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Que lire après « Solanin » d'Inio Asano ?

Que lire après « Solanin » d’Inio Asano ?

Publié en 2005 dans le magazine Weekly Young Sunday, Solanin est un seinen manga en deux tomes signé Inio Asano. Il met en scène Meiko et Taneda, un jeune couple de Tokyoïtes confronté aux désillusions de l’entrée dans la vie active, entre aspirations artistiques et réalité économique. Le récit aborde le passage à l’âge adulte, la quête de sens et le deuil des rêves de jeunesse. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.


1. Errance (Inio Asano, 2017)

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Dans Errance, Inio Asano déplace son regard vers la quarantaine avec Kaoru Fukazawa, un mangaka en pleine crise existentielle après l’achèvement d’une série à succès. Entre doutes créatifs, relations sentimentales chaotiques et quête identitaire, ce one-shot se lit comme une mise en abyme troublante du métier de mangaka.

Asano y questionne les compromis entre art et commerce, la peur de l’obsolescence et les sacrifices consentis pour la création. Le trait hyperréaliste, signature de l’auteur, confère aux paysages japonais une beauté mélancolique qui contraste avec la noirceur psychologique du protagoniste.

Comme dans Solanin, on retrouve cette tension entre aspirations personnelles et attentes sociales, mais le point de vue a mûri. Là où Meiko et Taneda hésitaient encore au seuil de l’âge adulte, Kaoru contemple les conséquences de ses choix passés avec amertume et lucidité.


2. Bonne nuit Punpun (Inio Asano, 2007)

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Considéré comme le magnum opus d’Inio Asano, Bonne nuit Punpun suit Onodera Punpun de l’enfance à l’âge adulte. Le protagoniste et sa famille sont représentés sous forme d’oiseaux minimalistes, un choix graphique qui facilite l’identification du lecteur·ice tout en créant un contraste saisissant avec le réalisme brutal des décors et des autres personnages.

Le manga aborde la dépression, les violences familiales, l’amour destructeur et l’isolement social avec une franchise désarmante. Si Solanin traitait le malaise existentiel avec une note d’espoir finale, Punpun s’enfonce dans des abysses psychologiques nettement plus sombres.

Asano y déploie une narration complexe où le surréalisme côtoie le quotidien le plus banal. Cette fresque de treize tomes constitue une lecture éprouvante mais cathartique pour qui souhaite approfondir les thématiques d’Asano.


3. Tokyo, ces jours-ci (Taiyô Matsumoto, 2019)

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Après trente ans comme éditeur de manga, Shiozawa démissionne et tente de prendre ses distances avec ce milieu qui l’a consumé. Mais sa passion le rattrape : il entreprend de réunir les auteur·ices qu’il a accompagné·es pour créer un magazine selon ses propres termes.

Taiyô Matsumoto (Sunny, Amer béton) livre ici un récit introspectif sur la relation humaine entre créateur·ice et éditeur·ice, loin des clichés de l’industrie. Son trait, influencé par Mœbius et la bande dessinée franco-belge, baigne chaque page d’une mélancolie douce.

Les décors reflètent l’état d’âme des personnages : pluie pour la tristesse, lumière pour l’espoir. Comme Solanin, ce manga interroge le sens du travail et la difficulté de concilier idéaux et contraintes matérielles, mais à travers le prisme de personnages quinquagénaires.


4. Hirayasumi (Keigo Shinzô, 2021)

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Hiroto, 29 ans, freeter décontracté, hérite d’une petite maison de plain-pied léguée par une vieille dame qu’il visitait régulièrement. Sa cousine Natsumi, 18 ans, étudiante en art fraîchement débarquée à Tokyo, vient s’installer chez lui.

De cette cohabitation naît un manga feel-good qui célèbre les petits bonheurs du quotidien : la préparation d’un repas, les balades en ville, les conversations anodines. Keigo Shinzô manie la simplicité narrative avec une maîtrise remarquable, transcendant les moments banals pour en révéler la beauté.

Derrière la légèreté apparente, le récit aborde le deuil, la pression des études et la quête de vocation. Là où Solanin documentait l’angoisse de la vingtaine, Hirayasumi propose une alternative apaisée : accepter l’incertitude et savourer l’instant présent.


5. Tokyo Tarareba Girls (Akiko Higashimura, 2014)

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Rinko, scénariste de télévision, et ses deux amies Kaori et Koyuki forment un trio de trentenaires célibataires qui noient leurs doutes sentimentaux dans l’alcool. Leurs soirées au bar se résument à des « et si… », des regrets formulés à haute voix.

Lorsqu’un jeune mannequin les traite de « vieilles filles », la prise de conscience est brutale. Akiko Higashimura (Princess Jellyfish) signe un josei à la fois sarcastique et touchant, qui dissèque sans complaisance les attentes sociales pesant sur les femmes japonaises.

Le ton oscille entre comédie et drame, avec des moments d’autodérision féroce. Comme Solanin, ce manga questionne la pression du temps qui passe et l’écart entre les rêves de jeunesse et la réalité de l’âge adulte, mais sous un angle résolument féminin.


6. Trait pour trait, dessine et tais-toi ! (Akiko Higashimura, 2011)

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Dans cette autobiographie en cinq tomes, Akiko Higashimura revient sur son parcours de lycéenne persuadée de son génie jusqu’à ses débuts laborieux de mangaka. La rencontre avec son professeur de dessin, un homme sévère armé d’un sabre en bambou, constitue le pivot du récit.

Ce mentor exigeant lui enseigne les bases de l’art avec une rigueur qui la force à abandonner ses illusions. Le manga alterne humour autodérisoire et émotion sincère, rendant hommage à cet homme qui a façonné sa carrière.

On y retrouve la thématique chère à Solanin : la confrontation entre ambitions et réalité, la nécessité du travail acharné pour concrétiser ses rêves. Le regard rétrospectif d’Higashimura, quarantenaire accomplie, confère une profondeur supplémentaire à ce récit d’apprentissage.


7. Blue Period (Tsubasa Yamaguchi, 2017)

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Yatora est un lycéen brillant mais désabusé, qui suit le parcours tracé par la société sans y trouver de sens. Un jour, la vue d’un tableau peint par une camarade le bouleverse : il découvre que la peinture peut exprimer ce que les mots ne sauraient dire.

Il décide alors de tenter le concours d’entrée de la Geidai, l’université des Arts de Tokyo, réputée pour sa sélectivité extrême. Tsubasa Yamaguchi, elle-même diplômée de cette institution, livre un seinen didactique et passionnant sur les techniques artistiques, la préparation aux concours et les sacrifices nécessaires.

Le manga aborde également les questions d’identité de genre à travers le personnage de Yuka. Comme Solanin, Blue Period traite de la découverte tardive d’une passion et du courage requis pour suivre une voie incertaine.


8. Adieu Eri (Tatsuki Fujimoto, 2022)

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Yûta reçoit un smartphone pour ses douze ans. Sa mère, en phase terminale, lui demande de la filmer jusqu’à sa mort. Il réalise un court-métrage qu’il présente à son lycée, mais la fin explosive qu’il y ajoute déclenche moqueries et ostracisme. Au moment de se suicider, il rencontre Eri, une cinéphile mystérieuse qui l’encourage à créer un nouveau film.

Tatsuki Fujimoto (Chainsaw Man) signe un one-shot de 200 pages qui brouille constamment les frontières entre réalité et fiction. Le découpage imite les plans d’un smartphone, chaque case ressemblant à une pellicule. Les retournements de situation successifs interrogent notre rapport au deuil et à la mémoire. Comme Solanin, ce récit traite de la perte et de la manière dont l’art peut transcender la douleur, mais avec une audace narrative qui lui est propre.

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