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Que lire après « Redo of Healer » de Rui Tsukiyo et Sōken Haga ?

Que lire après « Redo of Healer » de Rui Tsukiyo et Sōken Haga ?

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Redo of Healer (Kaifuku Jutsushi no Yarinaoshi) est un seinen manga adapté du light novel de Rui Tsukiyo et dessiné par Sōken Haga, prépublié depuis octobre 2017 dans le webzine Young Ace Up de Kadokawa Shoten. On y suit Keyarga, un guérisseur exploité et brutalisé par les héros qu’il était censé épauler, qui parvient à remonter le temps grâce à sa magie de soin pour orchestrer une vengeance méthodique. La série s’est fait connaître pour sa violence explicite et la brutalité assumée de son propos.

Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques recommandations dans la même veine.


1. The Rising of the Shield Hero (Aneko Yusagi & Aiya Kyu, 2014)

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Naofumi Iwatani est invoqué dans le royaume de Melromarc en tant que Héros au Bouclier, l’un des quatre Héros légendaires. Faussement accusé d’un crime par la princesse Malty, il se retrouve rejeté par tous et privé de ressources. Son Bouclier légendaire lui interdit toute attaque directe : il est donc contraint d’acheter une esclave, Raphtalia, pour se battre à sa place, et de reconstruire sa position à partir de rien.

Naofumi n’est pas un héros vertueux : il recourt au commerce, à la ruse et à l’esclavage pour survivre. C’est cette rage froide face à un système qui l’a condamné d’office qui fait écho à Redo of Healer — à la différence que Naofumi finit par fédérer autour de lui, notamment lorsque les Vagues de calamités exigent une réponse collective. Le cynisme du personnage ne s’efface pas pour autant : il s’adapte, mais ne pardonne rien.


2. Arifureta – De zéro à héros (Ryō Shirakome & RoGa, 2016)

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Hajime Nagumo, lycéen effacé, est transporté dans un autre monde avec toute sa classe. Là où ses camarades reçoivent des aptitudes de combat redoutables, il n’hérite que de la classe de synergiste — la plus faible du lot. Trahi par un condisciple jaloux, il chute dans les profondeurs du Grand Labyrinthe d’Orcus et est laissé pour mort. Privé d’un bras, Hajime ne survit que grâce à la chair de monstres qu’il se force à avaler, ce qui altère définitivement son corps et ses capacités.

Hajime incarne une rupture totale avec le schéma du héros providentiel : il ne cherche ni à sauver le monde ni à retrouver ses anciens alliés. Il veut rentrer chez lui, point. Sa rencontre avec Yue, vampiresse emprisonnée depuis des siècles au fond du labyrinthe, ne le détourne pas de cet objectif — elle s’y greffe. Yue a besoin d’un libérateur ; Hajime a besoin d’un appui au combat. Le duo fonctionne sur cette réciprocité sèche, sans sentimentalisme, et c’est ce qui le rend crédible.


3. The Kingdoms of Ruin (Yoruhashi, 2019)

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Dans l’Empire de Rydia, humains et sorcières ont longtemps cohabité, jusqu’au jour où les avancées technologiques ont rendu la magie superflue. Le pouvoir impérial décrète alors une chasse aux sorcières. Adonis, jeune homme formé par Chloé Morgan, la Sorcière des Glaces, assiste impuissant à l’exécution publique de sa mentore. Emprisonné pendant des années, il finit par s’évader avec un seul objectif : anéantir l’humanité tout entière.

C’est la portée de cette haine qui frappe. Adonis ne vise pas quelques responsables : sa fureur englobe l’espèce humaine dans son ensemble, y compris celles et ceux qui n’ont rien fait. Doroka, jeune soldate impériale qui tente de freiner cette spirale, incarne la seule résistance morale du récit — et sa présence ne suffit pas toujours. Le manga va aussi loin dans la brutalité de ses scènes que dans le jusqu’au-boutisme de son protagoniste, sans laisser au lectorat le confort d’un point de vue rassurant.


4. Failure Frame (Kaoru Shinozaki & Shō Uyoshi, 2019)

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Tôka Mimori, lycéen quasi invisible aux yeux de ses camarades, est invoqué avec sa classe dans un autre monde par la déesse Vysis. Chaque élève se voit attribuer un rang de puissance ; Tôka obtient le rang E, le plus bas. Considéré comme un déchet, il est jeté dans des ruines souterraines dont personne n’est jamais ressorti. Or, ses compétences d’altération d’état — paralysie, poison, sommeil —, jugées ridicules, se révèlent d’une efficacité absolue contre les monstres du donjon.

Là où la plupart des récits de vengeance isekai misent sur la surpuissance brute, Failure Frame privilégie la méthode. Tôka ne gagne pas ses combats par la force : il piège, immobilise, empoisonne, et attend. Accompagné de Seras Ashrain, chevalière elfe en fuite, il remonte vers la surface pour affronter Vysis — une déesse qui contrôle aussi bien les héros invoqués que l’opinion publique de son monde. C’est cet ennemi politique, plus que militaire, qui place Failure Frame à part dans le sous-genre de l’isekai de vengeance.


5. Berserk of Gluttony (Isshiki Ichika & Daisuke Takino, 2018)

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Fate Graphite vit dans un monde où tout se joue sur les compétences innées. La sienne, la Gloutonnerie, ne lui procure qu’une faim insatiable — une malédiction pure et simple. Réduit au rang de garde subalterne dans la capitale Seyfert, il est méprisé par les nobles. Tout bascule le jour où il tue un voleur en état de légitime défense : la Gloutonnerie dévore l’âme de sa victime et en absorbe les statistiques. Fate découvre alors le véritable potentiel, et le prix, de son pouvoir.

Le piège est simple : chaque âme absorbée renforce Fate, mais accroît aussi la Famine qui menace de le rendre fou ou de le tuer. Son épée pensante, Greed, pose la question à voix haute — jusqu’où peut-on se nourrir de la mort des autres sans se perdre soi-même ? C’est ce contrecoup permanent qui fait tenir le récit : là où d’autres séries de fantasy à système de niveaux traitent la montée en puissance comme une récompense, ici, chaque victoire rapproche le héros de sa propre fin.


6. Cross of the Cross (Shiryu Nakatake, 2020)

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Shun Uruma, élève de sixième, est surnommé « le Cobaye A » par cinq de ses camarades, menés par le sadique Kyô Shigô, qui lui infligent des sévices quotidiens. Sa seule source de réconfort — ses parents et son petit frère — lui est arrachée lorsque ses harceleurs commettent l’irréparable. Brisé, Shun se réfugie chez son grand-père, ancien membre d’un bataillon militaire secret, qui va le former au combat et à la survie.

Pas de monde parallèle ni de pouvoirs magiques ici : la vengeance se déploie dans un Japon contemporain, ce qui rend chaque acte de violence d’autant plus cru. Shun traque ses cinq cibles de façon méthodique, et le manga ne cherche jamais à adoucir ce qu’il montre. Cross of the Cross pousse la logique du revenge thriller jusqu’à poser une question inconfortable : que reste-t-il du protagoniste une fois la haine assouvie ? Le récit, proche par moments de Saw ou Hostel, n’offre pas de réponse rassurante.


7. Goblin Slayer (Kumo Kagyu & Kōsuke Kurose, 2016)

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Une jeune Prêtresse fraîchement inscrite à la Guilde des aventuriers voit sa première mission tourner au cauchemar : son groupe de débutants est décimé par des gobelins, créatures que tout le monde sous-estime. Elle ne doit sa survie qu’à l’intervention du Crève-Gobelins, aventurier de rang argent qui a voué son existence à l’éradication de ces monstres. Méthodique, laconique et obsessionnel, il refuse toute autre quête — y compris celles qui sauveraient le monde.

Ce refus du héroïsme classique est le nerf du manga. Là où les autres aventuriers convoitent les dragons et les récompenses prestigieuses, le Crève-Gobelins s’obstine à nettoyer des tanières de gobelins, tâche ingrate et mal payée, parce qu’il sait ce que ces créatures font aux villageois·es que personne ne protège. Goblin Slayer ne recule devant aucune représentation de cette cruauté — viols, massacres, embuscades — et c’est cette horreur de bas étage, volontairement triviale, loin des menaces cosmiques habituelles du genre, qui rend le récit si singulier.


8. Pumpkin Night (Masaya Hokazono & Seima Taniguchi, 2016)

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Naoko Kirino, collégienne harcelée par un groupe de camarades, est défigurée lors d’une brimade qui tourne au drame : de l’acide sulfurique versé dans un masque de citrouille lui inflige des séquelles irréversibles. Internée dans un hôpital psychiatrique, elle s’en évade après avoir tué médecins et infirmiers, un masque de citrouille vissé sur le visage. Sous le nom de Pumpkin Night, elle se lance à la poursuite de ses persécuteurs pour leur infliger une mort atroce.

Le scénario de Hokazono fonctionne comme un slasher pur : l’horreur ne vient pas du surnaturel, mais de la détermination sans limite d’une adolescente que plus rien ne retient. Naoko ne négocie pas, ne s’explique pas — elle exécute. Le seul élément qui enraye cette logique est Kazuya, ancien ami de Naoko, pris entre sa culpabilité de n’avoir rien fait et son refus de la voir sombrer. C’est ce personnage, et non les scènes de gore, qui porte la véritable tension du récit. Publié en France par Mangetsu depuis 2023, le titre s’adresse à un public averti.