Paradise Kiss est un josei manga d’Ai Yazawa prépublié entre 1999 et 2003 dans le magazine de mode japonais Zipper, puis compilé en cinq volumes chez Shōdensha.
L’histoire suit Yukari Hayasaka, lycéenne studieuse dont la vie bascule lorsqu’elle croise le chemin d’un groupe d’étudiants en stylisme de la Yazawa Art Academy. George, Miwako, Arashi et Isabella lui proposent de devenir le mannequin de leur marque éponyme pour le défilé de fin d’études.
Le manga se déroule dans le même univers que Gokinjo, une vie de quartier, dont il constitue une suite indépendante. Si vous vous demandez quoi lire ensuite, voici quelques suggestions du même acabit.
1. Nana (Ai Yazawa, 2000)

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Impossible d’évoquer Paradise Kiss sans mentionner Nana, le titre le plus célèbre d’Ai Yazawa. Deux jeunes femmes de vingt ans partageant le même prénom se rencontrent par hasard dans un train en direction de Tokyo.
L’une, Nana Komatsu surnommée « Hachi », cherche l’amour et un nouveau départ. L’autre, Nana Osaki, ambitionne de conquérir la scène punk rock avec son groupe Blast. Leur colocation dans l’appartement 707 devient le théâtre de leurs joies, leurs peines et leurs désillusions.
On retrouve ici le trait élégant d’Ai Yazawa, son sens aigu de la mode (références à Vivienne Westwood) et sa capacité à dépeindre des relations complexes. La série aborde sans fard l’addiction, les grossesses non désirées et la dépendance affective. Malheureusement en hiatus depuis 2009 suite aux problèmes de santé de l’autrice, Nana demeure un incontournable pour qui a aimé l’atmosphère intense de Paradise Kiss.
2. Gokinjo, une vie de quartier (Ai Yazawa, 1995)

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Prépublié dans le magazine Ribon de 1995 à 1997 et compilé en sept volumes, Gokinjo (« Neighborhood Story » en anglais) constitue le préquel de Paradise Kiss. Mikako Kōda, aspirante créatrice de mode, étudie à la Yazawa Art Academy où elle développe sa marque Happy Berry. L’intrigue se concentre sur sa relation avec Tsutomu, son ami d’enfance devenu soudainement populaire pour sa ressemblance avec une rock star.
À travers les tribulations de ce groupe de lycéens excentriques, Ai Yazawa pose les bases de son univers : école d’art atypique, personnages au style vestimentaire affirmé et réflexions sur l’identité. Plusieurs figures réapparaissent dans Paradise Kiss, notamment Miwako Sakurada (la petite sœur de Mikako) et le coiffeur Seiji. Ce titre plus léger et coloré que son successeur permet de mieux comprendre la genèse du monde yazawien.
3. Princess Jellyfish (Akiko Higashimura, 2008)

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Tsukimi Kurashita, jeune femme timide obsédée par les méduses, vit dans l’Amamizukan, une résidence tokyoïte réservée aux femmes otaku qui fuient le monde « stylé ». Ces « Amars » (comme des nonnes) rejettent la mode et paniquent au contact des hommes. Leur quotidien se trouve bouleversé par l’arrivée de Kuranosuke, fils d’un politicien influent qui adore se travestir en femme élégante.
Ce josei de dix-sept volumes, récompensé par le prix Kōdansha en 2010, aborde avec humour et tendresse les questions d’estime de soi et de conformisme social. Comme dans Paradise Kiss, le vêtement devient un outil de transformation et d’affirmation. La série connaît une adaptation animée en 2010 et un film live en 2014. Akiko Higashimura signe ici un récit solaire sur l’acceptation de soi qui séduira les admirateur·ice·s du style acidulé d’Ai Yazawa.
4. Fashion (Lemon Haruna, 2020)

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Kai Shindo, trentenaire tokyoïte passionné de mode, travaille comme technicien lumière pour la télévision tout en servant d’acheteur pour le concept store d’un ami. Sa vie se complique lorsqu’il rencontre Jean, un étudiant en stylisme à l’ambition dévorante qui lui demande de l’aider à organiser un défilé pour la Fashion Week de Tokyo. Sous des dehors prometteurs, le jeune prodige se révèle un manipulateur redoutable.
Lemon Haruna, connue pour ses récits autobiographiques (Daruchan, Je veux être maman !), puise dans son expérience personnelle pour décrire les coulisses impitoyables du milieu. Le manga, publié depuis 2020 et traduit en français par Le Lézard Noir, construit un thriller psychologique où le paraître devient une arme. Les amateur·ice·s de Paradise Kiss y retrouveront l’envers du décor glamour : compétition féroce, faux-semblants et prix de la créativité.
5. The One (Nicky Lee, 2006)

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Ce manhua taïwanais sérialisé dans Star☆Girls de 2006 à 2014 suit Cane Lele, fille d’anciens mannequins décédés dans un accident d’avion. Élevée par sa grand-mère, la jeune femme déteste l’industrie de la mode qu’elle juge superficielle. Sa tante, agent de mannequins, la pousse pourtant à poser.
Le déclic survient lorsque Lele découvre les photos du célèbre modèle américain Angus Lanson : elle perçoit alors le mannequinat comme une forme d’expression artistique. Invitée à New York, elle croise le chemin d’Eros, le mystérieux frère jumeau d’Angus.
Nicky Lee déploie un style graphique souvent comparé à celui d’Ai Yazawa, avec des silhouettes élancées et un sens prononcé du costume. La série traite également de thématiques matures : identité sexuelle, rivalités professionnelles et pression médiatique. Un récit ambitieux pour prolonger le plaisir de Paradise Kiss.
6. Rose Bertin, la couturière fatale (Isomi Jingetsu, 2018)

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En 1766, Marie-Jeanne Bertin, dite Rose, quitte Abbeville pour conquérir Paris. Cette jeune femme au talent exceptionnel rêve de devenir la première couturière de France. Elle intègre Le Trait Galant, maison de mode prisée de la capitale, où elle doit affronter une concurrence féroce incarnée par Marie-Jeanne Bécu (future Madame du Barry). Son chemin croisera celui de Léonard Autié, futur coiffeur de la reine, et surtout de Marie-Antoinette dont elle deviendra la « Ministre des modes ».
Ce seinen historique, prépublié dans le Monthly Comic Bunch depuis 2018, retrace le destin réel d’une pionnière de l’entrepreneuriat féminin au XVIIIe siècle. Les planches somptueuses restituent le faste des tenues de cour et les intrigues de Versailles. Pour les lecteur·ice·s de Paradise Kiss attaché·e·s à l’artisanat vestimentaire et aux femmes de caractère.
7. Trait pour trait, dessine et tais-toi ! (Akiko Higashimura, 2012)

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Akiko Hayashi (vrai nom de l’autrice) rêve depuis l’enfance de dessiner des shojo mangas. Persuadée de son génie, cette lycéenne de la préfecture de Miyazaki se voit rattrapée par la réalité lorsqu’elle rencontre Kenzō Hidaka, un professeur de dessin aux méthodes brutales. Armé d’un sabre en bambou, cet homme exigeant va profondément transformer son rapport à l’art.
En cinq volumes, Akiko Higashimura livre une autobiographie sans concession sur son parcours vers le métier de mangaka. L’humour et l’autodérision n’empêchent pas l’émotion, notamment dans l’hommage rendu à ce mentor disparu. Récompensé par le prix Manga Taishō, ce récit montre les coulisses du manga : précarité des débutants, concours impitoyables et sacrifice personnel. Les amateur·ice·s de Paradise Kiss y trouveront la même sincérité sur les doutes qui accompagnent toute vocation créative.
8. Blue Period (Tsubasa Yamaguchi, 2017)

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Yatora Yaguchi, lycéen studieux mais désabusé, mène une existence calculée : bonnes notes pour satisfaire ses parents, sorties avec ses amis pour soigner son image. Un jour, il tombe sur un tableau peint par une camarade de classe et ressent une émotion inédite.
Ce choc esthétique le pousse à se consacrer corps et âme à la peinture pour tenter le concours d’entrée de Geidai, la plus sélective des écoles d’art japonaises. Tsubasa Yamaguchi, elle-même diplômée de cette institution, intègre dans son manga de véritables travaux d’étudiants.
Récompensé par le prix Manga Taishō et le prix Kōdansha en 2020, ce seinen dissèque avec justesse l’angoisse de la création, le syndrome de l’imposteur et la précarité des métiers artistiques. Si Paradise Kiss montrait le monde de la mode, Blue Period fait de même pour les beaux-arts avec une intensité comparable.
9. Sois ma muse ! (Sato Itô, 2019)

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Chihiro, lycéen introverti passionné de création vestimentaire, tombe sous le charme de Michi, une camarade de classe peu sûre d’elle. Il lui demande de devenir sa muse afin de l’inspirer dans ses créations. La jeune femme, d’abord déstabilisée par cette requête, gagne progressivement en confiance en elle au contact de ce garçon qui ne cesse de la complimenter.
Prépublié dans Nakayoshi depuis 2019, ce shojo de Sato Itô reprend les codes des romances lycéennes tout en accordant une place centrale à la mode. Si le récit reste plus léger que Paradise Kiss ou Gokinjo, il partage avec eux ce regard bienveillant sur la manière dont le vêtement peut révéler une personnalité. Un titre doux et accessible pour les lecteur·ice·s en quête d’une histoire tendre où le stylisme sert de prétexte à la découverte de soi.