un drame judiciaire d’une brutalité frontale.

Les thèmes de l’exploitation des mineures et de la pression familiale parcourent un récit où, comme dans The Killer Inside, l’identité du coupable importe moins que les mécanismes sociaux qui ont rendu le crime inévitable. Trois volumes d’une densité remarquable, portés par un dessin très abouti.


6. Gannibal (Masaaki Ninomiya, 2018)

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Daigo Agawa, agent de police, est muté avec sa femme et sa fille dans le village reculé de Kuge. L’accueil semble chaleureux, mais la mort d’une vieille villageoise éveille ses soupçons : une trace de morsure humaine marque le cadavre.

Le prédécesseur de Daigo avait laissé un avertissement glaçant — « les habitants de ce village sont cannibales » — avant de disparaître sans laisser de traces. Le huis clos rural devient ici un piège dont chaque tentative de fuite resserre l’étau.

Masaaki Ninomiya construit, sur treize volumes, une atmosphère étouffante où l’horreur ethnologique se mêle à un thriller familial. La série partage avec The Killer Inside cette mécanique de dévoilement progressif : chaque certitude se fissure, chaque allié potentiel cache un secret. Les amateurs et amatrices du film Midsommar d’Ari Aster y trouveront une parenté évidente, entre rituels ancestraux et violence communautaire.


7. Mother Parasite (Hirohisa Satô, 2020)

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Sanae Miki semble être une mère aimante, mais son fils Ryôta la terrifie en silence. Ce collégien brillant, président du conseil des élèves, dissimule une obsession glaçante : la recherche de la « mère parfaite ». Quand il croise Kaoru Kasai, un camarade écrasé par une mère surprotectrice, Ryôta s’infiltre dans la famille Kasai avec une habileté redoutable. La manipulation progresse par paliers méthodiques : séduction, isolement, emprise.

Hirohisa Satô, déjà connu pour Shigahime, déploie un thriller psychologique où les liens filiaux deviennent un terrain de prédation. Le manga brouille la frontière entre amour maternel et possession, entre protection et asservissement. Cette dissection des rapports de domination au sein de la cellule familiale résonne avec The Killer Inside : dans les deux cas, l’héritage parental façonne un monstre, et le lecteur·ice assiste, impuissant·e, à la mécanique du piège.


8. The Fable (Katsuhisa Minami, 2014)

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« Fable » est un tueur à gages craint par toute la pègre japonaise, capable d’éliminer n’importe quelle cible en six secondes. Mais son commanditaire lui impose un contrat inédit — vivre comme un citoyen ordinaire pendant un an, sans tuer ni agresser quiconque, sous peine de mort. Installé à Osaka sous une fausse identité avec son assistante, il découvre que la normalité est un défi plus redoutable que tous ses assassinats.

Katsuhisa Minami, récompensé par le Prix Kōdansha en 2017, fait osciller chaque chapitre entre humour absurde et violence sèche, dans un registre proche des films de Takeshi Kitano. Là où The Killer Inside interroge ce que signifie porter le mal en soi, The Fable retourne la question : peut-on cesser de tuer quand on ne sait rien faire d’autre ? Vingt-deux volumes portés par une ironie mordante et un sens du rythme imparable.

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