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Que lire après « Rainbow » de George Abe et Masasumi Kakizaki ?

Que lire après « Rainbow » de George Abe et Masasumi Kakizaki ?

Rainbow, écrit par George Abe et dessiné par Masasumi Kakizaki, est un seinen manga prépublié entre 2002 et 2010 dans les magazines Weekly Young Sunday puis Weekly Big Comic Spirits.

La série suit sept adolescents enfermés dans une maison de correction du Japon des années 1950, où ils subissent la brutalité du système carcéral et y tissent des liens d’amitié indéfectibles.

Lauréat du prix Shogakukan en 2006, le manga compte 22 tomes et a été adapté en anime par le studio Madhouse en 2010. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.


1. Sengo (Sansuke Yamada, 2013)

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Sengo se déroule en 1946, dans un Tokyo ravagé par la défaite. Deux soldats démobilisés, le sergent Tokutarō Kawashima et le soldat Kadomatsu Kuroda, se retrouvent par hasard et tentent de survivre dans une ville sous occupation américaine. Entre marché noir, alcool et maisons closes, Sansuke Yamada dépeint sans complaisance un Japon exsangue où les repères ont volé en éclats.

Comme dans Rainbow, l’amitié masculine née de l’adversité constitue le cœur du récit, et le Japon d’après-guerre sert de toile de fond à une misère omniprésente. Le ton oscille entre burlesque et tragique, ce qui donne au récit une respiration singulière. Le trait de Yamada, brut et expressif, sert à merveille cette fresque humaine achevée en 7 tomes, récompensée par le Prix culturel Osamu Tezuka et le Grand Prix de l’Association des auteurs de bande dessinée japonais en 2019.


2. Dans la prison (Kazuichi Hanawa, 2000)

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En 1994, le mangaka Kazuichi Hanawa est incarcéré à Hokkaidō pour détention illégale d’arme à feu. De ses trois années de réclusion, il tire un manga autobiographique d’une précision quasi obsessionnelle : repas, travail en atelier, règles de conduite, punitions, rapports entre détenus. Le ton reste étonnamment neutre, presque clinique, et l’auteur semble parfois trouver dans la routine carcérale une forme d’apaisement paradoxal.

Là où Rainbow met en scène la violence et la révolte face à l’enfermement, Dans la prison adopte le point de vue d’un détenu résigné et méthodique. Le résultat est un témoignage percutant sur le système pénitentiaire nippon, nommé au Prix culturel Osamu Tezuka en 2001 et sélectionné au festival d’Angoulême en 2007. Un contrepoint précieux pour qui s’intéresse à la réalité carcérale japonaise sous un angle documentaire.


3. Prisonnier Riku (Shinobu Seguchi, 2011)

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Dans un Japon dystopique où une météorite a scindé Tokyo en deux, le jeune Riku Kurita, 13 ans, est accusé à tort du meurtre de son grand-père et jeté dans une prison de haute sécurité peuplée de criminels endurcis. Malgré sa condition de souffre-douleur, il refuse de céder et se bat pour prouver son innocence, fédérer ses codétenus et dénoncer la corruption du système.

Le parallèle avec Rainbow saute aux yeux : un héros jeté dans un enfer carcéral dont il doit se sortir par la force de sa volonté. Shinobu Seguchi reprend les codes du shōnen — détermination, camaraderie, adversaires redoutables — pour les transposer en milieu pénitentiaire. La série, achevée en 38 tomes, a été comparée par la critique à Ashita no Joe et Gen d’Hiroshima pour sa dimension sociale et son souffle épique.


4. OUT (Tatsuya Iguchi & Makoto Mizuta, 2012)

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Tatsuya Iguchi, 17 ans, sort de la maison d’arrêt de Nagano et obtient une seconde chance : s’il cause le moindre problème, il retourne derrière les barreaux. Hébergé par sa tante à Tokyo, il travaille dur dans son restaurant. Mais son tempérament impulsif et la proximité des gangs les plus dangereux de la capitale rendent la réinsertion périlleuse. Le scénario s’inspire de la propre jeunesse de Tatsuya Iguchi, co-auteur de la série.

Ce seinen de type furyo partage avec Rainbow la peinture crue d’une jeunesse en marge, tiraillée entre rédemption et rechute. Les affrontements entre bandes sont brutaux, les personnages cabossés par la vie, et le récit ne fait aucune concession. Avec plus de 6,5 millions d’exemplaires écoulés au Japon et une publication encore en cours, OUT s’impose comme une référence du genre.


5. Tokyo Revengers (Ken Wakui, 2017)

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À 26 ans, Takemichi Hanagaki mène une existence médiocre. Le jour où il apprend la mort de Hinata, son ancienne petite amie, tuée par le gang Tokyo Manji, il est projeté douze ans en arrière, à l’époque du collège. Armé de sa connaissance du futur, il tente d’infiltrer le gang pour modifier le cours des événements et sauver celle qu’il aime.

Ken Wakui, lui-même ancien délinquant, mêle les ressorts du shōnen à un mécanisme de saut temporel pour aborder les guerres de gangs adolescents. Comme Rainbow, la série place la loyauté et le courage au centre d’un univers violent où chaque décision pèse lourd. Avec plus de 80 millions d’exemplaires vendus et un Prix du manga Kōdansha en 2020, Tokyo Revengers a relancé l’intérêt pour le manga de furyo auprès d’un large public.


6. Banana Fish (Akimi Yoshida, 1985)

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New York, milieu des années 1980. Ash Lynx, chef de gang de 17 ans au QI de 180, élevé comme héritier du parrain corse Dino Golzine, mène l’enquête sur « Banana Fish », une drogue expérimentale liée à la folie de son frère aîné, vétéran du Viêt Nam. Sa route croise celle d’Eiji Okumura, un jeune photographe japonais dont la candeur va fissurer la carapace du tueur.

Le lien entre Ash et Eiji rappelle, sous une autre forme, la fraternité indéfectible des sept protagonistes de Rainbow : un attachement viscéral qui devient à la fois force et vulnérabilité. Akimi Yoshida entrecroise thriller, critique politique et drame intime dans un récit de 19 tomes, sérialisé de 1985 à 1994 et adapté en anime par le studio MAPPA en 2018. Un classique du manga, doublement couronné par le prix Shogakukan.


7. Golden Kamui (Satoru Noda, 2014)

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Au lendemain de la guerre russo-japonaise de 1904-1905, le soldat Saichi « l’Immortel » Sugimoto, ruiné et seul, apprend l’existence d’un trésor aïnou de 75 kilos d’or. Les indices sont tatoués sur la peau de prisonniers en cavale. Accompagné d’Asirpa, une jeune Aïnoue, il se lance dans une chasse au trésor à travers les terres glacées de Hokkaidō, face à des soldats renégats et des criminels redoutables.

Satoru Noda allie action, humour acide et transmission de la culture aïnoue avec une rigueur documentaire saluée par les spécialistes. Le parallèle avec Rainbow tient au contexte de l’après-guerre, à la violence sans fard et à la galerie de personnages meurtris par le conflit. La série, achevée en 31 tomes, a reçu le Grand Prix du manga en 2016 et le Prix culturel Osamu Tezuka en 2018.


8. Green Blood (Masasumi Kakizaki, 2011)

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Manhattan, fin du XIXe siècle. Le quartier de Five Points, ghetto où s’entassent les immigrés irlandais, croule sous la misère, la prostitution et la violence des gangs. Le jeune Luke Burns s’efforce de rester honnête et travaille comme docker, sans savoir que son frère aîné Brad est le Grim Reaper, tueur à gages du clan des Grave Diggers. Lorsque leur père criminel refait surface, l’équilibre fragile entre les deux frères vole en éclats.

Dessiné par Masasumi Kakizaki, l’illustrateur de Rainbow, Green Blood en prolonge la noirceur et l’intensité graphique dans un cadre radicalement différent. On retrouve la même maîtrise du noir et blanc, le même souffle dramatique et cette tension constante entre lumière et ténèbres incarnée par deux frères que tout oppose. La série, bouclée en 5 tomes, convoque l’héritage du western spaghetti et du film Gangs of New York de Martin Scorsese.

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