Ranma ½ est un manga écrit et dessiné par Rumiko Takahashi, prépublié dans le Weekly Shōnen Sunday entre 1987 et 1996 et compilé en 38 volumes.
La série suit les mésaventures de Ranma Saotome, un jeune artiste martial victime d’une malédiction qui le transforme en fille au contact de l’eau froide. Fiancé contre son gré à Akane Tendō, il doit composer avec des rivaux amoureux, des combats absurdes et des quiproquos à répétition.
Comédie romantique mâtinée d’arts martiaux et de surnaturel, la série a connu un succès mondial et reste l’un des titres emblématiques du shōnen des années 1990. Si vous cherchez quoi lire après avoir refermé le dernier tome, voici quelques suggestions dans le même esprit.
1. Urusei Yatsura (Rumiko Takahashi, 1978)

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Avant Ranma ½, Rumiko Takahashi avait déjà posé les fondations de son style avec Urusei Yatsura, sa toute première série à succès. L’histoire tourne autour d’Ataru Moroboshi, lycéen malchanceux et incorrigible coureur de jupons, dont la vie bascule lorsque Lum, une princesse extraterrestre aux cornes de démon, décide de s’installer chez lui après un malentendu.
La mécanique est proche de celle de Ranma ½ : un garçon entêté refuse d’admettre ses sentiments pour une fille collée à lui, tandis qu’une galerie de personnages excentriques — aliens, esprits, dieux et démons — sème le chaos autour d’eux.
Le sens du quiproquo, le rythme effréné des gags et la tendresse dissimulée sous le burlesque sont déjà pleinement présents. Lire Urusei Yatsura, c’est remonter à la source même du « Rumic World ».
2. Maison Ikkoku (Rumiko Takahashi, 1980)

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Si Ranma ½ vous a séduit·e par sa romance contrariée entre deux têtes de mule, Maison Ikkoku pousse cette dynamique dans un registre plus mature. Yusaku Godai, étudiant raté et perpétuel souffre-douleur, tombe amoureux de Kyoko Otonashi, la jeune veuve devenue concierge de sa pension de famille.
Contrairement à Ranma ½, il n’y a ici ni malédiction ni arts martiaux : les obstacles sont ceux de la vie quotidienne — fierté, maladresses, quiproquos sentimentaux et rivaux tenaces. La série, publiée dans Big Comic Spirits pour un lectorat seinen, aborde avec justesse le deuil, la précarité étudiante et les rapports de classe dans le Japon des années 1980.
On y retrouve toutefois l’humour burlesque et les personnages secondaires hauts en couleur chers à Takahashi. Un prolongement logique pour qui souhaite découvrir la facette la plus émouvante de la mangaka.
3. Ayakashi Triangle (Kentarō Yabuki, 2020)

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Matsuri Kazamaki est un jeune ninja exorciste dont la mission consiste à protéger son amie d’enfance Suzu, une lycéenne qui attire les esprits malgré elle. Lors d’un affrontement avec Shirogane, un puissant ayakashi à l’apparence de chat, Matsuri se retrouve transformé en fille par un sortilège — une malédiction permanente qui bouleverse sa relation avec Suzu.
Le parallèle avec Ranma ½ saute aux yeux : un protagoniste masculin piégé dans un corps féminin, un triangle amoureux compliqué par ce changement de genre et des combats contre des créatures surnaturelles.
Kentarō Yabuki, connu pour Black Cat et To Love-Ru, apporte un dessin soigné et un ton résolument plus sensuel que celui de Takahashi, mais les ressorts comiques — embarras, situations ambiguës, identité chamboulée — restent dans la lignée directe du classique des années 1990.
4. Yamada-kun and the 7 Witches (Miki Yoshikawa, 2012)

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Ryu Yamada, lycéen délinquant aux résultats déplorables, échange accidentellement de corps avec Urara Shiraishi, l’élève modèle de son établissement, après un baiser involontaire. Ce point de départ rappelle immédiatement le mécanisme de transformation de Ranma ½, à ceci près que l’échange de corps se déclenche ici par un baiser et peut concerner n’importe qui.
Le duo découvre bientôt que sept sorcières dotées de pouvoirs distincts — télépathie, clairvoyance, effacement de mémoire — fréquentent leur lycée. La série de Miki Yoshikawa, ancienne assistante d’Hiro Mashima sur Fairy Tail, mêle comédie romantique, mystère scolaire et gender bending avec un sens du rythme soutenu.
Le thème central — selon l’autrice elle-même — est qu’on n’est jamais seul·e face à ses problèmes, un message porté par des personnages attachants et des retournements de situation bien ficelés.
5. Reincarnated as a Pretty Fantasy Girl (Yū Tsurusaki & Shin Ikezawa, 2019)

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Deux trentenaires, Hinata Tachibana et Tsukasa Jinguji, amis de longue date, sont projetés dans un monde de fantasy par une déesse capricieuse. Le hic : Tachibana, éternel malchanceux en amour, se retrouve dans le corps d’une jeune femme d’une beauté irrésistible, tandis que Jinguji conserve son apparence — et commence à éprouver une attirance troublante pour son meilleur ami transformé.
Pour retrouver son corps d’origine, le duo doit vaincre le roi des démons. Comme dans Ranma ½, le changement de sexe sert de moteur comique principal : malaises, situations gênantes et questions d’identité s’enchaînent à un rythme effréné. Mais là où Takahashi restait dans le cadre d’un shōnen lycéen, Reincarnated as a Pretty Fantasy Girl déplace le curseur vers l’isekai et la parodie des codes du genre, avec deux adultes dépassés par l’absurdité de leur situation.
6. Dandadan (Yukinobu Tatsu, 2021)

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Momo Ayase croit aux fantômes mais pas aux extraterrestres ; son camarade de classe Ken Takakura — qu’elle surnomme « Okarun » — pense l’inverse. Pour trancher leur désaccord, chacun se rend dans un lieu lié à la croyance de l’autre. Résultat : les deux ont raison, et leur vie bascule dans un tourbillon de combats contre des yōkai et des aliens.
Ancien assistant de Tatsuki Fujimoto (Chainsaw Man), Yukinobu Tatsu signe un manga au découpage nerveux où la romance naît au milieu du chaos surnaturel. La parenté avec Ranma ½ tient à cette alchimie entre comédie sentimentale et fantastique débridé : deux lycéens trop fiers pour avouer leurs sentiments se retrouvent liés par des phénomènes paranormaux.
Le ton est cependant plus sombre et l’action plus spectaculaire, ce qui en fait un héritier moderne et décomplexé du « shōnen à malédictions ».
7. Kaguya-sama: Love is War (Aka Akasaka, 2015)

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Kaguya Shinomiya et Miyuki Shirogane, vice-présidente et président du bureau des élèves de la prestigieuse académie Shūchiin, sont éperdument amoureux l’un de l’autre. Problème : tous deux considèrent que déclarer ses sentiments en premier équivaut à une défaite. S’engage alors une guerre psychologique où chaque situation du quotidien — un simple repas, un message, une sortie entre amis — devient un champ de bataille stratégique.
Si Ranma ½ jouait sur l’incapacité de Ranma et Akane à s’avouer leur amour derrière les disputes et les quiproquos, Kaguya-sama pousse cette logique à son paroxysme en la traitant comme un duel intellectuel. Aka Akasaka parsème par ailleurs le récit de personnages secondaires mémorables, en particulier Chika Fujiwara, dont l’énergie imprévisible n’est pas sans rappeler les trublions de la pension Tendō. Un seinen couronné par le prix Shōgakukan en 2019.
8. Romantic Killer (Wataru Momose, 2019)

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Anzu Hoshino, lycéenne épanouie et célibataire assumée, n’a que trois passions : les jeux vidéo, le chocolat et son chat Momohiki. Sa tranquillité vole en éclats lorsque Riri, un petit sorcier facétieux, lui confisque tout ce qu’elle aime et transforme son quotidien en scénario de comédie romantique stéréotypée, peuplé de beaux garçons surgis de nulle part.
Là où Ranma ½ détournait les codes du shōnen martial et de la romance, Romantic Killer s’attaque frontalement aux clichés du shōjo et des jeux otome : l’arrivée en retard avec une tartine, la pluie providentielle, le garçon ténébreux au passé mystérieux. Anzu refuse catégoriquement de jouer le jeu, ce qui donne lieu à des situations d’un comique redoutable.
La série, intégralement en couleur et bouclée en seulement quatre volumes, se lit d’une traite. Une parodie affûtée pour celles et ceux qui apprécient les romances qui ne se prennent pas au sérieux.