Sun-Ken Rock est un seinen manga écrit et dessiné par Boichi, prépublié entre 2006 et 2016 dans le magazine Young King et compilé en 25 tomes. Le récit suit Ken Kitano, un jeune Japonais débarqué à Séoul pour rejoindre la femme qu’il aime, et qui se retrouve propulsé à la tête d’un gang local.
Entre affrontements brutaux, humour décalé et chronique du milieu mafieux, la série s’est imposée comme une référence du manga d’action grâce à son dessin spectaculaire et ses personnages charismatiques. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Origin (Boichi, 2016)

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En 2048, Tokyo est devenue un nid de criminalité où des androïdes meurtriers se dissimulent parmi les humains. Origin, le premier robot conçu par un scientifique disparu, traque ses huit « frères » qui massacrent des civils, dans sa tentative de mener une existence convenable sous une identité humaine. La série, qui compte 10 tomes, a reçu le Grand Prix du Japan Media Arts Festival en 2019.
On retrouve ici la patte graphique de Boichi dans toute sa puissance : corps sculpturaux, scènes de combat d’une précision chirurgicale et mises en page qui repoussent les limites du médium. Le passage du milieu mafieux coréen à la science-fiction cyberpunk ne désoriente pas, car l’auteur conserve sa maîtrise de la tension dramatique et son goût pour les affrontements physiques dévastateurs. Un prolongement naturel pour qui veut retrouver le trait de Sun-Ken Rock dans un cadre différent.
2. The Fable (Katsuhisa Minami, 2014)

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Akira Satō, alias « Fable », est un tueur à gages d’exception dont le seul nom terrifie la pègre japonaise. Lorsque son patron lui ordonne de se mettre en retrait pendant un an, il s’installe à Osaka sous une fausse identité et doit apprendre à vivre en citoyen ordinaire, hébergé par un clan de yakuzas local. Sauf que le milieu interlope ne compte pas le laisser en paix. La série, forte de 22 tomes, a remporté le Prix Kōdansha 2017 dans la catégorie « Général » et a été sélectionnée au Festival d’Angoulême 2024.
Le décalage entre la létalité du protagoniste et son inadaptation sociale produit un humour noir très efficace, comparable à la dualité de Ken Kitano, chef de gang malgré lui dans Sun-Ken Rock. Les deux séries partagent un même ancrage dans le crime organisé japonais et un sens aigu du rythme, entre séquences de tension et respirations comiques.
3. OUT (Tatsuya Iguchi & Makoto Mizuta, 2012)

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Tatsuya Iguchi, 17 ans, sort de la maison d’arrêt de Nagano sous liberté conditionnelle. Envoyé à Tokyo chez sa tante pour repartir de zéro, il se retrouve très vite happé par les guerres de gangs locaux. Le manga, tiré de l’expérience réelle de son scénariste — lui-même ancien délinquant et personnage de la série Drop —, cumule plus de 6,5 millions d’exemplaires au Japon.
Ce furyo pur jus partage avec Sun-Ken Rock un ancrage cru dans la rue et une violence frontale lors des affrontements entre bandes. Là où Ken Kitano gravit les échelons de la pègre coréenne, Iguchi tente de résister à l’appel du bitume tokyoïte. Les deux séries dressent le portrait de jeunes hommes tiraillés entre loyauté, survie et rédemption, avec une brutalité graphique qui ne fait aucune concession.
4. Wind Breaker (Satoru Nii, 2021)

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Haruka Sakura, lycéen solitaire et bagarreur, intègre le lycée Fûrin, réputé comme le pire établissement du Japon. Il découvre que les élèves ne sont plus de simples racailles : organisés sous le nom de Wind Breaker, ils protègent les habitants du quartier contre toute forme de menace extérieure. Haruka, qui ne cherchait qu’à devenir le plus fort, doit alors redéfinir le sens qu’il donne au combat.
La série réinvente le manga de furyō grâce à une dimension altruiste et collective. Si le registre est plus lumineux que celui de Sun-Ken Rock, on y retrouve le même plaisir des chorégraphies de baston et la question centrale de la place du protagoniste au sein d’un groupe. Les impacts sont dessinés avec une énergie brute qui rappelle le souffle des planches de Boichi, et l’évolution psychologique de Haruka fait écho à celle de Ken Kitano.
5. Tokyo Revengers (Ken Wakui, 2017)

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Takemichi Hanagaki, adulte raté et sans ambition, apprend que son ex-petite amie a été tuée par le gang Tokyo Manji. Propulsé douze ans en arrière par un saut temporel inexpliqué, il tente de modifier le cours des événements pour la sauver. Le manga, lauréat du Prix Kōdansha 2020, s’est écoulé à plus de 80 millions d’exemplaires et compte 31 tomes.
Ken Wakui, ancien délinquant lui-même, décrit le milieu des bandes de jeunes tokyoïtes avec une authenticité comparable à celle de Boichi pour la pègre de Séoul. Le mécanisme de retour dans le passé ajoute une couche de suspense absente de Sun-Ken Rock, mais le cœur du récit reste le même : des personnages charismatiques, des rapports de force entre clans et des bastons à couper le souffle. Un incontournable du manga de furyō moderne.
6. Kengan Ashura (Yabako Sandrovich & Daromeon, 2012)

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Depuis l’ère Edo, de puissants hommes d’affaires japonais règlent leurs différends commerciaux par des combats clandestins entre gladiateurs. Tokita Ohma, surnommé « Ashura », s’engouffre dans ces arènes et pulvérise ses adversaires grâce à une maîtrise martiale hors norme. Son manager, Kazuo Yamashita, modeste salarié de 56 ans, se retrouve embarqué dans un tournoi où la victoire vaut des milliards.
Le manga fait la part belle aux affrontements à mains nues, chacun doté d’une chorégraphie et d’une logique martiale qui lui sont propres — un trait qu’il partage avec les scènes de combat de Sun-Ken Rock. Là où Boichi mise sur la puissance brute de Ken Kitano, Sandrovich et Daromeon construisent un bestiaire de combattants aux styles variés, du karaté à la lutte jusqu’au kung-fu. Les 27 tomes de la série, adaptée en anime sur Netflix, constituent un festin pour les amateurs d’action musclée.
7. Jagaaan (Muneyuki Kaneshiro & Kensuke Nishida, 2017)

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Shintarō Jagasaki est un policier de quartier englué dans une existence terne, rongé par des pulsions meurtrières qu’il dissimule derrière un sourire de façade. Lorsqu’une pluie de grenouilles transforme certains humains en monstres appelés « humains brisés », sa main droite se métamorphose en arme à feu organique. Accompagné d’une mystérieuse chouette nommée Doku, il doit traquer ces créatures et affronter ses propres démons.
Ce seinen en 14 tomes partage avec Sun-Ken Rock un protagoniste au double visage — sourire public, rage intérieure — et une esthétique qui ne recule devant aucun excès graphique. Le scénario de Kaneshiro, également auteur de Blue Lock, dissèque la frustration sociale et les pulsions refoulées avec une noirceur qui rappelle Parasite de Hitoshi Iwaaki. Un titre radical, à réserver à un lectorat averti.
8. Sakamoto Days (Yuto Suzuki, 2020)

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Tarō Sakamoto était le tueur à gages le plus redouté du Japon. Puis il est tombé amoureux, a pris sa retraite, fondé une famille et… pris du poids. Désormais gérant bedonnant d’une supérette de quartier, il coule des jours paisibles jusqu’à l’arrivée de Shin, un jeune assassin télépathe qui ravive son passé. Malgré sa silhouette transformée, Sakamoto n’a rien perdu de ses réflexes létaux.
Le contraste entre la bonhomie du héros et sa compétence meurtrière intacte génère un humour irrésistible, dans la lignée des moments comiques de Sun-Ken Rock où Ken Kitano passait du ridicule à la terreur en une case. Le trait de Yuto Suzuki, précis et dynamique, met en scène des séquences d’action parmi les plus inventives du Weekly Shōnen Jump actuel. La série, en cours avec plus de 25 tomes, a remporté le Daruma du meilleur manga 2024.