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Que lire après « Nozokiana » de Wakō Honna ?

Que lire après « Nozokiana » de Wakō Honna ?

Nozokiana est un seinen manga écrit et dessiné par Wakō Honna, prépublié dans le Moba Man Magazine de Shōgakukan entre 2009 et 2013, et compilé en treize tomes.

L’histoire suit Tatsuhiko Kido, un étudiant en école d’art qui, à son arrivée dans son studio à Tokyo, découvre un trou dans le mur mitoyen. Sa voisine, Emiru Ikuno, lui impose alors un pacte de voyeurisme réciproque.

Sous ses dehors érotiques, la série déploie un drame psychologique où manipulation, chantage et désirs inavoués se conjuguent à une réflexion sur l’intimité et les apparences. Si vous vous demandez quoi lire après, voici quelques suggestions du même acabit.


1. Dead Tube (Mikoto Yamaguchi & Touta Kitakawa, 2014)

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Tomohiro Machiya, lycéen passionné de cinéma, est recruté par la troublante Mai Mashiro pour la filmer sans interruption pendant deux jours. Ce qui ressemble d’abord à un caprice se révèle être l’entrée dans Dead Tube, une plateforme clandestine où les vidéos les plus extrêmes — sexe, torture, meurtre — rapportent des sommes colossales, tandis que le perdant de chaque manche endosse la responsabilité pénale de tous les crimes commis.

Le manga pousse la logique du voyeurisme numérique jusqu’à ses conséquences les plus brutales. Là où Nozokiana traitait le regard interdit comme un jeu trouble entre deux individus, Dead Tube transpose cette mécanique à l’échelle d’Internet et de ses spectateurs avides de contenu transgressif. La violence graphique et la charge érotique sont ici poussées à leur paroxysme, au service d’une satire féroce de la société du spectacle et de notre rapport morbide à l’image.


2. Boy’s Abyss (Ryō Minenami, 2020)

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Reiji Kurose, adolescent piégé dans une ville rurale asphyxiée par l’ennui, supporte un quotidien écrasé par une mère possessive, un frère violent et une grand-mère sénile. Sa rencontre avec Nagi Aoe, idole pop reconvertie en caissière de supérette, débouche sur un pacte suicidaire inspiré d’un lieu sinistre : le « Gouffre des Amoureux ». Autour de Reiji gravitent des adultes dysfonctionnels — sa professeure Yuri, l’écrivain Esemori — qui cherchent tous à le garder sous leur emprise.

Comme dans Nozokiana, les relations interpersonnelles se construisent sur la dépendance affective et la manipulation silencieuse. Mais Boy’s Abyss enferme ces mécanismes dans un spleen provincial étouffé où chaque personnage semble aspirer les autres vers le fond. Ryō Minenami y dépeint avec une précision clinique la spirale dépressive d’une jeunesse à qui l’on a confisqué tout horizon.


3. Happy Sugar Life (Tomiyaki Kagisora, 2015)

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Satō Matsuzaka, lycéenne en apparence banale, mène une existence consacrée à la protection de Shio, une fillette qu’elle séquestre dans son appartement. Pour préserver leur cocon domestique, Satō est prête à mentir, voler et tuer sans la moindre hésitation.

Autour d’elles, chaque personnage dissimule sa propre déviance : un garçon traumatisé par les abus de sa patronne, un enseignant qui pratique le chantage sexuel, une tante dont la conception de l’amour a contaminé la psyché de Satō.

Le manga joue sur un contraste brutal entre esthétique sucrée et noirceur absolue, proche de Higurashi dans sa dissonance visuelle. Le lien avec Nozokiana tient à cette obsession commune pour le secret domestique : ce qui se passe derrière les murs clos, hors du regard d’autrui, peut relever aussi bien de la tendresse que de l’horreur. Tomiyaki Kagisora dissèque ici la frontière poreuse entre amour et possession.


4. Gleipnir (Sun Takeda, 2015)

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Shūichi Kagaya, lycéen discret, cache un pouvoir aberrant : il se transforme en une mascotte géante dotée d’une fermeture éclair dans le dos et d’un revolver. Après avoir sauvé Claire Aoki d’un incendie, il se retrouve sous son emprise : elle le fait chanter et se glisse littéralement à l’intérieur de son corps pour le piloter lors des combats. Ensemble, ils traquent la sœur parricide de Claire et se retrouvent mêlés à une guerre pour des jetons extraterrestres qui accordent des pouvoirs liés aux désirs refoulés de leurs porteurs.

La dynamique de domination et de dépendance entre Shūichi et Claire rappelle directement celle de Kido et Emiru dans Nozokiana : un duo lié par le chantage et l’intimité forcée, où la frontière entre soumission et attirance reste volontairement floue. Sun Takeda mêle body horror, tension érotique et suspense dans un seinen qui interroge la monstruosité tapie sous les apparences ordinaires.


5. Les Liens du sang (Shūzō Oshimi, 2017)

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Seiichi Osabe grandit dans une famille en apparence ordinaire : un père salarié souvent absent, une mère au foyer dévouée. Mais Seiko, sa mère, nourrit pour son fils un amour d’une intensité pathologique. Elle le couve, l’étouffe, bâtit autour de lui un cocon dont il ne perçoit la toxicité que trop tard.

Le basculement vers l’horreur psychologique survient lors d’une randonnée familiale, quand un geste de Seiko vient fracasser la normalité apparente du récit. Shūzō Oshimi, déjà reconnu pour Les Fleurs du mal, déploie ici une mise en scène d’une précision oppressive : chaque regard maternel, chaque sourire, devient une menace muette.

Le parallèle avec Nozokiana réside dans cette façon de faire surgir le malaise au cœur de l’intime. Les deux séries partagent cette conviction que les liens les plus proches — de voisinage ou de sang — peuvent devenir des prisons.


6. My Home Hero (Naoki Yamakawa & Masashi Asaki, 2017)

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Tetsuo Tosu, modeste père de famille de 47 ans et lecteur compulsif de romans policiers, découvre des traces de coups sur le visage de sa fille Reika. Lancé sur la piste du coupable, il commet un meurtre qui va propulser sa famille dans une spirale criminelle face aux yakuzas.

Tetsuo doit alors mettre ses connaissances livresques au service d’une dissimulation de plus en plus périlleuse, avec le soutien inattendu de sa femme Kasen. Le manga, souvent comparé à Breaking Bad, excelle dans l’art du retournement de situation et de l’humour noir.

Le lien avec Nozokiana se noue autour du thème du secret inavouable et de ses conséquences en chaîne : un acte impulsif, d’abord dissimulé, qui finit par redéfinir toutes les relations du protagoniste. Yamakawa et Asaki signent un thriller tendu, ancré dans le quotidien, où un homme ordinaire se découvre capable du pire par amour paternel.


7. Gambling School (Homura Kawamoto & Tōru Naomura, 2014)

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À l’Académie privée Hyakkaō, la hiérarchie entre élèves ne repose ni sur les résultats scolaires ni sur les performances sportives, mais sur l’aptitude aux jeux d’argent. Les vainqueurs règnent ; les perdants sont réduits au rang de domestiques humiliés.

L’arrivée de Yumeko Jabami, joueuse compulsive au regard incandescent, bouleverse cet ordre établi. Indifférente aux gains financiers, elle ne joue que pour le frisson du risque et la jouissance de démasquer les tricheurs.

Derrière ses yeux de prédatrice, elle scrute ses adversaires avec la même acuité qu’Emiru observait Kido à travers le trou dans le mur de Nozokiana. Les deux séries partagent cette tension permanente entre celui qui observe et celui qui est observé, entre le manipulateur et sa proie. Gambling School transpose ce rapport de force dans l’arène du jeu, où chaque partie est un duel psychologique sans merci.


8. Kasane – La Voleuse de visage (Daruma Matsuura, 2013)

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Kasane Fuchi, fille de la légendaire actrice Sukeyo, est née avec un visage d’une laideur extrême. Harcelée depuis l’enfance, elle hérite de sa mère défunte un rouge à lèvres aux propriétés surnaturelles : un baiser lui permet de voler temporairement le visage de sa victime.

Guidée par Kingo Habuta, ancien metteur en scène de Sukeyo, Kasane emprunte les traits de la belle Nina Tanzawa pour se produire sur les planches et assouvir son rêve de théâtre. Le manga se mue en tragédie shakespearienne où usurpation d’identité, secrets familiaux et cruauté du monde du spectacle s’entrelacent.

Comme Nozokiana, Kasane pose la question des apparences et de ce qu’elles masquent : qui sommes-nous derrière le visage que nous montrons aux autres ? Daruma Matsuura signe un conte vénéneux sur la tyrannie de la beauté et le prix terrible de l’imposture.

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