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Que lire après « The Eminence in Shadow » de Daisuke Aizawa et Anri Sakano ?

Que lire après « The Eminence in Shadow » de Daisuke Aizawa et Anri Sakano ?

The Eminence in Shadow est un seinen manga écrit par Daisuke Aizawa et dessiné par Anri Sakano, prépublié dans le magazine Monthly Comp Ace de Kadokawa depuis décembre 2018. Il est une adaptation de la série de light novels du même nom, publiée à partir de mai 2018 sur le site Shōsetsuka ni Narō.

Le récit suit Cid Kagenō, un adolescent réincarné dans un monde fantastique, qui rêve de devenir une « éminence de l’ombre » — un être tout-puissant capable de tirer les ficelles en coulisses. Il monte de toutes pièces une organisation secrète, Shadow Garden, et invente un complot fictif contre un mystérieux culte. L’ironie : ses affabulations s’avèrent toutes fondées, mais il reste le seul à ne pas s’en rendre compte.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.


1. Overlord (Kugane Maruyama et Hugin Miyama, 2014)

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Momonga, un joueur de MMORPG, reste connecté jusqu’à la fermeture des serveurs du jeu Yggdrasil. Au lieu d’être déconnecté, il se retrouve piégé dans le monde virtuel sous la forme de son avatar : un squelette nécromancien de niveau 100, rebaptisé Ainz Ooal Gown. Entouré de PNJ désormais dotés de personnalités propres, il entreprend de bâtir un empire et de se forger une réputation légendaire.

Comme Cid dans The Eminence in Shadow, Ainz est un protagoniste surpuissant qui évolue dans un décor de fantasy médiévale où personne ne mesure l’étendue réelle de ses capacités. L’humour repose ici aussi sur un décalage permanent : Ainz improvise constamment, mais ses subordonnés interprètent chacun de ses gestes comme un coup de génie stratégique. La tonalité est toutefois plus sombre, avec des intrigues politiques et des affrontements qui n’épargnent ni les alliés ni les innocents.


2. KonoSuba : Sois béni monde merveilleux ! (Natsume Akatsuki et Masahito Watari, 2014)

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Après une mort aussi subite que ridicule, le jeune Kazuma Satō se voit proposer par la déesse Aqua de se réincarner dans un monde de fantasy pour y vaincre le Roi Démon. Par dépit, il choisit d’emporter Aqua elle-même comme atout — un choix qu’il regrette aussitôt. Rejoint par Megumin, une magicienne obsédée par un seul sort, et Darkness, une croisée masochiste, Kazuma forme une équipe aussi dysfonctionnelle qu’inutile.

KonoSuba est la parodie d’isekai par excellence, et constitue à ce titre un prolongement naturel pour qui a apprécié l’humour de The Eminence in Shadow. Les deux séries partagent un même plaisir à détourner les conventions du genre. Là où Cid joue au maître de l’ombre avec un sérieux imperturbable, Kazuma subit le chaos provoqué par ses alliées. Le ton est léger, les situations absurdes s’enchaînent, et le quatrième mur tremble à chaque chapitre.


3. Coma héroïque dans un autre monde (Hotondo Shindeiru, 2018)

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En l’an 2000, un trentenaire fan de jeux vidéo est renversé par un camion et sombre dans un coma de dix-sept ans. À son réveil, il affirme avoir passé tout ce temps dans un monde de fantasy médiévale — et prouve ses dires grâce à de véritables pouvoirs magiques. Son neveu Takafumi, perplexe mais pragmatique, décide de l’héberger et de l’aider à gagner sa vie comme vidéaste sur YouTube.

Le rapprochement avec The Eminence in Shadow tient à la façon dont les deux séries subvertissent le genre isekai par le malentendu permanent. L’oncle, otaku invétéré et fan absolu de Sega, a traversé un monde héroïque sans jamais comprendre que des femmes tombaient amoureuses de lui, ni qu’il jouait un rôle crucial dans les événements. Ce décalage de perception — un personnage surpuissant, aveugle à sa propre importance — rappelle directement le ressort comique central de Cid Kagenō.


4. The Dungeon of Black Company (Youhei Yasumura, 2016)

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Kinji Ninomiya est un NEET qui a bâti un empire immobilier suffisant pour ne plus jamais travailler. Sa vie de luxe s’effondre lorsqu’un portail magique l’aspire dans un monde fantastique, où il se retrouve aussitôt réduit en esclavage par une entreprise minière qui exploite un donjon. Furieux et déterminé à retrouver son confort, Kinji monte des stratagèmes toujours plus tordus pour gravir l’échelle sociale de ce monde impitoyable.

Ce manga partage avec The Eminence in Shadow un protagoniste manipulateur et opportuniste, dont le génie réside moins dans la force brute que dans la roublardise. Mais là où Cid poursuit un fantasme de grandeur, Kinji ne vise que le profit personnel, ce qui donne à la série une dimension de satire sociale absente chez Aizawa. L’humour, corrosif et féroce, repose sur la dénonciation du capitalisme sauvage transposé dans un univers de fantasy.


5. Cautious Hero (Light Tuchihi et Koyuki, 2018)

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La déesse Ristarte reçoit la mission de sauver Gaeabrande, un monde classé en difficulté extrême. Elle invoque pour cela Seiya Ryūgūin, un héros japonais aux statistiques extraordinaires. Problème : Seiya est pathologiquement prudent. Il stocke trois armures de rechange, s’entraîne pendant des jours avant d’affronter le moindre slime et refuse d’avancer tant qu’il n’a pas atteint le niveau maximal.

Le parallèle avec The Eminence in Shadow repose sur la figure du héros surpuissant vu à travers les yeux d’un personnage exaspéré. Ristarte joue ici le rôle du témoin médusé, incapable de suivre la logique de Seiya — exactement comme l’entourage de Cid reste perpétuellement abasourdi par ses actions. Les deux séries retournent avec jubilation le cliché du héros isekai invincible, l’une par le délire de grandeur, l’autre par la paranoïa méthodique.


6. Mon destin… entre les mains des femmes (Yomu Mishima et Jun Shiosato, 2018)

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Léon, un ouvrier japonais, meurt d’épuisement après avoir été forcé par sa sœur de terminer un jeu de drague (otome game) en mode 100 %. Il se réincarne dans l’univers de ce même jeu : un monde médiéval fantastique où les femmes dominent les hommes, les traitent en subalternes et décident de tous les aspects de leur existence. Léon, simple figurant (mob) dans la hiérarchie sociale, décide de se servir de sa connaissance du jeu pour renverser le système.

La parenté avec The Eminence in Shadow se situe dans le décalage entre le statut apparent du héros et son influence réelle. Léon, comme Cid, se présente en personnage secondaire, mais finit par bouleverser l’ordre établi. La série ajoute cependant une dimension satirique sur les rapports de domination genrés et détourne avec mordant les codes des jeux otome, ce qui lui confère une identité propre au sein du genre isekai.


7. Le 7e Prince (Kenkyo na Circle et Yōsuke Kokuzawa, 2020)

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Un sorcier médiocre, dépourvu de lignée prestigieuse, périt lors d’un duel. Il se réincarne sous les traits de Lloyd, septième prince du royaume de Saloum — une famille dotée d’un talent magique inné et d’un statut royal qui lui garantit temps libre et ressources illimitées. Lloyd se consacre alors corps et âme à l’étude de la magie, sa passion de toujours, avec un enthousiasme enfantin et une puissance démesurée.

Le lien avec The Eminence in Shadow est limpide : Lloyd, comme Cid, est un réincarné surpuissant qui ne se rend pas compte de l’écart abyssal entre ses capacités et celles de son entourage. Ses exploits, qu’il considère comme de simples exercices, terrifient ou émerveillent tous ceux qui l’observent. Le ton penche davantage vers la comédie légère et le shōnen d’action que vers la parodie noire, mais le ressort comique du prodige inconscient de sa propre force reste identique.


8. So I’m a Spider, So What? (Okina Baba et Asahiro Kakashi, 2015)

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Une lycéenne anonyme se retrouve réincarnée — non pas en héroïne ou en princesse, mais en araignée de niveau 1, piégée au fond d’un labyrinthe peuplé de monstres féroces. Sans alliés ni avantage de départ, elle doit survivre grâce à sa ruse, sa persévérance et un système de progression à la manière d’un jeu vidéo. À force d’affrontements et d’évolutions successives, cette petite araignée gagne en puissance jusqu’à devenir une créature redoutable.

Ce manga partage avec The Eminence in Shadow une mécanique d’ascension fulgurante dans un monde régi par des règles vidéoludiques, mais inverse la formule : là où Cid part d’une position de force et joue la comédie du faible, l’araignée part du bas de l’échelle et doit tout conquérir. Le récit mise sur l’humour intérieur de l’héroïne, dont les monologues sarcastiques rappellent les réflexions décalées de Cid face à des situations qu’il ne comprend qu’à moitié.

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